31 décembre 2014

Byebye 2014!

Voici mon traditionnel bilan annuel!  Légère diminution en terme de quantité cette année...

  1. L'Enchanteur de Barjavel
  2. The Sound and the Fury de William Faulkner
  3. La Liste de mes envies de Grégoire Delacourt
  4. The Call of the Wild and other stories de Jack London
  5. La Jeunesse mélancolique et très désabusée d'Adolf Hitler de Michel Folco
  6. Bridge of Sighs de Richard Russo
  7. Quand souffle le vent du nord de Daniel Glattauer  
  8. Still Life de Louise Penny
  9. Histoire d'une mouette et du chat qui lui apprit à voler de Luis Sepulveda
  10. The Waste Lands (The Dark Tower, tome 3) de Stephen King
  11. Un Dimanche à la piscine à Kigali de Gil Courtemanche
  12. L'Odeur du café de Dany Laferrière
  13. La Théorie des nuages de Stéphane Audeguy
  14. Bouquiner d'Annie François
  15. Behind the Scenes at the Museum de Kate Atkinson     
  16. The Colour of Magic de Terry Pratchett
  17. Malavita de Tonino Benacquista
  18. Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants de Mathias Enard
  19. Le Roi transparent de Rosa Montero
  20. Maison de poupée d'Henrik Ibsen
  21. Travels with a Donkey in the Cévennes de Robert Louis Stevenson
  22. Jonathan Strange & Mr Norrell de Susanna Clarke
  23. Les Larmes de saint Laurent de Dominique Fortier
  24. Le Syndrome de la vis de Marie-Renée Lavoie 
  25. C'est le coeur qui meurt en dernier de Robert Lalonde
  26. La Grande Mêlée de Michel Tremblay
  27. Chat sauvage de Jacques Poulin
  28. Stardust de Neil Gaiman
  29. L'Encyclopédie du petit cercle de Nicolas Dickner
  30. A Moveable Feast d'Ernest Hemingway
  31. Le Chinois de Henning Mankell
  32. Miss Peregrine's Home for Peculiar Children de Ransom Riggs
  33. Regain de Jean Giono
  34. Slaughterhouse Five de Kurt Vonnegut
  35. La Promesse de l'aube de Romain Gary 
  36. The Goldfinch de Donna Tartt
  37. Révolutions de Nicolas Dickner et Dominique Fortier (billet à venir)
Prix coup de coeur 2014:
 Comme d'habitude, je fais l'effort de ne choisir que trois coups de coeur, question de vraiment sélectionner les plus marquants, ce qui est parfois déchirant!
Prix Citron 2014:
The Sound and the Fury de William Faulkner.  Je sais que c'est un classique important de la littérature américaine, mais la lecture ne devrait jamais être une corvée. Je plains les pauvres étudiants américains qui se le tapent en lecture obligatoire!

Prix Éclat de rire:
The Colour of Magic de Terry Pratchett.  Du bonbon, et la suite est déjà dans ma PAL!

Surprise de l'année:
Le Syndrome de la vis de Marie-Renée Lavoie.  Je ne m'attendais pas à me découvrir autant d'atomes crochus avec cette écrivaine!

Quelques statistiques:
Sur la liseuse: 9
En VO anglo: 14
Traduits d'autres langues que l'anglais: 5 (1 de l'allemand, 1 du suédois, 2 de l'espagnol, 1 du norvégien)
Littérature québécoise: 10
Abandons: 0!

Fait marquant de l'année:
Bloguement parlant,  le fait marquant de l'année a été pour moi le retour à l'organisation d'un défi de lecture, à l'instigation de la charmante Karine qui a eu l'idée de ressusciter le défi Blog-o-trésors en lui donnant une couleur toute québécoise.  Québec-o-trésors a donc vu le jour, et nous avons été enchantées de la participation enthousiaste de nombreux blogueurs et non-blogueurs. Je profite de l'occasion pour rappeler aux intéressés qu'il est toujours possible de s'inscrire, puisque le défi se déroule jusqu'en septembre 2015 (toutes les info se trouvent dans la colonne de droite, sous le logo). 

Résolutions 2015
 En 2014, mes résolutions étaient de continuer les séries déjà commencées et de perdre moins de temps sur l'ordinateur pour pouvoir lire plus... Hem!  C'est moyennement réussi!  J'ai lu trois livres de moins que l'an passé, et je n'ai continué que deux séries (La Diaspora des Desrosiers de Tremblay et Dark Tower de King), tout en en commençant une nouvelle (Discworld de Pratchett).  Devant ce résultat mitigé je pense qu'il est plus raisonnable de ne pas prendre de résolutions pour l'année qui débute... On verra!

Ah et puis non, en voici une, de résolution: cette année, j'entame À la recherche du temps perdu!

À tous une année formidable remplie de lectures passionnantes!

30 décembre 2014

The Goldfinch (Le Chardonneret)

Après avoir adoré The Secret History (Le Maître des illusions), j'avais de grandes attentes face au plus récent roman de Donna Tartt. Surtout que les lecteurs du club de l'émission Bazzo.tv n'avaient pas tari d'éloges!  Peut-être de trop grandes attentes...

Le début est vraiment fantastique...  Ayant survécu à un attentat à la bombe au Musée des Beaux-Arts de New-York, un adolescent en ressort traumatisé, orphelin et avec dans son sac à dos un tableau d'un maître flamand, Le Chardonneret de Fabritius. Ne sachant comment rendre l'oeuvre sans s'attirer des ennuis, et parce qu'elle lui parle, lui sert en quelque sorte de bouée de sauvetage, il la gardera cachée plusieurs années.  

Le dernier tiers du roman est également passionnant, plein de revirements de situation rocambolesques, et se termine par de belles réflexions sur l'art et la vie.

L'ennui, c'est entre les deux. Et j'attire votre attention sur le mot ennui.  Car oui, je me suis ennuyée, au point que je me forçais parfois à lire, craignant de ne pas avoir terminé avant la date limite du prêt numérique!  Il faut dire que j'ai peu de tolérance et de compassion pour les personnages d'alcooliques et de drogués, c'est là mon moindre défaut, et le milieu du roman m'a fait l'effet d'une longue brosse* de 500 pages.

Sans avoir détesté, c'est donc une déception.  


*Pour mes lecteurs européens, une brosse = une cuite!


The Goldfinch de Donna Tartt, 2013, 719 p. en version numérique.  Titre de la traduction française: Le Chardonneret.

01 décembre 2014

La Promesse de l'aube

 Ne vous fiez pas à cette page couverture un peu moche, ce livre est magnifique!

 Ce titre se trouvait depuis des lustres dans ma LAL, mais c'est le Blogoclub (dont le thème ce trimestre était l'amour maternel) qui m'a donné le petit coup de pied au derrière nécessaire pour que je me décide finalement à l'emprunter à la bibliothèque.  Merci merci merci Blogoclub!  Quelle belle lecture!

Romain Gary nous y raconte son enfance en Pologne,  son adolescence en France, puis son séjour dans l'armée durant la Deuxième Guerre mondiale.  Mais c'est avant tout un livre sur sa mère, sur l'amour complètement irrationnel qu'elle lui portait, amour qu'il chercha ensuite toute sa vie sans le retrouver.

Cela se lit comme un roman, tout en étant rempli de réflexions sur la guerre, la mort, l'amour.  C'est fin, c'est très drôle, intelligent, poignant, émouvant...

Je n'aime pas tout de Romain Gary (Lady L, je pense à toi...), mais celui-là je le recommande très chaudement!




La Promesse de l'aube de Romain Gary, 1960, 391 p. 

