14 août 2018

A Fine Balance (L'Équilibre du monde)

C'est une participante du Forum de la bonne lecture qui nous avait parlé de ce roman, qu'elle classait parmi ses favoris.  Je ne connaissais pas du tout l'écrivain canadien-anglais d'origine indienne Rohinton Mistry, mais comme Martine et moi avons beaucoup de goûts en commun, j'ai noté ce titre, surtout que ça se déroule en Inde, pays qui me fascine depuis l'adolescence quand j'ai lu Cette nuit la liberté de Dominique Lapierre et Larry Collins.

J'avoue que j'ai eu un peu de difficulté à m'adapter au style de l'auteur, que je trouvais de prime abord un peu plat et manquant d'élégance.  Mais je m'y suis faite après quelques chapitres et j'ai pu apprécier ce gros pavé où l'on suit les destins entrecroisés de plusieurs personnages, certains fort sympathiques malgré leurs imperfections, d'autres carrément extravagants.  Certains passages sont très durs car Mistry nous décrit une Inde rongée par la corruption des puissants (on est dans les années soixante-dix, Indira Gandhi est au pouvoir) où, même si le système des castes a été aboli officiellement, il subsiste néanmoins dans les relations entre individus.  Et c'est sans parler des massacres causés par les religions!  Mais il y a aussi de l'entraide, de l'amitié, de l'amour, et finalement, il y a un équilibre dans le monde, puisque, paradoxalement, les plus chanceux ne sont pas les plus heureux.

Merci Martine pour cette découverte!


A Fine Balance de Rohinton Mistry, 1995, 713 p.  Titre de la traduction française: L'Équilibre du monde.

12 août 2018

Le bogue de Blogger!

Depuis plusieurs semaines, la fonction de Blogger qui nous envoie un courriel quand quelqu'un laisse un commentaire sous un billet éprouve quelques ratés...  Je pensais avoir fait une fausse manipulation quelque part, mais après avoir consulté le forum d'aide de Blogger, j'ai pu constater que le problème est généralisé!  Il semble que cela soit en lien avec les modifications effectuées en rapport avec la nouvelle réglementation européenne.  Heureusement des petits malins ont trouvé comment réparer cette fonction.  J'ai essayé leur truc et pour le moment tout semble être revenu à la normale.  Alors si c'est votre cas, voici comment faire:
  1. Sur votre tableau de bord, allez dans Paramètres puis dans E-mail.
  2. Dans la case E-mail de notification de commentaires, effacez votre adresse de courriel puis cliquez sur Enregistrer les paramètres en haut à droite.
  3. Retournez au même endroit, entrez de nouveau votre adresse de courriel et cliquez de nouveau sur Enregistrer les paramètres
  4. Dans votre boîte de courriels, vous allez recevoir un courriel intitulé Demande d'abonnement aux commentaires pour le blogue Untel.  Ouvrez ce courriel et allez cliquez sur Je m'abonne.  
  5. C'est tout!
Autrement dit, vous devez maintenant vous abonner à votre propre blogue.  Absurde, mais si ça fonctionne...

Vous m'en direz des nouvelles!  Et si dernièrement je n'ai pas répondu à un de vos commentaires, vous comprenez maintenant que ce n'est ni par paresse ni par snobisme!

Saloperie de bogue!

10 août 2018

Sapiens: une brève histoire de l'humanité

Dans cet essai à la fois passionnant et troublant, Yuval Noah Harari effectue un survol de quelques millions d'années, depuis l'apparition des premiers hominidés jusqu'à aujourd'hui et même au-delà.  Et oui, c'est troublant de penser qu'Homo Sapiens a provoqué l'extinction de centaines d'espèces, incluant ses cousins, hommes de Neandertal et autres.  Car à mesure que nous découvrions de nouvelles  régions, de nouvelles îles, de nouveaux  continents, nous y avons fait des ravages, systématiquement.  Et le regard vers le futur est tout aussi choquant, puisque c'est ni plus ni moins que la fin de Sapiens tel qu'on le connaît qui est annoncée.

