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18 février 2026

Douze Contes vagabonds

Mettons d'abord les choses au clair: malgré le titre de ce recueil, les histoires rassemblées ici ne sont pas vraiment des contes, car elles sont très ancrés dans le réel, autant physiquement (on visite différentes villes européennes) que temporellement (on est dans la deuxième moitié du XXe siècle).  Pour moi, un conte se déroule dans un pays imaginaire et presque «en dehors du temps», si je puis dire.

Appelons-les donc plutôt des nouvelles.  Et même si je ne suis pas la plus grande fan de ce format littéraire, je dois dire que la plupart de ces nouvelles de Gabriel Garcia Marquez sont assez réussies.  À part quelques-unes qui tombent un peu à plat, je les ai trouvées amusantes ou intrigantes.   

Seule la toute dernière nouvelle m'a vraiment déçue: ces deux jeunes gens qui se rencontrent lorsque le jeune homme menace de violer la jeune femme et qu'elle lui tient tête, et qui deviennent ensuite amoureux, c'est... non!  Une prémisse qui a fort mal vieilli et qui m'a laissé un arrière-goût amer.

À part cette fin ratée, ce recueil s'est avéré une lecture agréable, sans être inoubliable.  Je ne le recommanderais pas toutefois pour un premier contact avec cet auteur. 

En terminant, je note une phrase à réutiliser lorsque l'on trouve quelqu'un trop crédule:

«Écoute, mon vieux, (...) être Poisson ascendant Poisson c'est une chose, mais être con c'en est une autre.»

 

Douze contes vagabonds de Gabriel Garcia Marquez, traduit de l'espagnol, 1992, 157 p.  Titre original: Doce cuentos peregrinos.

04 mars 2025

Cataonie

Encore une fois, François Blais nous a pondu une drôle de bibitte!

Après avoir pris ce livre au prêt numérique de la bibliothèque municipale, j'ai été un peu déçue de constater qu'il s'agit d'un recueil de nouvelles.  J'hésite toujours devant ce format qui parfois me laisse sur ma faim. Heureusement, ce sont des histoires dont les personnages principaux sont récurrents, notamment le narrateur, donc ça se lit comme un roman.

Parlant du narrateur, celui-ci est une vraie tête à claques!  Imbu de lui-même jusqu'à l'absurde, il m'a bien fait rigoler.  Et il n'y a pas que lui d'absurde...  Les histoires se déroulent à Shawinigan, mais les personnages parlent comme des gens de la haute bourgeoisie, se vouvoyant entre amis et amants et utilisant l'imparfait du subjonctif pour dire les pires énormités!

Le thème commun de ces nouvelles est l'obsession et, encore là, Blais pousse cela jusqu'à l'absurde.  Ma nouvelle préférée est celle où le narrateur tente de trouver la chute d'une blague mettant en scène un petit cochon  qui survit à la chaise électrique (d'où l'illustration de la couverture, signée Iris, pour ceux qui connaissent cette dessinatrice), blague qu'il a lue dans une revue dont une page est déchirée.  J'y ai notamment apprécié quelques allusions à Camus («quelle peste ce Camus!») alors que pourtant l'histoire n'a rien à voir avec le célèbre écrivain!

Et le titre?  J'ai cherché: la Cataonie est une région de l'ancienne Asie mineure, ce qui n'a absolument aucun lien avec l'intrigue.  On dirait que Blais a tout simplement pris un mot au hasard dans le Robert des noms propres, ce qui est tout à fait son genre!  Si vous avez une autre théorie, je suis preneuse...


Cataonie de François Blais, 2015, 180 p.

20 septembre 2023

The Adventures of Sherlock Holmes (Les Aventures de Sherlock Holmes)

(Première partie de l'intégrale The Original Illustrated Sherlock Holmes)

Après les romans The Hound of the Baskervilles et A Study in Red, j'ai décidé d'essayer les douze nouvelles regroupées sous le titre The Adventures of Sherlock Holmes.  Un mot sur cette édition, d'abord.  J'aime beaucoup la présentation de type feuilleton, sur deux colonnes par page, et présentant les gravures originales de Sydney Paget.  On est tout de suite dans l'ambiance!

