Le Moine d'Antonin Artaud, d'après le roman The Monk de M.G. Lewis (1796), 1931, 432 p.
27 mars 2026
Le Moine
21 juin 2025
La Porte des Enfers
Oh là là! En commençant ce roman, je ne m'attendais pas à une ambiance aussi glauque et à des scènes d'une telle violence! Bien sûr, Laurent Gaudé aime aborder des sujets sérieux, mais je n'ai jamais ressenti cette impression d'étouffement dans les autres romans que j'ai lus -- et pourtant je me souviens de passages assez durs dans Eldorado, par exemple.
Heureusement, il y a dans cette histoire un côté fantastique qui m’intriguait. Le narrateur, qui dit être mort et revenu à la vie, est-il un fantôme, un revenant, un fou? C'est ce qui m'a encouragée à continuer, et finalement, à partir du milieu du roman, j'ai pu apprécier la façon dont Gaudé aborde les thèmes de la mort, du deuil, de la vengeance, du sacrifice et de la mémoire.
Une des grandes forces de ce roman, ce sont les personnages secondaires, notamment la prostituée transgenre (en 2008, ce genre de personnages n'était pas encore courant) et le vieux curé barricadé dans son église.
Mais quelle vision sombre de la mort! On est loin du champ d’asphodèles des Grecs...
La Porte des Enfers de Laurent Gaudé, 2008, 266 p.
27 novembre 2024
Swan Song
À part la cause de l'apocalyse (virus mortel chez l'un, guerre nucléaire chez l'autre), les premiers chapitres m'ont fait penser à un de mes romans préférés de Stephen King, The Stand (Le Fléau). Comme dans ce dernier, on fait la rencontre de divers personnages éparpillés dans différents États américains, certains bons, d'autres plus inquiétants, incluant un étrange individu carrément maléfique qui m'a rappelé le fameux Dark Man de King. Heureusement, l'histoire se différencie assez par la suite pour qu'on ne puisse pas supposer qu'il y a eu plagiat, notamment grâce aux deux personnages féminins principaux, Swan et Sister, qui m'ont beaucoup plu.
L'intrigue est menée tambour battant, sauf pour quelques ralentissements dans la deuxième partie (je me serais passée notamment de la longue confrontation entre deux groupes de méchants, même si cela avait finalement une importance dans l'histoire).
Un mélange des genres Fantastique/Horreur/Post-apocalyptique bien réussi, je le recommande aux amateurs! Mais attention, il y a des scènes assez violentes, vous voilà prévenus!
Swan Song de Robert McCammon, 1987, 880 pages. L'édition française, qui porte le même titre, est divisée en deux tomes (2023).
27 octobre 2024
Le Clan des Belen
D'après les commentaires lus ici et là, plusieurs lecteurs ont beaucoup apprécié ce roman de Julia Castiel (que je ne connaissais pas, et pour cause, c'est son premier livre!), mais ont été déçus par la fin. C'est bizarre parce que moi ce serait plutôt le contraire! Enfin, sans vraiment m'ennuyer (l'ambiance de ce petit village isolé des Ardennes est bien décrite et les personnages sont attachants ou inquiétants selon le cas), je trouvais l'intrigue peu originale, et la plume de l'auteure ne me convenait pas complètement: un peu saccadée, de temps en temps des tournures de phrases un peu maladroite...
Mais cette fin! Je ne l'ai pas vue venir du tout. Enfin, j'en avais deviné une partie, c'était assez évident, mais une certaine révélation m'a jetée en bas de ma chaise! Chapeau!
Le Clan des Belen de Julia Castel, 2023, 209 p.
25 octobre 2024
Bonobo
En effet, l'intrigue prend un tour fantastique que je n'ai pas du tout vu venir et que j'ai trouvé intéressant. Il s'agit d'une histoire d'échange de personnalité entre une petite femelle bonobo et une soignante à l'emploi d'un centre d'étude des primates. Comme dans tous les romans (ou les films, nombreux) de ce genre, il faut bien sûr accepter cette prémisse de départ, qui peut naturellement sembler tirée par les cheveux. Une fois que c'est fait, on obtient ici de belles réflexions sur l'identité, sur la mort, sur ce qui différencie ou rapproche l'humain de ces animaux qui sont les plus proches de nous génétiquement parlant. J'ai particulièrement apprécié les passages qui évoquent les souvenirs de la petite bonobo. L'évolution des personnages principaux est également bien développée.
