27 août 2016

Avenue of Mysteries (Avenue des mystères)

Bon, j'ai fait un petit accroc à ma résolution de ne lire que des bouquins de ma PAL (papier ou numérique) cet été;  mais comment résister à un nouveau roman d'un de mes auteurs chouchous, mon cher John Irving!

Il faut avouer que mon écrivain chéri n'est pas toujours égal à lui-même.  Malgré ses qualités certaines, Until I Find You ne m'avait pas entièrement convaincue, mais j'avais cru retrouver le Irving des bonnes années avec Last Night in Twisted River.  Je n'ai pas lu le roman suivant, In One Person, dont le sujet, la bisexualité, m'attire peu.

Avenue of Mysteries me laisse ambivalente.  J'ai adoré les parties qui se déroule durant l'adolescence du personnage principal au Mexique.  Il est entouré de plusieurs personnages pittoresques, dont notamment sa petite soeur Lupe, qui sait lire dans les pensées et parle un langage mystérieux que lui seul comprend, ce qui est heureux car elle dit tout ce qui lui passe par la tête!  Comme toujours chez Irving le thème du Destin est fortement présent, auquel s'ajoute ici celui de la religion catholique.

Par contre, les parties qui se déroulent de nos jours m'ont moins plu.  Ce n'est pas inintéressant, mais la passivité du personnage, maintenant un écrivain célèbre dans la cinquantaine, m'a agacée de même que sa confusion et ses tergiversations au sujet des médicaments qu'il prend pour sa pression: a-t-il pris une ou deux pilules hier, devrait-il en prendre une aujourd'hui malgré les effets secondaires, prendra-t-il un demi-comprimé de Viagra pour compenser, etc.  Lors d'un voyage aux Philipines, il fait la connaissance de deux femmes mystérieuses mais peu sympathiques et je n'ai pas aimé les passages où elles figuraient.

C'est du Irving, ça ne peut pas être mauvais!  N'empêche, je suis un peu déçue, même si dans l'ensemble j'ai passé de bons moments. 


Avenue of Mysteries de John Irving, 2016, 454 p. en version numérique.  Titre de la traduction:  Avenue des mystères.

11 août 2016

Le Côté de Guermantes


***Attention, divulgâcheur!***

Encore un plaisir de retrouver mon cher Marcel et son style incomparable.  D'ailleurs, est-ce moi qui s'y habitue?  Ses phrases m'ont semblé moins tarabiscotées dans ce tome-ci.  Par contre, amateurs d'action, s'abstenir: à part le passage (émouvant) de la mort de la grand-maman et une bonne engueulade avec monsieur De Charlus, il ne se passe à peu près rien dans ce tome.  On dirait même que Proust évite volontairement tout ce qui pourrait mettre un peu d'animation!  Ainsi, le narrateur glisse nonchalamment qu'il s'est battu en duel, sans donner plus de détails, simplement pour discuter du vocabulaire utilisé par Albertine pour décrire ses témoins!  Était-ce si banal, un duel, à la fin du XIXe siècle?

Proust continue plutôt sa description de la société qui l'entoure, société maintenant très divisée au plus fort de l'Affaire Dreyfus qui fait ressortir l'antisémitisme presque omniprésent.   Grâce aux rencontre faites à Balbec dans le tome précédent, le narrateur réussit à s'introduire dans le monde de la noblesse, qu'il nous décrit avec humour.  Comme il le remarque lui-même, on s'y perd un peu dans tous ces titres, un même personnage pouvant en changer (ainsi la princesse des Laumes du premier tome est-elle devenue la duchesse de Guermantes à la mort de son beau-père) mais en plus, depuis l'Empire, le même titre a pu être attribué à quelqu'un alors qu'il appartenait déjà à quelqu'un d'autre!  Une chatte y perdrait ses chatons!

