31 décembre 2011

Bye-bye 2011!

Bilan de lecture :
(je suis trop paresseuse pour mettre les liens, vous les trouverez facilement en consultant l'index, dans la colonne de droite)

  1. Lord John and the Brotherhood of the Blade de Diana Gabaldon
  2. Abolissons l'hiver! de Bernard Arcand
  3. Chagrin d'école de Daniel Pennac
  4. Voyage d'un Européen à travers le XXe siècle de Geert Mak
  5. Allah n'est pas obligé d'Ahmadou Kourouma
  6. The Hound of the Baskervilles d'Arthur Conan Doyle
  7. The Stand de Stephen King
  8. Volkswagen blues de Jacques Poulin
  9. The Lost Symbol de Dan Brown
  10. Même le mal se fait bien de Michel Folco
  11. Great Expectations de Charles Dickens
  12. Case Histories de Kate Atkinson
  13. La Maison sans racines d'Andrée Chedid
  14. Uranus de Marcel Aymé
  15. Lord of the Flies de William Golding
  16. La Chorale du Diable de Martin Michaud
  17. The Wonder Spot de Melissa Bank
  18. Portrait sépia d'Isabel Allende
  19. The No. 1 Ladies Detective Agency d'Alexander McCall Smith
  20. Of Human Bondage de William Somerset Maugham
  21. Belong to Me de Marisa de los Santos
  22. Le Maître et Marguerite de Mikhail Boulgakov
  23. The Night Watch de Sarah Waters
  24. Du bon usage des étoiles de Dominique Fortier
  25. Roman-réalité de Dominic Bellavance
  26. A Short History of Nearly Everything de Bill Bryson
  27. Un souffle venu de loin d'Estelle Beauchamp
  28. Forbidden Fruit : banned, censored, and challenged books from Dante to Harry Potter de Pearce J. Carefoote
  29. Middlesex de Jeffrey Eugenides
  30. La Petite Fille qui aimait trop les allumettes de Gaétan Soucy
  31. The Selected Works of T. S. Spivet de Reif Larsen
  32. Comme un roman de Daniel Pennac
  33. Entre deux os de Kathy Reichs
  34. Les Chroniques d'une mère indigne de Caroline Allard
  35. Possession de A.S. Byatt (en cours)

Un seul abandon cette année: This Book Is Overdue de Marilyn Johnson (mais Possession a le cou dans la guillotine au moment où j'écris ces lignes...)

Mes Coups de coeurs/fiction:
Du bon usage des étoiles de Dominique Fortier
Great Expectations de Charles Dickens
La Petite Fille qui aimait trop les allumettes de Gaétan Soucy
Lord of the Flies de William Golding

Mes Coups de coeurs/non-fiction
A Short History of Nearly Everything de Bill Bryson
Voyage d'un Européen à travers le XXe siècle de Geert Mak

Surprise de l'année:
Les Chroniques d'une mère indigne de Caroline Allard

Prix Citron 2011:
Lord John and the Brotherhood of the Blade de Diana Gabaldon

Quelques statistiques:
Lus en français: 18 
Lus en VO anglaise: 17
Traduits d'une autre langue que l'anglais: 3 (néerlandais, espagnol, russe)
Littérature québécoise: 8

Bref, une excellente année de lecture, pas tant en quantité, mais en qualité et en diversité!

Et vous, votre bilan, vos coups de coeurs, vos déceptions? 

26 décembre 2011

Les Chroniques d'une mère indigne

(Je vous mets cette couverture plutôt que celle qui venait avec l'exemplaire que j'ai téléchargé, franchement laide)

J'ai souvent entendu parler de ce livre mais comme je n'ai pas d'enfant je ne croyais pas qu'il pouvait m'intéresser.  Ayant vu Caroline Allard en entrevue (je crois que c'était à l'émission de Sophie Durocher sur Vox) et l'ayant trouvée bien sympathique et rigolote, j'ai mis son nouveau bouquin, Pour en finir avec le sexe, sur ma LAL (liste à lire). Quelques jours plus tard, je suis tombée tout à fait par hasard sur ces chroniques alors que je cherchais quelque chose à télécharger sur mon nouveau joujou pour essayer le système de prêt numérique de la BAnQ. 

Je ne fis ni une ni deux et n'eus point à m'en repentir.  Ce fut la franche rigolade!  Cela fait longtemps qu'une lecture ne m'a fait rire autant. Au point que j'ai réveillé Gropitou qui dormait à côté de moi. Oups! C'est tout à fait mon genre d'humour, faisant fi des convenances, irrévérencieux, relevant l'absurde ou le comique des situations de la vie quotidienne. La présentation est originale puisqu'elle a gardé la forme du blogue dont ces chroniques sont tirées, ayant même conservé les commentaires pas piqués des vers de quelques lecteurs.  Vraiment une belle surprise, j'en aurais pris deux fois plus!


Les Chroniques d'une mère indigne de Caroline Allard, 2007, 246 p.

22 décembre 2011

Le Père Noël est passé de bonne heure cette année!

À moi de moi...


Il s'agit de la liseuse électronique Sony Reader Pocket Edition PRS-350.  Pas le modèle le plus récent, donc; comme je n'étais pas sûre d'aimer lire sur un tel engin, je l'ai achetée usagée sur Ebay (merci à Gropitou d'avoir surveillé la fin de l'enchère pour la subtiliser aux concurrents à la dernière seconde!). 

Je viens de terminer Les Chroniques de Mère indigne de Caroline Allard (billet très bientôt), téléchargé en prêt numérique sur le site de la Grande Bibliothèque (BAnQ) et j'ai vraiment apprécié l'expérience!  Je n'arrêterai pas pour autant de lire des livres traditionnels, surtout que les tournées en bibliothèque et bouquineries comptent parmi mes activités favorites, mais je dois dire que l'aspect pratico-pratique m'a conquise!

Pour les purs et durs fidèles à Gutenberg,  permission de pousser les hauts cris dans les commentaires ci-dessous... J'étais dans vos rangs il n'y a pas si longtemps!   Les autres, quelles sont vos bonnes adresses pour télécharger gratuitement (et légalement!) des livres numériques?

20 décembre 2011

Entre deux os

Une autre aventure de Tempe Brennan, anthropologue judiciaire!  L'intérêt de cette série réside dans la description de ce métier peu connu, et dans les lieux où l'action se déroule, différents à chaque roman.  Cette fois-ci l'action se déroule dans les îles au large de la Caroline du Sud.  Une bonne bouffée d'air marin et une ambiance de canicule, parfaite en ce solstice d'hiver!

****Ce paragraphe contient un spoiler!!*****
Toutefois ce n'est peut-être pas le meilleur de la série; j'y ai relevé quelques invraisemblances.  Par exemple,  Tempe réside dans le même chalet que son ex, Pete, chalet prêté par une amie. Pete se fait tirer dessus par un tireur inconnu, à travers la fenêtre de la cuisine, et se retrouve aux soins intensifs. Après quelques heures à son chevet, Tempe retourne au chalet, nettoie le plancher couvert de sang et s'en va se coucher tranquillement! La maison ne devrait-elle pas être scellée comme scène de crime? Et personnellement je serais allée dormir dans un motel cette nuit-là, surtout qu'on ne sait même pas si elle était en fait la cible de l'attaque...

L'intrigue est néanmoins palpitante et on ne s'ennuie pas deux secondes.  Toutefois, ne lisez pas la quatrième de couverture, elle donne la clé de l'énigme en termes à peine couverts!

Deux mots sur la traduction.  Il s'agit ici de l'édition québécoise, ce qui est en théorie une excellente idée.  Pas de «putain de merde» et autres mots d'argot déplacés dans la bouche d'un inspecteur de police du sud des États-Unis.  Toutefois, le temps de verbe utilisé dans tout le roman est le passé composé, ce qui donne une écriture lourde, inélégante.  Pourquoi j'ai l'impression que la version «français de France» était au passé simple (mes lecteurs européens peuvent-il me le confirmer?)  et qu'on a voulu niveler par le bas pour ces ignares de Québécois?  Je l'ai dit souvent en ces lieux, je ne suis pas une fan des romans au présent (je suis fatigante avec ça, vous avez le droit de me le dire...), mais cela aurait déjà été moins pire que ces «j'ai dit ceci alors il a fait cela» balourds.  D'ailleurs, le nom du traducteur n'apparaît nulle part, ce qui n'est pas très bon signe, selon moi...