On remarquera aussi une dénonciation de la traite des animaux sauvages et de leur maltraitance -- il y a d'ailleurs une scène assez dure, les petits cœurs tendres sont avertis!
Bonobo de Jeong You-jeong, traduit du coréen, 2021, 400 p. Titre original: Jin-Yi & Jinny (2019).
02 octobre 2024
Méduse
J'ai aimé: la finesse de la plume, le vocabulaire recherché, les variations autour du thème de Méduse et des méduses, qu'on reconnaisse la ville de Québec à travers les indices donnés ici et là, le message sur la puissance féminine, sur la réappropriation du corps.
J'ai moins aimé: l'ambiance vraiment trop glauque, et parfois un manque de subtilité dans la transmission du message mentionné ci-dessus, en particulier à la fin (on avait compris la métaphore, ce n'était pas nécessaire de l'appuyer de façon aussi littérale).
Alors, quel côté l'emporte? Je crois bien que c'est 50-50!
Méduse de Martine Desjardins, 2020, 216 p.
20 janvier 2024
Freshwater (Eau douce)
C'est comme s'il y avait deux romans imbriqués en un seul : un sur la mythologie
nigériane, épicée d'un soupçon de mythes chrétiens et d'une
pincée de vaudou; l’autre, un roman sur la folie et/ou la possession par une
entité donnant des symptômes ressemblant à des problèmes mentaux (anorexie,
automutilation, idées suicidaires, personnalités multiples, schizophrénie, choc post-traumatique...). Cela m'a donné l'impression que l'auteure n'avait pas réussi à se décider entre les deux concepts.
Bref, beaucoup de bonnes idées mal exploitées (ou alors c’est moi qui n’ai rien compris, ce qui est très possible!).
Freshwater de Akwaeke Emezi, 2018, 240 p. Titre de la traduction française: Eau douce.
28 octobre 2023
The Midnight Library (La Bibliothèque de minuit)
Le thème du club de lecture Livraddict d'octobre est le monde du livre, et on a choisi ce roman de Matt Haig. Ce n'était pas mon premier choix (j'ai voté pour Les Vies de papier de Rabbih Alameddine et La plus secrète mémoire des hommes de Mohamed Mbougar Sarr) mais je n'ai pas été surprise car on le voit partout sur les blogues et les forums depuis sa parution en version française l'an dernier. J'ai donc décidé de lui donner sa chance -- j'ai déjà eu de bonnes surprises grâce à ce club de lecture!
Malheureusement, mon avis est mitigé. C'est un roman qui se lit bien et l'idée de base est intéressante même si elle n'est pas d'une grande originalité: une femme a l'occasion de visiter les différentes vies qu'elle aurait vécues si elle avait pris des décisions différentes à différents moments de son parcours. Elle est plutôt sympathique mais l'on aurait souvent envie de la secouer un peu!
Là où le bât blesse, c'est que tout est expliqué en long et en large. J'aurais aimé qu'on nous laisse découvrir peu à peu le fonctionnement de la mystérieuse bibliothèque, mais non, tout est dévoilé dès que l'héroïne y pénètre. De plus, les motivations et les sentiments de cette dernière sont soulignés à gros traits et entourés d'un néon clignotant. Or, vous me connaissez, je préfère quand l'auteur nous fait confiance et nous laisse faire notre petit bout de chemin...
J'ai aussi remarqué quelques incohérences dans l'intrigue. Je n'en parlerai pas trop pour ne rien divulgâcher, mais disons notamment que, parmi les options de vie que l'héroïne choisit de visiter, il y en avait une qui semblait évidente et à laquelle elle ne pense que très tardivement. De plus, la fin est extrêmement prévisible et l'on devine dès le début ce que sera la morale de l'histoire.
Bref, un peu déçue, mais j'espère à tout le moins que les discussions avec les participants du club seront animées!