En même temps, il poursuit son étude du pouvoir d'évocation des mots et s'amuse du langage coloré de sa bonne Françoise comme de celui de la noblesse, mêlé tour à tour d'expressions bourgeoises à la mode ou  «Vieille France».

Par contre il nous laisse sur un genre de cliffhanger (y a-il un équivalent français à cette expression? L'OLFQ suggère suspens, mais ça ne me semble pas tout à fait la même chose) et sur une révélation-choc au sujet de Swann dans les toutes dernières pages du roman.  J'ai donc déjà hâte de continuer la série, malgré le titre peu invitant du tome suivant: Sodome et Gomorrhe, et si je ne m'étais pas engagé dans une opération PAL estivale (la dite PAL commençant à prendre vraiment trop d'ampleur), je m'y plongerais peut-être tout de suite!


Le Côté de Guermantes (À la recherche du temps perdu, tome 3) de Marcel Proust, 1920-1921, 547 p. en version numérique. L'illustration ci-dessus ne correspond pas à l'édition que j'ai lue.

31 juillet 2016

Un nouveau Harry Potter?!?

Calmons-nous, il ne s'agit pas d'un roman mais bien du texte d'une pièce de théâtre qui est jouée à Londres cet été, texte qui sort en librairie aujourd'hui même.  Et Harry Potter and the Cursed Child (Harry Potter et l'enfant maudit) n'est pas écrit par JKR, bien que son nom apparaisse en premier sur la couverture.  Elle aurait semble-t-il donné l'idée de départ de la pièce.

HP est maintenant adulte, marié à Ginny et travaille au ministère de la Magie.  C'est son fils Albus qui va à l'école des sorciers, et ce serait lui l'enfant maudit du titre.  On se retrouve donc juste après l'épilogue du septième roman, Harry Potter and the Deathly Hallows.

Je n'ai pas encore décidé si j'allais le lire.  J'ai peur d'être déçue, et surtout j'ai trouvé la fin de la série si parfaitement satisfaisante que je ne vois pas bien l'utilité d'y revenir.  Peut-être, si les critiques sont unanimement dithyrambiques...

Et vous, pensez-vous le lire, attendiez-vous cette sortie avec impatience?


16 juillet 2016

Bizarre autant qu'étrange...

En consultant les statistiques de mon blogue, j'ai pu constater que cette semaine, quelqu'un a abouti ici en gougoulant les mots-clés sexe riel touch hobbit.

Quelqu'un peut m'expliquer?

15 juillet 2016

Gone Girl (Les Apparences)

Lorsque le film tiré de ce thriller de Gillian Flynn est sorti en salle, j'ai entendu des collègues de travail en discuter et elles ont lâché un gros divulgâcheur avant que je puisse les interrompre... Grrr!  J'ai ensuite reçu le livre en cadeau et je me suis dit qu'il fallait que j'oublie ce que j'avais entendu avant de le lire...  Facile à dire, impossible à faire, hein?

Un an et demi plus tard, en pleine opération «Diminution de PAL - été 2016», j'ai décidé de le lire même si le divulgâcheur était toujours frais dans ma mémoire.  C'était ça ou je me débarrassais du livre non lu, comme j'ai fait il y a quelques années avec Mystic River de Dennis Lehanne (j'avais vu le film, et il a été impossible d'en effacer la fin de mon cerveau!).

Heureusement, ce que j'avais appris, que je croyais être l'équivalent de l'identité de l'assassin qu'Hercule Poirot dévoile à l'avant-dernière page, était finalement un revirement de situation qui survient au milieu du roman.  À partir de là, j'étais donc dans le noir total, et j'ai pu découvrir la suite de ce thriller comme l'auteure l'avait conçu.  Mais même dans la première moitié, j'ai pu apprécier la construction du récit, ce qui fait bien ressortir toute l'habileté de Gillian Flynn, la force de sa plume, car d'habitude, le moindre divulgâcheur m'empêche de me concentrer sur l'intrigue et me fait décrocher.