Pour ce qui est des nouvelles elles-mêmes, je les ai trouvées un peu inégales.  Enfin, toutes sont intéressantes mais dans certains cas, la fin tombe un peu à plat...  Par exemple, dans l'une d'elles, Sherlock découvre l'identité du meurtrier après que celui-ci se fut enfui à bord d'un navire... qui fait naufrage avant d'arriver à bon port, donc tout est bien qui finit bien (sauf pour les autres passagers et les membres de l'équipage!)

Néanmoins, je me suis bien amusée et j'ai surtout apprécié tous les petits détails qu'on apprend sur Holmes au fil des pages, toutes ses petites manies, ses déguisements, la haute estime qu'il a de lui-même mais aussi son amitié sincère avec Watson, le narrateur. 


The Adventures of Sherlock Holmes (tiré de l'intégrale The Original Illustrated Sherlock Holmes) de Arthur Conan Doyle, 1891-1892, 181 p.  Titre de la traduction française: Les Aventures de Sherlock Holmes.

12 avril 2023

Les Rivières suivi de Les montagnes

Depuis quelques années, j'explore l’œuvre de François Blais, cet écrivain québécois qui nous a malheureusement quittés l’an dernier.  J’ai lu quelque part qu’il aimait aborder des genres littéraires différents d’un livre à l’autre et cela se confirme dans ce recueil comprenant deux longues nouvelles reliées par quelques personnages communs.  Dans la deuxième nouvelle en particulier, on est carrément dans le fantastique, alors que dans la première, des éléments de fantastique sont seulement évoqués.  Comme l’indique le sous-titre, il s’agit d’histoires de fantômes.

Même s’il est question d’un sujet délicat et qui me met toujours mal à l’aise, la pédophilie, je suis arrivée à apprécier ma lecture de la première nouvelle car, d'une part, cela restait au niveau du fantasme, sans passage à l’acte et sans trop de détails, et que d'autre part, le ton général était humoristique, de cet humour un peu cynique mais pas trop dont sait toujours faire preuve cet écrivain.  Malheureusement, à la fin de cette nouvelle, une phrase trop détaillée, très scabreuse, a vraiment gâché le plaisir que j’avais éprouvé jusque-là!

Heureusement, l’auteur se rattrape dans la deuxième nouvelle.  L’ambiance, assez noire et glauque, est vraiment très réussie pour qui aime ce genre.  Même si l’humour reste très présent, j’ai parfois senti mes poils se hérisser sur ma nuque!

Détail amusant, aucune des histoires ne se déroule au bord d’une rivière ou sur une montagne, et pourtant le titre reste tout à fait pertinent, ce que j’ai trouvé habile.  Je ne vous en dis pas plus, à vous de découvrir…

 

Les Rivières suivi de Les montagnes de François Blais, 2017, 189 p.

 

16 février 2023

Tales from Earthsea (Contes de Terremer)

Earthsea, tome 5

Après une lecture décevante (le tome 4 de la série des Malaussène, de Pennac), quel grand bonheur de me sentir transportée dans un autre monde par la plume toujours si évocatrice d'Ursula Le Guin.  En effet, en quelques phrases à peine, je me suis retrouvée sur une des îles formant l'archipel de Terremer.

Ce recueil comporte cinq nouvelles dans lesquelles l'auteure développe l'histoire de ce monde, en particulier la fondation de l'école de magie sur l'île de Roke.  On y apprendra notamment comment et pourquoi les femmes en ont été exclues.  En général je ne suis pas fan de nouvelles, mais j'ai trouvé que ce recueil se lisait comme un roman puisque les récits ne sont pas totalement indépendants: tous sont reliés aux tomes précédents, et la dernière nouvelle annonce le prochain tome, The Other Wind (Le Vent d'ailleurs).  Seule la deuxième nouvelle m'a semblé un peu plus faible, avec un petit côté presque à l'eau de rose, surprenant chez cette auteure.

Je peux vous assurer que le prochain (et dernier!) tome sera lu cette année!  Par la suite, j'aimerais beaucoup découvrir ses romans de science-fiction.