The Midnight Library de Matt Haig, 2020, 288 p. Titre de la traduction française: La Bibliothèque de minuit.
12 mai 2023
Good Omens (De bons présages)
Un roman humoristique racontant l'alliance d'un ange et d'un démon tentant d'empêcher l'apocalypse, écrit par deux auteurs anglais que j'aime beaucoup? Ça ne pouvait que me plaire, mais le danger de mettre la barre trop haute était bien réel... Et c'est ce qui s'est produit, dans une certaines mesure...
En effet, si j'ai beaucoup apprécié l'humour et les nombreuses références, j'ai trouvé qu'il y avait quelques longueurs dans la première partie. La grande quantité de personnages donne une intrigue un peu décousue, voire même confuse. Il m'a semblé que certains auraient pu être éliminés ou combinés. Quant aux notes comiques en bas de pages, un stratagème que j'apprécie en général, cela fonctionne mieux en version papier que sur la liseuse, où l'on doit constamment interrompre la lecture pour faire l'aller-retour (surtout que cette fonction n'est pas tout à fait au point sur ma Kobo).
Cela dit, j'ai quand même bien aimé ce roman, en particulier certaines répliques vraiment hilarantes. On reconnaît la touche de chacun des deux écrivains (les personnages de Death et des sorcières, clairement pratchettiens; les deux vilains démons qui annoncent les méchants Mr Croup et Mr Vandemar dans Neverwhere de Gaiman) et pourtant le ton de l'ensemble reste bien uniforme.
À lire, donc, pour se bidonner, mais sans s'attendre à un chef-d’œuvre...
Good Omens de Terry Pratchett et Neil Gaiman, 1990, 404 p. Titre de la traduction française: De bons présages.
12 avril 2023
Les Rivières suivi de Les montagnes
Même s’il est question d’un sujet délicat et qui me met toujours mal à l’aise, la pédophilie, je suis arrivée à apprécier ma lecture de la première nouvelle car, d'une part, cela restait au niveau du fantasme, sans passage à l’acte et sans trop de détails, et que d'autre part, le ton général était humoristique, de cet humour un peu cynique mais pas trop dont sait toujours faire preuve cet écrivain. Malheureusement, à la fin de cette nouvelle, une phrase trop détaillée, très scabreuse, a vraiment gâché le plaisir que j’avais éprouvé jusque-là!
Heureusement, l’auteur se rattrape dans la deuxième nouvelle. L’ambiance, assez noire et glauque, est vraiment très réussie pour qui aime ce genre. Même si l’humour reste très présent, j’ai parfois senti mes poils se hérisser sur ma nuque!
Détail amusant, aucune des histoires ne se déroule au bord d’une rivière ou sur une montagne, et pourtant le titre reste tout à fait pertinent, ce que j’ai trouvé habile. Je ne vous en dis pas plus, à vous de découvrir…
Les Rivières suivi de Les montagnes de François Blais, 2017, 189 p.
28 août 2022
The House in the Cerulean Sea (La Maison au milieu de la mer céruléenne)
«Un roman qui véhicule de beaux messages»... Voilà exactement le genre de commentaires qui me fait fuir à toutes jambes! La couverture, bien que jolie, en rajoute une couche en me faisant penser à un album pour enfants. C'est donc avec énormément d'appréhension que j'ai entamé ce livre de TJ Klune, mais comme il a été choisi pour le club de lecture d'août du forum Livraddict (thème: histoire se déroulant sur une île) et que j'y ai parfois eu de belles surprises (coucou, M. Pevel!), j'ai décidé de lui donner sa chance.
J'ai été enchantée de découvrir un ton à la Neil Gaiman, avec beaucoup d'humour et un personnage principal dans le genre de ceux qu'on retrouve souvent chez lui, un type un peu minable mais sympathique. Le point de départ n'est pas des plus originaux (une énième institution peuplée d'enfants aux pouvoirs spéciaux), mais les personnages secondaires le sont, et ils sont de surcroît fort attachants.