12 novembre 2014

Slaughterhouse Five (Abattoir 5)

***Attention, contient des spoilers****

Je croyais que ce roman de Kurt Vonnegut, souvent cité comme un classique de la littérature américaine, était de la science-fiction.  Il est d'ailleurs souvent classé dans cette catégorie.  Or ce n'en est pas vraiment. Il est bien question de voyage dans le temps et d'extra-terrestres, mais ils sont des figments de l'imagination du personnage principal, causés par une blessure cranienne et surtout par un choc post-traumatique (il a été prisonner de guerre et a survécu au bombardement massif de la ville de Dresde par les Alliés) ou alors je n'ai rien compris, ce qui est possible. En fait, je pense que l'auteur a volontairement construit son intrigue pour qu'on puisse l'interpréter de l'une ou l'autre façon.  Dans tous les cas, c'est un réquisitoire accablant contre la guerre. 

Que ce soit à cause de cette idée préconçue; à cause de l'humour plutôt noir de Vonnegut; à cause du personnage qui voyage d'un bout à l'autre de sa propre vie d'une façon très détachée, si bien qu'on a de la difficulté à s'attacher à lui; sans doute à cause de ces trois raisons mélangées, j'ai failli abandonner plusieurs fois dans la première moitié.  Mais par curiosité je me suis accrochée et je ne l'ai pas regretté puisque je me suis prise au jeu des motifs qui sont repris, des parties réelles aux parties imaginées.  De plus, comme il est souvent fait référence à ce roman (récemment encore dans une réplique de la série télévisée The Big Bang Theorie), je suis contente qu'il ne manque plus à ma culture!


Slaughterhouse Five de Kurt Vonnegut,  1969, 215 p.  Titre de la traduction française: Abattoir 5.

05 novembre 2014

Québec-o-trésors: le billet récapitulatif!

Comme j'ai pu le constater dans les commentaires chez Karine, certaines ont déjà commencé la découverte des trésors! Je m'empresse donc de publier ce billet récap', où vous pourrez laisser les liens vers vos billets ou, pour ceux qui n'ont pas de blogue, quelques mots d'appréciation dans les commentaires ci-dessous.

J'ai vraiment hâte de voir quels seront vos choix!  Bonne lecture!


Choix des trésors à découvrir et autres ruminationsSuzanneGirl from Earth, Topinambulle, Kidae,  Valentyne, Irdoise, Anne, Jessica, Gemma,


Les billets (par ordre alphabétique de l'auteur du trésor):
(Chez Karine vous trouverez la liste des billets classés par participant.)

Beauchemin, Jean-François - Le Jour des corneilles: Naik, Papillotte88, Valentyne
Beauchemin, Jean-François - Garage Molinari: Topinambulle
Bouchard, Roxanne - Le Sel de la mer: Papillotte88 
Côt, Véronique et Gagnon, Steve - Chaque automne, j'ai envie de mourirKarine
Demers, Dominique - Là où la mer commence: Gemma
Dickner, Nicolas - Nikolski: Grominou
Dickner, Nicolas - L'Encyclopédie du petit cercleTopinambulle
Gagnon, Katia - La Réparation: Karine, Gemma 
Hébert, Anne - Les Fous de Bassan: Valentyne, Anne 
Jean, Michel - Le Vent en parle encoreGemma
Lachapelle, Lucie - Histoires nordiques: Suzanne, Anne
Laferrière, Dany - L'Énigme du retour: Karine
Lavoie, Marie-Renée - La Petite et le vieux: Claire Jeanne
Leclerc, Félix - Pieds nus dans l'aube: Grominou
Lépine, Hélène - Un léger désir de rouge: Claire Jeanne
Leroux Catherine - La Marche en forêt: Grominou
Poitras, Marie-Hélène - Griffintown: Kathel
Poulin, Jacques - La Tournée d'automne: Claire Jeanne
Poulin, Jacques - Volkswagen blues: Topinambulle
Saucier, Jocelyne - Il pleuvait des oiseaux: Julie Gravel-Richard, Valentyne, Papillotte88
Saucier, Jocelyne - Les Héritiers de la mineSuzanne, Papillotte88
Soucy, Gaétan - La Petite Fille qui aimait trop les allumettes: Claire Jeanne, Anne
Thuy, Kim - RuPapillotte88, Grominou
Tremblay, Larry - L'Orangeraie: Suzanne, Anne
Tremblay, Lise, La Héronnière: Anne
Tremblay, Michel - La Diaspora des Desrosiers: Survivre, survivre!: Suzanne
Tremblay, Michel - Bonbons assortis: Topinambulle
Roy, Gabrielle - Ces enfants de ma vie: Claire Jeanne
Roy, Gabrielle - Bonheur d'occasion: Topinambulle
Vigneault Guillaume - Chercher le ventGrominou
Vonarburg, Élisabeth - Chroniques du pays des mères: Keisha, Valentyne

02 novembre 2014

Regain

Quelle beauté!

Une histoire d'amour magnifique, amour entre un homme et une femme mais aussi amour de la nature, de la terre.  C'est l'histoire de Panturle, qui reste seul dans son village que tous ont quitté.  Impossible pour lui d'imaginer vivre ailleurs, il reste là, mais la compagnie d'une femme lui manque!

J'ai adoré la plume de Giono, tellement évocatrice et pourtant dénudée.  J'aime sa façon de suggérer plus que de décrire.  Comme on est dans le sud de la France, on pense qu'on va se retrouver dans quelque chose de léger à la Pagnol, mais non, il y a un viol qui arrive comme une claque et d'autres scènes difficiles, la nature est âpre et exigeante, il faut être en parfaite harmonie avec elle pour survivre.  C'est une vie de misère mais éclairée de petits bonheurs, comme de s'asseoir dans l'herbe après avoir longtemps marché pour déguster un repas de saucisson et de pain frais.

Un roman qui pourrait bien se retrouver dans mon top 3 de l'année!


Regain de Jean Giono, 1930, 192 p.

01 novembre 2014

Québec-o-trésors: la liste!


Tadaaa!

La voici, la voilà, la liste des trésors de notre défi Québec-o-trésors! (Pour tout connaître là-dessus, c'est ici!) Le plus gros défi, en réalité, sera de sélectionner ceux que vous lirez en premier: ils ont tous l'air intéressants!

On vous a mis entre parenthèse le ou les blogueurs qui ont suggéré chaque titre.  Vous pourrez ainsi aller voir sur leurs blogues respectifs s'ils ont un billet sur ce titre, ou même leur poser quelques questions. Référez-vous à la liste des participants pour les liens.

N'oubliez pas de nous mentionner dans quelle catégorie vous vous inscrivez (niveau blanc = 1 livre, bleu pâle = 3, bleu fleurdelysé = 5). Il y aura bien sûr moyen de viser un niveau supérieur lorsque vous aurez atteint le niveau choisi.

N'hésitez pas à nous faire part des titres que vous pensez lire, ainsi que de toute question, rumination, arrachage de cheveux parce qu'on veut tous les lire, etc, dans les commentaires ci-dessous ou chez Karine. Lorsque vous aurez lu un des livres, n'oubliez pas de nous mettre le lien vers votre critique dans les commentaires du billet récapitulatif qui apparaîtra dans quelques jours. Si vous n'avez pas de blogue, vous pourrez nous donner votre appréciation en quelques lignes au même endroit.

En tout temps, tous les liens utiles apparaissent dans la colonne de droite, sous le logo du défi.  Sur ce, bonnes lectures québécoises!