Tales from Earthsea (Earthsea, tome 5) d'Ursula Le Guin, 2001, 416 p.  Titre de la traduction française: Contes de Terremer (Terremer, tome 5 ou tome 3 dans certaines éditions).

15 juin 2021

Cat Crimes (La Griffe du chat)

Le problème des anthologies de nouvelles, c'est qu'elles peuvent être inégales.  Certaines nous sembleront plus intéressantes que d'autres, c'est presque inévitable.

Et c'est bien ce qui se produit dans ce recueil de nouvelles à saveur policière, écrites par différents auteurs, américains pour la plupart, et mettant en scène des chats dans des rôles de premier plan ou secondaires.  J'ai trouvé certaines histoires amusantes (ou tristes dans quelques cas) mais certaines autres se sont avérées prévisibles et bourrées de clichés.  Dans deux des cas, le fait d'être inclus dans une anthologie à thème félin vendait la mèche, en quelque sorte, car on n'était pas censé deviner qu'un des personnages (au nom très humain comme Sarah ou Hector, et décrit de façon ambiguë) était un chat, et la chute était donc complètement gâchée. 

Cela reste tout de même une lecture agréable, mais dans une semaine je ne me souviendrai d'aucune de ces histoires. 


Cat Crimes, édité par Martin H. Greenberg et Ed Gorman, 1991, 260 p.  Titre de la traduction française: La Griffe du chat.

02 novembre 2020

Trois nouvelles de Lovecraft

Je connaissais un peu l'univers de H.P. Lovecraft pour avoir joué, il y a des lustres et très brièvement, au jeu de rôle The Call of Cthulhu et pour avoir vu quelques adaptations cinématographiques.  Et surtout pour être mariée depuis plus de trente ans avec un fan fini du monsieur!  Et pourtant, je n'avais jamais rien lu de cet écrivain américain.

Lorsque le thème «classiques de l'horreur» a été choisi pour le club de lecture du mois de septembre de Livraddict, j'ai pensé que c'était l'occasion ou jamais et j'ai suggéré un de ses recueils de nouvelles.  Bon, pour la petite histoire, c'est finalement Misery de Stephen King qui a été sélectionné (clairement, tout le monde n'a pas la même définition d'un classique que moi, et ce, sans rien enlever à M. King, que j'aime beaucoup, comme vous savez!).  Mais comme ma proposition était arrivée deuxième au scrutin, j'ai décidé d'organiser une lecture commune et nous avons choisi le mois d'octobre, pour être dans l'ambiance d'Halloween.  Chacun devait lire la nouvelle The Call of Cthulhu (L'Appel de Cthulhu) ainsi que d'autres nouvelles de son choix, si désiré, ce qui nous a offert un bon panorama et a donné lieu à d'intéressantes discussions.

Pour ma part, j'ai lu trois nouvelles en VO, tirées de deux recueils différents. 

The Call of Cthulhu (L'Appel de Cthulhu) - 1926

De prime abord, la plume de Lovecraft m'a surprise par son côté un peu daté.  Son style m'a fait penser à celui de Herman Melville, dont l’œuvre maîtresse est parue en 1851!  Le rapprochement est encore plus évident lors d'un passage qui se déroule en mer, évoquant fortement Moby Dick

La première surprise passée, j'ai pu apprécier la façon dont Lovecraft sait installer une ambiance angoissante.  C'est vraiment sa principale force, comme j'ai pu le constater dans les deux autres nouvelles. 

Certaines des participantes à la lecture commune ont été choquées par un paragraphe où le jupon raciste de M. Lovecraft dépasse.  Car, oui, il était connu pour des idées qui ne sont plus tellement au goût du jour, c'est le moins qu'on puisse dire.  Ce que j'ai trouvé étrange, c'est que ce biais raciste ressort nettement plus dans la traduction que dans la version originale, du moins pour ce passage particulier, qu'une des participantes a partagé sur le fil de discussion.  Je ne trouve pas cela très honnête de la part du traducteur (mais il s'agit peut-être en fait d'une maladresse, car j'ai trouvé la traduction d'une des phrases plutôt bancale).

