30 novembre 2017

Le Salut de l'Irlande

Je ne sais trop comment classifier ce roman, c'est un peu un conte (surtout la fin, qui rappelle la chasse-galerie de notre folklore), un peu du réalisme magique (il y a un renard qui parle), c'est un roman politique et contestataire (publié en 1970, après tout) mais aussi un roman d'apprentissage...

D'un point de vue purement matériel, quelle drôle d'expérience de lire ce livre qui tombait en morceau à mesure que je tournais les pages!  Je ne félicite pas les Éditions du Jour pour la qualité de leur reliure; j'ai lu des bouquins bien plus anciens dont la reliure tenait le coup, même en livres de poche!  Il y avait aussi plusieurs coquilles et un passage où tous les verbes qui auraient dû être au passé simple étaient, bizarrement, au futur simple!  Je suppose que ces défauts ont été corrigés dans les éditions suivantes, avis aux intéressés!

Dans l'ensemble, j'ai quand même bien apprécié cette histoire, souvent fort drôle, même si j'avais parfois l'impression qu'il me manquait quelques références ou point de repère pour bien comprendre ce que Ferron voulait sous-entendre entre les lignes.  J'avais d'ailleurs eu la même impression lors de ma première rencontre avec cet écrivain, l'an dernier.

Et voilà qui clôt pour moi ce Québec en novembre!  Merci à Karine et Yueyin pour l'organisation!


Le Salut de l'Irlande de Jacques Ferron, 1970, 222 p.



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21 novembre 2017

Au hasard la chance

(La Diaspora des Desrosiers, tome 6)


(Fait cocasse, les bibliothécaires de la ville de Montréal ne semblent pas s'entendre sur la place de ce tome dans la série: selon les succursales, il est classé tome 5 ou 6 dans le catalogue. Dans mon exemplaire, acheté à la vente de liquidation de la bibliothèque, c'est pourtant clairement indiqué tome 6, comme sur le site de l'éditeur Leméac! Sauf que la bibliothécaire a raturé le 6 et ajouté un 5 au stylo; c'est beau d'avoir des convictions!)

On m'avait prévenu que ce tome n'était pas le meilleur de la série...  J'ai donc diminué mes attentes, ce qui m'a permis de bien apprécier cette lecture, en fin de compte!  Je me suis attachée à cette Ti-Lou, prostituée de luxe qui décide, sur un coup de tête, de prendre sa retraite pendant qu'elle est au sommet de sa gloire et de quitter Ottawa pour s'établir à Montréal.  L'originalité du roman: en quatre chapitres, Tremblay nous présente cinq destins possibles, heureux ou malheureux, selon les choix que Ti-Lou fera en descendant du train. Et ce n'est qu'en épilogue qu'on saura lequel s'est finalement concrétisé.  On visite notamment un grand hôtel du centre-ville, avec ses décors élégants mais pompeux et ses conventions de l'époque victorienne (une femme ne peut entrer seule au bar de l'hôtel!).

Et comme toujours, l'humour et les dialogues piquants sont au rendez-vous!


Au hasard la chance (La Diaspora des Desrosiers, tome 6) de Michel Tremblay, 2012, 158 p.

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19 novembre 2017

Maryse

Un avis un peu mitigé pour ce roman de Francine Noël qui avait pourtant remporté un certain succès à sa sortie, selon mes souvenirs.  Je n'ai pas détesté mais quelques défauts m'ont empêchée d'adhérer complètement à cette chronique de la vie quotidienne d'une jeune Montréalaise dans la vingtaine et de son groupe d'amis.

Pour: des personnages secondaires attachants, une peinture réussie de la société post-révolution tranquille, toute chamboulée, de cette jeunesse en quête de nouveaux repères, un petit côté «réalisme magique» amusant, une fin satisfaisante.

Contre: on se perd dans la multitude de personnages, la Maryse en question peut parfois tomber sur les nerfs avec ses jérémiades, quelques longueurs (le conte sur les graffitis des murs de l'université semble interminable et n'apporte rien au récit, sautez-le sans hésiter!).


Maryse de Francine Noël, 1983, 426 p.


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03 novembre 2017

Le Temps retrouvé

(À la recherche du temps perdu, tome 7) 

Eh bien voilà, j'ai fini la fameuse «Recherche» (comme on l'appelle entre initiés).

Première réflexion sur ce dernier tome: ouf! une chance que toute la série n'était pas aussi ennuyante!  En effet les premiers deux tiers sont plutôt soporifiques, à part quelques beaux passages sur l'art, sur Saint-Loup.  Il ne se passe rien ou presque.  Il y a un bon cinquante pages interminables sur les différents changements qu'on observe et qui nous frappent chez des gens qu'on n'a pas vus depuis plusieurs années: changements physiques, intellectuels, sociaux, etc.  L'idée était bonne, celle de nous faire retrouver différents personnages lors d'une matinée mondaine chez le prince de Guermantes, et cela donnera au narrateur un choc salutaire lui faisant comprendre l'urgence de se lancer enfin dans la grande œuvre dont il vient par ailleurs d'avoir l'intuition, lui qui avait plutôt abandonné l'idée de devenir écrivain, se croyant sans talent.  Mais c'est long, tellement long, et il y a beaucoup de répétitions!

C'était le pot, voici les fleurs: j'ai vraiment beaucoup aimé le dernier tiers.  Il y a des phrases magnifiques sur la littérature, sur la vie et la mort, et on continue à retrouver les principaux personnages de la série sans maintenant qu'il y ait de longueurs. La Première Guerre mondiale est terminée et il y a eu un grand brassage des classes sociales.  Je ne veux rien divulgâcher mais disons que certains bourgeois se retrouvent «au top» alors que certains nobles ne sont plus aussi bien considérés.

Comme j'ai lu ce tome sur ma liseuse en version libre de droits (merci, Bibliothèque électronique du Québec!) qui ne comprend pas d'image en couverture, j'ai choisi, pour illustrer ce billet, celle, parmi les différentes éditions papier, qui me semblait la plus représentative du roman.  J'aime beaucoup celle ci-dessus, car il y a plusieurs scènes où le narrateur déambule dans Paris, seul ou avec M. de Charlus, et surtout il y a une scène où il trébuche sur des pavés inégaux, ce qui lui rappelle son voyage à Venise et lui donne l'intuition du «Temps retrouvé», c'est-à-dire la manière dont certaines impressions font un pont entre des événements passés et actuels, entre le passé et le présent, intuition qu'il avait éprouvée déjà quelques années plus tôt lors du célèbre épisode des madeleines trempées dans le thé.  C'est en explorant ces impressions qu'il pourra enfin devenir écrivain. 

Quelques rélexions sur la série complète.  J'éprouve une grande fierté à l'avoir terminée car avouons-le, le style de Proust n'est pas des plus faciles.  Il est connu pour ses longues phrases, mais je ne pensais pas que ce serait à ce point!  J'ai dû à plusieurs reprises en reprendre du début pour en comprendre la structure.  Toutefois, je me suis rendu compte que cette difficulté même fait partie du plaisir.  Pourquoi tout serait-il facile?  Lorsqu'on a un effort à fournir, le plaisir s'en trouve décuplé. Et ce qui me reste, une fois la dernière page tournée (virtuellement!), en plus de cette fierté, c'est l'impression d'une grande beauté, tant de la langue que des idées.

Le beau billet de Karine, que je remercie encore une fois puisque c'est elle qui m'a donné le goût de me lancer dans l'aventure!