Entre deux os de Kathy Reichs, traduit de l'anglais, édition québécoise du roman paru en France sous le titre Meurtre au Scalpel, 2007, 452 p. Titre original: Break No Bones, 2006.

14 décembre 2011

This Book Is Overdue -- abandon --

C'est dans les commentaires de mon billet sur Dewey (The Small Town Library Cat Who Touched the World) qu'un lecteur m'avait parlé de ce bouquin.  Comme Dewey était très léger, amusant et attendrissant, les deux livres s'étaient associés dans mon coco et je m'attendais à des anecdotes sur le métier de bibliothécaire, sur les demandes originales ou absurdes des clients, etc.  Après une centaine de pages, j'ai bien dû me résigner, ce n'est pas vraiment cela. Même s'il est rédigé avec humour, c'est un essai sérieux sur le rôle changeant du bibliothécaire à l'ère de Google et des catalogues informatisés.  Sûrement passionnant pour les gens du milieu (archivistes, techniciens de l'information), mais pas ce que je recherchais, d'où l'abandon.



P.S.  En parlant de Dewey, saviez-vous que Vicky Myron a écrit un autre livre? Paru en 2010,  Dewey's Nine Lives (Les Neuf Vies de Dewey) raconte l'histoire de plusieurs autres chats extraordinaires et contient deux nouveaux chapitres sur Dewey.  Quelqu'un l'a lu?


This Book Is Overdue!: How Librarians and Cybrarians Can Save Us All de Marilyn Johnson, 2010, 272p. Non traduit, à ma connaissance.

08 décembre 2011

Comme un roman

J'avoue avoir été déçue par la première moitié de cet essai.  Comme on m'avait vanté ses mérites, j'espérais y retrouver ce que j'avais aimé d'Une Histoire de la lecture, d'Alberto Manguel;  j'y trouvai plutôt ce que je n'avais pas aimé de Chagrin d'école:  un ton quelque peu moralisateur et un sujet peu accrocheur pour qui n'a pas d'enfant et n'a pas été soi-même un élève en difficulté.

Je l'aurais peut-être même abandonné (droit numéro trois du lecteur) s'il n'avait été si court.  Heureusement que j'ai persévéré, puisqu'à la page 82 très exactement, une étincelle s'est produite et pouf! Le feu a pris. À partir de là, j'ai adoré, j'ai voulu noter plein de passages (mais pour aller chercher crayon et papier il aurait fallu arrêter de lire!). 

J'ai réalisé également l'immense cadeau que nous avait fait mon professeur de sixième lorsqu'un matin il nous lut Bilbo le Hobbit sans rien nous demander en échange! Pas d'obligation de continuer, pas de questions ni de compte rendu à produire, rien que la liberté de poursuivre si cela nous tentait.  Pour moi qui étais tombée dans la lecture étant petite, ce n'était que la découverte d'un auteur et d'un genre, ce qui est déjà beaucoup; mais pour certains élèves ce fut la découverte de la lecture «pour le plaisir»!  Je vous laisse imaginer l'air ébahi de la libraire du coin lorsque sur l'heure du dîner une quinzaine d'enfants vinrent lui demander ce roman les uns après les autres!

À tous ceux qui aiment «les livres sur les livres», je recommande celui-ci et je leur conseille d'appliquer le droit numéro deux du lecteur, celui de sauter des pages, pour se rendre directement à la page 82!


Comme un roman de Daniel Pennac, 1992, 175 p.

06 décembre 2011

The Selected Works of T. S. Spivet (L'Extravagant Voyage du jeune et prodigieux T. S. Spivet)

Traumatisé par la mort accidentelle de son frère, se sentant incompris de ses parents, un enfant surdoué se sauve de chez lui et traverse les États-Unis à bord d'un train de marchandises.  Un roman tout à fait délicieux, un road novel initiatique, amusant et émouvant, et qui a l'originalité d'être orné dans ses marges des diagrammes, cartes et commentaires désarçonnants du jeune garçon.  Son talent et son vocabulaire impressionnant nous font parfois oublier qu'il n'a que douze ans, mais sa naïveté et sa franchise ont tôt fait de nous le rappeler! 

Seul passage que j'ai moins apprécié, celui où il se retrouve dans un genre de wormhole (quelqu'un connaît le terme en français?), un tunnel dans l'espace-temps qui raccourcit son périple de plusieurs jours. Il s'agit peut-être d'une hallucination induite par la faim, mais cela sent par trop l'artifice...

Je remercie les copines du Blogoclub de m'avoir fait découvrir ce charmant roman!  Pour connaître l'avis des autres membres, rendez-vous chez Sylire ou Lisa, nos merveilleuses organisatrices.

 
The Selected Works of T. S. Spivet  de Reif Larsen, 2009, 374 p. Titre de la traduction française: L'Extravagant Voyage du jeune et prodigieux T. S. Spivet).

26 novembre 2011

La Petite Fille qui aimait trop les allumettes

Quel roman d'une habileté démoniaque!  Mon billet sera court car il est difficile d'en parler sans trop dévoiler...  Disons qu'il y a deux adolescents laissés à eux-mêmes à la mort de leur père; ayant toujours vécus dans un isolement quasi total et dans des conditions abjectes, ils ont une vision complètement distordue de la réalité. Et c'est cette réalité qu'ont tente de découvrir peu à peu, à travers leurs mots imagés, leurs tournures de phrases étranges.

Avoir réussi à traiter d'un tel sujet avec tant d'humour et d'invention, c'est un vrai tour de force!  Complètement déstabilisant! Cette histoire va me hanter pendant plusieurs jours, je le sens.  Je suis peut-être dans le champ, mais cela me rappelle un peu Réjean Ducharme (que j'ai lu quand j'étais ado, donc qu'il me pardonne si ça n'a aucun rapport...), un peu aussi le Michel Folco d'Un Loup est un loup.


La Petite Fille qui aimait trop les allumettes de Gaétan Soucy, 1998, 180 p.

21 novembre 2011

Middlesex

Moi, les histoires de changements de sexe, en général je n'embarque pas trop.  Au-delà de Mrs Doubtfire ou de Tootsie, je commence à grincer des dents. Ajoutez à cela l'inceste et on se dirige tout droit vers le désastre.  Et pourtant... Ces deux thèmes sont annoncés dès les premières pages, et je suis restée rivée à ce bouquin!  Jeffrey Eugenides est un génie.

C'est d'abord l'écriture qui m'a plu. L'humour est débridé mais jamais scabreux. Il y a de belles envolées lyriques (Sing now, Ô muse, of the recessive mutation on my fifth chromosome!), des petites bribes d'information disséminées ici et là pour attiser notre curiosité... Eugenides emprunte beaucoup au cinéma, utilisant des techniques comme le flashback, le travelling et plusieurs autres dont je ne connais pas le nom. 

L'hameçon avalé, il ferre le poisson grâce à des personnages attachants et de formidables descriptions historiques: Le pillage de Smyrne par les Turcs en 1922, le Détroit de la prohibition, des émeutes raciales... On croirait y être!

Je n'ai qu'une question pour ceux qui ont lu ce roman: pourquoi le frère de Callie s'appelle-t-il Chapter Eleven? J'avoue que ce détail m'a échappé.

Tiens, en voilà une bonne idée! Courez vous le procurer, lisez-le et ainsi vous pourrez peut-être me donner la réponse. Tout le monde y gagne.


Middlesex de Jeffrey Eugenides, 2002, 529 p.  Titre de la version française: Middlesex.

28 octobre 2011

Forbidden Fruit

Non, ce n'est pas le titre d'un roman Harlequin, mais bien celui d'un essai sur la censure, comme l'indique plus clairement le sous-titre: banned, censored, and challenged books from Dante to Harry Potter. Je manque un peu d'à-propos, j'aurais dû terminer ce livre et vous en parler durant la semaine Banned Books Week américaine (soulignée notamment chaque année chez Book Lady), mais voilà, le temps m'a manqué, et mieux vaut tard que jamais, surtout avec un sujet aussi sérieux.

