18 octobre 2018

A Time to Kill (Non coupable/Le Droit de tuer)

(Deux titres différents pour la traduction, pourtant c'est le même traducteur...)

Suite de l'opération Ménage de PAL, commencée cet été!

Premier roman de John Grisham, et franchement cela paraît un peu.  Dans la première partie, particulièrement, le style est lourd, presque didactique lorsqu'il nous explique le fonctionnement du système de justice américain.  Toutefois, le sujet est excellent et malheureusement toujours d'actualité: un homme de race noire a tué les deux blancs qui ont violé sa fille de dix ans; dans ce comté du sud des États-Unis où la population est majoritairement blanche, aura-t-il droit à un procès équitable?  (Si cela vous dit quelque chose, vous avez peut-être vu le film qui en est tiré, mettant en vedette Matthew McConnaughey et Samuel L. Jackson.  Ce qui vous permettra d'imaginer le personnage de l'avocat sous les traits du beau Matthew, avantage non négligeable!) 

Heureusement, la deuxième moitié est beaucoup plus réussie, jusqu'à la fin, palpitante.  Donc à lire, en prenant son mal en patience au début.  


A Time to Kill de John Grisham, 1989, 515 p.  La  traduction française porte deux titres: Non coupable et Le Droit de tuer.




04 octobre 2018

Mémoires d'Hadrien

Voici un roman qui pourrait fort bien se retrouver dans mon top 3 annuel!  Car il s'agit bel et bien d'un roman, fait que j'ai dû me rappeler à maintes reprises durant ma lecture; l'écriture de Marguerite Yourcenar est si réaliste qu'on dirait vraiment que c'est l'empereur romain Hadrien qui nous parle!

Par l'entremise de Yourcenar, Hadrien nous raconte sa vie, d'abord comme général commandant les armées aux frontières de l'empire, puis comme empereur désireux d'amener la paix, la justice et la beauté dans tout cet empire.  Avec une grande sagesse, il aborde des notions comme la guerre, le deuil, la vieillesse, la civilisation et bien sûr l'amour.  Car s'il ne s'est jamais bien entendu avec son épouse légitime, il a eu une grande histoire d'amour avec un jeune homme -- j'ai eu un peu peur qu'on tombe dans le scabreux puisqu'il appelle son amant l'enfant, le garçon, mais on comprend éventuellement qu'il a environ 17-18 ans au début de la relation, ce que je trouve acceptable si on replace les choses dans leur contexte.

Il y a très longtemps j'avais lu quelques pages de L’Oeuvre au noir, de la même auteure et cela m'avait semblé extrêmement abstrait, je n'avais pas du tout accroché.  Je pense que je suis mûre maintenant pour une deuxième tentative!

Un extrait sur le sommeil:
«Qu'est notre insomnie, sinon l'obstination maniaque de notre intelligence à manufacturer des pensées, des suites de raisonnements, des syllogismes et des définitions bien à elle, son refus d'abdiquer en faveur de la divine stupidité des yeux clos ou de la sage folie des songes?  L'homme qui ne dort pas, et je n'ai depuis quelques mois que trop d'occasions de le constater sur moi-même, se refuse plus ou moins consciemment à faire confiance au flot des choses.» 
Foi d'insomniaque occasionnelle, Yourcenar a dû elle-même souffrir d'insomnie pour en parler si justement!


Mémoires d'Hadrien de Marguerite Yourcenar, 1951, 423 p.

10 septembre 2018

Murder, Mr Mosley

Encore un livre acheté au pif il y a des années par Gropitou dans la même vente que La Salamandre, si je me souviens bien.  Comme vous pouvez le constater, je continue l'opération «ménage de PAL».   Mais d'où sort donc ce John Greenwood?  D'ailleurs je viens d'apprendre, en faisant quelques recherches (en vain) pour savoir si ce bouquin a été traduit, qu'il s'agit d'un pseudonyme; ce type a aussi publié sous le nom de John Buxton Hilton, tout aussi inconnu dans les bibliothèques et dans la principale chaîne de librairies montréalaise.  Pour lire les autres titres de la série (car oui, il y en a six en tout), il faudrait commander sur Amazouzoune, ce que j'évite en général.  J'attendrai donc que le hasard me mette de nouveau en présence de l'inspecteur Mosley, ce policier du Yorkshire que ses collègues et supérieurs prennent pour un parfait imbécile et à qui l'on confie généralement les affaires de poules volées et de caisses d'oranges dérobées à l'épicerie du village.