Le Temps retrouvé (À la recherche du temps perdu, tome 7) de Marcel Proust, 328 p. en version numérique, 1927. 

24 octobre 2017

L'Arche de Socrate

Toujours aussi bon vulgarisateur, ce Normand Baillargeon!  Dans ce petit bestiaire fort original, ce professeur de sciences de l'éducation à l'UQAM prend pour prétexte le thème des animaux pour introduire quelques concepts philosophiques, et ce, sans douleur et sans prise de tête!  Et avec même un peu d'humour pour pimenter le tout!

Les animaux ont souvent été utilisés pour illustrer, appuyer ou réfuter différentes notions philosophiques.  Baillargeon les a regroupés en trois catégories:
  • Les animaux reliés à des thèmes philosophiques (libre arbitre, déterminisme, doute, etc).
  • Ceux reliés aux enjeux de l'éthique animale (statut et droits des animaux).
  • Ceux illustrant des notions provenant d'autres disciplines mais ayant des répercussions en philosophie.  Ce sont souvent les plus connus: le chat de Schrödinger (physique quantique), le papillon de la théorie du chaos.

Si vous avez aimé Le Monde de Sophie de Jostein Gaarder, vous aimerez sans doute ce recueil d'une trentaine de courtes chroniques puisqu'on y est au même niveau de vulgarisation (vous aurez compris que la philo, j'aime qu'on me la pré-mâche, sinon c'est l'indigestion assurée!).

Du même auteur, je recommande Le Petit cours d'autodéfense intellectuelle, qui, bien qu'écrit il y a plus de dix ans, reste d'actualité en cette ère de fausses nouvelles et de réseaux sociaux envahissants.


L'Arche de Socrate de Normand Baillargeon, 2012, 256 p.

21 octobre 2017

The Falls (Les Chutes)

Décidément Joyce Carol Oates semble bien se prêter aux clubs de lecture...  Je dois mon premier contact avec cette écrivaine américaine au Blogoclub, c'était avec We Were the Mulvaneys et ça avait été un gros coup de coeur.  Et là, c'est une lecture commune avec les copains du Guide de la bonne lecture qui m'a donné l'occasion de ces retrouvailles.

The Falls, c'est avant tout l'histoire d'une femme issue d'une famille puritaine dont le premier mari se suicide en se jetant dans les chutes du Niagara le lendemain de leur nuit de noces, ce qui, on s'en doute, la marquera pour le restant de ses jours et affectera sa relation avec son deuxième mari ainsi qu'avec ses trois enfants, notamment l'aîné dont la paternité est incertaine.

Ce que j'ai aimé surtout dans ce roman, c'est l'ambiance de la ville de Niagara Falls: la description des chutes elles-mêmes, les hôtels de luxe (de moins en moins luxueux au fil des décennies), le grondement et l'humidité des chutes qu'ont ressent à des kilomètres à la ronde, les chutes qui sont vraiment un personnage de l'histoire, un genre de démon mythique qui attire et rend fous ses fidèles; et surtout l'effet du développement industriel sauvage qui rend inhabitable une partie de la région -- inhabitable mais pourtant habitée.  On est bien loin de la vision idyllique présentée aux touristes!

Contrairement à ce qui se passait dans We Were the Mulvaneys, ici on plonge directement dans le drame dès le début, et c'est là selon moi que le bât blesse.  On n'a pas le temps de s'attacher aux personnages avant que tout bascule.  Donc on peut être fascinée par les manifestations de la folie qui touche cette famille qui se croit maudite, mais on ne se sent pas concerné directement.

Par contre, je dois dire que j'aime beaucoup la plume de Oates.  Elle fait confiance à ses lecteurs, elle ne nous livre pas tout, tout cuit dans le bec mais nous laisse faire un bout de chemin par nous-mêmes.  (Ce qui peut tout de même être dangereux...  Le passage de la «Dame en noir» dans le cimetière m'a laissée perplexe et a bien failli me faire décrocher tellement il me semblait en rupture de ton avec le reste!)  C'est donc une auteure que je relirai avec plaisir, peut-être lors d'un autre club de lecture?


The Falls de Joyce Carol Oates, 2004, 481 p.  Titre de la traduction française: Les Chutes.

06 octobre 2017

Dernier inventaire avant liquidation

Je crois qu'en Europe Beigbeder est une figure incontournable des média; ici il est beaucoup moins connu en tant que personnalité publique, ce qui m'a permis d'aborder sans trop d'a priori ce petit bouquin.  (J'avais seulement détesté le film 99 Francs tiré d'un de ses romans, abandonné après une demi-heure, mais je ne l'ai pas retenu contre lui...)

En cinquante chroniques (qui ressemblent assez à des billets de blogue littéraire, finalement!), Beigbeder nous livre ses impressions des cinquante livres marquants du XXe siècle tels que choisis lors d'un sondage organisé par les librairies FNAC et le journal Le Monde, choix assez subjectif, voire biaisé, puisque fait à partir d'une liste de deux cents œuvres préalablement établie par des libraires et des critiques. 

Avec beaucoup d'humour et d'auto-dérision, Beigbeder nous parle de chacun de ces livres (pas tous des romans, il y a quelques essais et même des bandes dessinées) et ne se gêne pas pour critiquer certains des choix des lecteurs.  Comme il l'a souligné, on peut penser que ceux qui ont élu l'Ulysse de Joyce ne l'avaient peut-être pas tous lu, et que Le Nom de la Rose d'Eco, aussi bon soit-il, doit en partie sa 12e position à la popularité du film.  Il est assez dur avec certains des auteurs (disons qu'Autant en emporte le vent, ce n'est pas sa tasse de thé! Et il n'a clairement pas aimé Paroles de Prévert autant que moi...) et on peut être d'accord avec lui ou pas, c'est justement ce qui fait l'intérêt de cet exercice.  Il m'a donné le goût de découvrir certains livres dont j'avais peu entendu parler (Sous le soleil de Satan de Bernanos, je ne connaissais que le film de Pialat, que je n'ai pas vu d'ailleurs) ou d'en relire d'autres (Cent ans de solitude!).

Par contre, soyez avertis,  il ne se retient pas de divulgâcher à tour de bras (au moins il nous avertit avant de révéler l'identité de l'assassin dans Le Meurtre de Roger Ackroyd, politesse que n'avait pas eu le Robert des noms propres dans l'article sur Agatha Christie qui m'a empêché à tout jamais d'apprécier ce classique des classiques du polar comme il se devrait).  J'ai donc sauté quelques chapitres sur des œuvres que j'ai l'intention de lire plus ou moins prochainement (Proust, Buzzati, Hemingway).


Dernier inventaire avant liquidation de Frédéric Beigbeder, 2001, 223 p.



28 septembre 2017

L'Apothicaire

Ambivalente par rapport à ce bouquin...  J'ai vraiment beaucoup aimé le côté historique: la description du métier d'apothicaire au Moyen-âge, celle des lieux visités dans ce qui est un genre de road novel (on voyage sur le chemin de Compostelle puis jusqu'au au Moyen-Orient!)...

Le côté ésotérique m'a moins convaincue, sans que je sache trop pourquoi, en fait.  Je n'y ai tout simplement pas cru!  Je suis dans la vie plutôt rationelle, mais j'aime bien, le temps d'une lecture, mettre un peu cette faculté de côté et penser que oui, les fantômes, les démons ou toute autre créature mythique peuvent exister.  Ici, cette histoire de mystérieux livre, ces gens qui disparaissent des mémoires ça n'a pas fonctionné, pas à 100% en tous cas.  Quoique la fin soit assez bien trouvée, je dois dire. Je n'ai pas adhéré non plus au complot politique, dont le fondement m'a semblé bien mince et qui est plus un prétexte au départ du héros. 