Le ton est très académique. On est loin de l'élégance d'un Alberto Manguel (qui signe d'ailleurs une courte introduction). Cependant, pour qui s'intéresse à la question, c'est un bon panorama.  Censure par l'Église ou  par des groupes religieux, censure politique ou morale, rectitude politique (le fameux politiquement correct), chaque sujet fait l'objet d'une courte introduction, puis on nous présente les oeuvres bannies ou remises en question au fil des siècles. Comme l'auteur est canadien, il y a un chapitre intitulé The Canadian Experience, qui traite à la fois des livres interdits ici et des auteurs canadiens interdits (ici ou ailleurs).  Il est toutefois fort peu question de la situation au Québec, ce qui est dommage. Quelqu'un connaît un bon bouquin sur la censure au Québec?

Un point aurait dû être selon moi plus développé, puisqu'on n'y fait allusion que brièvement.  La liberté d'expression devrait-elle être absolue, ou doit-on la limiter pour protéger certains groupes?  Dans un monde idéal, je serais assez d'accord avec l'auteur: on devrait avoir le droit de tout dire, et ceux qui ne sont pas d'accord n'auraient qu'à présenter leurs propres arguments.  Mais dans la réalité, lorsqu'on sait à quels excès a pu mener la propagande haineuse, cette idée me rend un peu mal à l'aise...

 Quelques exemples de censure ou de remises en question:

  • The Handmaid's Tale (La Servante écarlate) de Margaret Atwood (elle-même grande défenderesse de la liberté d'expression) a été remis en question dans plusieurs écoles américaines parce qu'il touche des thèmes comme «le suicide, le sexe illicite, la violence et le désespoir». Il a été effectivement banni d'une seule école au Massachussett à cause des blasphèmes et des scènes sexuelles.
  • Harry Potter and the Philosopher's Stone (Harry Potter à l'école des sorciers) de J.K. Rowling a «l'honneur» d'être le livre plus remis en question au XXIe siècle aux États-Unis, à cause de son sujet touchant à l'occultisme, sa violence et son biais «anti-famille»! Le Canada n'est pas en reste puisque dans de nombreuses bibliothèques scolaires il n'est disponible que sous supervision.
  • Le Journal d'Anne Frank a été censuré par son premier éditeur, qui a enlevé certains passages qu'il trouvait de mauvais goût (comme celui où Anne parle de ses premières règles, par exemple). Dans la version allemande de l'oeuvre, on a aussi retiré certains commentaires anti-allemands! Ce livre a été remis en question dans certaines écoles américaines à cause de quelques vagues références sexuelles et parce qu'Anne critique parfois ses parents!


Forbidden Fruit : banned, censored, and challenged books from Dante to Harry Potter de Pearce J. Carefoote, 2007, 143 p. Non traduit, à ma connaissance.

25 octobre 2011

Un souffle venu de loin

Dans la première partie de ce roman, Marion, la narratrice, nous parle de sa relation avec sa soeur adoptive Mirka, un de ces enfants européens qu'on envoyait dans des familles canadiennes pour les mettre à l'abri durant la Deuxième Guerre mondiale. Entourée d'amour dans sa nouvelle famille, la petite n'arrive pourtant pas à s'adapter complètement. En deuxième partie, racontée du point de vue de sa fille Clara dans les années 1990, Mirka raconte ce qu'elle a appris de ses origines et de son passé lors de son retour en Belgique, et on comprend alors la source de son malaise.

Malgré des dialogues parfois un peu ampoulés, un beau roman qui lève brièvement le voile sur un aspect moins connu de l'Histoire du XXe siècle, le génocide du peuple tsigane par les nazis.

(Bien que l'auteure soit québécoise de naissance, elle habite en Ontario depuis 1974 et la maison d'édition est ontarienne; c'est pourquoi j'ai préféré classer cette oeuvre sous le libellé Canada [hors-Québec].)

Merci à Babelio et aux éditions Prise de parole pour l'envoi.

Un souffle venu de loin d'Estelle Beauchamp, 2010, 210 p.

17 octobre 2011

A Short History of Nearly Everything (Une Histoire de tout, ou presque)

J'ai surtout entendu parler de Bill Bryson pour ses récits de voyage, tant du côté anglophone que francophone de la blogosphère.  On le disait très drôle, et j'ai toujours voulu le découvrir, mais la plupart des titres cités ne se trouvent pas en VO dans les quelques succursales de la bibliothèque que je fréquente (bien sûr je pourrais les faire venir d'une autre succursale, mais cela demande un niveau de planification au-dessus de mes capacités, eh oui, en fait de lecture je suis une impulsive!).  Alors quand un invité de l'émission Bazzo.tv (je crois que c'était René-Daniel Dubois, mes excuses si je me trompe) a parlé de cet ouvrage-ci en termes dithyrambiques l'an passé, c'était comme s'il me parlait à moi personnellement. Et l'alignement des planètes a fait que l'ouvrage soit disponible en bibli. Hourra!

Je n'ai pas été déçue.  Bryson est avant tout un formidable vulgarisateur, mais aussi un humoriste hors pair.  Bien qu'il soit américain, son humour a un petit côté british, si bien que j'étais convaincue qu'il était anglais.  En fait, il a longtemps habité en Angleterre, alors je ne me trompais pas tant que cela.  Comme de plus cet ouvrage a un petit côté «encyclopédie fêlée», la voix qui résonnait souvent dans ma tête durant la lecture était celle du narrateur du Hitchhiker's Guide to the Galaxy (Guide du routard galactique) (attention, je parle ici de la série de la BBC des années 80, nettement plus réussie malgré des moyens plus modeste que le film de 2005).

De l'infiniment grand (l'univers, le Big Bang) à l'infiniment petit (les atomes, les particules) en passant par la vie sur terre, l'auteur fait un survol de tout ce qu'on sait sur notre monde, et surtout nous raconte comment on l'a appris.  Pour ce faire il a rencontré les plus grands spécialistes dans chaque domaine (astrophysique, géologie, botanique, anthropologie, etc).  Pour qui s'intéresse à l'histoire des sciences, c'est absolument passionnant. Et même si ces sujets vous attirent juste moyennement, il saura garder votre attention grâce à de nombreuses anecdotes rigolotes (les excentricités des scientifiques, leurs petites rivalités mesquines, des comparaisons inattendues...).


«The universe is an amazingly fickle and eventful place, and our existence within it is a wonder.  If a long and unimaginably complex sequence of events stretching back 4.6 billion years or so hadn't played out in a particular manner at particular times -- if, to take juste one obvious instance, the dinosaurs hadn't been wiped out by a meteor when they were -- you might well be six inches long, with whiskers and a tail, and reading this in a burrow.»

Par contre, si vous êtes d'un naturel angoissé, je vous conseille de sauter la section Dangerous Planet, où sont énumérés les différents cataclysmes, catastrophes et autres catas qui nous pendent au bout du nez.  Saviez-vous par exemple qu'il y a régulièrement des astéroïdes de taille respectable (assez pour détruire une ville) qui croisent l'orbite de la terre, et que des objets de la taille  d'un terrain de football ne seraient détectables que quelques jours à l'avance, si on est chanceux? Certainement pas assez rapidement pour préparer une expédition avec vaisseau armé de bombes atomiques à la Armageddon. En fait, il y a de fortes chances que notre expérience se résoudrait à «Qu'est-ce que... Woooosh!».

De la même façon, ceux qui souffrent de la phobie des microbes feront bien d'éviter la section Small World, où il est question des bactéries, virus etc.

Même si le ton reste léger, Bryson nous passe tout de même des messages importants à l'occasion, mais s'il tire parfois le signal d'alarme, ses propos ont un effet calmant, je trouve, parce que, replacés dans la perspective globale des quatre milliards d'années de notre planète, nous sommes un peu insignifiants...


A Short History of Nearly Everything de Bill Bryson, 2003, 544 p. incluant les références, la bibliographie et l'index. Titre de la traduction française: Une Histoire de tout, ou presque.

10 octobre 2011

Roman-réalité

Je ne fais sans doute pas partie du public cible de ce bouquin.  J'avoue que lorsque je l'ai choisi parmi la liste de l'opération Masse Critique de Babelio, j'ai lu la présentation en diagonale, car, je l'ai souvent dit en ces pages, je déteste savoir l'intrigue d'avance et donc ne lis jamais les quatrièmes de couverture. Je pensais que les quatre aspirants écrivains qui participent à ce concours de «roman-réalité» auraient à écrire, justement, un roman à huit mains, ce qui aurait pu donner lieu à un «roman dans le roman», un stratagème qui peut donner des résultats fort intéressants (cf Paul Auster, Margaret Atwood, et al). (Je sais, il y a quatre fois le mot roman dans la phrase précédente, c'est maladroit mais comment faire autreroman, oups, autrement?)