Jusqu'à la moitié du bouquin, je nageais dans un bonheur total. Malheureusement, cela s'est gâté lorsque les fameux messages politiquement corrects se sont pointés, chaussés d'énormes sabots. Je suis tout à fait pour l'inclusion, la tolérance, l'acceptation de soi et le respect de la différence. Je n'ai donc nul besoin de me faire enfoncer ces valeurs dans la gorge avec un manche à balai. Je préfère nettement lorsqu'un auteur soulève des problématiques, en expose les différentes facettes dans toute leur complexité, mais nous laisse arriver à nos propres conclusions. Fais confiance à tes lecteurs, TJ!
J'ai aussi trouvé que les conflits se règlent un peu trop facilement et que la fin est un peu prévisible, bien que certains rebondissements aient su me surprendre. Je reste tout de même avec une impression positive et je recommande sans hésiter ce roman pour quand l'envie d'une lecture doudou vous prendra.
The House in the Cerulean Sea de TJ Klune, 2020, 300 p. Titre de la traduction française: La Maison au milieu de la mer céruléenne.
17 mai 2022
The City of Mirrors (La Cité des miroirs)
The Passage (Le Passage), tome 3
Et voilà, c'est la fin de cette formidable trilogie de Justin Cronin, intéressant mélange de science-fiction (sous-genre post-apocalyptique) et de fantastique.
Même si ce dernier tome reste très satisfaisant et clôt bien la série, je dois avouer qu'il m'a un peu moins emballée que les deux précédents. Quelques longueurs plombent un peu le rythme et, surtout, il y a vers la fin un événement qui m'a semblé un peu trop tiré par les cheveux (je ne peux élaborer davantage sans divulgâcher...).
Par contre, j'ai été soulagée de constater qu'il n'y a pas eu escalade de violence, comme je le craignais. Je dirais même que ce tome-ci est le «moins pire» des trois, de ce point de vue!
Ici encore, on peut remarquer l'influence marquée de Stephen King, notamment dans le personnage de Fanning, qui m'a rappelé le Dark Man (l'Homme en noir) qu'on retrouve dans plusieurs de ses romans. Un personnage qui donne froid dans le dos!
Malgré les quelques bémols énoncés ci-dessus, je recommande chaudement cette série à tous ceux qui aiment les intrigues assez complexes et non linéaires, avec de multiples personnages très bien développés (âmes sensibles, s'abstenir, car il y a quelques passages à la limite du supportable dans les deux premiers tomes).
The City of Mirrors (The Passage, tome 3) de Justin Cronin, 2016, 602 p. Titre de la traduction française: La Cité des miroirs (Le Passage, tome 3).
08 janvier 2022
The Twelve (Les Douze)
The Passage (Le Passage), tome 2
Comme il s'agit d'un tome 2, je serai brève pour éviter trop de répétitions...
Si vous avez lu mon bilan annuel, vous savez tout le bien que j'ai pensé du tome 1! J'en pense tout autant du tome 2: intrigue intelligente et exigeante, rythme bien dosé, personnages bien développés... Mais l'avertissement que je vous avais servi s'applique a fortiori ici: j'avais déjà prévenu mes lecteurs sensibles de la présence d'un contenu violent; eh bien, je ne sais pas si je me fais des idées, mais ça m'a semblé pire dans cette suite! Plus de violence, plus de détails sordides, mais surtout, cette violence affecte maintenant des personnages que nous aimons, c'est donc à la limite du supportable! J'espère qu'il n'y aura pas surenchère dans le tome 3 parce que cela pourrait s'avérer trop pour moi.
The Twelve (The Passage, tome 2) de Justin Cronin, 2012, 633 p. Titre de la traduction française: Les Douze (Le Passage, tome 2).
11 décembre 2021
Le Bal des folles
Ce n'est pas une mauvaise lecture, car le décor est intéressant: l'action se déroule à Paris au XIXe siècle, principalement dans l'hôpital de La Salpêtrière, ce fameux asile psychiatrique pour femmes. L'ennui, c'est que j'ai trouvé à ce roman quelques défauts, rien de majeur mais des petits trucs qui s'accumulent.