Quant à la plume de Lœvenbruck, elle est correcte malgré quelques tics.  Les formes de langage moyenâgeuses, dans les dialogues c'est chouette, dans la narration ça l'est moins puisque cela alourdit inutilement le récit. J'ai aussi noté quelques incohérences (un sage fait promettre à  l'apothicaire qu'il partira dès qu'il aura fini son récit, sans poser de questions; or, une fois que le sage a fini, l'autre pose une dizaine de questions et le sage y répond patiemment!) et des faits laissés sans explication.  Ainsi pourquoi la jeune Aalis, fille de drapiers, sait faire des choses (sculpter le bois, construire un muret de pierres) comme si elle avait fait cela toute sa vie, alors que c'est la première fois?

Donc je recommande surtout ce livre aux amateurs de romans historiques, qui seront comblés.


L'Apothicaire de Henry Lœvenbruck, 2011, 603 p.

23 septembre 2017

Marius

«Quand on fera danser les couillons, tu ne seras pas à l'orchestre!»

Quel plaisir de retrouver Pagnol, que j'avais tant aimé dans Jean de Florette, Manon des sources et surtout dans ses mémoires (La Gloire de mon père et ses suites).  Son humour, son amour pour ses personnages, ses dialogues qu'on ne peut s'empêcher d'entendre «avé l'acceng» si délicieux.  Moi qui lis peu de théâtre, j'ai vraiment adoré cette pièce, qui raconte pourtant une histoire toute simple.  Je crois avoir déjà vu une scène du film qui en a été tiré, celle, hilarante,  où César triche aux cartes: «Tu me fends le cœur!» La fin est touchante, et j'ai déjà hâte de lire la suite pour savoir ce qui va arriver à Fanny!


Marius de Marcel Pagnol, 1929, 186 p.

22 septembre 2017

The Book of Lost Things (Le Livre des choses perdues)

Dans le Londres de la Deuxième Guerre mondiale, traumatisé par la mort de sa maman,  affligé d'une belle-mère et d'un demi-frère braillard, un adolescent se trouve transporté dans un monde fantaisiste.

J'ai d'abord eu un peu de misère à accrocher à ce roman de John Connolly, une revisite des contes de notre enfance, car je croyais que ce serait humoristique.  C'est du moins l'impression que m'avaient laissée les nombreux billets dithyrambiques que j'ai lus il y a quelques années*.  Or, si quelques passages sont en effet fort amusants (les sept nains communistes qui ont tenté d'empoisonner Blanche-Neige!), l'ensemble est plutôt noir, en fait.

Une fois l'ajustement mental effectué, je me suis prise au jeu et j'ai pu vraiment apprécier l'imagination débordante et un peu tordue de Connolly, et les nombreuses références aux contes de notre enfance ainsi qu'à d'autres œuvres (le chevalier Roland, tiré du poème de Robert Browning, et sa quête vers la tour de la Belle au bois dormant, c'est sûrement un clin d’œil à Stephen King!)  et oui, j'ai même versé quelques larmes à la fin.  Par contre, je n'ai pas été emballée par la plume de l'auteur, que j'ai trouvée un peu lourde.  Les répétitions de «David fait ceci, David pense cela», c'est sans doute pour recréer le styles des contes de fées, mais j'ai trouvé que cela desservait le récit, en fin de compte.

J'ai lu dans le catalogue de la bibliothèque municipale qu'il y avait deux versions de ce roman, une pour adultes, celle à couverture bleue (celle que j'ai lue), et une plus édulcorée, à couverture rouge.  Mais je n'ai pu valider cette information  nulle part, pas même sur le site de l'auteur.  Quelqu'un a de l'information là-dessus?


*P.S. Je viens de relire le billet de Karine de 2008, et je ne sais pas d'où me vient cette idée de drôlerie mais ça ne vient pas de chez elle!  Elle fait très bien ressortir le côté sombre, voire cauchemardesque,  du roman.


The Book of Lost Things de John Connolly, 2006, 339 p.  Titre de la traduction française: Le Livre des choses perdues.

12 septembre 2017

Marie-Antoinette

Il y a quelques années, Zweig avait connu une vague de popularité chez plusieurs blogueuses que j'aime beaucoup (coucou Karine, Jules, Keisha etc!), mais comme ça arrive parfois quand on place la barre haute, j'avais été un peu déçue par Vingt-quatre heures de la vie d'une femme.  Je m'étais dit que je tenterais le coup de nouveau quand la poussière serait un peu retombée, et une lecture commune organisée sur le forum du Guide de la bonne lecture vient de m'en donner l'occasion avec cette biographie de Marie-Antoinette.

Et je ne regrette pas de l'avoir saisie (l'occasion, pas Marie-Antoinette) puisque j'ai adoré!!!  On en beau savoir comment ça finit, c'est absolument palpitant! Par bouts on se croirait dans un Alexandre Dumas tellement c'est rocambolesque! D'ailleurs je crois que plusieurs épisodes de cette histoire ont inspiré Dumas: l'affaire du collier, les tentatives d'évasion, etc.  Vraiment, une telle vie, ça ne s'invente pas!

Et si je n'avais pas tant que ça apprécié la plume de Zweig la première fois, ici j'ai été épatée!  Des descriptions à couper le souffle, une analyse psychologique fine, et tout ça avec une élégance!  (Bon, il faudrait que j'arrête avec les points d'exclamation, les autres signes de ponctuation commencent à protester...)

Maintenant la question est: je continue dans les biographies (Mary Stuart, Balzac?) ou je donne une deuxième chance aux romans?


Marie-Antoinette de Stefan Zweig, traduit de l'allemand, 1932, 506 p. pour l'édition de poche.  Titre de la version originale: Marie-Antoinette.

05 septembre 2017

Chien blanc

Un peu déçue que le chien du titre ne soit finalement pas tant que ça le sujet mais plutôt seulement le point de départ de ce récit autobiographique de Romain Gary, qui parle surtout de ses expériences en Californie durant la lutte pour les droits civiques et les révoltes qui ont suivi l'assassinat de Martin Luther King en 1968. Je savais que le chien blanc du titre est un chien dressé pour s'attaquer aux gens de race noire, mais je croyais que le roman porterait surtout surtout sur sa rééducation.

Favorable à la cause des Noirs, Gary n'hésite cependant pas à relever les contradictions des leaders de la cause et décrit les guerres intestines entre les différents groupuscules, certains étant infiltrés par des taupes et des agents provocateurs.  Il avait d'ailleurs lui-même été mis sous écoute car sa femme, l'actrice Jean Seberg, était directement impliquée dans la lutte.

Une lecture fort intéressante (une fois résigné qu'on ne verra pas tant que ça le pitou) car toujours brûlante d'actualité (on n'a qu'à penser aux émeutes de Black Lives Matter l'an dernier et à la montée récente des suprémacistes) et en même temps un peu déprimante justement parce qu'encore d'actualité!  En plus, la fin est triste, même si elle comporte tout de même une lueur d'espoir.


Chien blanc de Romain Gary, 1970, 219 p.

30 août 2017

Brideshead Revisited (Retour à Brideshead)

Que c'est charmant de lire un vieux bouquin dans une édition de poche de 1945, aux pages jaunies et fragiles comme des mouchoirs, bouquin d'ailleurs ramassé dans une de ces «boîtes à livres», au coin d'une ruelle!  Presque trop «charmant», en fait: j'ai eu quelques sueurs froides lorsque j'ai laissé le livre quelques minutes sur mon balcon et qu'à mon retour j'ai cru que le vent allait faire littéralement s'envoler les pages sous mes yeux, la reliure étant déjà fort fragile!