Entre ces deux extrémités, Sapiens est passé par différents bouleversements, et Harari remet en question plusieurs idées reçues au sujet de notre évolution.  Il est très intéressant de se questionner au sujet de ce que nous ont apporté l'agriculture et d'autres progrès scientifiques, au sujet des notions de bonheur, de genre, de classes sociales, au sujet des religions, etc.  Tout ça vous paraît sec, voire ennuyant? Mais non, ça se lit tout seul!  Harari a un vrai talent de vulgarisateur et même un certain humour.

Fait cocasse, Dan Brown utilise certaines de ces idées dans la conclusion de son plus récent roman, Origin, que j'ai lu il y a quelques mois.  Il me semble même qu'il cite Yuval Noah Harari, mais je n'en suis pas sûre.

Seul hic, je ne suis pas fan de cette traduction française, qui m'a souvent semblé bancale.  J'aurais peut-être dû m'en tenir à ma première idée qui était de lire la version anglaise, traduite de l'hébreu par l'auteur lui-même.  Mais sa liste d'attente pour le prêt numérique était beaucoup plus longue, bizarrement, j'aurais dû attendre des mois contre quelques jours pour la version française.


Sapiens: une brève histoire de l'humanité de Yuval Noah Harari, traduit de l'hébreu, 2015, 418 p. Titre de la version originale: Ḳitsur toldot ha-enoshut La traduction anglaise faite par l'auteur lui-même s'intitule Sapiens: A Brief History of Humankind.

27 juillet 2018

Les Racines du ciel

Ouf, quel roman!  On est dans les années cinquante en Afrique équatoriale française.  Un groupe hétéroclite de personnages aux motivations diverses (une ancienne stripteaseuse allemande, un photographe vedette, un ancien militaire américain démobilisé pour traîtrise, etc) tente de protéger les éléphants menacés par les braconniers, les chasseurs d'ivoire et les amateurs de safari.  À leur tête, un ancien résistant français ayant connu les camps de concentration. Ce n'est pas seulement l'amour de ces bêtes magnifiques et «encombrantes» qui le motive; il en fait une question de dignité humaine. Mais les autorités, tout comme les rebelles africains, ont peine à croire à la pureté de ses motivations, et il s'ensuit tout un magouillage politique aux ramifications internationales.

J'ai eu un peu de difficulté au départ car il y a beaucoup de personnages, d'allers-retours dans le temps et de brusques changements de narrateurs.  Ça demande un certain effort, mais celui-ci en vaut largement la peine!  Comme toujours, la prose de Romain Gary est d'une grande beauté, l'humour est toujours présent malgré le sérieux du sujet, plus que jamais d'actualité.  Le genre de livre qui donne envie d'être un meilleur humain.


Les Racines du ciel de Romain Gary, 1956, 495 p.

04 juillet 2018

The Golden Notebook (Le Carnet d'or)

Hé bien! Pour ce qui est de participer au Mois anglais, c'est raté pour cette année, j'ai loupé l'échéance!  Je ne pensais pas qu'il me faudrait tout un mois pour lire ce roman.  D’ailleurs quand je l'ai choisi dans ma PAL, début juin, je n'avais pas réalisé qu'il s'agissait d'une brique déguisée en roman de longueur moyenne.  Entre la police de caractères minuscule, les marges très étroites, les longs paragraphes et la quasi-absence de dialogues, j'ai été eue!  C'est peut-être pourquoi j'ai eu un peu de difficulté à accrocher au départ.  J'ai lu plusieurs pavés depuis le début de l'année (allo M. Cervantès!), ça ne me tentait pas nécessairement d'embarquer dans un autre tout de suite.  Et comme c'est une intrigue très dense, avec des retours en arrière et des mises en abyme, j'étais un peu découragée car j'avais l'impression d'avancer à pas de tortue. J'ai même failli abandonner, et puis je me suis dit non, c'est très intéressant alors ça prendra le temps que ça prendra!

La construction du roman est très originale.  Le corps principal raconte l'histoire d'une écrivaine à Londres en 1957, entourée de sa fille, de sa meilleure amie, du fils de celle-ci et de quelques autres.  Intercalés dans cette partie principale, on retrouve des extraits des cahiers de différentes couleurs où elle écrit sous différents thèmes: le noir est pour ses souvenirs d'Afrique où elle a vécu quelques années, ainsi que pour tout ce qui touche au roman, devenu best-seller, qu'elle a écrit en se basant sur ces souvenirs; le rouge parle de politique, principalement de ses expériences en tant que membre du Parti communiste anglais à cette époque où on commence à découvrir les horreurs staliniennes; le jaune est une tentative de roman mettant en scène son alter ego écrivaine, où est surtout abordée la question des relations hommes/femmes, ainsi que d'autres idées pour des romans ou des nouvelles; et le bleu est un genre de journal.  Et le doré du titre, alors? Il n'arrive qu'à la fin!