The Color Out of Space (La Couleur tombée du ciel) - 1927

Une autre des forces de Lovecraft, c'est d'obliger notre cerveau à tenter d'imaginer des trucs inimaginables...  Dans la nouvelle précédente, c'était une île étrange où les lois de la géométrie euclidienne ne sont pas respectées, ici c'est une couleur qui ne fait pas partie du spectre visible.  Essayez de l'imaginer, pour voir!  Il évoque aussi, mais sans les décrire précisément, une flore et une faune mutantes, ce qui laisse notre imagination faire tout le travail...

The Dunwich Horror (L'Horreur de Dunwich ou L'Abomination de Dunwich) - 1928

Celle-ci est ma préférée, je crois.  La gradation dans l'horreur est parfaitement maîtrisée et plusieurs détails viennent renforcer l'atmosphère de plus en plus angoissante, comme ces engoulevents qui crient de façon rythmée pour annoncer la mort de quelqu'un (et peut-être même s'emparer de son âme au moment du trépas!).


En conclusion, j'ai beaucoup aimé découvrir cet écrivain qui est une référence en littérature fantastique.  Par contre, je n'enfilerais pas tout un recueil au complet.  J'ai l'impression qu'on peut facilement devenir saturé de ce climat étouffant.  Par contre, je lirai certainement d'autres nouvelles à l'occasion, peut-être pour la prochaine Halloween?


The Call of Cthulhu and Other Weird Stories de H.P. Lovecraft, première publication des nouvelles dans les années 1920-1930, 448 p.
The Thing on the Doorstep and Other Weird Stories de H.P. Lovecraft, première publication des nouvelles dans les années 1920-1930, 464 p.  

Pour les traductions françaises, il existe de multiples éditions regroupant les différentes nouvelles...

16 juin 2016

La Dame de Pique

(suivi des Récits de feu Ivan Pétrovitch Belkine)

Comme l'édition numérique de ce recueil de nouvelles de l'écrivain russe Pouchkine ne comportait pas de page couverture, j'ai demandé à mon ami Gougoule de m'en présenter plusieurs modèles et j'en ai volontairement choisi un qui a un petit air vieillot, afin de représenter le fait que j'ai lu la traduction de Prosper Mérimée (et celle d'André Gide pour les Récits), et non une version plus récente.

Il y a un bon moment que je n'avais lu d'auteurs russes.  Il y a eu Le Maître et Marguerite de Boulgakov en 2011, mais avant ça je crois que ça remonte à une vingtaine d'années avec Guerre et Paix et Anna Karénine de Tolstoï.  J'aime beaucoup cette littérature, si ce n'est qu'on se mélange toujours dans les nombreux personnages, qui sont désignés parfois par leur patronyme, parfois par leur prénom, parfois encore par leur surnom: ça peut prendre un certain temps à comprendre que Alexis et Alioucha, par exemple, sont une seule et même personne!  Ici, comme ce sont des nouvelles, cet écueil est facile à surmonter car il y a peu de personnages.

La première nouvelle est charmante, avec une touche de fantastique et une chute inattendue.  Malheureusement, je connaissais déjà les trois-quarts de l'intrigue à cause du résumé trop bavard de la page de téléchargement du site Ebooks libres et gratuits (je vais leur écrire à ce sujet; excellent site par ailleurs, leurs livres numériques sont généralement d'excellente qualité).  Moi qui déteste les divulgâcheurs, cela a un peu gâté mon plaisir.

Les autres nouvelles sont assez amusantes et dépaysantes mais plusieurs ont une fin abrupte qui nous laisse sur notre faim.  Ma préférée est La Demoiselle-paysanne, une sorte de Roméo et Juliette à la russe!


La Dame de pique, suivi des Récits de feu Ivan Pétrovitch Belkine de Alexandre Pouchkine,  1834, 108 p. en version numérique.

29 septembre 2014

L'Encyclopédie du petit cercle

Quand j'ai vu que Dominique Fortier, une de mes écrivaines chouchous, avait publié un nouveau livre (Révolutions) et qu'il s'agissait d'une correspondance avec Nicolas Dickner, j'ai pensé qu'il fallait que je fasse d'abord connaissance avec ce dernier. Et comme il ne restait que quelques jours pour Québec en septembre, cela me prenait quelque chose de court, et rapidement.  Parmi les titres offerts en numérique par la Bibliothèque et Archives nationales du Québec, j'ai sélectionné celui-ci, sans remarquer qu'il s'agissait d'un recueil de nouvelles, un genre qui ne m'attire pas, en général.

