19 juillet 2024

Harrow the Ninth (Harrow la Neuvième)

 The Locked Tomb (Le Tombeau scellé), tome 2

Après un début difficile, une intrigue intelligente et l'humour des dialogues m'avaient permis d'apprécier le tome 1 de cette série au genre indéfinissable (fantastiquo-fantasy-SF?).

En commençant le tome 2, j'ai constaté que j'avais, là encore, un peu de difficulté à plonger dans cet univers.  Certains événements ne concordent pas du tout avec ce qui s'est passé dans le tome 1, et c'est très long avant qu'on commence à comprendre pourquoi. La narration à la deuxième personne du singulier, très étrange (on ne saisit la raison de ce choix que beaucoup plus loin) ne nous aide pas non plus.  J'étais très désarçonnée, mais j'espérais que la situation allait s'améliorer comme dans le cas du tome précédent.  

En général, j'aime beaucoup qu'un auteur nous fasse travailler un peu au lieu de tout expliquer en long et en large.  Mais ici, l'intrigue est tellement tarabiscotée que j'avais de la misère à suivre!  Il y a toutefois de très bons passages, drôles ou intrigants, et on retrouve avec plaisir certains personnages du tome 1.

Quant à l'épilogue, il est tellement bizarre que j'étais fâchée en le terminant!  J'imagine que l'intention de l'auteure était de nous appâter pour la suite, mais dans mon cas l'effet contraire s'est produit, et il y a de fortes chances pour que cette série s'arrête là pour moi...


Harrow the Ninth (The Locked Tomb, tome 2) de Tamsyn Muir, 2020, 512 p.  Titre de la traduction française: Harrow la Neuvième (Le Tombeau scellé, tome 2)

24 juin 2024

La Forêt sombre

Trilogie des trois corps, tome 2

Qui dit deuxième tome d'une trilogie dit billet court sur le blogue.  On a l'impression de répéter ce qu'on a écrit sur le premier tome, et par ailleurs on n'a pas encore un avis général sur la trilogie dans son ensemble.

Donc, comme dans le premier tome, on a une intrigue pleine de rebondissements, beaucoup de détails scientifiques qu'il n'est pas nécessaire de comprendre parfaitement pour suivre l'histoire, une narration un peu froide, ce qui fait qu'on ne s'attache pas tant que cela aux personnages et qu'on en sait peu sur leur vie privée -- l'intérêt réside ailleurs.  Parlant de personnages, je vous recommande de vous dresser dès le début une petite liste car ils sont très nombreux (ma liste en compte quarante-deux) dont la plupart avec des noms chinois qui se ressemblent (Yang, Zhang, Zhuang...).

Il y a bien quelques passages que j'ai trouvés longuets (dont un qui m'a semblé ne pas apporter grand-chose à l'intrigue), mais dans l'ensemble, une lecture passionnante, vivement la suite!


La Forêt sombre (La Trilogie des trois corps, tome 2) de Liu Cixin, traduit du chinois, 2017, 736 p.  Titre de la version originale: Hēi'àn sēnlín (2008)

03 juin 2024

The Hours (Les Heures)

J'ai hésité quelques temps avant de me lancer dans ce roman trouvé dans une boîte à livres.  C'est que j'ai vu l'adaptation cinématographique et que je m'en souviens assez bien, ce qui a souvent tendance à gâcher ma lecture...  Mais ici, cela ne s'est pas produit, et ce, pour trois raisons: 

1) La plume de Michael Cunningham est magnifique et très agréable à lire et la construction du roman est astucieuse.  

2) Lors du visionnement du film, je n'avais pas encore lu le roman Mrs Dalloway de Virginia Woolf.  Même si j'ai plus ou moins aimé ce roman, je pense que sa lecture est essentielle pour apprécier toutes les références qui y sont faites ici.  En effet, chacune des trois femmes qu'on suit dans des chapitres alternés qui se répondent et se complètent a un lien avec l’œuvre de Woolf.  

3) En fait, je me souvenais mal de la fin, si bien que la surprise fut totale!


The Hours de Michael Cunningham, 1999, 226 pages.  Titre de la traduction française: Les Heures.

25 mai 2024

Le Nœud de vipères

Comme j'avais beaucoup aimé Thérèse Desqueyroux, lu pour le club de lecture Livraddict l'an dernier, je n'ai pas hésité une seconde à m'emparer de cet autre roman de François Mauriac, trouvé par ma mère dans la boîte à livres de son quartier!

De sa chambre dans sa maison de la région des Landes, dans le Sud-Ouest de la France, sentant arriver la mort, un vieil homme acariâtre et avare écrit à son épouse et à ses enfants une longue lettre mi-confession, mi-accusation.  Une histoire de vengeance ruminée toute une vie...  Des personnages dignes de Zola, un style sobre, une ambiance du tonnerre, des révélations, des non-dits, une fin qui laisse place à l'interprétation, tout pour me plaire, quoi!


Le Nœud de vipères de François Mauriac, 1932, 216 p.

24 mai 2024

Ten Days in a Mad-House (10 Jours dans un asile)

Quelle femme fascinante elle a dû être, cette Nellie Bly!  Pionnière du journalisme d'enquête, elle s'est fait interner incognito dans un asile pour y observer les conditions de vie des patientes.  Ce qu'elle y a vu l'a horrifiée: nourriture immangeable, bains glacés, chambres non chauffées, et surtout torture physique et mentale.  Sans oublier que la plupart des patientes n'auraient pas dû être là...  Au XIXe siècle, dès qu'une femme dérangeait un tant soit peu, on pouvait facilement s'en débarrasser en l'accusant d'être folle!

