23 août 2017

Teacher Man

Dans ce récit autobiographique, Frank McCourt, né aux États-Unis mais élevé en Irlande, raconte ses débuts hésitants comme professeur d'anglais à New York et comment il finira, à force d'essais et d'erreurs, par trouver sa place dans une classe.  Fort sympathique, parfois touchant, souvent très drôle, il fait preuve d'un grand sens de l'auto-dérision mais ce pan de son histoire, alourdi par quelques répétitions,  sera toutefois moins marquant pour moi que celui de sa petite enfance dans Les Cendres d'Angela.  Je le recommanderais surtout à ceux qui travaillent dans le milieu de l'éducation, qui seront sans doute intéressés par ses expériences dans des écoles de différents milieux new-yorkais.


Teacher Man de Frank McCourt, 2005, 258 p.  Titre de la traduction française: Teacher Man: un jeune prof à New York.

14 août 2017

A Thousand Splendid Suns (Mille Soleils splendides)

Tout comme The Kite Runner (Les Cerfs-volants de Kaboul) que j'ai lu pré-blogue, ce roman de Khaled Hosseini se déroule en Afghanistan, pays d'origine de l'écrivain américain.  On traverse différentes périodes, des années 70 aux années 2000, en compagnie de deux femmes, Maryam et Laila, et de leur famille.

Une lecture qui m'a crevé le cœur à plusieurs reprises...  En particulier lorsque les personnages se réjouissent de certains événements, alors qu'on sait pertinemment que ça va mal tourner!  Comme lorsque les Russes quittent Kaboul sous les quolibets de la foule en liesse, alors qu'on réalise que c'est sous le régime communiste, paradoxalement, que les femmes auront eu le plus de libertés, qu'elles perdront bientôt durant la guerre civile et encore plus sous la dictature des Talibans (la liste des lois imposées par ces derniers, brrr, j'en ai eu froid dans le dos!).  Ou encore lorsque Laila enfant visite avec son père les gigantesques sculptures de Bouddha de la vallée de Bâmiyân, vieilles d'environ mille cinq cents ans, alors qu'on sait qu'elles seront détruites à la dynamite par les Talibans en 2001.

Crève-cœur, donc, mais aussi un gros coup de cœur!  La force d'Hosseini ce sont ses personnages si attachants.  J'ai poussé maints soupirs, je me suis réjouie lorsqu'ils étaient heureux, j'ai versé quelques larmes...  Et je penserai à eux pendant plusieurs jours encore, j'en suis certaine!

Hosseini a écrit un troisième roman il y a quelques années, And the Mountains echoed (Ainsi résonne l'écho infini des montagnes), quelqu'un l'a lu?


A Thousand Splendid Suns de Khaled Hosseini, 2007, traduit de l'américain, 419 p.  Titre de la traduction française: Mille Soleils splendides.

11 août 2017

Les Chaussures italiennes

Surprenant, ce Mankell, il ne ressemble pas du tout aux autres de l'auteur que j'ai lus!  Si avec Profondeurs on est dans le roman noir et avec Le Chinois et Le Cerveau de Kennedy dans le thriller, ici c'est tout simplement un drame psychologique.  Un médecin retraité vit seul avec un chat et un chien sur une île glacée lorsque une femme surgit qui vient bouleverser son quotidien répétitif. 

Est-ce que j'ai aimé?  Oui, bien que ce soit un peu triste tout le long...  Au-delà de l'histoire, c'est la plume épurée de Mankell que j'ai surtout appréciée, sa façon de créer une atmosphère, des personnages forts.  Donc je dirais: à lire, mais pas en période de déprime!


Les Chaussures italiennes de Henning Mankell, 2009, 340 p.

08 août 2017

The Africans (abandon)


Je crois que c'est sur le défunt blog de Booklady que j'ai entendu parler de ce livre d'un journaliste américain qui parle de l'Afrique après y avoir vécu pendant 4 ans...  Elle en disait beaucoup de bien, et effectivement c'est passionnant, mais je n'avais pas réalisé que ça a été écrit dans les années 80, alors à chaque page je pensais: dommage que cette donnée ne soit pas à jour, est-ce que ce pays a changé de nom depuis, comment cette situation a-t-elle évolué ensuite, etc. Donc trop frustrant!

Une lecture qui m'a tout de même fait réaliser à quel point l'histoire africaine récente est floue dans ma tête, alors si quelqu'un a un livre du même genre à me proposer, quelque chose qui se lit bien, pas trop spécialisé mais qui donne un bon aperçu de la situation générale actuelle, je suis preneuse!