  1. Arcand Nelly, Burqa de chair (Papillote88)
  2. Aubry Suzanne, Série Fanette (Opaline)
  3. Barbeau-Lavalette Anaïs, Je voudrais qu'on m'efface (Mélissa Parent)
  4. Beauchemin Jean-François, Le Jour des corneilles (Louise)
  5. Beauchemin Jean-François, La Fabrication de l'aube (Topinambulle)
  6. Beauchemin Jean-François, Garage Molinari (Venise)
  7. Beaudoin Myriam, Hadassa (Yueyin, Mélissa Parent)
  8. Beaudoin Myriam, 33, Chemin de la Baleine (Venise)
  9. Beaulieu Victor-Lévy, Ma Vie avec ces animaux qui guérissent  (récit autobiographique) (Grominou)
  10. Beaulieu Victor-Lévy, James Joyce, l'Irlande, le Québec, les mots (essai) (Julie Gravel-Richard)
  11. Bernard Marie-Christine, Mademoiselle Personne (Suzanne)
  12. Bolduc Charles, Les Perruches sont cuites (Virginie)
  13. Bouchard Louise Anne, Rumeurs (DF)
  14. Bouchard Roxanne, Nous étions le sel de la mer (Suzanne, Karine:))
  15. Bouchard Serge, Elles ont fait l'Amérique (Suzanne)
  16. Brouillette Chrystine, Chère Voisine (Marguerite)
  17. Brouillette Chrystine , Promesses d'éternité (Isallysun)
  18. Côté Jacques, Le Rouge idéal (Claire Campos)
  19. Côté Véronique et Gagnon Steve, Chaque automne, j'ai envie de mourir (nouvelles) (Julie Gravel-Richard)
  20. Cousture Arlette, Les Filles de Caleb (Marguerite, Koralie, Argali)
  21. Dallaire Richard, Les Peaux cassées (Anne) 
  22. Delisle Guy, Chroniques de Jérusalem (Lyne)
  23. Demers Dominique, Marie-Tempête (Marguerite)
  24. Demers Dominique, Là où la mer commence (Isallysun, Koralie)
  25. Desjardins Sergine, La Femme nouvelle et On l’appelait Monsieur (biographie, 2 tomes) (Opaline)
  26. Dickner Nicolas, L'Encyclopédie du petit cercle (Cuné)
  27. Dickner Nicolas, Nikolski (Claire Campos)
  28. Dupont Éric, La Fiancée américaine (Denise, Claire Jeanne, Hélène)
  29. Dupont Éric, Bestiaire (Topinambulle)
  30. Eddie Christine, Les Carnets de Douglas (Louise)
  31. Fortier Dominique, Du Bon Usage des étoiles (Grominou, Kali) 
  32. Gagnon Katia, La Réparation  (Lyne)
  33. Gauthier Louis, Voyage au Portugal avec un Allemand (Virginie)
  34. Germain Georges-Hébert, La Fureur et l’enchantement (Denise)
  35. Germain Rafaële, Soutien-gorge rose et veston noir (Koralie)
  36. Gravel-Richard Julie, Enthéos (Karine:))
  37. Gruda Agnès, Onze Petites Trahisons (Cuné)
  38. Harnois Jonathan, Je voudrais me déposer la tête (Virginie)
  39. Hébert Anne, Le Premier Jardin (Papa de Karine)
  40. Hébert Anne, Les Fous de bassan (Karine:))
  41. Hébert Bruno, C’est pas moi, je le jure! (Cryssilda)
  42. Hémon Louis, Maria Chapdelaine (Icath)
  43. Hubert Julie, Les Retrouvailles (Koralie)
  44. Jean Michel, Le Vent en parle encore (Virginie)
  45. Jean Michel, Elle et nous (Yueyin, Karine:))
  46. Laberge Marie, Sans rien ni personne (DF)
  47. Laberge Marie, Gabrielle (trilogie Le Goût du bonheur) (Syl, Valentyne, Claire Jeanne, Kali, Papillote88)
  48. Lachapelle Lucie, Rivière Mékiskan (Claire Jeanne)
  49. Lachapelle Lucie, Histoires nordiques (Karine:))
  50. Laferrière Dany, L’Énigme du retour (Papa de Karine, Julie Gravel-Richard)
  51. Lavoie Marie-Renée, La Petite et le vieux (Cuné, Argali, Yueyin)
  52. Leclerc Félix, Pieds nus dans l'aube (Kidae) 
  53. Léger Hugo, Tous les corps naissent étrangers (Lyne)
  54. Leroux Catherine, La Marche en forêt (Cuné, Yueyin)
  55. Leroux Catherine, Le Mur mitoyen (Anne)
  56. Loisel et Tripp, la série Magasin général (BD) (Sylire, Syl, Papillote88) 
  57. Marineau Michèle,  La Route de Chifla (Lyne)
  58. Martel Suzanne, Jeanne, fille du Roy (Mélissa Parent)
  59. Ménar Fabien, Le Musée des introuvables (Suzanne)
  60. Mlynowski Sarah, Télémania (DF)
  61. Nadeau Jean-Benoît, Les Français aussi ont un accent (A Girl from Earth)
  62. Noël Francine, Maryse (Cuné)
  63. Noël Francine, Nous avons tous découvert l'Amérique (Louise)
  64. Penny Louise, En Plein cœur (Nature morte en Europe)(Série Armand Gamache) (Opaline, Claire Jeanne, Hélène)
  65. Plomer Michèle, HKPQ (Venise)
  66. Poitras Marie-Hélène, Griffintown (Iroise, Anne)
  67. Poulin Jacques, Le Vieux Chagrin (Hélène)
  68. Poulin Jacques, Volkswagen Blues (Papillote88, Claire Campos)
  69. Poulin Jacques, La Tournée d’automne (Sylire, Aifelle, Hélène)
  70. Proulx Monique, Champagne (Opaline)
  71. Proulx Monique, Homme invisible à la fenêtre (Cryssilda)
  72. Rabagliati Michel, Paul au parc (BD) (Mango )
  73. Rabagliati Michel, Paul a un travail d'été (BD) (Marguerite)
  74. Rioux Hélène, Mercredi soir au bout du monde (Denise)
  75. Robitaille Denis, Le frère du trapéziste (Venise)
  76. Roy Gabrielle, Bonheur d'occasion (Kidae)
  77. Roy Gabrielle, Ces Enfants de ma vie (Grominou, Sylire, Julie Gravel-Richard)
  78. Roy Gabrielle, La Détresse et l’enchantement (autobiographie) (Denise)
  79. Roy Gabrielle, La Rivière sans repos (Cryssilda)
  80. Roy Nathalie, La série La Vie épicée de Charlotte Lavigne (Koralie)
  81. Saucier Jocelyne, Il pleuvait des oiseaux (Mango, Aifelle, Opaline, Kathel, Hélène, Argali, Anne)
  82. Saucier Jocelyne, Les Héritiers de la mine (Topinambulle)
  83. Senécal Patrick, Le Cas des casiers carnassiers (série Malphas, tome 1) (Mélissa Parent)
  84. Senécal Patrick, Le Passager (Claire Campos)
  85. Shimazaki Aki, Le Poids des secrets (pentalogie) (Papa de Karine, Anne)
  86. Simard Éric, Cher Émile (Virginie, Suzanne)
  87. Simard Matthieu, Échecs amoureux et autres niaiseries (A Girl from Earth)
  88. Soucy Gaétan, La Petite Fille qui aimait trop les allumettes (Grominou, Syl, Valentyne, Cryssilda, Isallysun, Topinambulle)
  89. Szalowski Pierre, Le Froid modifie la trajectoire des poissons (Papillote88)
  90. Tande Leif, L'Origine de la vie (BD) (Julie Gravel-Richard)
  91. Tapiero Olivia, Espaces (Argali)
  92. Thériault Denis, La Fille qui n’existait pas (Venise)
  93. Thuy Kim, Ru (Argali)
  94. Tremblay Larry, L’Orangeraie (Papa de Karine)
  95. Tremblay Lise, La Héronnière (Yueyin)
  96. Tremblay Michel, Bonbons assortis (récit autobiographique) (Aifelle)
  97. Tremblay Michel, La Maison suspendue (théâtre) (Mélissa Parent)
  98. Tremblay Michel, La Grosse Femme d'à côté est enceinte (Claire Campos)
  99. Tremblay Michel, Un Ange cornu avec des ailes de tôle (récit autobiographique) (Grominou, Yueyin)
  100. Tremblay Michel, la Traversée du continent (la série La Diaspora des Desrosiers) (Valentyne, Claire Jeanne)
  101. Tremblay Michel, Albertine en cinq temps (théâtre) (Denise)
  102. Trudel Sylvain, Le Souffle de l'harmattan (Topinambulle)
  103. Vachon Hélène, Singuliers Voyageurs (A Girl from Earth)
  104. Vigneault Guillaume, Chercher le vent (Marguerite)
  105. Vincelette Mélanie, Polynie (DF)
  106. Vonarburg Élisabeth, Chroniques du pays des mères (Karine:)) 