Finalement ce n'est pas tout à fait ça.  Les quatre jeunes, isolés dans un chalet en pleine nature, doivent chaque soir rédiger un compte rendu de la journée, et ce sont ces écrits qui seront rassemblés et publiés, accompagnés des textes d'un observateur impartial qui les épie à distance grâce au système de surveillance installé dans la masure. Le reste du temps, nos participants doivent résoudre des énigmes ou accomplir certains défis, exactement comme dans les émissions de télé-réalité insupportables (mais chacun ses goûts) de style Occupation double/ Loft Story.

Les deux principaux défauts: premièrement, dans leurs textes, les participants ne font rien d'autre que se dénigrer les uns les autres, ce qui malheureusement à l'effet de nous les rendre tous antipathiques!  Même l'observateur a une attitude méprisante envers eux. Deuxièmement, pour des aspirants écrivains qui désirent se faire remarquer, ils ne soignent pas du tout leurs écrits, se contentant d'un premier jet bourré de sacres et d'abréviations héritées des textos, anglophones de surcroît (WTF, BTW...). Encore là l'observateur, pourtant lui aussi écrivain en manque d'éditeur,  souffre du même travers, se permettant des expressions comme bitchage ou wannabe.

Points positifs: une bonne idée de départ, mais qui aurait pu être poussée plus loin, et une finale surprenante et bien amenée.

Pas mon style d'écriture, pas mon style d'histoire. Je ne fais pas partie du public cible, prenez donc mon avis avec un grain de sel.  Je suis sûre que ce livre plaira à plusieurs, je ne fais tout simplement pas partie du groupe!


Merci à Babelio et aux éditions Coups de tête pour l'envoi.

Roman-réalité de Dominic Bellavance, 2011, 294 p.

01 octobre 2011

J'en veux!

Des espadrilles aux couleurs des classiques de la littérature, ça vous tente? (Je vous aurais bien mis une image, mais le site interdit les copies...)  Mes préférés:  Lord of the Flies, Fahrenheit 451 et Les Trois Mousquetaires... Et ça vaudrait presque la peine d'avoir un iphone juste pour avoir un prétexte pour se procurer l'étui assorti!

Et vous, lesquels préféreriez-vous? Vous adorez ou vous trouvez cela ridicule?

30 septembre 2011

Du bon usage... des spoilers!

Êtes-vous de ceux qui lisent d'abord les dernières pages d'un polar pour connaître d'avance le meurtrier? Moi pas du tout, je suis plutôt du genre à me boucher les oreilles en chantant «lalalala!» lorsque quelqu'un parle d'un livre que j'ai l'intention de lire, ou d'un film que je veux voir.  Je ne lis même pas les quatrièmes de couverture parce qu'elles sont souvent trop révélatrices à mon goût!

Hé bien il semblerait que j'aie tort, ou à tout le moins que je sois dans la minorité.  Une nouvelle étude de l'Université de Californie, qui me semble tout à fait contre-intuitive, tend à prouver que les spoilers auraient plutôt l'effet d'augmenter le plaisir de la lecture. On a fait lire aux participants des oeuvres dans trois genres différents (romans avec revirements de situation, policiers, «grande» littérature), parfois telles quelles, parfois avec une préface qui dévoilait la fin, parfois avec un paragraphe révélateur incorporé dans l'oeuvre même. Contre toute attente, ce sont les oeuvres avec préface qui ont remporté le plus haut pointage d'évaluation du plaisir.


Cliquez pour agrandir.  Source: http://ucsdnews.ucsd.edu/newsrel/soc/2011_08spoilers.asp 
 

Cela pourrait s'expliquer de deux façons, selon les auteurs de l'étude: soit nous surestimons l'importance de l'intrigue, soit notre cerveau effectue plus facilement le traitement de l'information lorsque la fin est connue, ce qui augmenterait notre plaisir.

Entéka. Je me souviens encore de ma déception lorsqu'en consultant l'article sur Agatha Christie dans le Robert des noms propres, j'ai appris qui était le coupable dans Le Meurtre de Roger Acroyd, considéré comme un chef-d'oeuvre du genre.  Je le lus quand même éventuellement, mais ce fut de loin celui que j'ai le moins apprécié dans l'oeuvre de la grande dame du polar.  Alors personnellement, je vais continuer à me boucher les oreilles en faisant «lalalalala!» 

Et vous?

20 septembre 2011

Du bon usage des étoiles

«Quant à moi, je suis allé au bout de la Terre, j'ai basculé dans ce vide où il n'y a ni monstres marins ni poulpes géants ni même Dieu; je n'ai trouvé que la nuit dans cet abîme, et c'est sans doute, de toutes les découvertes, la plus terrible.»

Ding ding ding ding! Coup de coeur!!!

Parlons d'abord de la page couverture, qui est magnifique et qui surtout reflète bien l'esprit du roman.  C'est ce qu'on appelle, si je me souviens bien de mes cours d'arts plastiques, une «technique mixte»: sur un fond de carte du ciel sont superposés différents papiers découpés ou déchirés, ornés de dessins à l'encre de Chine. 

Or c'est justement ce qu'est ce livre: un assemblage d'éléments disparates pour former un tout qui aurait pu sembler décousu mais qui se tient parfaitement. Se basant sur des faits et personnages réels (l'expédition de triste mémoire commandée par sir John Franklin dans l'Arctique en 1845-48), Dominique Fortier brode autour de quelques documents authentiques, intercalant les journaux de bord des commandants du Terror et de l'Erebus avec le récit de la vie quotidienne de deux femmes restées en Angleterre, Lady Jane, femme de sir Franklin, et sa nièce Sophia, y incorporant des extraits de traités scientifiques d'époque, des poèmes, la pièce de théâtre jouée par les matelots et même la recette du plum-pudding de Lady Jane!

Je n'en reviens tout simplement pas que ce soit un premier roman.  C'est une chose d'avoir une excellente idée de départ, c'est autre chose de la réaliser avec autant de maîtrise, d'audace,de retenue, et avec un tel équilibre entre l'humour, la tragédie, l'intelligence et le romantisme.

«Crozier savait mener les hommes dans la bataille comme dans la paix, il savait lire la mer et le paysage, les nuages et les astres, il savait le grand corps de bois de son navire aussi sûrement que celui d'un chien fidèle, mais il ignorait et ignorerait toujours comment présenter une tasse de liquide tiède et acide à une dame de manière à ce qu'elle s'en régale et se considère comme son obligée.  Pour cela, il aurait troqué le reste sans hésitation.»


Les trois-quarts de la blogosphère ayant lu ce bouquin, je ne vous mettrai pas tous les liens.  À tout seigneur tout honneur, je me contenterai du billet de Jules, puisque c'est chez elle que je l'avais remarqué (mille mercis, très chère!).


Du bon usage des étoiles de Dominique Fortier, 2008, 345 p.

13 septembre 2011

Doigts croisés...

Je participe à l'opération Masse critique - Québec du site Babelio (livres de la rentrée littéraire gratuits en échange de critiques)... Comme je suis arrivée un peu tard pour faire mon choix, les auteurs plus connus (connus de moi, veux-je dire!) n'étaient plus disponibles!
Je recevrai donc:


Je me lance dans l'inconnu, j'espère ne pas être déçue!

12 septembre 2011

The Night Watch (Ronde de nuit)

J'ai lu Fingersmith de Sarah Waters il y a un an ou deux et je l'avais a-do-ré! Vous savez, ces romans qu'on dévore sans pouvoir les déposer, qui nous font coucher trop tard, qu'on lit en s'exclamant tout haut à chaque revirement de situation? C'est un de ceux-là.

C'est cet état d'esprit que je croyais retrouver en commençant The Night Watch.  Comme chacun des héros semble cacher un secret, un passé trouble, je m'attendais à des révélations fracassantes.  Or celles-ci tardaient à venir, et j'ai dû finalement convenir que ce n'était pas à ce genre de roman que j'avais droit ici.

Une fois cet ajustement de cerveau fait, j'ai enfin pu me laisser imprégner par l'atmosphère et apprécier cette histoire.  On est d'abord dans le Londres de l'après-guerre, puis on remonte le temps progressivement jusqu'au début de la guerre, et peu à peu le passé de chacun se révèle à nous grâce à un récit habilement construit. Plusieurs des personnages sont des lesbiennes, ce qui une des marques de commerce de cette écrivaine, à ce qu'il paraît. En passant, il y a une ou deux scènes assez explicites, alors si ce n'est pas votre tasse de thé (pour rester dans l'ambiance british), vous voilà prévenus. 