The Africans de David Lamb, 1983, 371 p.  Ne semble as avoir été traduit.

02 août 2017

Albertine disparue

(À la recherche du temps perdu, tome 6)

Pauvre Marcel, que de bouleversements dans ton monde!  Non seulement il y a la fuite d'Albertine mais en plus, d'anciennes connaissances qui reviennent, des révélations stupéfiantes, un voyage (donnant lieu d'ailleurs à de magnifiques descriptions)...  Malgré les thèmes sérieux (la jalousie, toujours, le deuil, la fin de l'amour, l'oubli), on retrouve des petites touches d'humour d'une grande finesse.  On ne s'ennuie pas dans ce sixième tome qui, on dirait, se lit plus vite que les précédents, et pas seulement parce qu'il est plus court!


Albertine disparue (À la recherche du temps perdu, tome 6) de Marcel Proust, 1925, 437 p.

30 juillet 2017

The Dark Tower (La Tour sombre)

(Tome 7 de la série du même nom)

J'avais commencé Albertine disparue, de Proust depuis plusieurs jours déjà  quand j'ai reçu le courriel m'avertissant que c'était rendu mon tour sur la liste d'attente pour le tome 7 de la série de Stephen King en prêt numérique!  Alors comme je ne l'aurais que pour trois semaines, avec impossibilité de renouveler l'emprunt puisque sûrement d'autres lecteurs attendaient leur tour, j'ai dû lâcher Proust en plein milieu et me lancer aussitôt dans le tout dernier tome de cette fabuleuse saga fantastico-western!

Et laisser moi vous dire que ce fut tout un choc de quitter sans préavis  Marcel et son grattage de bobos pour me retrouver en pleine fusillade dans un bar rempli de mutants!  Ça démarre sur les chapeaux de roues et ça n'arrête jamais vraiment!  Beaucoup de pleurs et de grincements de dents, de nouveaux personnages, des anciens qui reviennent, une poursuite effrénée dans un labyrinthe obscur pour échapper à un monstre lovecraftesque... Que du bon!  Il y a peut-être juste quelque chose que j'ai moins aimé vers la fin, un stratagème que j'ai trouvé un peu «facile» et prévisible.  Mais les derniers chapitres sont brillants (même si plusieurs lecteurs ont été déçus par cette finale, semble-t-il) et me laissent avec un seul regret, c'est que ce soit fini!

Fini? Pas tout à fait, puisqu'il me reste le roman intercalaire The Wind Through the Keyhole paru en 2012 et qui vient s'insérer entre les tomes 4 et 5.  Youpi!

Et maintenant, je retourne à Marcel!


Billets sur les tomes précédents: tome 1, tome 2, tome 3, tome 4, tome 5, tome 6.


The Dark Tower (The Dark Tower, tome 7) de Stephen King, 2004, 710 p.  Titre de la traduction française: La Tour sombre.


09 juillet 2017

La Supplication

Dix ans après la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, la journaliste biélorusse Svetlana Alexievitch a recueilli les témoignages de différentes personnes touchées de près ou de loin par la tragédie, donnant enfin la parole à ceux auxquels ont avait ordonné de se taire pendant toutes ces années: familles des victimes, parents d'enfants nés avec des difformités, fonctionnaires, scientifiques, paysans évacués, liquidateurs (ces soldats ou civils envoyés sur les lieux pour contenir les fuites ou décontaminer les lieux, équipés de façon dérisoire).   

Le sentiment qui revient le plus souvent dans ces récits à la fois magnifiques et terribles, plus que la colère ou la peur, c'est l'incompréhension.  C'est en effet une expérience sans aucune mesure avec ce qu'on a pu vivre de mémoire d'homme.  La guerre, aussi traumatisante qu'elle puisse être, il y en a toujours eu, on a lu des livres, vu des films, on connaît des gens qui l'ont vécue...  Mais cette mort invisible, omniprésente, non.  Un soldat atteint par la radiation affirme qu'il aurait préféré mourir en Afghanistan, car la mort, là-bas, était banale, compréhensible.

Plusieurs de ces témoignages me resteront longtemps en tête.  Comme celui de cette femme qui a fui la guerre civile dans une des républiques de l'ex-URSS et qui s'est réfugiée dans un village contaminé, dans une maison abandonnée, parce que de cette terre-là, personne ne viendra la déloger... 


La Supplication de Svetlana Alexievitch, 1997, traduit du russe en 1998, 249 p.  Titre de la version originale: Tchernobylskaïa molitva.