29 octobre 2014

Québec-o-trésors: les participants

Pour plus de commodité, je fais un billet séparé avec la liste des participants qui se trouvait dans le billet de présentation. N'oubliez pas qu'il est toujours temps de vous inscrire pour l'étape 2! N'hésitez pas à vous manifester si je vous ai oublié.


Grominou (niveau bleu fleurdelysé) ma liste
Karine (niveau bleu fleurdelysé) et sa liste
DF (liste dans les comm' ci-dessous)
Yueyin et sa liste (niveau bleu fleurdelysé)
Topinambulle  et sa liste (niveau bleu fleurdelysé)
Marguerite et sa liste
Sylire  (liste dans les comm' chez Karine)
Hélène (liste dans les comm' chez Karine) (niveau bleu pâle)
Mango  (liste dans les comm' chez Karine)
Aifelle (liste dans les comm' chez Karine) (niveau blanc)
Suzanne (niveau bleu fleurdelysé) sa liste
Anne (liste dans les comm' chez Karine) (niveau bleu fleurdelysé)
Lexilie (Opaline)  (liste dans les comm' chez Karine) (niveau blanc)
Iroise et son billet de présentation (niveau bleu pâle)  (liste dans les comm' chez Karine)
Virginie (liste dans les comm' chez Karine)
Julie GravelR  et sa liste
Cuné  et sa liste
Syl (liste dans les comm' chez Karine)
Icath (liste dans les comm' chez Karine)
A Girl from Earth (liste dans les comm' chez Karine) (niveau bleu fleurdelysé)
Valentyne (liste dans les comm' chez Karine) (niveau bleu fleurdelysé)
Claire Jeanne (liste dans les comm' chez Karine) (niveau bleu fleurdelysé)
Denise la maman de Karine! (liste dans les comm' chez Karine)
Le papa de Karine! (liste dans les comm' chez Karine)
Louise
Kathel
Martine et son billet de présentation
Kali
Papillote88 et sa liste
Argali et sa liste (niveau bleu pâle)
Venise (liste dans les comm' chez Karine)
Cryssilda (liste dans les comm' chez Karine)
Isallysun  (liste dans les comm' chez Karine)
Gemma et son billet de présentation (niveau bleu pâle)
Kidae et sa liste (niveau bleu pâle)
Mélissa Parent (liste dans les comm' chez Karine)
Claire Campos  (liste dans les comm' chez Karine)
Koralie (liste dans les comm' chez Karine)
Lyne (sur Twitter)
Jessica et son billet de présentation niveau bleu fleurdelysé



25 octobre 2014

Miss Peregrine's Home for Peculiar Children

(Miss Peregrine et les enfants particuliers)


De la littérature jeunesse...  Pas un genre qui m'attire, en général.  Je me suis pliée au jeu du club de lecture Babelio, on ne sait jamais. Les clubs et lectures communes m'ont parfois fait découvrir de petits bijoux, et quant à la littérature jeunesse,  il y a tout de même Harry Potter et autres Croisée des mondes...

Je ne peux pas dire que je me sois ennuyée durant cette lecture.  L'idée de base est excellente, cette histoire de boucle temporelle de laquelle on peut entrer et sortir à volonté.  Le problème, c'est surtout le personnage principal et narrateur, un ado ingrat et égocentrique (surtout au début du roman), une vraie tête-à-claque, je n'ai pas réussi à m'y attacher.  Peut-être parce que je suis une vieille croûtonne, et donc ne fais pas partie du public cible?

J'ai aussi remaqué une ou deux invraisemblances (ce garçon de quinze ans, qui n'est pas présenté comme un rat de bibliothèque mais qui cite L'Enfer de Dante, je n'y crois pas trop, surtout que par ailleurs je ne l'ai pas trouvé très futé lorsque venait le temps de faire certains liens...).

Vite lu, vite oublié, je ne pense pas lire le tome 2. 


Miss Peregrine's Home for Peculiar Children de Ransom Riggs, 2011, 352 p. Titre de la traduction française: Miss Peregrine et les enfants particuliers.

16 octobre 2014

Le Chinois

Le Chinois de Henning Mankell débute comme un polar assez classique, mais néanmoins palpitant: par une nuit d'hiver, dix-neuf habitants d'un tout petit village sont assassinés sauvagement à l'arme blanche.  Une juge, s'étant aperçu qu'elle a un lien de parenté avec deux des victimes, mène sa propre enquête lorsqu'elle constate que la police locale s'est lancée sur une fausse piste.

Ensuite on a quelques chapitres historiques se déroulant en Chine et aux États-Unis au XIXe siècle dans le contexte de la construction des chemins de fer du Far-West. Même si c'est intéressant, on a hâte de revenir à la trame principale, mais ensuite, le gros de l'action se transporte en Chine du XXIe siècle et même en Afrique!  Finalement, ce bouquin n'est pas un roman policier, mais bien plutôt un thriller géopolitique.  Vous me direz que je n'aurais pas été désarçonnée si j'avais lu la quatrième de couverture.  Vous aurez raison, mais la politique de la maison est de ne jamais les lire et ce n'est pas aujourd'hui que cela va changer.

Lorsque enfin j'ai compris qu'on n'allait pas retourner de sitôt en Suède, ou alors très brièvement, il m'a fallu effectuer une petite gymnastique mentale pour passer du mode polar à un mode plus approprié.  Cela m'a permis finalement de mieux apprécier ce livre, qui soulève des questions passionnantes sur la politique mondiale, notre relation avec cette puissance montante, la Chine, qui est cependant toujours un pays du tiers-monde, avec de grandes inégalités sociales et des élites corrompues.


Le Chinois de Henning Mankell, traduit du suédois, 2011, 554 p.  La version originale, Kinesen, date de 2008.

11 octobre 2014

A Moveable Feast (Paris est une fête)

Dans Islands in the Stream (Îles à la dérive) d'Ernest Hemingway, j'avais beaucoup aimé les passages où le peintre raconte ses années passées à Paris, et j'espérais retrouver la même ambiance dans ce récit autobiographique. Comme en plus on m'avait vanté ce livre, et qu'une autre de ses oeuvres avait été un de mes coups de coeur de 2013, la barre était haute. Peut-être trop...