Ce que j'ai aimé le plus, c'est la description de Londres sous les bombardements. Il me semblait sentir les murs vibrer, voir les décombres, la poussière et la suie, éprouver la peur et le fatalisme des habitants.  Seul petit hic, tout le monde passe son temps à fumer, à offrir des cigarettes, allumer des cigarettes, etc. J'imagine que c'est voulu, pour montrer que le tabac était un des seuls petits luxes qui restait aux Londoniens durant cette période, mais ça devient tout de même agaçant à la fin.

Et si finalement il y a bien de l'inattendu, c'est tout en douceur qu'il s'offre à nous!


Le billet de Raych (qui dit grosso modo la  même chose que moi, mais en english et en plus drôle. Comme d'habitude, quoi.), celui de Thom, de So, de Joëlle, d'Amy.


The Night Watch de Sarah Waters, 2006, 473 p.

31 août 2011

Le Maître et Marguerite

Voilà un bien étrange roman. 

Après un début que j'ai adoré, notamment le chapitre où un personnage inquiétant raconte une certaine journée dans la vie de Ponce Pilate en affirmant y avoir assisté, on s'enlise ensuite dans une série d'événements bizarres un peu décousus, alourdis par ce qu'on sent être des règlements de comptes de Boulgakov avec des écrivains et des critiques littéraires à la solde du régime stalinien. On passe d'un personnage à l'autre et pour ne rien aider, ces personnages ont bien entendus des noms en trois parties difficiles à retenir (par exemple Stepan Bogdanovitch Likhodeïev), et sont alternativement désignés par leur patronyme, par un seul ou leurs deux prénoms ou même par leur surnom (Stiopa au lieu de Stepan).

J'ai bien failli décrocher à plusieurs reprises, et l'aurais sans doute fait si ce roman n'était la sélection du Blogoclub du 1er septembre. Je me suis accrochée et j'ai bien fait puisqu'en fin de compte cela m'a bien plu, en particulier la fin et tous les passages où il est question de Ponce Pilate.  En fait, c'est à partir de l'apparition du Maître (page 235!), écrivain raté interné dans un asile psychiatrique après avoir brûlé le manuscrit de son oeuvre (un roman sur les Évangiles) tournée en ridicule par les critiques, et de son amoureuse Marguerite quelques chapitres plus loin, qu'on commence à comprendre enfin où tout cela s'en va.

Une autre difficulté du roman, c'est qu'il y a beaucoup de notes et que celles-ci sont vraiment essentielles à la compréhension, à moins d'être extrêmement bien versé en littérature et culture russe, et de connaître intimement Goethe, Dante, l'opéra de Gounod, etc.  La fin, notamment, serait incompréhensible puisqu'il y a une incohérence entre le dernier chapitre et l'épilogue; or on apprend dans les notes que l'épilogue ne faisait pas partie de la première édition (posthume) de l'oeuvre et n'a pas été révisée! On doit donc constamment passer d'un bout à l'autre du bouquin, ce qui n'aide pas la fluidité de la lecture. 

Il s'agit d'un mélange de trois genres: roman d'amour, fantastique et satire politique; personnellement, j'aurais aimé que l'aspect politique soit moins appuyé et laisse plus de place à l'histoire d'amour.  On ne sait pas grand chose des deux tourtereaux et cela nuit à l'intérêt qu'on leur porte, à mon avis. En fin de compte c'est l'aspect fantastique (une transposition du mythe de Faust) qui m'a plu le plus, en particulier l'amusant personnage de Béhémot, démon à l'apparence féline, maladroit et vantard. 


Pour connaître l'avis des autres participants du Blogoclub, suivez les liens ici!

Le Maître et Marguerite de Mikhail Boulgakov, écrit de 1929 à 1940, première publication en 1966-67, 2004 pour cette traduction française.

30 août 2011

Belong to Me (Mes Chères Voisines)

Il fut une période de ma vie, ô combien lointaine, où je lisais majoritairement ce genre de romans, vous savez, ceux qu'on lit avec le coeur plus qu'avec le cerveau? Maeve Binchy, Anne River Siddons et leurs comparses m'ont comblée pendant quelques années.  L'amour sous toutes ses formes, l'amitié, la famille étaient nos thèmes de prédilection. Puis mes neurones ont commencé à crier famine et je suis revenue peu à peu à des lectures plus diversifiées -- phénomène qui a pris une ampleur exponentielle depuis que je blogue, d'ailleurs!

Toutefois j'aime bien à l'occasion revenir à mes anciennes amours, ça repose la matière grise, surtout après deux lectures nettement plus cérébrales (Somerset Maugham et Boulgakov).  L'occasion s'est présentée lorsque Belong to Me de Marisa de los Santos a été choisi comme lecture commune par les participants du forum du Guide de la bonne lecture.  Et l'amour, l'amitié et la famille sont justement les thèmes qui y sont abordés.

Bon, je crois que le côté gauche de mon cerveau était en vacances, car j'ai bien aimé cette lecture malgré plusieurs défauts et malgré quelques commentaires désobligeants des membres du forum l'ayant lu avant moi.  Bien sûr cela commence un peu à la Desperate Housewives et comme dans tous les romans sur les femmes de banlieue: il y a une voisine maladivement perfectionniste genre Martha Stewart, une autre qui éprouve des problèmes de fertilité, une troisième atteinte d'un cancer.  Bien sûr il y a un garçon de treize ans surdoué qui est agaçant de maturité. Bien sûr les sentiments et les motivations de chacun sont soulignés au feutre jaune fluo et l'écriture est parfois un peu laborieuse. Mais les personnages sont attachants, la fin surprenante et, oui, j'avoue, à un moment donné j'ai dû déposer le bouquin parce que je braillais comme un veau.


Belong to Me de Marisa de los Santos, 2008, 390 p. Titre de la traduction française: Mes Chères Voisines.

07 août 2011

Of Human Bondage (La Servitude humaine)

J'avais décidé de commencer ce billet en affirmant que Somerset Maugham était un écrivain presque tombé dans l'oubli, contrairement par exemple à son contemporain et compatriote E.M. Forster, plutôt en vogue depuis que les films de James Ivory et al l'ont remis au goût du jour.  Moi-même je n'en avais entendu parler que dans une chanson de... heu, de qui déjà?  Ah oui, d'Alain Souchon (merci Google):

Comme dans ces nouvelles pour dames
de Somerset Maugham.

Et là, juste pour me contredire, j'ai écouté il y a quelques jours un épisode de Buffy the Vampire Slayer où un personnage secondaire explique à Buffy que Of Human Bondage est son livre-culte, sa security blanket.  Buffy a alors la même réaction que moi la première fois que j'ai vu ce titre: c'est un livre porno? (En passant, je me demande comment l'Office de la Langue française traduit bondage: ligotage?  Bon, je devrais peut-être arrêter de répéter bondage à tout bout de champ, ça va finir par attirer ici des éléments indésirables...). Ça ne lui portera pas chance puisqu'il sera enlevé et mordu par une collégienne-vampire puis désintégré par Buffy, mais ça c'est une autre histoire.

Toujours est-il que non, ce n'est pas un roman porno, même si je ne serais pas surprise d'apprendre qu'il a été mis à l'index, dans le temps de la grande noirceur, car non seulement il y a du sexe pré-mariage en termes à peine voilés, mais en plus le héros perd la foi du jour au lendemain et ne se retrouve pas précipité aussitôt dans les flammes de l'enfer! Scandale!

C'est en fait l'histoire, au début un peu dickensien, d'un orphelin anglais affligé d'un pied bot.  Recueilli à neuf ans par son oncle vicaire protestant, strict et indifférent, et  par sa tante, aimante mais maladroite, il passera les vingt années suivantes à chercher l'amitié, l'amour et sa place dans le monde.  Rejetant la morale judéo-chrétienne, il tente de définir sa propre ligne de conduite, mais il découvre que le libre arbitre n'est pas si facile à exercer.

Un roman d'apprentissage (d'ailleurs en partie autobiographique, semble-t-il) tour à tour drôle et émouvant, qui fait réfléchir et que j'ai bien aimé malgré quelques longueurs dans le premier tiers (le voyage à Heidelberg aurait pu être sauté complètement, selon moi.)