Heureusement, je ne suis pas convaincue qu'il s'agisse d'authentiques nouvelles puisque plusieurs personnages sont récurrents, quoique un peu différents et à des époques différentes.  Ce principe m'a beaucoup plu, comme celui de commencer chaque nouvelle par un extrait de cette improbable Encyclopédie du petit cercle, dont on ne sait trop si elle a vraiment existé ou si elle est un figment de l'imagination fertile de Dickner. 

J'ai constaté une parenté évidente entre son écriture et celle de Fortier: même mélange de faits scientifiques et de fantaisie, même vocabulaire recherché, même fluidité. Ce qui augure drôlement bien pour leur ouvrage commun, que je m'en vais de ce pas réserver à la bibliothèque!


Je profite de l'occasion pour féliciter les deux organisatrices de Québec en septembre, Karyne et Yueyin pour ce succès retentissant!


L'Encyclopédie du petit cercle de Nicolas Dickner, 2000, 109 p.



http://moncoinlecture.com/2014/08/quebec-en-septembre-2014-ouverture-depot-billets/

05 septembre 2013

Legends of the Fall (Légendes d'automne)

Pas tout-à-fait des romans, mais plus que des nouvelles, par quel terme pourrait-on désigner ce que les anglophones nomment «novelettes»?  Peu importe, ces trois courtes histoires d'environ quatre-vingt-dix pages chacune sont tout à fait magnifiques.

J'ai particulièrement aimé la voix très masculine de Jim Harrison.  Ses personnages mâles sont très forts, même lorsqu'ils cherchent leur place dans le monde et prennent leur vie entière à la trouver.  Et à travers toute cette testostérone, ces bagarres, ces vengeances, ces grands espaces, surgit soudainement un petit détail, une attention presque féminine à la poésie du quotidien: un chat errant caché sous un buisson en ressort avec quelques pétales accrochés au pelage...

J'ai vu peu après sa sortie le film qui a été tiré de la nouvelle éponyme; je ne sais pas si c'est ma mémoire qui fait défaut (pas de ricanements, s'il-vous-plaît!),  mais j'aurais pu ne pas faire le rapprochement tellement l'histoire m'a semblé différente (évidemment avec la face de Brad Pitt en gros plan sur la couverture, c'est dur à manquer). Dans le film, il me semble que tout tournait autour du triangle amoureux Tristan-Susannah-Alfred, alors qu'ici ce n'est qu'un des aspects de l'intrigue, même pas le plus important.

Dire que j'ai longtemps repoussé cette lecture sous le prétexte idiot que je n'aime pas trop les nouvelles!  C'est une lecture commune du Forum du Guide de la bonne lecture qui m'a donné le coup de pied au derrière nécessaire. Je n'attendrai pas trop avant de retrouver cet écrivain; quelqu'un a d'autres titres à me suggérer?


Legends of the Fall de Jim Harrison, 1978, 276 p.  Titre de la traduction française: Légendes d'automne.

05 mai 2009

Le Dzi

Qu'est-ce qu'un dzi? Hé bien, c'est le nom en wallon d'un petit lézard, vif comme l'éclair; et c'est aussi le surnom du personnage d'une des trois nouvelles contenues dans ce recueil, un footballeur zigzagant entre ses adversaires pour se faufiler jusqu'au but.

Justement, l'originalité des nouvelles de Pierre Popovic, c'est de combiner des mots tirés de différents dialectes: le joual québécois, le wallon, la langue d'Oc et même quelques-uns provenant d'une mystérieuse Valdavie (contrée qu'il a peut-être visitée en compagnie de Tintin?) Tous ces mots sont intégrés dans le texte comme s'il était tout à fait naturel de retrouver dans le même paragraphe des termes comme décalisser, clinche et escagasser. Le sens est en général facile à deviner, mais juste au cas, on trouve un glossaire à la fin du livre.