Certains moments m'ont beaucoup plu. Par exemple, lorsqu'il nous décrit un Paris qui n'existe plus, celui où, au petit matin, un berger se promène dans les rues avec son troupeau de chèvres et son chien, vendant du lait fraîchement trait aux ménagères sur le pas de leur porte.  Ou encore lorsqu'il raconte sa vie de jeune écrivain avec sa femme et éventuellement son fils; comment pour économiser il sautait le repas du midi sans le dire à son épouse et allait plutôt au musée admirer les oeuvres de Cézanne, qu'il voyait d'un tout autre oeil que lorsqu'il avait l'estomac vide, les comprenant différemment, et peut-être mieux, selon lui. Les visites chez Gertrude Stein, qui ne parlait jamais aux épouses des artistes qu'elle invitait chez elle; c'était sa compagne qui s'en chargeait.  Les derniers chapitres sur la relation avec F. Scott Fitzgerald sont poignants: il tentait d'aider celui-ci à travailler, reconnaissant le grand talent de l'écrivain, mais sa femme Zelda le poussait plutôt à boire et à faire la fête.

Malheureusement il y a aussi quelques endroits où je me suis ennuyée, lorsque par exemple il décrit des conversations avec des écrivains que je ne connais pas, qui lui sont d'ailleurs antipathiques et qu'il ne ménage guère.

En fait, en écrivant ce billet deux jours après avoir refermé le bouquin, je m'aperçois que les bouts que j'ai aimés sont ceux qui me sont restés en tête; j'ai peine à me souvenir des autres, et je garderai donc de ce récit un souvenir positif.  Tant mieux!


A Moveable Feast d'Ernest Hemingway, 1964 (publication posthume), 209 p.  Titre de la traduction française: Paris est une fête.

10 octobre 2014

Québec-o-trésors: tic-tac, tic-tac...

Plus que cinq jours pour nous faire connaître vos cinq trésors pour le défi Québec-o-trésors! Eh oui, la date limite approche: c'est le 15 octobre. 

J'ai commencé à compiler la liste (qui sera publiée, rappelons-le, le 1er novembre, ici et chez Karine), et laisser moi vous dire qu'il va y en avoir pour tous les goûts!  Des classiques, des nouveautés, et ce dans différents genre littéraires.

Tic-tac, tic-tac...


29 septembre 2014

L'Encyclopédie du petit cercle

Quand j'ai vu que Dominique Fortier, une de mes écrivaines chouchous, avait publié un nouveau livre (Révolutions) et qu'il s'agissait d'une correspondance avec Nicolas Dickner, j'ai pensé qu'il fallait que je fasse d'abord connaissance avec ce dernier. Et comme il ne restait que quelques jours pour Québec en septembre, cela me prenait quelque chose de court, et rapidement.  Parmi les titres offerts en numérique par la Bibliothèque et Archives nationales du Québec, j'ai sélectionné celui-ci, sans remarquer qu'il s'agissait d'un recueil de nouvelles, un genre qui ne m'attire pas, en général.

Heureusement, je ne suis pas convaincue qu'il s'agisse d'authentiques nouvelles puisque plusieurs personnages sont récurrents, quoiqu'un peu différents et à des époques différentes.  Ce principe m'a beaucoup plu, comme celui de commencer chaque nouvelle par un extrait de cette improbable Encyclopédie du petit cercle, dont on ne sait trop si elle a vraiment existé ou si elle est un figment de l'imagination fertile de Dickner. 

J'ai constaté une parenté évidente entre son écriture et celle de Fortier: même mélange de faits scientifiques et de fantaisie, même vocabulaire recherché, même fluidité. Ce qui augure drôlement bien pour leur ouvrage commun, que je m'en vais de ce pas réserver à la bibliothèque!


Je profite de l'occasion pour féliciter les deux organisatrices de Québec en septembre, Karyne et Yueyin pour ce succès retentissant!


L'Encyclopédie du petit cercle de Nicolas Dickner, 2000, 109 p.



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27 septembre 2014

Stardust

J'ai souvent un peu de difficulté avec les livres dont j'ai déjà vu le film qui en est tiré. Dans ce cas-ci, je croyais qu'il s'était écoulé assez de temps entre les deux expériences; je ne me rappelais que de quelques scènes plus marquantes (par exemple Robert De Niro en travesti, passage qui n'apparaît pas dans le livre, d'ailleurs).  Mais dans ce cas-ci et contrairement à son habitude, ma mémoire n'était pas si mauvaise, et j'ai passé le premier tiers du roman à le comparer à mes souvenirs du film, ce qui m'agace toujours au plus haut point.  Heureusement, Neil Gaiman est tellement bon conteur que j'ai finalement à peu près oublié de faire des comparaisons et j'ai pu vraiment apprécier à sa juste valeur l'histoire de ce jeune homme qui pénètre dans un monde féérique pour rapporter à sa bien-aimée une étoile filante, qui s'avère être en fait une jolie jeune fille qui ne se laissera pas emmener sans protester. Licornes, sorcières, méchants princes et bien d'autres créatures peuplent ce conte amusant, frais et romantique.


Stardust de Neil Gaiman, 1999, 238 p.  Titre de la traduction française: Stardust.

26 septembre 2014

Chat sauvage

Avec Poulin, j'ai toujours un peu l'impression de relire le même roman. Et je ne le dis pas d'une façon péjorative, au contraire: c'est comme retrouver un très bon ami un peu pantouflard. Il n'y aura pas beaucoup de surprises, mais Dieu qu'on est bien. 

Le narrateur est ici un écrivain public, mais il pourrait aussi être libraire, bibliothécaire, traducteur... Toujours ce rapport aux mots, à la lecture.  Toujours la ville de Québec magnifiquement décrite, mais aussi la nature (j'aurais aimé que le voyage dans le Maine dure plus qu'un chapitre). Comme souvent, une femme avec laquelle il a une relation d'une grande tendresse.  Aussi une adolescente rebelle, plus ou moins en fugue. Et puis toujours, des chats, ici Petite Mine courtisée par tous les matous du voisinage.

Et comme toujours, il faut tenir pas trop loin un bout de papier où consigner les suggestions de lectures.  John Fante, déjà noté, vient d'être souligné et encerclé sur ma LAL.  La petite différence de ce roman-ci vient des extraits de correspondance amoureuse d'écrivains connus dont le narrateur s'inspire dans son métier.

Et lorsque Poulin rouspète (plus gentiment que je ne l'aurais fait) contre les traducteurs français de romans américains, particulièrement pour les passages où il est question de sport, je jubile! (À ce sujet, lire la série d'articles de Louis Hamelin sur la traduction dans Le Devoir.)


Chat sauvage de Jacques Poulin, 1998, 224 p.

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15 septembre 2014

La Grande Mêlée

Ce joli roman fait le pont entre deux séries de Michel Tremblay, La Diaspora des Desrosiers et Les Chroniques du Plateau Mont-Royal.  Il raconte les préparatifs du mariage de Rhéauna (qui deviendra la fameuse «grosse femme») avec son promis Gabriel, dont on a connu les parents dans les tomes précédents de La Diaspora.  Tremblay a eu la bonne idée de nous faire assister à la lecture de l'invitation aux noces par plusieurs des invités d'un bout à l'autre du Canada ou presque. Ce qui nous permet de retrouver avec grand plaisir certains personnages comme les tantes Bébette et Régina-Coeli et les cousines Ti-Lou et Rose.

Ce dont je me suis aperçue en lisant ce tome, c'est que j'aime vraiment beaucoup plus les passages qui mettent en scène des femmes.  Les hommes de Tremblay me dépriment un peu, ils sont souvent alcooliques ou faibles alors que les femmes, même pleines de défauts, sont plus énergiques, se complaisent moins dans leur malheur.  Il y a bien longtemps que j'ai lu Les Chroniques du Plateau, donc je généralise peut-être un peu trop mais pour La Diaspora j'ai vraiment cette impression.  Par exemple ici, lorqu'on parlait de Josaphat ou de Télesphore, j'avais hâte qu'on revienne à Rhéauna et sa famille.