Cela dit, une fois qu'on a admiré le courage de cette journaliste, le texte lui-même est plus ou moins intéressant.  Son style est très factuel.  J'aurais aimé un peu plus d'analyse, en particulier dans la dernière partie, qui parle de l'enquête judiciaire déclenchée à la suite de la publication de l'article, et des améliorations apportées aux conditions de vie dans l'asile.  Bien sûr, ces Grand Jury Investigations se font à huis clos, donc elle n'a pu raconter que la séance où elle a elle-même témoigné, mais je suis tout de même restée sur ma faim.

Par contre, je lirai sans doute un jour son récit de voyage Around the World in Seventy-Two Days (elle a battu le record de ce bon vieux Phileas Fogg!), ça doit être passionnant!


Ten Days in a Mad-House de Nellie Bly, 1887, 81 p.  Titre de la traduction française: 10 jours dans un asile.

14 mai 2024

The Narrow Road to the Deep North (La Route étroite vers le Nord lointain)

Comme la prochaine vente de livres élagués des Bibliothèques de Montréal a lieu dans un mois, j'ai pensé que ce serait une bonne idée d'avoir lu au moins un de ceux acquis l'an dernier!  Mon choix s'est porté sur The Narrow Road to the Deep North de Richard Flanagan.  Je n'avais jamais entendu parler ni du livre, ni de cet auteur australien, je l'ai acheté pour la seule mention «gagnant du Booker Prize» en couverture.  Je ne me préoccupe pas tant que cela des prix littéraires, mais celui-là me déçoit rarement (citons notamment Life of Pi (Histoire de Pi) de Yann Martel et The Remains of the Day (Les Vestiges du jour) de Kazuo Ishiguro). 

Je me suis donc lancée à l'aveuglette, n'ayant même pas lu la quatrième de couverture, et le titre et la couverture donnant peu d'indices du sujet...  Il s'agit en fait d'un roman historique qui se déroule pour la plus grande partie dans un camp de prisonniers de guerre au Siam (la Thaïlande, aujourd'hui), mais aussi en Australie et brièvement au Japon.

La partie centrale du roman, celle qui se déroule au Siam, est vraiment excellente.  C'est un pan de l'histoire que je ne connaissais pas: l'utilisation de prisonniers de guerre (ici, des Australiens) comme esclaves pour tenter de construire un chemin de fer à travers la jungle, dans des conditions épouvantables et avec des moyens rudimentaires.  

La première partie, où l'on fait des allers-retours entre différentes époques, m'a beaucoup moins intéressée, surtout parce que les personnages sont peu attachants, mais aussi parce que le style très littéraire de l'auteur rend leurs motivations peu évidentes (ou alors c'est moi qui n'ai pas su lire entre les lignes?).

Quant à la dernière partie, il s'agit d'un long épilogue où l'on découvre ce qu'il advient de chacun des personnages une fois la guerre terminée.  J'ai beaucoup aimé les passages se déroulant au Japon; encore là, c'est un sujet sur lequel je n'ai jamais rien lu -- je ne savais pas, par exemple, que Tokyo avait été intensivement bombardée!  Mais j'ai tout de même trouvé toute cette partie un peu trop longue.

Dans l'ensemble, une bonne découverte, même si à la fin j'avais hâte de passer à autre chose! 


The Narrow Road to the Deep North de Richard Flanagan, 2014, 334 p.  Titre de la traduction française: La Route étroite vers le Nord lointain.

02 mai 2024

20 ans avec mon chat

Quelle est mignonne cette petite chatte prénommée Mî!  Elle me fait beaucoup penser à ma petite Mina, elle aussi une chatte calicot (ce qu'on appelle «chatte d'Espagne» au Québec, pour une raison que j'ignore), elle aussi une chatte abandonnée en bas âge. 

Toutefois, je ne me suis pas autant attachée à la narratrice, que j'ai trouvée un peu froide (envers les humains, parce que pour ce qui est de sa minette, on sent bien qu'elle l'adore!).  Lors de son divorce, notamment, on la sent très détachée, presque indifférente.  J'ai par contre bien aimé lorsqu'elle raconte comment sa relation avec Mî lui a permis de prendre conscience du monde  qui l'entoure, de la nature, des saisons, ce qui lui a permis de réaliser son rêve de devenir écrivain.

J'ai toutefois été troublée par la fin, qui est pénible à cause des graves problèmes de santé de la petite féline.  À la place de sa maîtresse, j'aurais pris des décisions différentes -- mais l'euthanasie est-elle envisageable au Japon?  Ça ne semble même pas avoir été une option ici, en tous cas.

Malgré ces petits bémols, j'ai quand même bien aimé ce récit touchant, lumineux et rempli d'amour.  Pour passionnés des chats seulement!


(N.B. Inaba est le nom de famille de l'auteure, je classe donc ce livre dans les I)


20 ans avec mon chat de Inaba Mayubi, traduit du japonais, 2014, 208 p.  Titre de la version originale: Mi i no inai asa (1999)