Il y a donc un côté ludique à ces nouvelles, qui contiennent par ailleurs quelques petits bijoux, par exemple: rire comme des fous dans un asile le jour de la tarte au sucre, que je me promets de réutiliser à la première occasion...

Les nouvelles elles-mêmes sont d'une bonne longueur (entre soixante et soixante-dix pages chacune). Je ne suis donc pas restée sur ma faim comme il m'arrive souvent avec ce genre littéraire. La première prend la forme de souvenirs d'enfance et raconte le choc que l'on peut ressentir à l'âge adulte lorsqu'on apprend un secret de famille... La deuxième contient certainement le plus beau passage sur le sport qu'il m'ait été donné de lire, transformant un match de foot en une saga épique et un footballeur en un véritable héros de légende... La troisième, enfin, qui m'a peut-être un peu moins touchée, relate la visite d'une institutrice de village à son ancienne mairesse, une femme assez spéciale, dans l'hôpital psychiatrique où elle est internée.


Le Dzi de Pierre Popovic, publié chez Fides en 2009. 165 p.

01 mai 2009

En inquiétante compagnie

Ce mois-ci le thème du Blogoclub était le Mexique, et nous avions choisi de lire un roman de Carlos Fuentes, L'Instinct d'Inez. N'ayant pas appris ma leçon depuis l'épisode Pauline de Dumas (j'avais dû me contenter du Chevalier de Maison-Rouge), je me dirigeai d'un pas guilleret vers la bibliothèque de mon quartier, forte de la certitude que le bouquin s'y trouvait quelques jours auparavant lorsque j'avais consulté le catalogue informatisé. J'ai, comme on dit, attrapé mon air, puisqu'un quidam (un autre membre montréalais du Blogoclub?) m'y avait devancé.

J'ai donc décidé de me rabattre sur un autre livre du même auteur. J'avais le choix entre Le Siège de l'aigle et En inquiétante compagnie. D'après les premières lignes de la quatrième de couverture, le premier semble être un roman d'anticipation; comme je viens d'en lire un, j'ai eu peur que cela ne soit un peu répétitif, et j'ai donc choisi l'autre. Ce n'est que rendue à la maison que je me suis aperçue qu'il s'agissait d'un recueil de nouvelles (ou plutôt, paraît-il, de récits, mais quelle est la différence? Y a-t-il une différence?). Zut, en général ce n'est pas mon style littéraire préféré. Enfin.

On dirait que dans un recueil de nouvelles, il y en a toujours qu'on aime plus que d'autres. C'est le cas ici aussi. Elles sont assez différentes les unes des autres, mais ont toutes une petite touche fantastique plus ou moins prononcée. J'ai trouvé que certaines avaient un peu tendance à s'en aller dans tous les sens, ce qui est à la fois une qualité et un défaut, puisqu'on ne sait jamais à quoi s'attendre mais que cela donne un effet un peu décousu, voire incohérent.


  • L'Amoureux du théâtre m'a donné le goût de retourner au théâtre (il y a bien une dizaine d'années que je n'y suis pas allée, quelle honte!) et de lire Hamlet.

  • Le début de La Chatte de ma mère ne m'a pas plu car le félin en question y est présenté sous un jour peu sympathique. Or je suis convaincue qu'il n'y a pas de mauvais chats, seulement de mauvais maîtres! Mais la tournure fantastique de la fin est surprenante.

  • En bonne compagnie est de loin ma nouvelle préférée. On y retrouve une atmosphère gothique de roman anglais du XIXe siècle, avec maison à l'ambiance fantomatique, vieilles tantes folles, servante sourde-muette, objets apparaissant mystérieusement, hallucinations... Le tout transposé dans le Mexique contemporain!

  • Calixta Brand m'a fait penser à un mélange entre Le Portrait de Dorian Gray et le film Lune de fiel de Roman Polanski (film que j'ai détesté)... Bof!

  • Malgré une bonne idée de départ, La Belle au bois dormant m'a semblé trop bizarre pour que j'y accroche vraiment.