Détail intéressant, en appendice, une chronologie passe en revue les différents romans, récits et pièces de Tremblay pour les situer dans le temps et dans les familles (du côté de Rhéauna et/ou de Gabriel).



La Grande Mêlée de Michel Tremblay, 2011, 273 p.

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12 septembre 2014

C'est le coeur qui meurt en dernier

Robert Lalonde ne l'a pas eu facile, entre un père abuseur (c'est à peine évoqué ici, peut-être en parle-t-il plus dans une autre oeuvre?) et une mère fantasque, dépressive et étouffant dans ce rôle de ménagère qui, elle en est consciente elle-même, n'était pas fait pour elle.  C'est de sa relation difficile avec cette femme qu'il va retrouver quelques temps avant sa mort qu'il nous entretient.  Cette femme qui savait mais n'a rien dit, cette femme qui n'oublie rien mais invente beaucoup.

Comme il est difficile de trouver les mots justes pour vous parler de ce récit!  Il pourrait être déprimant et pourtant non, même qu'on rit presque constamment grâce à des dialogues en joual d'une grande vérité.  Mais tout de même, après la dernière page on a envie de dire: merci maman, merci papa, d'avoir été des parents normaux!


C'est le coeur qui meurt en dernier de Robert Lalonde, 2013, 164 p. 

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10 septembre 2014

Le Syndrome de la vis

Tous les insomniaques du monde ont sans doute leur propre métaphore de l'insomnie. Pour plusieurs c'est un hamster qui court dans sa roue pendant des heures. Pour moi c'est un petit hobbit qui tourne en rond dans ma tête encore et encore.  Pour l'amateur de science-fiction, ce pourrait être Marvin le robot qui passa un million d'années dans un marais à pivoter sur sa jambe défectueuse, ou encore le joggeur de 2001 l'odyssée de l'espace dans son vaisseau circulaire (avec ou sans Danube bleu).

Pour la narratrice du Syndrome de la vis de Marie-Renée Lavoie, vous l'aurez deviné, c'est une vis sans fin, qui déchiquète les pensées et les rend incohérentes. Ça illustre parfaitement notre état d'esprit après plusieurs mauvaises nuits.

Heureusement pour moi, mon insomnie n'est qu'occasionnelle et de courte durée.  Pour Josée Gingras, au nom qui «sort de la bouche comme des mots d'hiver empesés qu'on prononce, le menton paralysé par le froid», le problème est chronique et remonte à sa plus tendre enfance.  Je compatis.  Contrairement à son petit ami qui, excédé, lui affirme qu'elle n'a qu'à penser à rien et à se relaxer.  Le con.  Gropitou ne se risquerait jamais à ce genre de commentaire (même s'il s'endort toujours en trois nanosecondes, maximum), il sait parfaitement qu'il se mériterait une bonne claque en arrière de la tête.

En plus de l'insomnie, il est beaucoup question de deuil, de santé mentale.  Et malgré ces graves sujets, on rigole tout le long grâce à une plume légère et à un humour à toute épreuve, grâce aussi aux personnages secondaires qui entourent la narratrice qui de leur amour maternel ou fraternel, qui de leur amitié.

Quelle belle découverte que cette nouvelle auteure! Je me découvre beaucoup d'atomes crochus avec elle; nous avons les mêmes références culturelles (allant de Cyrano de Bergerac à Star Wars en passant par Roméo et Juliette), rions des mêmes choses, sommes à peu près de la même génération (j'ai neuf ans de plus).  La bonne nouvelle, c'est qu'elle a déjà publié deux autres romans, qu'il me tarde déjà de lire.


(Note à l'éditeur: la version numérique a un défaut: la note manuscrite que l'héroïne griffonne dans la salle d'attente du médecin se retrouve à la toute fin du livre.)


Le Syndrome de la vis de Marie-Renée Lavoie, 2012, 210 p. 

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09 septembre 2014

Québec-o-trésors: mes trésors

(Ce titre me fait un peu trop penser à Gollum... Mon trésssor... Mon trésssor!  Mais passons.)

Voici les cinq titres que j'ai choisis comme trésors pour notre défi.  Comme pour plusieurs d'entre vous sans doute, le plus dur a été de m'en tenir à cinq!





04 septembre 2014

Vous relevez le défi?

Les blogueurs plus anciens s'en souviendront peut-être: il y a quelques années s'était tenu ici un défi de lecture qui avait connu un certain succès: le Blog-o-trésors (dont subsiste encore quelques traces dans la colonne de droite).  Il s'agissait de s'engager à lire des livres tirés d'une liste formée à partir des coups de coeur (ou trésors, d'où le titre du défi) des participants.

La merveilleuse Karine du non moins merveilleux blogue Mon Coin lecture a eu l'idée (qui me semble excellente, l'avenir le dira) de réitérer l'expérience, mais seulement pour la littérature québécoise. C'est d'actualité puisque nous sommes en plein Québec en septembre! Non mais ça adonne tu ben?  Avec la gentillesse qu'on lui connaît, Karine m'a offert de l'organiser avec elle.  Nous vous présentons donc le défi:

Québec-o-trésors! 

Comment participer? C'est simple!

Étape 1 - La chasse aux trésors:  Vous nous nommez au maximum cinq titres de livres québécois que vous avez beaucoup aimés. Vous pouvez, si vous le désirez, en faire un billet sur votre blogue et nous mettre le lien, sinon listez tout simplement les titres choisis dans les commentaires ci-dessous (ici ou chez Karine). Tous les genres sont permis, que ce soit documentaires, nouvelles, bandes dessinées, poésie etc.  On vous demanderait seulement de le préciser entre parenthèses si possible, pour faciliter l'étape 2 pour les autres participants.  Si vous en êtes capable,  tentez d'inclure au moins un titre récent, disons publié au XXIe siècle. Ceci afin d'éviter que ce soit seulement «les classiques» qui soient cités!  Vous n'avez qu'un ou deux titres à envoyer? C'est pas grave, on est preneuses!  Vous n'avez aucun titre? C'est pas grave, passez directement à l'étape 2 après vous être inscrit dans les commentaires ci-dessous.

Qui peut participer? Tout le monde: blogueurs, ex-blogueurs, non-blogueurs!

Date limite pour l'étape 1: 15 octobre 2014.

Étape 2 - La découverte des trésors:  Le 1er novembre, Karine et moi publierons la liste de tous les trésors suggérés.  Vous devrez vous engager à en lire un certain nombre, et ce d'ici au 30 septembre 2015.  Pourquoi le 30 septembre? Hé bien, je vous dis seulement que c'est Karine qui a suggéré cette date. Est-ce que cela annonce une quatrième édition d'un certain évènement ayant lieu traditionnellement en septembre? J'ai tenté de tirer les vers du nez de Karine, mais elle reste motus et bouche cousue! Entéka...

Il y aura trois niveaux de participation, selon le nombre d'ouvrages que vous pensez lire:

  • Niveau blanc: 1 livre.
  • Niveau bleu pâle: 3 livres.
  • Niveau bleu fleurdelysé: 5 livres.

Vous pouvez bien sûr attendre d'avoir vu la liste avant de nous préciser votre niveau.

Alors ça vous tente?  On attend vos suggestions de trésors!  Karine et moi vous donnerons les nôtres d'ici quelques jours (trop de choix!)  Et voici déjà un petit logo, prenez et répandez-le!