Excellent roman par ailleurs, tour à tour drôle et empreint de nostalgie, et par-dessus tout terriblement british!  Une ambiance à la Downton Abbey, des personnages se débattant sous le carcan des conventions et de la morale imposée par l'Église et par des siècles de tradition, alors que toute la société subit de profonds changements (thème qui m'a fait penser à Howards End de E.M. Forster).  Le tout dans un style magnifique -- les descriptions du manoir de Brideshead et de son jardin font rêver!  Magnifique mais pas nécessairement évident à lire en VO, en particulier au début:  le narrateur étudie à Oxford et les étudiants ont un vocabulaire qui leur est propre!  En arrière-plan, les événements qui jalonnent l'histoire européenne des années vingt aux années quarante.  D'ailleurs j'étais bien contente d'avoir revu récemment l'excellent film The King's Speech (Le Discours du roi), ce qui m'a permis de comprendre tout de suite l'allusion à Mrs Simpson...

Et maintenant me voilà fin prête pour me lancer dans le tome 3 de la série Thursday Next de Jasper Fforde.  En effet, il y a quelques semaines, je l'avais commencé lorsque je me suis aperçue en lisant l'introduction qu'il y serait question de ce classique de la littérature anglaise.  Ne voulant risquer aucun divulgâcheur puisqu'il était déjà dans ma PAL, j'ai préféré interrompre ma lecture du Fforde, je la reprendrai dans les prochaines semaines.


Brideshead Revisited de Evelyn Waugh, 1944, 319 p.  Titre de la traduction française: Retour à Brideshead.

25 août 2017

Rosa Candida

D'accord, des fois je suis un peu innocente.  En commençant ce livre de l'Islandaise Audur Ava Olafsdottir (vive la fonction copier/coller),  j'étais convaincue que c'était l'histoire d'une fille nommée Rosa... Hé bien non, c'est plutôt l'histoire d'un gars qui cultive des roses!

Très joli roman par ailleurs.  Un de ces romans doudous, réconfortants.  Passionné d'horticulture et hanté par le souvenir de sa mère, morte dans un accident de voiture, le héros quitte son Islande natale et la petite fille qu'il a conçue lors d'une relation passagère, pour aller remettre en état la roseraie d'un monastère dans un village reculé d'Europe.  Il y fera diverses rencontres et apprentissages, tout en gardant contact téléphonique avec son vieux père et son frère autiste, restés au pays.  Le récit tout simple mais très sympathique d'un passage à l'âge adulte, en douceur.


Rosa Candida de Audur Ava Olafsdottir, traduit de l'islandais, 2010, 336 p.  Titre original: Afleggjarinn.

24 août 2017

Cochon d'Allemand

Court roman danois que j'aurais apprécié encore plus s'il avait été construit de façon plus ordonnée...  Knud Romer y raconte avec humour (même si certains passages sont assez durs) son enfance dans un village où on le détestait à cause de sa mère allemande.  Il passe d'un souvenir à l'autre, d'une époque à l'autre, raconte des bribes de l'histoire des différents membres de sa famille, ce qui rend la lecture un peu ardue car on a parfois de la misère à s'y retrouver.  J'ai quand même bien aimé car les personnages sont fort originaux (la grand-mère, beauté défigurée par une explosion et qui fait une goulasch inoubliable dans une marmite centenaire, le grand-père malchanceux en affaires, le père vendeur d'assurance, et surtout la mère, ancienne résistante, sans oublier le narrateur, petit garçon fantasque, collectionneur d'objets hétéroclites).  Ce qui ressort avant tout c'est l'amour qui règne dans cette famille refermée sur elle-même devant la haine du voisinage.

À lire, donc, à un moment où la concentration ne vous fait pas trop défaut!


Cochon d'Allemand de Knud Romer, traduit du danois, 2006, 187 p.   Titre original: Den som blinker er bange for doden.

23 août 2017

Teacher Man

Dans ce récit autobiographique, Frank McCourt, né aux États-Unis mais élevé en Irlande, raconte ses débuts hésitants comme professeur d'anglais à New York et comment il finira, à force d'essais et d'erreurs, par trouver sa place dans une classe.  Fort sympathique, parfois touchant, souvent très drôle, il fait preuve d'un grand sens de l'auto-dérision mais ce pan de son histoire, alourdi par quelques répétitions,  sera toutefois moins marquant pour moi que celui de sa petite enfance dans Les Cendres d'Angela.  Je le recommanderais surtout à ceux qui travaillent dans le milieu de l'éducation, qui seront sans doute intéressés par ses expériences dans des écoles de différents milieux new-yorkais.


Teacher Man de Frank McCourt, 2005, 258 p.  Titre de la traduction française: Teacher Man: un jeune prof à New York.

14 août 2017

A Thousand Splendid Suns (Mille Soleils splendides)

Tout comme The Kite Runner (Les Cerfs-volants de Kaboul) que j'ai lu pré-blogue, ce roman de Khaled Hosseini se déroule en Afghanistan, pays d'origine de l'écrivain américain.  On traverse différentes périodes, des années 70 aux années 2000, en compagnie de deux femmes, Maryam et Laila, et de leur famille.

Une lecture qui m'a crevé le cœur à plusieurs reprises...  En particulier lorsque les personnages se réjouissent de certains événements, alors qu'on sait pertinemment que ça va mal tourner!  Comme lorsque les Russes quittent Kaboul sous les quolibets de la foule en liesse, alors qu'on réalise que c'est sous le régime communiste, paradoxalement, que les femmes auront eu le plus de libertés, qu'elles perdront bientôt durant la guerre civile et encore plus sous la dictature des Talibans (la liste des lois imposées par ces derniers, brrr, j'en ai eu froid dans le dos!).  Ou encore lorsque Laila enfant visite avec son père les gigantesques sculptures de Bouddha de la vallée de Bâmiyân, vieilles d'environ mille cinq cents ans, alors qu'on sait qu'elles seront détruites à la dynamite par les Talibans en 2001.

Crève-cœur, donc, mais aussi un gros coup de cœur!  La force d'Hosseini ce sont ses personnages si attachants.  J'ai poussé maints soupirs, je me suis réjouie lorsqu'ils étaient heureux, j'ai versé quelques larmes...  Et je penserai à eux pendant plusieurs jours encore, j'en suis certaine!

Hosseini a écrit un troisième roman il y a quelques années, And the Mountains echoed (Ainsi résonne l'écho infini des montagnes), quelqu'un l'a lu?


A Thousand Splendid Suns de Khaled Hosseini, 2007, traduit de l'américain, 419 p.  Titre de la traduction française: Mille Soleils splendides.

11 août 2017

Les Chaussures italiennes

Surprenant, ce Mankell, il ne ressemble pas du tout aux autres de l'auteur que j'ai lus!  Si avec Profondeurs on est dans le roman noir et avec Le Chinois et Le Cerveau de Kennedy dans le thriller, ici c'est tout simplement un drame psychologique.  Un médecin retraité vit seul avec un chat et un chien sur une île glacée lorsque une femme surgit qui vient bouleverser son quotidien répétitif. 

Est-ce que j'ai aimé?  Oui, bien que ce soit un peu triste tout le long...  Au-delà de l'histoire, c'est la plume épurée de Mankell que j'ai surtout appréciée, sa façon de créer une atmosphère, des personnages forts.  Donc je dirais: à lire, mais pas en période de déprime!


