13 novembre 2020

Le Pendule de Foucault

Ouf!  Pas fâchée d'avoir terminé cette brique d'Umberto Eco qui m'a tenue occupée plus d'un mois!  Pas qu'elle soit inintéressante, bien au contraire.  J'ai beaucoup aimé l'idée de départ: pourquoi les Templiers se sont-ils tous laissés arrêter sans résistance en cette année 1307, alors qu'ils étaient mieux équipés, mieux entraînés que leurs adversaires?  Y avait-il un plan secret, à long terme, qui nécessitait que l'Ordre devienne caché, souterrain?  Trois amis, employés d'une maison d'édition milanaise, se penchent sur le sujet. 

Des dialogues vivants, des références nichées et un bon suspense ont réussi à soutenir mon intérêt jusqu'à la fin, délicieuse.  Une chance, parce que oh là la! ce qu'il aime tartiner épais, cet Umberto!  Il est érudit et il veut que ça se sache.  Il a bien failli me perdre à quelques reprises avec les nombreux personnages, historiques ou fictifs, et la multitude de sectes et de sociétés secrètes plus ou moins imbriquées les unes dans les autres.  Il y a aussi un long passage se déroulant au Brésil qui, à mon avis, n'ajoute pas grand-chose à l'intrigue. 

Il y a très longtemps, j'ai tenté  de lire Le Nom de la rose, du même auteur, et je l'ai abandonné.  J'ai toujours pensé que si j'avais eu le suspense de l'intrigue pour me soutenir durant les longues digressions théologiques, j'aurais persévéré (ayant vu le film au moins cinq fois, je connaissais l'histoire par cœur)... Eh bien, ce n'est plus une supposition, c'est maintenant une certitude!

Le commentaire qui revient le plus souvent sur les forums et blogues, c'est que les gens ont abandonné ce roman après x pages...  Quel dommage!  Pour l'apprécier, essayez mon petit truc: faut pas essayer de tout comprendre! Ha ha ha!  Entre le vocabulaire abscons (oui, Umberto, tu n'es pas le seul à posséder un dictionnaire des synonymes!), les références obscures et les citations en latin, en grec ou en hébreu (!), n'importe qui s'y perdrait à moins d'être médium et d'avoir à côté de soi le fantôme d'Eco pour tout nous expliquer.  Il faut lâcher prise et juste apprécier l'intrigue bien pensée, les dialogues intelligents et souvent amusants, et la visite de lieux originaux (j'ai particulièrement aimé découvrir le Conservatoire des Arts et Métiers à Paris, où se trouve d'ailleurs le pendule en question).  Essayez, ça vaut la peine!


Le Pendule de Foucault d'Umberto Eco, traduit de l'italien, 1988, 656 p.  Titre de la version originale: Il pendolo di Foucault.

6 commentaires:

  1. On a utilisé la même méthode pour venir à bout de ce roman. Il y aussi celle qui consiste à vérifier tout ce qui est mentionné et approfondir/comprendre et intégré les sujets abordés. La 2e est bien trop laborieuse pour moi.
    Comme tu le dis, une fois qu'on accepte de ne pas comprendre ou ne pas se situer, ce roman se lit bien.

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    1. J'adopterai la 2e méthode si jamais je me retrouve un jour sur une île déserte avec ce roman et une encyclopédie pour toute lecture!
      :-D

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  2. Super, je suis ravie que tu aies aimé. À mon avis, ça passe ou ça casse sur ce roman. Moi, ça a plutôt cassé, j'ai failli le balancer à plusieurs reprises. Mais ça reste un livre hors du commun. Tu m'as bien fait rire avec ton "oui, Umberto, tu n'es pas le seul à posséder un dictionnaire des synonymes!". :D

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    1. Hihi c'est que tout le long je l'imaginais en train d'écrire entouré de dictionnaires! J'avoue que j'ai eu un petit coup de mou moi aussi, au moment où les trois amis se mettent à faire l'historique des sociétés secrètes, ça n'en finissait plus! Dommage pour tous ceux qui ont abandonné, j'ai trouvé la fin vraiment savoureuse.

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    2. Ça n'en finit plus et c'est tellement alambiqué, tous ces gens qui voient des messages dans le carré de la longueurdes pyramides d'Égypte, je n'en pouvais plus :D

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    3. Ce côté-là m'a plutôt amusé, moi c'est la quantité d'information à assimiler qui a failli me perdre!

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