Alors vous aurez compris que M. Hasard a bien fait les choses et que j'ai vraiment aimé ce petit polar léger, à l'humour oh so British!  L'intrigue est intéressante, dans la lignée d'Agatha Christie (ce qui n'est pas rien!) mais ce sont surtout les personnages originaux et les dialogues amusants qui m'ont conquise.  Une bien jolie découverte, merci Gropitou!


Murder, Mr. Mosley de John Greenwood, 1983, 151 p.  Non traduit.

02 septembre 2018

La Salamandre


Durant mes vacances, j'ai décidé d'effectuer une petite opération «ménage de PAL» et notamment de liquider quelques bouquins qui y accumulaient la poussière depuis des lustres.  Si je me souviens bien, c'est Gropitou qui m'avait acheté celui-ci lors d'une vente de charité, pour une raison que lui seul connaît car ni lui ni moi n'avions entendu parler de ce Marc Paillet.

En commençant cette lecture, j'ai d'abord été un peu décontenancée par le style abrupt de l'auteur.  On ne s'embarrasse pas de longues descriptions ou présentations des personnages et ce, j'en ai l'impression, pas seulement parce que ce tome est en fait le deuxième d'une série (d'ailleurs, ne pas avoir lu le premier ne m'a pas nui du tout).  Une fois habituée, j'ai pu apprécier que l'action est menée rondement, même si j'aurais aimé tout de même un peu plus de mise en contexte.  Après tout, ce genre de petits polars historiques, ce n'est pas tant pour l'intrigue qu'on les lit que pour l'ambiance, les détails de la vie quotidienne, etc.  Surtout qu'ici on se retrouve à Lyon au IXe siècle, c'est à dire au temps de Charlemagne, une période que je connais fort peu.  Mais ne boudons pas notre plaisir, cela reste un bon petit roman agréable et léger.

En cours de lecture, j'ai soudainement été frappée par la réflexion (amenée sans doute par ma lecture récente de Sapiens) que la vie quotidienne au IXe siècle ressemble fort à celle de quatre ou cinq siècles plus tard et de dix siècles plus tôt sous les Romains (dont on visite d'ailleurs dans ce livre les ruines d'une des cités, ancêtre de la ville de Lyon) au-delà des modes vestimentaires et différences alimentaires régionales.  Moyens de transport, matériaux de construction, chauffage, éclairage, tout est sensiblement pareil.  Alors que ma vie et celle de mon arrière-grand-mère n'ont presque rien en commun.  Fascinant.


La Salamandre de Marc Paillet, 1995, 318 p.

01 septembre 2018

A Confederacy of Dunces (La Conjuration des imbéciles)

Il y a des lunes que je n'avais participé au Blogoclub!  Ces derniers temps, les thèmes ou les romans sélectionnés ne m'attiraient pas tant que ça, ou j'avais déjà lus ceux-ci, et je préférais participer aux lectures communes du forum du Guide de la bonne lecture, lectures dont j'étais d'ailleurs l'organisatrice et dont je trouvais la formule plus propice aux échanges.  Malheureusement ce forum est en train de mourir de sa belle mort... Snif!

Alors comme le thème cette session est l'humour américain et que je suis en pleine opération Diminution de PAL, j'ai pensé que l'occasion était bonne de renouer avec la bande de blogolectrices.  Après tout, A Confederacy of Dunces de John Kennedy Toole est reconnu comme étant un summum de la comédie américaine.

Malheureusement je suis un peu déçue. J'ai même failli abandonner après une cinquantaine de pages! Il y a bien des passages assez amusants et les dialogues sont assez réussis.  Et les quartiers de la Nouvelle-Orléans qu'on nous présente sont loin des clichés de carte postale habituels.  Mais les personnages sont tellement antipathiques qu'on a de la difficulté à s'intéresser vraiment aux péripéties farfelues qu'ils vivent.  Il n'y en a qu'un que j'ai trouvé sympathique, le concierge noir d'un bar de danseuses, mais malheureusement on ne le voit pas souvent.