Les Chaussures italiennes de Henning Mankell, 2009, 340 p.

08 août 2017

The Africans (abandon)


Je crois que c'est sur le défunt blog de Booklady que j'ai entendu parler de ce livre d'un journaliste américain qui parle de l'Afrique après y avoir vécu pendant 4 ans...  Elle en disait beaucoup de bien, et effectivement c'est passionnant, mais je n'avais pas réalisé que ça a été écrit dans les années 80, alors à chaque page je pensais: dommage que cette donnée ne soit pas à jour, est-ce que ce pays a changé de nom depuis, comment cette situation a-t-elle évolué ensuite, etc. Donc trop frustrant!

Une lecture qui m'a tout de même fait réaliser à quel point l'histoire africaine récente est floue dans ma tête, alors si quelqu'un a un livre du même genre à me proposer, quelque chose qui se lit bien, pas trop spécialisé mais qui donne un bon aperçu de la situation générale actuelle, je suis preneuse!


The Africans de David Lamb, 1983, 371 p.  Ne semble as avoir été traduit.

02 août 2017

Albertine disparue

(À la recherche du temps perdu, tome 6)

Pauvre Marcel, que de bouleversements dans ton monde!  Non seulement il y a la fuite d'Albertine mais en plus, d'anciennes connaissances qui reviennent, des révélations stupéfiantes, un voyage (donnant lieu d'ailleurs à de magnifiques descriptions)...  Malgré les thèmes sérieux (la jalousie, toujours, le deuil, la fin de l'amour, l'oubli), on retrouve des petites touches d'humour d'une grande finesse.  On ne s'ennuie pas dans ce sixième tome qui, on dirait, se lit plus vite que les précédents, et pas seulement parce qu'il est plus court!


Albertine disparue (À la recherche du temps perdu, tome 6) de Marcel Proust, 1925, 437 p.

30 juillet 2017

The Dark Tower (La Tour sombre)

(Tome 7 de la série du même nom)

J'avais commencé Albertine disparue, de Proust depuis plusieurs jours déjà  quand j'ai reçu le courriel m'avertissant que c'était rendu mon tour sur la liste d'attente pour le tome 7 de la série de Stephen King en prêt numérique!  Alors comme je ne l'aurais que pour trois semaines, avec impossibilité de renouveler l'emprunt puisque sûrement d'autres lecteurs attendaient leur tour, j'ai dû lâcher Proust en plein milieu et me lancer aussitôt dans le tout dernier tome de cette fabuleuse saga fantastico-western!

Et laisser moi vous dire que ce fut tout un choc de quitter sans préavis  Marcel et son grattage de bobos pour me retrouver en pleine fusillade dans un bar rempli de mutants!  Ça démarre sur les chapeaux de roues et ça n'arrête jamais vraiment!  Beaucoup de pleurs et de grincements de dents, de nouveaux personnages, des anciens qui reviennent, une poursuite effrénée dans un labyrinthe obscur pour échapper à un monstre lovecraftesque... Que du bon!  Il y a peut-être juste quelque chose que j'ai moins aimé vers la fin, un stratagème que j'ai trouvé un peu «facile» et prévisible.  Mais les derniers chapitres sont brillants (même si plusieurs lecteurs ont été déçus par cette finale, semble-t-il) et me laissent avec un seul regret, c'est que ce soit fini!

Fini? Pas tout à fait, puisqu'il me reste le roman intercalaire The Wind Through the Keyhole paru en 2012 et qui vient s'insérer entre les tomes 4 et 5.  Youpi!

Et maintenant, je retourne à Marcel!


Billets sur les tomes précédents: tome 1, tome 2, tome 3, tome 4, tome 5, tome 6.


The Dark Tower (The Dark Tower, tome 7) de Stephen King, 2004, 710 p.  Titre de la traduction française: La Tour sombre.


09 juillet 2017

La Supplication

Dix ans après la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, la journaliste biélorusse Svetlana Alexievitch a recueilli les témoignages de différentes personnes touchées de près ou de loin par la tragédie, donnant enfin la parole à ceux auxquels ont avait ordonné de se taire pendant toutes ces années: familles des victimes, parents d'enfants nés avec des difformités, fonctionnaires, scientifiques, paysans évacués, liquidateurs (ces soldats ou civils envoyés sur les lieux pour contenir les fuites ou décontaminer les lieux, équipés de façon dérisoire).   

Le sentiment qui revient le plus souvent dans ces récits à la fois magnifiques et terribles, plus que la colère ou la peur, c'est l'incompréhension.  C'est en effet une expérience sans aucune mesure avec ce qu'on a pu vivre de mémoire d'homme.  La guerre, aussi traumatisante qu'elle puisse être, il y en a toujours eu, on a lu des livres, vu des films, on connaît des gens qui l'ont vécue...  Mais cette mort invisible, omniprésente, non.  Un soldat atteint par la radiation affirme qu'il aurait préféré mourir en Afghanistan, car la mort, là-bas, était banale, compréhensible.

Plusieurs de ces témoignages me resteront longtemps en tête.  Comme celui de cette femme qui a fui la guerre civile dans une des républiques de l'ex-URSS et qui s'est réfugiée dans un village contaminé, dans une maison abandonnée, parce que de cette terre-là, personne ne viendra la déloger... 


La Supplication de Svetlana Alexievitch, 1997, traduit du russe en 1998, 249 p.  Titre de la version originale: Tchernobylskaïa molitva.

03 juillet 2017

­L'amant en culottes courtes

Pour apprécier ce livre (largement autobiographique), il faut d'abord arriver à mettre de côté le léger malaise qui nous saisit en constatant qu'il raconte la liaison entre un petit Français  de 13 ans, en pension pendant un mois à Londres en 1957 pour y perfectionner son anglais, et une jeune étudiante de 20 ans.  Ce qui nous aide, c'est que, passé la scène du premier baiser, c'est toujours le garçon qui prend l'initiative.  Par contre difficile d'oublier qu'il est encore un gamin sur tous les plans autres que sexuels: il construit un avion en modèle réduit, va chaque jour s'acheter du chocolat au drugstore en postant sa lettre quotidienne à sa grand-maman, collectionne les petites voitures Matchbox et surtout, comme il le répète tout le long du roman, il porte des culottes courtes, à une époque où les pantalons étaient réservés aux «grands».

Ce garçon m'a semblé étrangement dégourdi pour un puceau, voulant expérimenter différentes positions et pratiques dès les premières fois.  Cela m'a paru peu réaliste. La jeune fille au contraire m'a agacée par sa passivité et je n'ai pas compris ce qu'elle recherchait dans cette relation, alors qu'elle avait par ailleurs un amoureux de son âge.

Le roman est de plus un peu long, il aurait pu avoir une centaine de pages en moins sans s'en porter plus mal.  Et puis il faut aussi passer par-dessus quelques réflexions un peu réactionnaires de l'auteur (par exemple, il est contre l'éducation sexuelle à l'école. Cette éducation devrait se faire par les pairs, les plus grands passent l'info aux plus petits...  On sait ce que ça donne!)

Là où j'ai vraiment beaucoup aimé ce livre, c'est dans la description du mode de vie de la petite bourgeoisie londonienne, des visites de Londres avec une vieille dame énergique engagée pour la circonstance, des différents membres de la famille, surtout la mère, genre de géante au cœur d'or que j'ai imaginée sous les traits d'une Julia Child britannique, et son mari qui ne dit jamais un mot et ne remplit les grilles de mots croisés qu'à moitié par amour de la modération!  Le tout vu de l’œil d'un petit Français qui a souvent des réflexions savoureuses sur le monde qu'il découvre.