02 septembre 2014

Les Larmes de saint Laurent

Il y a quelques mois j'ai croisé sur mon lieu de travail une jeune femme que j'avais l'impression de bien connaître, mais que je n'arrivais pas à replacer.  Comme une amie d'enfance qu'on aurait perdue de vue...  Ce n'est que lorsque j'ai vu son nom sur un document que ça a cliqué.  C'était Dominique Fortier, dont j'avais beaucoup aimé les romans et traductions, au premier chef son Du Bon Usage des étoiles, un gros coup de coeur! J'ai failli retourner la voir pour lui dire combien j'appréciais ses oeuvres, mais j'ai pensé que cela n'aurait pas l'air trop professionnel d'aller faire la groupie...

C'est donc la plume d'une amie que j'ai eu le plaisir de retrouver ici, dans son deuxième roman. Qui est en fait presque trois romans en un, car il est composé de trois histoires séparées, et ce n'est qu'à la fin qu'on saura ce qui les relie.  La première se déroule au début du XXe siècle en Martinique lors de l'éruption de la montagne Pelée, puis aux États-Unis; la deuxième, à la même époque en Angleterre et en Italie, plus précisément à Pompéi et Herculanum dont on commence alors à peine à excaver les ruines; enfin la troisième de nos jours, à Montréal sur les flancs du mont Royal, dont on dit couramment qu'il s'agit d'un ancien volcan (tout comme l'auteure, j'ai su qu'il s'agissait d'une légende urbaine dont on nous a abreuvé toute notre enfance!).  Vous voyez donc un thème se dessiner, n'est-ce pas? Celui des volcans et autres forces telluriques.  Comme dans son livre précédent, Dominique Fortier incorpore des faits scientifiques à son intrigue, mais son style est tellement limpide que ça passe comme dans du beurre.

Fait cocasse, tout comme dans ma lecture précédente, au moment où je lisais un passage où il était question de corneilles, celles-ci se sont manifestées en arrière de chez moi, cette fois-ci en faisant un grincement infernal avec leurs serres sur la tôle du toit, juste au-dessus de ma tête!


Un excellent début pour l'événement Québec en septembre, organisé par nos chères Karine et Yueyin!


Les Larmes de saint Laurent de Dominique Fortier, 2010, 332 p.

30 août 2014

Jonathan Strange & Mr Norrell


«Jeremy made a sort of snorting sound of derision.  "I believe I know better, sir, than to trouble you with such nonsense!  Ladies in black dresses walking about in snow -storms!"
   "I hope you did not speak too harshly to him."
   "Me, sir? No, indeed!"
   "Perhaps he was drunk.  Yes, I expect that was it.  I dare say he and David Evans were celebrating the successful conclusion of their business."
Jeremy frowned.  "I do not think so, sir. David Evans is a Methodist preacher."
   "Oh! Well, yes.  I suppose you are right. And indeed it is not much like a hallucination brought on by drunkenness.  It is more the sort of thing one might imagine if one took opium after reading one of Mrs Radcliffe's novels."»

Nul besoin d'en avoir fumé du bon pour apprécier ce formidable roman -- formidable tant par son volume (782 pages de petits caractères serrés) que par sa qualité -- racontant les efforts de deux magiciens pour faire revivre la magie depuis longtemps confinée aux livres, ainsi que leur rivalité et leur lutte contre un inquiétant Faery aux cheveux argentés, kidnappeur de jolies femmes.  L'originalité de l'intrigue est qu'elle se situe au XIXe siècle plutôt qu'au Moyen-Âge comme c'est généralement le cas, et qu'elle fait cohabiter les magiciens et créatures féeriques avec des personnages historiques comme le duc de Wellington et Lord Byron.  Saviez-vous par exemple que c'est grâce à la magie que les Anglais et leurs alliés ont vaincu Napoléon Bonaparte?

Le style d'écriture rappelle Dickens et l'atmosphère oscille entre la légèreté d'un humour subtil, très British, et la noirceur des manoirs humides et des landes désolées, balayées par les tempêtes, des romans gothiques.  Même Venise ne vous aura jamais semblée si glauque!  Le rythme n'est pas des plus rapides et déplaira sans doute aux amateurs d'action échevelée et d'explosions à répétition.  Susanna Clarke est plutôt du genre à installer tranquillement son histoire, à bien camper ses personnages.  Toutefois elle ne souligne rien à gros traits, se fiant à l'intelligence du lecteur pour faire les liens nécessaires.  Dans de nombreuses notes en bas de page, elle développe la mythologie qui sous-tend l'intrigue, et l'on se prend à croire que oui, le Raven-King a peut-être vraiment existé...  Et si comme moi, lisant assis sur votre balcon, vous sursautez au cri de quelque corneille, vous saurez qu'elle est la messagère de ce roi légendaire!


Jonathan Strange & Mr Norrell de Susanna Clarke, 2004, 782 p. Titre de la traduction française: Jonathan Strange & Mr Norrell.

27 août 2014

Québec en septembre: à vos marques...

Besoin de suggestions pour votre participation à la célébration de la littérature québécoise organisée par Karine?

Voici quelques livres québécois, certains très connus, d'autres moins, lus depuis l'ouverture du blogue et que j'ai particulièrement aimés:


Il y en a pour tous les goûts!  Et vous, des suggestions?




08 août 2014

Travels with a Donkey in the Cévennes

(Voyage avec un âne dans les Cévennes)

Vous le saviez, vous?  Robert Louis Stevenson n'a pas seulement écrit des romans d'aventures ou fantastiques, il a aussi pondu quelques récits de voyage, dont celui-ci qui est un petit bijou d'esprit, d'humour à l'anglaise et de poésie.  Si vous recherchez des péripéties haletantes, passez votre chemin, car le gros de l'affaire est la description des paysages montagneux et des habitants de cette région isolée. Il y a bien quelques scènes violentes lorsqu'il nous conte l'histoire des Cévennes, où eu lieu une guerre de religion assez sanglante; et le coeur sensible (ie le mien!) frémit un peu aussi lorsque le voyageur apprend à mener son ânesse à coups de bâton comme cela se faisait sans trop d'arrière-pensées à l'époque.  Bientôt l'humain et l'équidé arrivent à s'entendre et la paix s'installe.  Il y a seulement quelques longueurs vers la fin, où Stevenson se fait plus philosophique et abstrait, discourant de morale et de religion. 

J'ai trouvé assez intéressant le fait que certains passages en français ne sont pas traduits. On prenait donc pour acquis à cette époque que le lecteur anglais cultivé était nécessairement bilingue! Ça a bien changé, non?

Enfin, si ce récit ne vous donne pas le goût d'aller dormir à la belle étoile dans une clairière, c'est que vous êtes un pantouflard invétéré!


Travels with a Donkey in the Cévennes de Robert Louis Stevenson, 1879, 76 pages en version numérique. Titre de la traduction française, Voyage avec un âne dans les Cévennes.

31 juillet 2014

Maison de poupée

J'en ai sans doute déjà parlé ici, je déteste savoir d'avance ce qui va se passer dans un roman, ne serait-ce que des détails. C'est pourquoi notamment je ne lis jamais les quatrièmes de couverture, et j'attends un bon moment entre la lecture d'une critique et celle du roman critiqué.  Conséquement, j'aimerais pouvoir retourner dans le temps, dire ceci aux éditeurs du Livre de poche des années soixante: %#$?&#%#$%$!!!