Of Human Bondage de William Somerset Maugham, 1915, 607 p. Titre de la traduction française: La Servitude humaine.

30 juillet 2011

Encore un peu d'Harry Potter?

Un vidéo rigolo fait par les étudiants d'une université américaine, sur l'air de Firework de Katy Perry. Écoutez les paroles!

14 juillet 2011

The No. 1 Ladies' Detective Agency (Mma Ramotswe détective)

Quel délice que cette série!  J'avais lu il y a quelques années Les Larmes de la girafe et m'étais toujours promis d'y revenir, sans en avoir eu l'occasion par la suite. C'est fait, et je crois que j'ai eu encore  plus de plaisir avec ce premier tome de la série. Car dans celui-ci, on apprend les origines de Mma Ramotswe et comment elle a fondé son agence de détective.   Comme quoi il vaut toujours mieux commencer par le début!

Plutôt qu'une seule intrigue, ces romans nous présentent une suite de plusieurs petites enquêtes, de l'adultère à la disparition d'enfant en passant par le vol de voitures.  Rien de bien corsé, et les amateurs de polars purs et durs seront sans doute déçus par ces intrigues un peu simplettes, voire prévisibles. L'intérêt n'est pas là mais dans la description de la vie quotidienne au Botswana, dans la poésie de la Nature africaine, dans les personnages sympathiques et émouvants avec leur bonhomie, leurs petits travers, leur débrouillardise.  Aussi, le dénuement et l'absence de moyens technologiques nous change des thrillers modernes où tout se fait par l'intermédiaire des téléphones cellulaires, des fax et de l'Internet... Lorsqu'elle veut interroger un témoin dans un village éloigné, Mma Ramotswe doit souvent s'y rendre elle-même dans sa petite fourgonnette blanche sur les routes poussiéreuses infestées de serpents venimeux!

Alexander McCall Smith nous présente une Afrique loin de la violence des génocides, une Afrique où il fait bon vivre malgré la pauvreté et la corruption. 

J'ai découvert qu'il y a une adaptation télévisée de la BBC, quelqu'un l'a vue?


The No. 1 Ladies Detective Agency d'Alexander McCall Smith, 1998, 235 p. Titre de la version française: Mma Ramotswe détective.

08 juillet 2011

Portrait sépia

J'ai peut-être du sang espagnol.  Ou bien j'ai été une princesse de Velasquez lors d'une vie antérieure, qui sait? Toujours est-il que la littérature hispanique et moi on est copines pour la vie.  Je n'ai pas encore trouvé un écrivain hispanophone qui m'aie déçue, qu'il soit d'Espagne ou d'Amérique latine.

Dans les premiers chapitres de ce roman, j'ai eu une étrange impression de déjà-vu (ou plutôt déjà-lu!) chaque fois qu'il était question du personnage d'Eliza Sommers (grand-mère de la narratrice Aurora), qui, jeune fille, avait quitté son Chili natal pour essayer de retrouver son amoureux chercheur d'or en Californie.  Et pour cause, c'est en fait la trame d'un roman précédent d'Allende, Fille du destin.  Cela dit, les deux peuvent se lire indépendamment, la preuve étant que mon cerveau en fromage suisse ne se rappelait à peu près pas du premier et que cela ne m'a pas dérangée du tout.  La quatrième de couverture (à lire postérieurement car elle dévoile toute l'intrigue!) m'apprend que Portrait sépia est également précurseur de La Maison aux esprits, mais mon souvenir de celui-là est encore plus vague, se limitant à la tronche de Jeremy Irons dans le film et au fait qu'il y est question d'une maison et d'esprits.

Que dire de plus sur Portrait sépia? Que c'est du bonbon à lire, qu'on voyage de San Francisco à Santiago, Chili en passant par le Paris de la fin du XIXe siècle, que les personnages sont aussi attachants que drôles, qu'un souffle de passion y passe comme le vent sur la Pampas (c'est au Chili, la Pampas?), qu'il y est aussi question de mémoire et de secrets.


Le billet de Jules.


Portrait sépia d'Isabel Allende, 2001, 392 p.  Titre de la version espagnole: Retrato en sepia.

23 juin 2011

The Wonder Spot (Prochain Arrêt le Paradis)


«During the ballet I tried to be open-minded, but it made no sense to me; it seemed as likely for a girl to dance with a nutcracker as with a corkscrew or an egg beater.»
Il y a bien des années, j'avais lu le premier roman de Melissa Bank, The Girl's Guide to Hunting and Fishing (Manuel de chasse et pêche à l'usage des filles).  Constitué en fait de plusieurs nouvelles d'abord publiées indépendamment, le tout donnait une impression un peu décousue, mais j'avais néanmoins adoré le mélange d'humour et d'émotion de ce livre considéré comme l'un des pilier de la chick-lit, au même titre que Le Journal de Bridget Jones.

Dans The Wonder Spot, on sent encore que quelques-unes des sections on été écrites d'abord comme des entités indépendantes, mais elles sont mieux intégrées et le fil conducteur est beaucoup plus évident. L'héroïne, Sophie Applebaum, tente de se définir elle-même et sa place dans le monde en nous présentant les personnes qui l'ont marquée, de son enfance à la mi-trentaine: famille, amies, amoureux, collègues de travail...  J'ai retrouvé le ton drolatique et pourtant empreint de sagesse de Bank, et je peux dire que j'ai tout aimé de ce roman... sauf la fin! En effet celle-ci m'a déçu car on semblait se diriger vers une quelconque résolution, une réalisation, un moment Aha!, et puis non, rien.

D'un clic hésitant, je classe ce bouquin dans la catégorie Chick-lit, mais j'espère que cela ne découragera pas certains lecteurs rebutés par la superficialité qui caractérise certaines oeuvres de ce genre! Ici, l'on est plus proche d'une Marian Keyes que d'une Sophie Kinsella.


Le billet d'Elfique, de Loutarwen, de Raych (en English)...


The Wonder Spot de Melissa Bank, 2005, 324 p. Titre de la version française: Prochain Arrêt le Paradis.

18 juin 2011

Un nouveau projet pour J.K. Rowling?

PhotobucketLes rumeurs vont bon train... Il semblerait que la créatrice de Harry Potter nous prépare quelque chose.  C'est du moins ce qu'annonce le compte à rebours publié sur Youtube! Les hiboux se rassemblent, mais pourquoi? On le saura dans 4 jours 9 heures 36 minutes 15 secondes, non 14, 13, 12...

16 juin 2011

La Chorale du Diable

PhotobucketUne deuxième enquête pour le policier Victor Lessard et ses collègues, après Il ne faut pas parler dans l'ascenseur que j'avais bien aimé l'an dernier.

Martin Michaud affine de plus en plus son art, même si le style n'est pas encore parfait à 100%. L'écriture m'a semblé plus travaillée, plus ciselée, mais il y a quelques longueurs dans la première partie, et je ne sais pas si vous êtes comme ça vous aussi, mais moi, quand je commence à m'ennuyer, même juste un peu, je ne peux empêcher mon «éditrice intérieure» (1) de s'éveiller et de noter les quelques petits défauts. Comme celui, déjà remarqué dans l'opus précédent, de ne pas faire confiance au lecteur et de trop expliquer certains détails, certains liens. Par exemple, lorsqu'une collègue lui parle d'un meurtre commis à la hache, il n'est pas nécessaire que Lessard lui rappelle qu'un crime précédent avait été perpétré avec le même type d'arme, il est évident qu'elle s'en souvient, et nous aussi.

Toutefois, à partir du milieu l'action s'accélère, et là j'ai vraiment embarqué pour ne plus décrocher jusqu'au dénouement. J'apprécie notamment la petite touche fantastique que Michaud donne à ses intrigues, et j'espère qu'il continuera à exploiter cette niche, qui me semble fort originale. Et si je ne suis pas encore prête à lui décerner le titre de «nouveau maître du thriller au Québec» comme l'a fait une journaliste de Rythme FM, je pense qu'il a le potentiel de le devenir, et j'attends avec impatience le prochain de la série! (Si jamais l'auteur lit ces lignes, j'ai une demande spéciale à exprimer: j'aimerais bien retrouver le petit Félix, son journal intime est tout simplement tordant!)