Alors, c'est à lire ou pas?  À vous de voir!


L'Amant en culottes courtes d'Alain Fleischer, 2006, 655 p.

20 juin 2017

Song of Susannah (Le Chant de Susannah)

Tome 6 de la série The Dark Tower (La Tour sombre)


Plus j'avance dans cette (ô combien magnifique) heptalogie(?), plus j'ai de la difficulté à en parler sans:
1) reblablater la même chose que dans les billets précédents (super mélange de genres, monde complexe, personnages intrigants et/ou attachants, références à d'autres œuvres) et
2) ne rien divulgâcher (parce que je ne vous dis pas les énormités qu'on apprend dans ce tome!!!!!!!)

Qu'il suffît suffise suffites soit suffisant d'affirmer que je ne résisterai pas très longtemps avant de lire la suite parce que aaarrrggghhh! ce suspense!!!  Avant 2018, cette série sera bouclée!


Billets sur les tomes précédents: tome 1, tome 2, tome 3, tome 4, tome 5.


Song of Susannah (The Dark Tower, tome 6) de Stephen King, 2004,  344 p.  Titre de la traduction française: Le Chant de Susannah (La Tour sombre, tome 6).

16 juin 2017

Limonov

J'ai été un peu déboussolée au début de cette lecture puisque je croyais qu'Emmanuel Carrère y racontait l'histoire de son grand-père russe.  Finalement ce n'est pas ça du tout, je me suis mêlée avec une autre de ses œuvres, Un Roman russe.  Il m'a donc fallu faire un petit réajustement cérébral avant de continuer.

Dans ce livre-ci, Carrère écrit la biographie (à sa manière à lui, c'est-à-dire en parlant aussi de lui-même!) d'un écrivain et homme politique russe, Édouard Limonov.  Quel type fascinant!  Il a été poète, dissident, clochard, majordome d'un millionnaire américain, journaliste, prisonnier politique et bien d'autres choses encore.  Fascinant mais pas du tout sympathique...  C'est sans doute ce qui a empêché ce bouquin d'être un aussi gros coup de cœur que ne l'avait été ma première rencontre avec l'auteur, Le Royaume. (D'ailleurs, je viens de relire mon billet de 2015 et je constate que j'avais aussi été désarçonnée en commençant cette œuvre sur les débuts du christianisme... On dirait que ce cher Emmanuel a le don de me surprendre!)  Néanmoins j'ai beaucoup apprécié revisiter les soixante dernières années d'histoire européenne (l'URSS puis la Russie vues de l'intérieure, les guerres serbo-croato-bosniaques et tchétchènes, etc) du point de vue très spécial de ce personnage aux idées disons... discutables!  J'ai d'ailleurs dévoré ces presque cinq cents pages en quelques jours!  Et décidément, j'aime beaucoup, beaucoup la plume intelligente et drôle de Carrère!


Limonov d'Emmanuel Carrère, 2011, 488 p.

12 juin 2017

Impasse des deux palais

En quatrième de couverture, on affirme que Naguib Mahfouz était surnommé «le Zola du Nil» parce qu'il s'est attaché à décrire la société égyptienne dans toutes ses facettes.  Je ne peux en juger puisque c'était ma première rencontre avec cet écrivain, mais j'ai beaucoup apprécié la description qu'il fait ici d'une famille de la bonne bourgeoisie musulmane.  Tout comme chez Zola, les personnages ne sont pas unidimensionnels et il est intéressant de voir comment leur vie quotidienne est affectée par les événements politiques et sociaux (on est au début du XXe siècle, l'Égypte est sous protectorat anglais, mais la révolte gronde...)  J'ai frémi en constatant la condition des femmes, qui étaient littéralement prisonnières dans leur maison, n'en sortant que quelques fois par années dans des calèches fermées pour aller visiter leur famille!  Même les balcons étaient couverts d'un grillage ouvragé pour les soustraire à la vue des passants.  Et dire que dans certains pays c'est encore comme cela, ou que c'est en train de le redevenir...

Malgré tout, c'est une lecture qui n'est pas lourde car il y a aussi beaucoup d'amour dans cette famille et les répliques du plus jeune garçon sont vraiment drôles!  C'est la première partie d'une trilogie, j'ai déjà hâte de lire la suite! (Hé oui, j'ai commencé une autre série...)


Impasse des deux palais de Naguib Mahfouz, 1956, traduit de l'arabe en 1985, 670 p.

01 juin 2017

Moby Dick

Alors voilà, défi réussi!

En effet, lire Moby Dick d'Herman Melville en VO était le défi que je m'étais lancé cette année (après Proust en 2015 et Céline en 2016).  Et si, entre le vocabulaire nautique, les expressions archaïques (ere pour before, nigh pour near, etc) et les dialogues en anglais quaker de certains personnages (thou canst au lieu de you can), ça n'a pas été de la tarte, je suis bien contente d'avoir persévéré malgré tout, et ce, pour deux raisons.

Première raison, Moby Dick est un roman auquel on fait très souvent référence dans d'autres œuvres littéraires, cinématographiques ou télévisuelles.  Ainsi, j'ai compris pourquoi le chien de Dana Scully dans X-Files s'appelait Queequeg et pourquoi elle était surnommée Starbuck par son père, un officier de la marine américaine.  Starbuck étant d'ailleurs aussi le nom d'un personnage de Battlestar Galactica.  Et j'ai été épatée de retrouver la réplique de Khan au capitaine Kirk dans Star Trek II: Wrath of Khan dans la bouche de Ahab s'adressant à son ennemi juré lors de la confrontation finale: «To the last, I will grapple with thee... from Hell's heart, I stab at thee! For hate's sake, I spit my last breath at thee!», ce qui est tout à fait approprié puisque dans les deux cas il s'agit d'histoires de vengeance et d'obsession.  Pour citer Gropitou, quand c'est rendu qu'on reconnaît des dialogues de Star Trek dans un roman du XIXe siècle, c'est du obscur knowledge au second degré!  (Le obscur knowledge, ou connaissance obscure, étant cette faculté de se souvenir de détails insignifiants, comme par exemple le nom du chien de Scully dans X-Files...)

Deuxième raison: c'est un excellent roman!  Bon, il faut arriver à survivre aux nombreuses et plutôt longuettes digressions: le symbolisme de la couleur blanche, la classification des différentes espèces de cétacés, l'anatomie du cachalot, la représentation des baleines dans l'art (chapitre qui aurait été nettement plus intéressant en version illustrée!), etc.  Mais la fin est absolument palpitante et vaut à elle seule l'énergie qu'on aura mise à s'y rendre. Et puis j'ai aussi été étonnée de l'humour omniprésent, malgré le sujet assez sombre.  Enfin, il permet également une réflexion écologique, lorsqu'on compare le nombre de cétacés tués par année en ce temps-là à la quantité restante dans certaines espèces aujourd'hui...


Moby Dick de Herman Melville, 1851, 677 p. Titre de la traduction française: Moby Dick.

14 mai 2017

Un rendez-vous annuel...

C'est bientôt!