Tout d'abord, le côté historique aurait pu être beaucoup plus approfondi. J'aurais aimé en apprendre davantage sur le fonctionnement de l'hôpital, sur la vision que l'on avait des différents troubles mentaux abordés et les traitements offerts (c'est quoi cette histoire de massage d'ovaires?), sur les recherches du fameux Dr Charcot, personnage qui aurait d'ailleurs mérité de faire plus qu'un ou deux petits coucous dans le récit!
Ensuite, l'auteure introduit dans l'intrigue un aspect paranormal qui affaiblit son propos, puisqu'il détourne l'attention du sujet principal, le fait qu'une femme puisse être internée contre son gré par son père ou son mari dès que son comportement est le moindrement anormal ou dérangeant (sans que l'accusateur ait à fournir la moindre preuve, d'ailleurs!).
Enfin, je n'ai pas été épatée par la plume de Victoria Mas. Quelques tournures de phrases inélégantes, des répétitions (on le saura, qu'il y avait des allumeurs de réverbères!), quelques pléonasmes (une jeune adolescente, par opposition à une vieille adolescente, peut-être?)... Rien d'épouvantable, mais quand je commence à remarquer des petits défauts, après on dirait que je les cherche et ça me fait décrocher du roman! Ça vous fait ça également?
Cependant, la fin est assez réussie et a su me surprendre, bien que la scène du fameux bal passe beaucoup trop rapidement.
Bref, un sujet très intéressant mais mal exploité. Dans la même veine, et avec un côté fantastique beaucoup mieux intégré à la trame, je vous recommande plutôt Affinity (Affinités) de Sarah Waters, qui se déroule dans une prison pour femmes en Angleterre.
Le Bal des folles de Victoria Mas, 2019, 251 p.
17 novembre 2021
The Starless Sea (La Mer sans étoiles)
Ohlala les amis! Quel roman!
De quoi ça parle? Euuuhhhhh... Ça commence avec un pirate dans une prison, et ensuite y a un étudiant qui trouve un livre étrange dans la bibliothèque de son université, et dans ce livre est raconté quelque chose qui lui est arrivé quand il était petit, alors il enquête là-dessus et se retrouve dans un bal masqué à New York, et il est question d'abeilles, d'épées, de clés et de portes magiques, du Temps et du Destin qui sont amoureux, et... non, c'est impossible à résumer, il faut le lire!
Je dois toutefois vous prévenir que c'est une lecture exigeante, à réserver à un moment où notre cerveau a une bonne disponibilité. En effet, on suit tour à tour plusieurs personnages dont les parcours s'entrecroisent et se répondent, on se promène dans le temps et l'espace, et l'histoire principale est entrecoupée de petits contes (souvent ce procédé m'énerve mais ici c'est très bien fait et toujours pertinent).
D'ailleurs je vous avoue que j'ai failli décrocher dans la cinquième partie (il y en a sept en tout) tant la trame devient complexe et chargée de symboles et de métaphores. Mais Morgenstern arrive à nous ressaisir juste à temps, heureusement car la suite est formidable. En fait, tout le livre est délicieux, avec son ambiance onirique et mystérieuse, son intrigue sous forme de casse-tête dont tous les morceaux finissent par s'imbriquer, ses personnages originaux et surtout ses nombreuses références littéraires.
Et puis il y a des chats partout, que demander de plus?
The Starless Sea de Erin Morgenstern, 2019, 489 p. Titre de la traduction française: La Mer sans étoiles.
16 octobre 2021
The Institute (L'Institut)
The Institute de Stephen King, 2019, 561 p. Titre de la traduction française: L'Institut.
24 septembre 2021
The Passage (Le Passage)
Série The Passage (Le Passage), tome 1
Dans cet excellent roman à la frontière de la SF (à cause du côté post-apocalyptique) et du Fantastique (des monstres, des humains avec des pouvoirs surnaturels), Justin Cronin réussit à combiner de multiples influences pour obtenir un résultat d'une grande originalité, ce qui n'est quand même pas évident. Ainsi, on trouve dans la recette une bonne louche de Stephen King (surtout Le Fléau, mais aussi La Ligne verte avec le personnage de Carter, le condamné à mort), une cuillerée de la bande dessinée Walking Dead, un soupçon de I am Legend (le roman de Richard Matheson ou une de ses adaptations cinématographiques) et probablement d'autres ingrédients que je n'ai pas détectés.