(J'ai aussi une demande à faire à la déesse des livres ou au destin, est-ce que je pourrais maintenant tomber sur un roman où il ne serait pas question de mouches? Merci beaucoup.)


(1) Expression piquée sans vergogne chez Raych, je l'avoue!


Jules le lisait en même temps que moi, j'ai hâte de connaître son avis!  Lucie, quant à elle, l'avait lu dès sa sortie.


La Chorale du Diable de Martin Michaud, 2011, 502 p.
Merci aux éditions Goélette pour l'envoi.

09 juin 2011

Lord of the Flies (Sa Majesté des mouches)

Photobucket Encore une fois, j'ai choisi d'illustrer ce billet avec une image autre que celle de la page couverture de l'édition que j'avais en ma possession. Cette fois, cependant, ce n'est pas parce que cette couverture brillait par son absence, mais plutôt au contraire parce qu'elle était trop présente! Les éditions Faber & Faber ont en effet choisi d'illustrer leur version format poche d'une aquarelle représentant une tête de cochon fichée sur un pieu, avec du sang coulant de la bouche et d'un oeil.  Il y a une excellente raison pour ce choix, ceux qui ont lu ce bouquin en savent quelque chose, mais tomber sur cette image sur le coin de la table de chevet en ouvrant les yeux tous les matins, c'était trop pour ma petite nature; j'ai donc recouvert le volume d'une feuille blanche, et laissé mon moteur de recherche me trouver une image plus plaisante (et tout aussi représentative du roman) pour agrémenter ces lieux. 

Lorsque leur avion s'écrase sur une île déserte, un groupe d'enfants anglais tentent non seulement de subvenir à leurs besoins primaires, mais aussi d'établir certaines règles pour reproduire autant que possible la vie structurée à laquelle ils sont habitués.  Sans vouloir entrer dans une analyse trop poussée, on peut discerner facilement que ce roman est bâti sur une série d'oppositions, de conflits:  civilisation/sauvagerie, démocratie/tyrannie, raison/superstition, ordre/chaos... Chacun des personnages principaux représentant une facette de la nature humaine (intelligence, leadership, barbarie, peur, etc), les tensions montent de plus en plus, jusqu'à l'éclatement. 

J'ai classé ce roman sous l'étiquette «littérature jeunesse», car je sais qu'il est couramment étudié dans les écoles anglaises et américaines.  Même si je ne le recommanderais  pas à des enfants de moins de 14-15 ans, car il y a plusieurs scènes très violentes, je pense qu'il doit être passionnant à décortiquer dans le cadre d'un cours.  En tous cas, j'aurais bien aimé qu'on nous fasse lire de telles oeuvres, plutôt que La Mare au Diable de Georges Sand (sous forme d'extraits, en plus), ou encore Le Torrent d'Anne Hébert (malgré tout le respect que je lui dois, ce livre-là a failli me fâcher pour toujours avec cette grande dame de la littérature québécoise!).  

Avec une vision aussi pessimiste de l'être humain, il ne devait pas être très jojo, ce Golding!  Un excellent roman, mais peut-être pas le meilleur choix pour ceux qui cherchent une lecture légère pour la plage cet été... 

Les avis divergents de Lilly, d'Allie, de Karine, d'Erzébeth.

Lord of the Flies de William Golding, 1954, 225 p.  Titre de la version française: Sa Majesté des mouches. 

05 juin 2011

Uranus

Photobucket
Il y a de nombreuses années, j'avais vu le film mettant en vedettes à peu près toutes les grosses pointure du cinéma français, et m'étais toujours promis de lire le roman.  Voilà, c'est chose faite, et bien faite!

Dans cette oeuvre écrite en 1948, «à chaud», si l'on peut dire, Marcel Aymé nous décrit les habitants d'une petite ville française dévastée par les bombardements, juste après la guerre: cohabitation difficile dans les immeubles restés intacts, mesquinerie, hypocrisie, dénonciations, manigances des groupes d'extrême-gauche, tout y est.  J'ai particulièrement apprécié les personnages du cafetier alcoolique et inculte découvrant les tragédies de Racine lors des cours donnés aux enfants tous les matins dans son établissement réquisitionné (l'école ayant été détruite), et du professeur de mathématiques voyant de jour la beauté en toutes choses, même les ruines, même les pires travers de l'humanité, pour compenser la noirceur et le vide glacial des cauchemars qui hantent ses nuits. Des rôles qu'on aurait dits taillés sur mesure pour Depardieu et Noiret, formidables dans le film.

Par certaines tournures de phrases, par les thèmes abordés aussi, l'écriture m'a un peu fait penser à celle de Zola, en moins bavard.  Ce qui ressort surtout, c'est cet humour tantôt sans pitié, tantôt attendri devant la nature humaine. 


Uranus de Marcel Aymé, 1948, 285 p.

01 juin 2011

La Maison sans racines

Ce trimestre-ci, le Blogoclub (club de lecture des blogueurs) mettait à l'honneur l'écrivaine Andrée Chedid, récemment disparue.  À cette annonce, j'ai été intriguée car je ne connaissais pas du tout cette romancière et poète de nationalité française mais d'origine libanaise et née en Égypte, comme l'est d'ailleurs Kalya, le personnage principal du roman que j'ai choisi, La Maison sans racines.

Je dois dire que j'ai d'abord eu un peu de difficulté à entrer dans l'histoire, mais je crois que c'est dû à la présentation plus qu'au contenu.  L'éditeur (Flammarion) a choisi une police de caractères tellement énorme que j'ai cru quelques secondes avoir emprunté par mégarde un de ces livres à gros caractères pour malvoyants!  Conjugué à une écriture plutôt simple et sans fioritures, parfois un peu empruntée, cela donnait à ce bouquin une allure d'album enfantin qui m'agaçait et ne s'accordait pas du tout avec les thèmes abordés (la guerre, l'exil, le retour) empreints de gravité et de nostalgie.

Après avoir réalisé la source de mon agacement, j'ai pu en faire fi et apprécier enfin cette belle histoire en deux temps. On alterne en effet entre deux périodes: l'entre-deux-guerre et les souvenirs d'adolescence de Kalya au Liban, en Égypte et à Paris, et 1975 lors des retrouvailles de Kalya et de sa petite fille américaine, à Beyrouth à l'aube d'une énième guerre civile.

Pour connaître l'avis des autres membres du Blogoclub sur l'oeuvre de cette écrivaine, on n'a qu'à suivre les liens chez nos merveilleuses organisatrices, Sylire et Lisa.


La Maison sans racines d'Andrée Chedid, 1985, 248 p.

30 mai 2011

Case Histories (La Souris bleue)

Il y a plusieurs mois, il me semble, que je n'avais été aussi totalement absorbée par un livre, au point d'y consacrer à peu près tous mes temps libres (au lieu de regarder des niaiseries à la télé pendant des heures pour le regretter ensuite: «Quoi? Je viens pas vraiment de passer deux heures de ma vie devant Say Yes to the Dress(1), moi qui me suis mariée en pantalon?!?»).  C'est donc tout à l'honneur de Kate Atkinson d'avoir réussi à me sortir de cette torpeur.

Il faut dire que les différentes enquêtes menées simultanément par le détective privé Jackson Brodie sont intelligemment enchevêtrées, si bien que jusqu'au bout on se demande si elles sont reliées entre elles, alors qu'elles se sont déroulées à des années d'intervalle. Sans compter qu'il se passe également d'étranges événements dans sa propre vie!  Je ne révèle rien, si ce n'est qu'Atkinson prouve qu'on peut avoir les larmes aux yeux puis s'esclaffer bruyamment en l'espace de quelques minutes!  À la fin, ce ne sera pas tant la résolution des crimes qui nous importera que la résolution des histoires elles-mêmes.

En plus, hourra, je viens d'apprendre par l'amie blogueuse Jules que Brodie est un personnage récurrent dans l'oeuvre de la dame. J'ai déjà hâte de le retrouver!

(1) Émission de télé-réalité où on voit des jeunes femmes choisir leur robe de mariée dans un grand magasin de New York.  Ne dites rien, je sais.


Les billets de Jules, Canthilde, Calepin, Cécile, Laurence, Tamara...


Case Histories de Kate Atkinson, 2004, 304 p.  Titre de la version française: La Souris bleue.

26 mai 2011

Great Expectations (De Grandes Espérances)

Première constatation et agréable surprise: Dickens est relativement facile à lire en VO, bien plus que Thomas Hardy, qui m'avait donné du fil à retordre avec Tess of the D'Ubervilles il y a quelques années, ou même que les soeurs Brontë (avec Jane Eyre, par exemple).