C'est du 20 au 28 mai que se tiendra le grand solde de livres des Amis de la bibliothèque de Montréal!  Attention, le lieu est changé. Bon, Gropitou est un peu déçu car la tradition voulait qu'on aille manger des hot-dogs steamés au Petit Québec, coin Rosemont et Saint-Michel, avant de se rendre à l'aréna, un coin de rue plus loin.  D'après Google, il n'y a aucun resto à proximité du nouveau lieu, dans Saint-Léonard. Il faudra donc bouffer avant de partir (on aime y aller en début d'après-midi pour éviter la cohue) ou apporter un pique-nique, pourquoi pas?

Toutes les infos par ici!

N'oubliez pas, c'est pour une bonne cause! (Je sais, tous les prétextes sont bons pour faire augmenter la PAL...)

26 avril 2017

Train de nuit pour Lisbonne

Je ne sais pas si vous êtes comme moi: quand je vais à la bibliothèque municipale, j'ai toujours les yeux plus grands que la panse!  J'aime emprunter plus de livres que ce que je pourrai lire dans le temps imparti.  Ainsi j'ai toujours le luxe du choix.  Mais quand un bouquin se retrouve plusieurs fois dans la catégorie des «remis sans être lus», peut-être est-ce un signe?  Surtout qu'il était en première page de mon petit carnet «livres à lire», ce qui indique qu'il y a été inscrit depuis des années...  Autre signe?

Signe qu'il n'était peut-être pas pour moi, ce roman?  Roman sur lequel j'avais lu des billets élogieux.  Toujours est-il que je n'y ai pas vraiment trouvé mon compte.  Après avoir plutôt aimé le début, j'ai failli abandonner à quelques reprises, mais j'étais tout de même curieuse de savoir où cette quête allait mener le personnage principal, intellectuel un peu mollasson qui à certains points de vue m'a rappelé les personnages de Jacques Poulin (mais ceux-ci sont en général beaucoup plus attachants).  Car c'est bien d'une quête qu'il s'agit: professeur de langues anciennes à Berne, notre homme quitte tout sur un coup de tête pour se rendre au Portugal sur les traces d'un médecin dont il a trouvé le livre auto-édité dans une bouquinerie.  J'avoue bien humblement que je n'ai pas tout compris, en particulier l'intérêt que cette quête pouvait avoir pour moi, lectrice.  Les extraits du livre du médecin m'ont paru un peu ennuyants, ça tournait en rond, j'avais envie de les sauter.

Les passages où il est question de la résistance contre la dictature de Salazar étaient toutefois passionnants, dommage qu'ils aient été trop courts et trop peu nombreux.  L'histoire de la famille du médecin, de sa relation avec ses parents et ses sœurs, était aussi assez intéressante, mais il y avait beaucoup trop de longueurs, de redites.  Bref, un livre qui aurait pu rester dans la catégorie «remis sans être lus» et je ne m'en serais pas porté plus mal...


Train de nuit pour Lisbonne de Pascal Mercier, 2004, traduit de l'allemand (Suisse) en 2006.  490 p.  Titre de la version originale: Nachtzug nach Lissabon.

20 avril 2017

Dans les forêts de Sibérie

Coup de cœur pour ce livre que j'ai dévoré en quelques jours, ce qui ne m'était pas arrivé depuis un bout de temps!  Il ne s'agit pas d'un roman mais du journal de l'écrivain voyageur français Sylvain Tesson, écrit alors qu'il passe six mois dans une cabane isolée sur les rives du lac Baïkal.  On est en partie dans un récit de voyage et d'aventure, en partie dans une réflexion sur la nature (ah! la petite mésange au bord de la fenêtre!), l'humain, la société, la solitude et la liberté, tout ça avec énormément d'humour.  J'ai particulièrement apprécié les passages où il nous parle de ses lectures (nombreuses et diversifiées, de Robinson Crusoé à Schopenhauer en passant par la poésie chinoise et Chateaubriand), en faisant des parallèles avec ce qu'il vit.  Seul petit bémol, vers la fin j'ai commencé à trouver les scènes de beuveries un peu nombreuses (détail qui sans doute n'agacera que moi d'ailleurs, on ne se refait pas), mais en même temps, il s'agit d'un journal et ce n'est pas à moi de dire au gars comment vivre sa vie; en Sibérie fait comme les Sibériens, j'imagine, et il semble que les Sibériens boivent de la vodka dès le petit déjeuner, alors...

En cherchant l'image de la couverture, je suis tombée sur la bande-annonce du film, sorti l'an passé, paraît-il...  Ça semble plutôt bien (bizarrement ça se déroule sur un an au lieu de six mois!), quelqu'un l'a vu?


Dans les forêts de Sibérie de Sylvain Tesson, 2011, 267 p.

11 avril 2017

La Prisonnière

(À la recherche du temps perdu, tome 5)

Le thème de ce cinquième tome est la jalousie et l'amour possessif (ce qui explique le titre!).  Drôle d'amour, en fait, que celui qu'éprouve le narrateur (Proust s'échappe une fois à l'appeler Marcel, ce qu'il avait méticuleusement évité dans les tomes précédents!) pour Albertine: quand il pense qu'elle va le quitter ou le tromper, il est fou de douleur, prêt aux pires bassesses; quand au contraire il la sent docile, il s'en désintéresse, rêvant à des voyages à Venise, à des inconnues aperçues par la fenêtre.  Quant à Albertine, ses sentiments pour lui restent un mystère!  Nous seront-ils dévoilés un jour?  C'est ce que nous saurons peut-être dans le prochain épisode!  Épisode que j'ai déjà hâte de découvrir, en partie à cause des annonces de calamités à venir que Proust glisse habilement ici et là, comme dans le tome précédent.

Ce que j'aime par dessus tout chez Proust, ce sont ses descriptions de petits détails quotidiens qui deviennent évocateurs, lourds de sens.  Par exemple, la lumière de la chambre d'Albertine filtrant à travers les fentes des volets en vient à former sous nos yeux les barreaux dorés de sa prison!

Un extrait où Proust nous parle de ce que l'art peut accomplir (Vinteuil et Elstir sont un compositeur et un peintre fictifs):
Mais alors, n’est-ce pas que, de ces éléments, tout le résidu réel que nous sommes obligés de garder pour nous-mêmes, que la causerie ne peut transmettre même de l’ami à l’ami, du maître au disciple, de l’amant à la maîtresse, cet ineffable qui différencie qualitativement ce que chacun a senti et qu’il est obligé de laisser au seuil des phrases où il ne peut communiquer avec autrui qu’en se limitant à des points extérieurs communs à tous et sans intérêt, l’art, l’art d’un Vinteuil comme celui d’un Elstir, le fait apparaître, extériorisant dans les couleurs du spectre la composition intime de ces mondes que nous appelons les individus, et que sans l’art nous ne connaîtrions jamais ? Des ailes, un autre appareil respiratoire, et qui nous permissent de traverser l’immensité, ne nous serviraient à rien, car, si nous allions dans Mars et dans Vénus en gardant les mêmes sens, ils revêtiraient du même aspect que les choses de la Terre tout ce que nous pourrions voir. Le seul véritable voyage, le seul bain de Jouvence, ce ne serait pas d’aller vers de nouveaux paysages, mais d’avoir d’autres yeux, de voir l’univers avec les yeux d’un autre, de cent autres, de voir les cent univers que chacun d’eux voit, que chacun d’eux est ; et cela, nous le pouvons avec un Elstir, avec un Vinteuil ; avec leurs pareils, nous volons vraiment d’étoiles en étoiles.