Ces éléments parfaitement dosés nous donnent un roman extrêmement prenant (mais avec quelques scènes très violentes, j'aime mieux prévenir les âmes sensibles). Les personnages, en particulier, sont bien développés et attachants ou détestables à souhait sans être caricaturaux. Il y a peut-être une petite longueur au milieu du livre, mais en général le rythme est parfait, avec des périodes calmes, où la tension s'installe peu à peu, aboutissant à des scènes où l'action ne nous laisse aucun répit. L'intrigue est assez exigeante, prouvant que l'auteur ne prend pas ses lecteurs pour des imbéciles.
Vraiment, une très belle découverte, un titre qui pourrait bien se retrouver dans mon Top 3 annuel! De plus, l'histoire reste en suspens à la fin, il va falloir que je me procure le tome 2 très bientôt!
The Passage de Justin Cronin, 2010, 879 p. Titre de la traduction française: Le Passage.
11 août 2021
Dans le livre des rêves
Il y a quelques années, j'ai lu et beaucoup aimé La Librairie des ombres de Mikkel Birkegaard, mais je ne savais pas qu'un autre de ses romans avait été traduit en français! Oui, je suis toujours l'actualité littéraire avec autant d'assiduité...
Enfin, le voilà, la couverture est moche mais le livre est chouette. Il y a bien quelques petites incohérences, voire même quelques erreurs factuelles (peut-être que je n'ai rien compris au système métrique pendant toutes ces années, mais selon mes calculs, un huitième de litre, ça ne donne pas 250 ml, et je ne décrirais pas un bébé naissant comme pesant «à peine» 5 kg...), mais peut-être celles-ci sont-elles dues à la traduction, allez savoir!
Mais une fois ces petites bourdes pardonnées, j'ai vraiment apprécié cette intrigue remplie d'idées franchement bien trouvées. Encore une fois, Birkegaard met les livres et la littérature au cœur de son histoire, et ça, on aime! De plus, l'ambiance m'a fait penser à celle de L'Ombre du vent de Carlos Ruiz Zafon, sauf qu'on est à Copenhague au milieu du XIXe siècle, ce qui est très original.
Fait cocasse, le livre Les Métamorphoses d'Ovide, que je viens tout juste de terminer (péniblement), y est mentionné!
Dans le livre des rêves de Mikkel Birkegaarde, 2013, traduit du danois, 509 p. Titre de la version originale: Fra drømmenes Bog, 2012.
29 mai 2021
Les Miracles du bazar Nayima
«Magnifique», «sublime», «une pépite»: tels sont les commentaires de lecteurs de ce roman de Keigo Higashino, qui a été choisi pour le club de lecture de Livraddict du mois de mai.
Malheureusement, mon avis sera plus mitigé! Pour moi, cela a été une lecture sympathique, mais sans plus.
Le sujet n'est pas extrêmement original (cette histoire de lettres qui se transmettent d'une époque à l'autre m'a donné une impression de déjà-vu) mais j'avoue qu'il est bien exploité. Peu importe si le conseil reçu est suivi ou non par les récipiendaires de ces fameuses lettres signées Bazar Namiya, le résultat n'est pas celui qu'on attendait. J'ai trouvé cela ingénieux. Quant au dénouement, il a su me surprendre.
Le principal défaut est la plume de Higashino. Elle est simple et bien lisible, mais manque d'ambition. Tout est expliqué en détail, rien n'est laissé à l'interprétation du lecteur. Par exemple, dans un passage qui se déroule dans les années soixante-dix, on prend la peine de souligner que les journaux et la télévision étaient les seules sources d'information du personnage, car ni Internet ni les réseaux sociaux n'existaient à l'époque. Merci de me l'avoir expliqué, car je ne comprenais pas pourquoi il n'ouvrait tout simplement pas son ordinateur... En fait, pour être plus précise, la plume est à la fois trop détaillée et lourde sur certains aspects, et pas assez sur d'autres, comme les liens entre différents lieux et le fonctionnement de cette faille temporelle (je ne m'attendais pas à ce qu'il y ait vraiment une explication, mais je n'ai pas bien compris cette histoire de porte ouverte ou fermée, le lien avec le centre d'accueil, etc.)