À l'époque, les critiques du roman ont surtout parlé du thème de la condition féminine, et bien sûr il en est beaucoup question, mais il y a tellement plus que cela!  Santé mentale, maternité, géopolitique (surtout en ce qui a trait à la Russie et à l'Afrique, deux régions où rien n'est réglé encore aujourd'hui!), écriture et surtout le lien ténu entre la fiction et la réalité.  Et si j'y ai trouvé quelques longueurs dans la deuxième moitié (on a envie de gifler le personnage pour qu'elle sorte de son cercle vicieux, c'est infernal), la fin est excellente et l'ensemble se mériterait une relecture tant il y a d'intelligence et de subtilité (d'ailleurs je n'ai pas compris les astérisques à la fin d'un des cahiers, si quelqu'un peut m'expliquer je suis preneuse!)

Et comme ma partie préférée est celle qui se déroule en Afrique, je me lance maintenant dans Les Racines du ciel, de Romain Gary!


The Golden Notebook de Doris Lessing, 1962, 576 p.  Titre de la traduction française: Le Carnet d'or.

03 juin 2018

Mon nom est Rouge

Pas tout à fait convaincue par ce polar historique du nobelisé Orhan Pamuk.  J'ai beaucoup aimé découvrir avec lui la ville d'Istanbul au XVIe siècle et sa description du métier de peintre miniaturiste est intéressante, surtout à cette époque où certains remettaient en question la tradition héritée de Perse et de Chine, fortement codifiée, pour se tourner vers l'Occident et son humanisme.  Par contre, j'ai trouvé le roman vraiment trop long et le style d'écriture de Pamuk ne facilitait pas la lecture: de longues phrases entrecoupées de virgules à n'en plus finir.  Est-ce un choix du traducteur pour reproduire une caractéristique de la langue turque? Je me pose la question.

J'ai aussi relevé un anachronisme bizarre.  Un des personnages fait une allusion évidente à Scarlett O'hara du roman Autant en emporte le vent (publié en 1936).  Peut-être pour faire un jeu de mot avec le nom de Scarlett (scarlet = écarlate)?  Ce n'est bien sûr qu'un détail, mais qui m'a déplu, j'ai trouvé cela malhabile.

Je garde toutefois sur ma liste son récit autobiographique Istanbul, j'ai l'impression qu'il pourrait être plus dans mes cordes que ce roman.
 


Mon nom est Rouge d'Orhan Pamuk, 1998, traduit du turc en 2001, 737 p.  Titre de la version originale: Benim Adim Kirmizi.

31 mai 2018

Confessions of a Part-Time Sorceress

Billet qui ne s'adresse qu'à une mince partie de mon lectorat!  Si vous n'êtes pas attiré par les jeux de rôles en général et par Dongeons & Dragons en particulier, vous pouvez passer votre chemin sans regret.  Je veux tout simplement garder une trace de toutes mes lectures, même lorsque celles-ci n'intéressent que moi.

Je suis un peu déçue par ce livre puisque je croyais qu'il serait surtout question des expériences de l'auteure en tant que joueuse dans le monde essentiellement masculin des jeux de rôle.  Or il s'agit plutôt d'une introduction humoristique à D&D qui pourra servir à quiconque veut tenter de convaincre une copine ou une sœur de se joindre à son groupe, ou d'expliquer à sa mère ce qu'il fait tous les samedis dans le sous-sol avec sa gang d'amis.  C'est assez amusant même si parfois les blagues très girlie-girl (fifille?) commençaient à me taper sur les nerfs (la magicienne jouée par l'auteure est un mélange d'Accro du shopping et de Carrie dans Sex and the City, avec ses bottes elfiques Jimmy Choo, son sac à dos Balenciaga, etc).


Confessions of a Part-Time Sorceress de Shelly Mazzanoble, 2007, 131 p.  Non traduit.