Enfin, un petit avertissement, il y a vers la fin deux ou trois pages pleines de divulgâcheurs sur Crimes et Châtiments et Les Frères Karamazov de Dostoïevski.  Moi qui pensais justement renouer avec cet écrivain pour mon défi de lecture de l'an prochain (en passant, cette année ce sera Moby Dick, restez à l'écoute, c'est pour bientôt!), après un premier essai peu concluant -- Crimes et Châtiments, trop noir pour moi mais j'étais très jeune quand je l'ai lu -- j'hésitais entre Les Frères K. et L'Idiot, Proust a choisi pour moi, ce sera ce dernier titre, si le projet se concrétise!


La Prisonnière (À la recherche du temps perdu, tome 5) de Marcel Proust, 1923, 465 p.

11 mars 2017

Rien ne s'oppose à la nuit

Quel beau roman autobiographique que celui-là!  Delphine de Vigan, que je ne connaissais que de nom, y décrit de façon fort émouvante mais sans complaisance la vie de sa mère, qui était bipolaire et qui s'est suicidée.  Née dans une famille nombreuse et extravagante, celle-ci eut une enfance tumultueuse, marquée par plusieurs tragédies, et ses blessures subsisteront jusqu'à l'âge adulte.  Mais s'il y a beaucoup de zones d'ombre, il y a aussi plusieurs passages lumineux et s'il est triste, le récit, qui se présente en fait comme une enquête, n'est jamais déprimant.


Rien ne s'oppose à la nuit de Delphine de Vigan, 2011, 439 p.

06 mars 2017

Mrs Dalloway


En commençant ce roman de Virginia Woolf – première rencontre entre cette écrivaine et moi – j’ai cru avoir des flashbacks de mon expérience peu concluante (c’est un euphémisme) avec Faulkner il y a un an ou deux.  Le style est celui du stream of consciousness (courant de conscience), on saute donc du coq à l’âne et c’est parfois difficile à suivre.  Il faut dire que j’avais une édition numérique que j’ai trouvée dans un lot que Gropitou a téléchargé je ne sais où et que la qualité de la numérisation laissait à désirer.  C’est fou comme des petits détails de mise en page ou de ponctuation déficientes peuvent rendre la lecture ardue.  Lorsque je me suis plutôt tournée vers une édition de meilleure qualité, celle du prêt numérique de la BAnQ, c’était déjà beaucoup plus plaisant, surtout que les notes explicatives aidaient grandement à la compréhension.  Par exemple, la phrase «Lords, Ascot, Ranelagh and all the rest of it» prend tout son sens lorsqu’on comprend que Lords désigne ici  un terrain de sports équestres (tout comme Ascot et Ranelagh) et non des seigneurs ou des nobles.

Woolf dresse un portrait de la société londonienne des années 1920 en nous faisant connaître les pensées de différents individus au cours d’une seule journée.  L’idée est excellente mais son style d’écriture selon moi un peu prétentieux empêche de s’attacher aux personnages.  Dommage car ceux-ci sont fort bien dépeints.  Le portrait de l’ancien soldat souffrant de toute évidence d’un stress post-traumatique (ce qu’on appelait à l’époque «shell shock») est particulièrement saisissant.

Aussi la visite de Londres doit être plus intéressante quand on connaît la ville.   J’ai aimé par contre que les résonnements de Big Ben ponctuent le roman, marquant les étapes de la journée.



Mrs Dalloway de Virginia Woolf, 1925, 214p.  Titre de la traduction française: Mrs Dalloway.

12 février 2017

Pour l'amour de Finette

Aucune idée où j'ai bien pu entendre parler de Remo Forlani, cet écrivain français décédé en 2009, grand ami des animaux (chats, chiens, éléphants, comme mentionné au début de ce roman!).  J'ai acheté ce livre en bouquinerie il y a plusieurs années et il végétait dans ma PAL depuis lors.  Je n'étais plus sûre d'avoir envie de le lire.  N'était-ce pas un peu gnangnan, un peu mélo?

C'est un billet récent de la copine blogueuse Alys* qui m'a convaincue de le mettre sur le dessus de la pile.  Et en fin de compte, si le style est un petit peu démodé, j'ai bien apprécié l'intrigue: sous l'Occupation, une jeune Parisienne recueille différentes bêtes abandonnées dans la ville, ce qui l'entraînera dans diverses aventures.  C'est léger, amusant (il y a quelques scènes de violence mais on ne s'éternise pas dans les détails) et ça soulève la question, rarement abordée, du sort de nos animaux domestiques lors de guerres ou de cataclysmes.  Chaque année au mois de juillet**, la SPCA note une augmentation d'abandons de chats et de chiens, simplement parce que les gens déménagent...  Alors imaginez lors d'événements plus tragiques et inattendus!


* Ah bien, voilà où j'en ai entendu parler, c'était dans son billet sur Gouttière, en 2013!
** Au Québec, la plupart des déménagements se font le 1er juillet.


Pour l'amour de Finette de Remo Forlani, 1983, 275 p.

01 février 2017

Conversations avec un enfant curieux

Si vous avez aimé Un Ange cornu avec des ailes  de tôle, Bonbons assortis ou Les Vues animées, vous apprécierez tout autant ce charmant recueil de dialogues entre un petit Michel très curieux et ses parents, ses professeurs, ses petites amies, enfin, tout son entourage, qu'il faisait tourner en bourrique.  On rit beaucoup, et en même temps les remises en question des dogmes de la religion par cet enfant qui veut comprendre et non seulement croire nous permettent de mesurer le chemin parcouru en une cinquantaine d'année!  Quoique...  si on remplace le mot religion par télévision, internet, politiciens... ça nous rappelle qu'il est encore à l'ordre du jour d'en poser, des questions!


Conversations avec un enfant curieux de Michel Tremblay, 2016, 148 p.

29 janvier 2017

Wolves of the Calla (Les Loups de la Calla)

Tome 5 de la série The Dark Tower (La Tour sombre)


Un début un peu laborieux pour ce cinquième tome de la série.  L'action démarre lentement, et en plus on fait un long détour dans le passé d'un nouveau personnage -- zut! c'est plein de divulgâcheurs sur Salem's Lot, j'aurais dû suivre le conseil qu'on m'a donné et le lire avant!  Je croyais que ce serait seulement quelques clins d'oeil, comme c'est le cas dans le tome précédent avec The Stand.  Mais surtout, mine de rien, il s'est écoulé plus d'un an et demi depuis ma lecture du tome 4, ça commençait à faire beaucoup pour ma petite mémoire de poisson rouge (j'ai d'ailleurs dû aller consulter le résumé sur Internet, je ne me souvenais de presque rien!).  De toutes façons, si je ne peux plus lire Salem's Lot pour cause de divulgâcheurs, ce n'est pas comme si je risquais de manquer de romans de King très bientôt; au rythme d'un par année ou par deux ans, j'en ai suffisamment pour le restant de mes jours!

Un commencement lent, donc, mais on se rattrape dans la deuxième moitié, qui est palpitante.  La saveur western qui me plaît beaucoup est toujours aussi présente.  D'ailleurs, l'intrigue m'a rappelé le film The Magnificent Seven (Les Sept Mercenaires) dont j'ai récemment vu le remake mettant en vedette mon beau Denzel...  Or, ce film est une transposition des Sept Samouraïs de Kurosawa, que King cite dans ses sources d'inspiration en postface!

Quant à la fin, elle est tout simplement délicieuse.  Je peux vous dire qu'il ne s'écoulera pas un an avant que je mette la main sur la suite!


Wolves of the Calla (The Dark Tower, tome 5) de Stephen King, 714 p, 2003.  Titre de la traduction française: Les Loups de la Calla (La Tour sombre, tome 5).