J'ai trouvé également qu'on passait trop rapidement d'un personnage à l'autre. Je n'ai réussi à m'attacher à aucun d'entre eux, et il y en a même deux que j'ai trouvés complètement interchangeables. Dans plusieurs cas, en savoir plus sur leurs antécédents aurait été nécessaire, ou à tout le moins intéressant.
Bref, un petit roman plaisant, non dénué de qualités, mais dont le style est banal et qui reste trop superficiel.
Les Miracles du bazar Namiya de Keigo Higashino, 2012, traduit du japonais en 2020, 281 p. Titre de la version originale: Namiya zakkaten no kiseki.
03 mai 2021
Soulless (Sans âme)
The Parasol Protectorate (Le Protectorat de l'ombrelle), tome 1
J'avais envie d'une petite lecture légère pour contrebalancer les deux poids lourds que je traîne en ce moment (j'ai nommé MM. Ovide et Joyce). Une histoire avec des vampires et des loups-garous dans une ambiance victorienne et steampunk était donc tout indiquée.
Les premiers chapitres m'ont ravie. Les dialogues sont légers et humoristiques, les personnages originaux (mention spéciale à Lord Adelkama, un vampire homosexuel aux flamboyants habits de style rococo). Bon, rendue au milieu, je trouvais que la romance entre l'héroïne et le loup-garou au physique impressionnant (on insiste beaucoup là-dessus) prenait beaucoup de place et retardait l'action, mais ça pouvait encore aller.
Mais quand l'action reprend enfin, il se passe quelque chose d'absurde qui m'a fait décrocher complètement. Pour vous donner un point de comparaison sans trop divulgâcher (mais je divulgâche quand même un peu; si vous ne voulez rien savoir, sautez le reste de ce paragraphe): vous savez, dans les vieux films de James Bond, quand le gros méchant, après avoir dévoilé tous ses plans machiavéliques à James, l'abandonne avec ses crocodiles/requins/laser-se-dirigeant-inexorablement-vers-ses-parties-intimes? «Do you expect me to talk?» «No, Mr Bond, I expect you to die! Et maintenant vous m'excuserez, j'ai laissé la soupe sur le feu.» Il s'en va, alors Bond a toute la latitude pour utiliser le gadget pratique remis au début de l'aventure par Q, et il se tire d'affaire les deux doigts dans le nez. Bien, c'est comme cela, mais en plus, ici, le vilain aurait dû avoir un intérêt particulier à être témoin de ce qui suivra. De plus, alors qu'ils sont en danger de mort, les deux personnages ne peuvent s'empêcher de se tripoter pendant une heure au lieu de chercher une façon de s'évader.
Ce passage m'a semblé d'une facilité scénaristique désolante, et à partir de là, je n'ai plus éprouvé que la hâte de terminer ce bouquin. C'est presque en diagonale que j'ai lu les derniers chapitres. Inutile de vous dire qu'il serait assez surprenant que je continue la série, qui comprend quatre autres tomes en plus de quelques nouvelles.
En passant, les puristes auront peut-être remarqué que je classe ce roman dans le fantastique, alors qu'on parle généralement plutôt d'urban fantasy. J'ai personnellement beaucoup de difficulté avec cette expression, qui ne cadre pas avec mes propres définitions de la fantasy et du fantastique (et ne parlons même pas du fait que j'aurais pu ajouter l'étiquette science-fiction, puisque le steampunk en est un sous-genre). Je trouve de plus en plus difficile de séparer ces genres aux frontières floues et je suis en train de ruminer le projet de tout réunir en une seule grande catégorie: les littératures de l'imaginaire. Revenez-nous lors d'un prochain épisode pour plus de détails.
Soulless (The Parasol Protectorate, tome 1) de Gail Carriger, 2009, 271 p. Titre de la traduction française: Sans âme (Le Protectorat de l'ombrelle, tome 1).
