J'ai particulièrement aimé l'alternance entre la narration des faits du point de vue du mari et des extraits du journal intime de sa femme, relatant l'évolution de leur relation.  Ça commence comme une comédie romantique légère et humoristique, puis le malaise s'installe...  En même temps qu'une analyse du couple des années 2000 d'une grande finesse - et plutôt noire, disons-le - Flynn trace le portrait d'une petite ville du Sud des États-Unis post-récession, avec le chômage engendré par les changements technologiques, avec les maisons abandonnées, les centres d'achat laissés à l'abandon.

Un suspense intelligent et efficace,  une auteur que je vais relire à la première occasion!


Gone Girl de Gillian Flynn, 2012, 419 p.  Titre de la traduction française: Les Apparences.

07 juillet 2016

Tours et détours de la vilaine fille

Le «bon garçon» est éperdument amoureux de la «vilaine fille».  Lui, péruvien dont la seule ambition dans la vie était de vivre à Paris; elle, mythomane et manipulatrice, qui le quitte et revient encore et encore, chaque fois comme une tornade qui laisse en lambeau la vie du bon garçon.  Et pourtant, malgré tous ces défauts, malgré tout ce qu'elle fait subir à ce pauvre bon garçon qu'on aurait envie de secouer, Mario Vargas Llosa arrive à la rendre attachante. C'est un vrai tour de force!

En parallèle, on suit sur plusieurs décennies l'évolution de la société à Paris et à Londres dans la deuxième moitié du XXe siècle, ainsi que les bouleversements politiques en Amérique du Sud à la suite de la révolution cubaine, situation que surveille notre bon garçon de l'extérieur, grâce à ce qu'il lit dans les journaux et dans les lettres de son oncle resté au Pérou.

Je découvre la plume, élégante et sans fioriture, de ce prix Nobel de littérature un peu par hasard.  C'est Gropitou qui a acheté ce bouquin dans une vente de charité, simplement, je le soupçonne, parce qu'il trouvait le titre rigolo!  J'ai apprécié l'humour subtil et la fine analyse psychologique de cet écrivain, alors si vous avez d'autres titres à me suggérer, je suis preneuse!


Tours et détours de la vilaine fille de Mario Vargas Llosa, traduit de l'espagnol (Pérou),  2006, 417 p. Titre original:  Travesuras de la niña mala.

01 juillet 2016

Le Cerveau de Kennedy

Quelle laideur, cette couverture!  Ça n'a peut-être l'air de rien, vu en tout petit, comme ça, mais en grandeur réelle, ça fait peur!  Je ne pouvais pas m'imaginer que ces yeux globuleux et ces couleurs criardes seraient la première vision que j'aurais le matin, sur ma table de chevet.  Et ça, c'est le test suprême!  Celles qui échouent se font recouvrir presto.  Dans ce cas-ci je n'ai même pas eu cette peine, il suffisait d'enlever la jaquette pour pouvoir se reposer les globes oculaires sur la jolie page blanche encadrée de vert foncé des éditions du Seuil.

J'avertis tout de suite les amateurs de théories du complot kennedyesque, il sera fort peu question de l'assassinat du Président des États-Unis dans ce livre du regretté Henning Mankell.  Le cerveau en question, qui a disparu durant l'autopsie, est plutôt le symbole des machinations ourdies par les puissants pour nous cacher la vérité, et le point de départ du roman, dont l'intrigue tourne en fait autour de l'Afrique, du SIDA et du refus d'une mère d'accepter le supposé suicide de son fils. Un excellent suspense qui nous entraîne de la Suède au Mozambique en passant par l'Australie, la Grèce et Barcelone et qui m'a fait penser à La Constance du jardinier de John Le Carré.


Le Cerveau de Kennedy de Henning Mankell, 2005, traduit du suédois en 2009,  392 p.  Titre original: Kennedys hjärna.