C'est quoi la $?@#$?& d'idée d'écrire en caractères géants le dénouement de la pièce Maison de poupée d'Henrik Ibsen en quatrième de couverture?  Même en faisant attention je n'ai pas pu m'empêcher de tomber les yeux sur elle, et comme c'est écrit gros un dixième de seconde a suffit.  J'ai espéré tout le long que l'événement annoncé se produise bientôt et que je puisse découvrir la suite en toute tranquilité, mais non.  Quand je dis dénouement, c'est vraiment dénouement.  Les trois ou quatre dernières pages.

Mon agacement a donc teinté mon expérience, et je n'ai pas apprécié cette lecture autant que j'aurais pu. Néanmoins, je dois reconnaître que pour son époque cette pièce est tout à fait révolutionnaire!  Ibsen dénonce la société et les lois qui maintiennent la femme mariée dans un état de minorité. Le personnage principal, Nora, est comme une poupée pour son mari Thorvald, d'où le titre. Les personnages sont un peu caricaturaux -- l'épouse naïve, le mari affectueux mais condescendant -- mais sans doute était-ce nécessaire pour bien faire passer le message, inhabituel pour l'époque, surtout venant d'un homme!

Je remercie Taffy du Forum du Guide de la bonne lecture d'avoir organisé cette lecture commune sur le thème du théâtre.  Il y avait bien longtemps que je n'en avais lu, alors que j'en étais friande à une certaine époque, et je crois que cela m'a redonné le goût!


Maison de poupée, suivi de Les Revenants, d'Henrik Ibsen,  traduit du norvégien, 1879 (1961 pour l'édition illustrée ici), 286 p.

21 juillet 2014

Comme un écureuil je fais des provisions...

Mais ce n'est pas pour l'hiver, non! C'est pour l'édition 2014 du Québec en septembre, organisé par notre chère Karine et sa complice Yueyin!  Encore une fois le Québec sera à l'honneur durant tout le mois non seulement chez ces deux blogueuses mais sur une bonne partie de la blogosphère littéraire, et J'ai lu... ne sera pas en reste!

J'ai donc en attente dans la PAL-bibli un Michel Tremblay (La Grande Mêlée) et un Poulin (Le Chat sauvage), deux valeurs sûres, donc, auxquelles s'ajouteront d'autres titres selon l'inspiration du moment et la disponibilité en prêt numérique à la bibliothèque.

Serez-vous de la partie?

Pas encore de logo pour 2014... Je recycle celui de l'an passé!

20 juillet 2014

Le Roi transparent

Les premières pages du Roi transparent de Rosa Montero m'ont ravie.  Excellent début que cette jeune paysanne qui se déguise en chevalier pour échapper au viol et à la guerre, et en plus, dans une période et une région que j'aime toujours retrouver en fiction, celle de la Croisade des Albigeois.

Après quelque temps j'ai toutefois éprouvé un genre de passage à vide. Quelques péripéties me semblaient invraisemblables. Par exemple, après quelques mois seulement d'entraînement auprès d'un instructeur et d'une étrange compagne qui lui apprend à lire, notre jeune péquenaude est capable de faire bonne figure à la cour d'Éléonor d'Aquitaine... C'est plus fort que du roquefort, non?

De plus, et oui je sais que je suis fatigante avec ça, l'utilisation du présent de l'indicatif me semble encore une fois peu appropriée à ce genre littéraire.  Dans ma lecture précédente, Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants de Mathias Enard, cela ne m'avait pas dérangée, peut-être parce que l'emphase était mise sur la beauté de l'écriture, sur la poésie, sur l'ambiance, alors qu'ici on est clairement en mode «laissez-moi vous raconter une histoire», voire un conte puisque quelques éléments fantastiques y sont même intégrés, dont certains liés à la légende arthurienne.  Le choix du temps de verbe est-il celui du traducteur pour se conformer à la mode actuelle?

Heureusement, une fois résignée à ce style et lorsque notre héroïne quitte la cour pour parcourir la région et gagner sa vie, j'ai repris goût à l'intrigue et le reste a été du vrai bonbon. J'ai vraiment apprécié suivre les aventures de ces personnages attachants et ai trouvé intéressantes les réflexions sur la place de la femme dans la société médiévale.  L'Histoire occidentale aurait-elle été différente si la religion cathare avait réussi à se répandre?  Toutefois je ne recommande pas ce roman aux puristes, car l'auteure, comme elle l'explique elle-même en postface, a pris de nombreuses libertés chronologiques et géographiques, changeant des dates, faisant se rencontrer certains personnages historiques alors que c'est impossible, déplaçant même une abbaye de quelques centaines de kilomètres!

Et ce roi transparent, qu'en est-il, direz-vous?  Je ne peux vous raconter sa légende, c'est trop dangereux! (Lisez, vous comprendrez!)


Le Roi transparent de Rosa Montero, traduit de l'espagnol en 2008, 471 p.  L'oeuvre originale,  Historia del rey transparente, date de 2005.

07 juillet 2014

Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants

Une plume magnifique, une ambiance exotique et une bonne idée de départ (un hypothétique séjour de Michel-Ange à Constantinople où il aurait été engagé par le sultan pour concevoir un pont reliant les deux rives du Bosphore)...  Malheureusement je n'ai jamais pleinement accroché à l'histoire, ni ne me suis vraiment intéressée aux personnages.  Est-ce en raison de la grâce même de l'écriture de Mathias Enard, qui fait qu'on reste toujours en surface? Ma lecture suivante, Le Roi transparent de Rosa Montero, m'a happée en une vingtaine de pages avec une plume somme toute assez banale.

À lire donc pour la beauté et le dépaysement, sans attendre plus.


Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants de Mathias Enard, 2010, 154 p.

05 juillet 2014

Malavita

Décidément, plus ou moins par hasard, je m'en tiens à des lectures rigolotes ces temps-ci! Par contre, c'est un humour assez différent, plutôt noir, que celui retrouvé dans Malavita de Tonino Benacquista. Cela  ne m'a guère surprise puisque c'est le même que dans Saga, découvert il y a quelques années dans le cadre du Blogoclub.  Mais, alors que j'avais noté dans cette dernière oeuvre un certain essouflement dans la deuxième moitié, ce n'est pas le cas ici, je dirais même que le rythme s'accélère et que l'intérêt pour les péripéties vécues par cette famille de mafieux repentis que le FBI a relocalisé incognito dans un village de Normandie pour les protéger, est soutenu jusqu'au point final.

Pour vous donner une idée du genre d'humour, représentez-vous l'ancien caïd, qui se fait passer pour un écrivain, en train d'imaginer les morts les plus originales (enfermé vivant dans un congélateur, la tête sur le gril avec une brochette plantée d'une oreille à l'autre, etc) qu'il ferait subir à ses voisins parce que ceux-ci dénigrent sa technique de barbecue... 

«Sans le savoir, Fred vérifiait un théorème universel, qu'il se formula en ces termes: dès qu'un con essaie d'allumer un feu quelque part, il y en a quatre autres pour lui expliquer comment s'y prendre.»

Fait amusant, plusieurs coïncidences ont marqué cette lecture. D'abord, ma mère et moi avons toutes deux emprunté ce livre à la bibliothèque en même temps, sans s'être concertées!  Puis, remarquant que les deux adolescents vont au lycée Jules-Vallès, je me suis demandé qui était cet homme, dont il me semblait avoir remarqué le nom récemment dans un film, là encore sur la devanture d'une école (peut-être dans Dans la maison de François Ozon?). À peine quelques heures plus tard, j'ouvre la dernière édition de la revue Les Libraires, et je tombe pile sur un article retraçant la carrière de cet écrivain et journaliste du XIXe siècle!  J'adore ce genre de hasards!


Malavita de Tonino Benacquista, 2004, 317 p.