Je crois que je ne suis tout simplement pas la bonne cliente pour ce genre d'humour.  J'apprécie généralement un humour un peu absurde (je suis par exemple une grande fan de Monty Python) mais ici il est poussé à l'extrême et surtout il est assaisonné d'une bonne dose de cynisme.  Et pour être honnête avec vous, je me demande un peu si le fait que l'auteur s'est suicidé et que c'est sa mère qui a fait publier le livre de façon posthume n'a pas un chouïa contribué à mousser sa renommée.

Par contre, j'aime bien la citation de Jonathan Swift placée en exergue et dont est tiré le titre: «When a true genius appears in the world, you may know him by this sign, that the dunces are all in confederacy against him.»

En passant, je serais curieuse de savoir comment ce livre a pu être traduit.  Il y a tellement de niveaux de langage (universitaires, noirs de la Nouvelle-Orléans, blancs de la classe ouvrière, etc) que ça me paraît une mission impossible.  Si vous l'avez lu en français, n'hésitez pas à me dire comment vous avez trouvé la traduction.

J'espère que les autres participantes du club auront eu plus de succès!


A Confederacy of Dunces de John Kennedy Toole, 1980, 394 p.  Titre de la traduction française: La Conjuration des imbéciles.

24 août 2018

La Cuisinière d'Himmler

Avec un tel titre, lorsqu'on m'a recommandé ce roman (coucou maman!), je croyais que ce serait un truc assez sérieux sur les nazis, les camps, etc.  Surtout qu'il est dédicacé à Elie Wiesel!  Mais dès le prologue, je me suis mise à pouffer de rire à la lecture de phrases telles que: «Jusqu'à mon dernier souffle, et même encore après, je ne croirai qu'aux forces de l'amour, du rire et de la vengeance.» Ou encore «Bien sûr je suis, comme tout le monde, contre la peine de mort.  Sauf si c'est moi qui l'applique.»  Sachant qu'en plus la narratrice est plus que centenaire, j'étais conquise. En effet, je savoure toujours avec délice ce genre d'humour un peu noir, un peu grinçant mais pas trop méchant tout de même.

C'est donc avec énormément de plaisir qu'on suit cette centenaire à travers toutes ses tribulations de l'Arménie à Marseille en passant par Paris sous l'occupation, Berlin, Chicago et Pékin; et même lorsqu'elle vit des choses épouvantables (le massacre de sa famille par les Turcs, l'esclavage sexuel, etc), ce n'est jamais déprimant.  Un vrai tour de force!  C'est en même temps une bonne révision des événements marquants du XXe siècle puisque la narratrice se trouvait souvent aux premières loges pour y assister.  Et j'oublie presque de mentionner les nombreux passages sur la bouffe, qui font saliver -- il y a même quelques recettes à la fin!


La Cuisinière d'Himmler de Franz-Olivier Giesbert, 2013, 369 p.

23 août 2018

On Cats

L'objet-livre lui-même est un argument convaincant pour la subsistance de l'édition papier en cette ère de numérique.  Quel plaisir de manipuler ce livre au format de petit missel, avec sa superbe jaquette à l'allure orientale, ornée d'une aquarelle d'Aurore de la Morinerie, une illustratrice de mode que je découvre dans la foulée.

Et le bonheur continue lorsqu'on soulève la couverture et qu'on commence à lire.  De sa plume subtile et élégante, Doris Lessing nous raconte les chats qui ont jalonné son existence, depuis la ferme africaine où elle a grandi jusqu'au début du XXIe siècle à Londres.  Certains passage peuvent être tristes mais en général c'est plutôt un regard amusé qu'elle jette sur nos compagnons félins, leurs petites manies et leur relation entre eux et avec nous, les humains.

Ce recueil constitué de trois textes écrits entre 1967 et 2000 saura plaire à tous les amoureux des chats.  Ils y rencontreront notamment la superbe et narcissique Grey Cat, la maternelle Black Cat, Rufus le survivant et El Magnifico aux multiples surnoms. 


On Cats de Doris Lessing, 2002, 244 p.  Seul le plus long récit a été traduit, sous le titre Les Chats en particulier.