Deuxième constatation: J'adore Dickens! Je ne l'avais pas lu depuis l'adolescence (Le Grillon du foyer, Un Chant de Noël); c'est l'enthousiasme quasi-obsessionnel de Karine qui m'a donné le goût d'y retourner. Alors merci Karine!

Dans Great Expectations, on passe vraiment par une foule d'émotions.  On rit beaucoup, d'abord, car ce bon Charles est un fin observateur des travers de la société, qu'il met en relief grâce à des personnages secondaires à la limite de la caricature.  On est ému aussi, surtout par l'évolution du personnage principal Pip, qui passe d'enfant maltraité à adolescent égocentrique et honteux de ses racines ouvrières pour enfin apprendre, grâce à l'amour et surtout à l'amitié, les vertus de la générosité, de la compassion et de la gratitude.  Enfin on frémit maintes fois, car Dickens sait installer des ambiances inquiétantes (un marais brumeux où se terrent des forçats en fuite, les pas d'un inconnu qui grimpe interminablement un escalier obscur...) et un véritable suspense grâce à des méchants vraiment méchants!

Il y a bien de nombreuses coïncidences, qui dans un roman contemporain seraient difficiles à avaler, mais qui passent beaucoup mieux dans un roman victorien. Je dirais même qu'elles font partie des conventions du genre, voire qu'elles ajoutent au plaisir! Si on entend parler, par exemple, d'un cousin disparu trente ans plus tôt dans des circonstances mystérieuses, on se doute qu'il refera surface éventuellement, et on jubile lorsqu'il revient effectivement sous les traits du clochard amnésique ou du riche inconnu rencontré par hasard dans le train.

Photobucket(Pour la petite histoire, je mentionne que l'édition illustrée ci-haut n'est pas celle que j'ai lue.  Le volume emprunté à la bibliothèque [de Dodd, Mead & Company, 1942] possédait une reliure à l'ancienne mode, c'est à dire qui ne comprend plus la page couverture originale. Par contre, il contenait de jolies et amusantes gravures d'époque de F.W. Pailthorpe.)


Quelques billets dans la multitude: Lilly, ChiffonnettePraline, Kali, Joëlle... Et en anglais, celui de Raych.

Great Expectations de Charles Dickens, 1861, 598 p. Titre français: De Grandes Espérances ou Les Grandes Espérances.

04 mai 2011

Même le mal se fait bien

PhotobucketSuite de Dieu et nous seuls pouvons, Un Loup est un loup et En avant comme avant, ce quatrième tome est tout à fait fidèle aux premiers.  Il nous permet de connaître la fin des aventures de Charlemagne Tricotin (sur lequel se concentraient les deuxième et troisième tomes), leader zézayant des fameux quintuplés Tricotin, et de faire la rencontre de ses descendants Carolus et en particulier Marcello. Ce dernier se voit obligé de quitter son Piémont natal pour Vienne, où une série d'aventures abracadabrantes et de rencontres surprenantes le transformeront du poltron casanier et soumis qu'il était en un homme fantasque et revanchard, pas toujours sympathique (il installera notamment chez lui sa maîtresse de 14 ans extirpée du bordel de Turin dont il a hérité) mais toujours drôle. Accessoirement, on aura des nouvelles de la famille Pibrac (les bourreaux du premier tome de la série), on s'instruira sur les moeurs sexuelles des araignées, sur l'organisation des colonies de termites et leur utilisation comme arme de destruction massive, et on apprendra la véritable identité du père d'Adolf Hitler. 

Le «politiquement correct», de toute évidence, Folco n'en a rien à cirer, pour notre plus grand plaisir!


Même le mal se fait bien de Michel Folco, 2008, 597 p.

18 avril 2011

The Lost Symbol (Le Symbole perdu)

En commençant le plus récent roman de Dan Brown, j'ai d'abord eu un petit malaise, ou plutôt deux. 

D'abord, l'écriture m'a semblé lourde, voire maladroite.  Je sais qu'on reproche souvent à cet écrivain son manque de talent littéraire, mais personnellement cela ne m'avait jamais frappé auparavant. Il faut dire que sauter directement de Poulin à Brown, cela cause tout un choc.  Tant pis, on ne lit pas Dan Brown pour son style mais pour ses intrigues en forme de jeux de piste mystico-scientifiques.

Ensuite, le prologue m'a laissé une sensation de déjà-vu.  Une cérémonie d'initiation dans une société secrète, où le nouvel initié est en fait un espion...  J'ai déjà vu ça quelque part, en prologue ou premier chapitre également, mais où?  Peut-être dans Labyrinth de Kate Mosse? Ça m'a chicoté quelques temps puis j'ai abandonné.

Et là, j'ai vraiment été happée par cette histoire de Francs-maçons détenant un secret qui pourrait bouleverser le Monde et qu'un fou couvert de tatouages tente de découvrir par l'entremise du pauvre Robert Langdon, ce professeur de Harvard héros de deux précédents romans, Anges et Démons et Da Vinci Code.  Il faut dire que toute l'intrigue se déroule à Washington, DC, une ville hautement symbolique et tout à fait fascinante que j'ai eu le plaisir de visiter il y a bien des années!  Pour accompagner la lecture, je recommande d'ailleurs   ce site illustrant les différents lieux visités durant l'aventure (en faisant attention toutefois de ne pas scruter la liste dans la colonne de droite, ce qui pourrait vous révéler trop tôt les différentes étapes du périple).

Le rythme est enlevant, voire digne de la série 24 Heures chrono, il n'y a aucun temps mort et les indices et codes à déchiffrer attisent vraiment notre curiosité.  J'avais bien deviné deux des éléments de l'intrigue, mais ce n'est pas grave puisque cela m'a tout simplement permis de me sentir intelligente, ce qui est toujours agréable!! Par contre il y a un détail que je n'ai pas compris, et d'après mes recherches sur le Web, je ne suis pas la seule... Ouf!  Pour ne rien révéler ici, je mets un lien vers un forum où on se pose la même question; si vous connaissez la réponse, n'hésitez pas à me la dire dans les commentaires, en mettant un avertissement de «spoilers» si nécessaire.

Bref, un excellent divertissement, à condition de ne pas le prendre pour autre chose (ce que d'aucuns ont tendance à faire avec les oeuvres de D.B.!).

Le billet de Theoma, celui de Daniel Fattore.

The Lost Symbol de Dan Brown, 2009, 639 p. Titre de la version française: Le Symbole perdu.

05 avril 2011

Volkswagen blues

Je dois dire que j'ai eu un peu de difficulté à entrer dans ce road novel, du moins dans la première partie. Trop de coïncidences, quelques invraisemblances...    Sur la piste de son frère dont il n'a plus de nouvelles depuis vingt ans, un homme part de Gaspé pour descendre le Mississippi comme les explorateurs de la Nouvelle-France qui fascinaient le dit frère, et ne voilà-t-il pas qu'il rencontre comme par hasard des gens qui en connaissent un bout sur ce sujet plutôt pointu, avouons-le, ou encore qui ont entendu parler du frère en question, un illustre inconnu soit dit en passant, et encore plusieurs Américains parlant Français, une espèce plutôt rare, à mon avis...Je ne pouvais m'empêcher de tiquer quelque peu. Je retrouvais bien la belle écriture de Poulin que j'avais tant appréciée dans La Tournée d'automne, mais l'intrigue sentait par trop l'artifice.

Heureusement, à partir du milieu du bouquin, soit lorsque notre héros et sa copine métisse quittent St-Louis, Missouri pour suivre la Oregon Trail, cette route qu'empruntaient les pionniers de l'Ouest américain pour franchir les Rocheuses, les parties informatives sur l'Histoire des régions traversées sont à mon avis beaucoup mieux intégrées au récit, et là j'ai vraiment pu embarquer à fond et en apprécier toutes les facettes, que ce soit la description des paysages ou la belle relation entre les deux personnages, relation toute en pudeur, où chacun apporte à l'autre quelque chose d'essentiel mais d'indicible.  Au final, un très beau roman même s'il n'est pas mon préféré de cet écrivain.


Les billets divergents de Catherine du Biblioblog, de Papillon, de Belle de Nuit.

Volkswagen blues de Jacques Poulin, 1988, 323 p.