  • Quant à Vlad, il s'agit, comme son nom le laisse deviner, d'une histoire de vampire, intéressante mais un peu longuette.
Donc une rencontre en dents de scie avec un auteur mexicain que le Blogoclub m'a permis de découvrir! Pas mauvais, mais il lui manque ce petit brin de folie que j'aime tant chez d'autres auteurs d'Amérique latine, que ce soit Marquez, Sepulveda ou Isabel Allende.


Pour découvrir les avis de tout un chacun sur L'Instinct d'Inez, il suffit de suivre les liens chez nos deux chouettes organisatrices Sylire et Lisa!

Nous avons aussi appris hier en quoi consistera notre lecture du premier juillet. Le thème suggéré était la famille, et le choix du club s'est porté sur Nous étions les Mulvaney, de Joyce Carol Oates. Ce sera encore pour moi l'occasion d'une découverte, puisque je n'ai jamais rien lu de cette auteure prolifique.


En inquiétante compagnie de Carlos Fuentes, traduit de l'espagnol (Mexique), publié chez Gallimard en 2007. 311 p. L'original, Inquieta compañia, date de 2003.

26 juin 2008

The Progress of Love

The Progress of Love d'Alice Munro, publié chez McLelland and Stewart en 1986. 309 p.


Frustrant!

C'est ça le problème avec les nouvelles, à mon avis. Meilleures elles sont, plus elles sont frustrantes! Et celles d'Alice Munro dans The Progress of Love le sont, énormément!

Tout ce que je savais de cette auteure, c'est qu'elle est canadienne-anglaise, et c'est la principale raison qui m'a poussée à acheter ce livre usagé, toujours dans cet effort de remédier à mon ignorance crasse en ce qui concerne la littérature du ROC (Rest of Canada!).

Mais je l'aurais sans doute remis sur la tablette si j'avais vu qu'il s'agissait d'un recueil de nouvelles. Ce n'est d'ailleurs pas la première fois que je me fais prendre. Au moins, cette fois-ci je m'en suis aperçu avant de commencer la lecture et non en cours de route comme la dernière fois, déconcertée par des chapitres sautant du coq à l'âne! Pourquoi les éditeurs n'identifient-ils pas mieux les recueils de nouvelles, est-ce que ça se vend moins bien? Il me semble pourtant que les amateurs de ce genre sont nombreux, même si ce n'est pas mon cas!

Alice Munro a vraiment un talent fou pour créer des personnages crédibles et intéressants en quelques coups de plume... Et c'est bien là le problème! J'aurais voulu les accompagner, ou qu'ils m'accompagnent, enfin, j'aurais voulu qu'on fasse un plus long bout de chemin ensemble! Surtout que plusieurs des nouvelles n'ont pas une fin dramatique, qui viendrait clore définitivement le récit; non, elles finissent tout doucement, et on se dit qu'elles auraient bien pu continuer!

Mais bon, je me suis finalement adaptée (ou résignée) à ce rythme (des nouvelles de vingt à trente pages chacune) et ai fini par bien apprécier cette lecture. Alice Munro a su trouver pour chaque récit un ton propre, une voix différente, sans pour autant nuire à l'unité de l'ensemble. Un équilibre pas toujours évident à atteindre.

Comme le titre l'indique, il est beaucoup question d'amour dans ce livre, mais sous différentes formes: l'amour entre deux frères dont l'un est un peu spécial, l'amitié entre deux adolescentes, la relation entre un homme au caractère difficile et trois générations de femmes (sa mère, sa femme, sa fille), entre une mère divorcée et sa fille... On peut y voir aussi une réflexion sur le temps, puisque plusieurs des nouvelles comportent des retours en arrières (flashbacks) ou s'étendent sur de longues durées.

Si vous aimez ce genre littéraire, je vous recommande chaudement ce bouquin (qui ne semble toutefois pas avoir été traduit en français, ce qui est un peu surprenant pour un livre ayant remporté le Prix du Gouverneur général!). Quant à moi, la prochaine fois j'essayerai plutôt de mettre la main sur un des romans de cette auteure.


Et vous, vous aimez les nouvelles, en général?
Addendum: n'hésitez pas à remplir mon petit sondage sur les nouvelles (colonne de droite)!!
Addendum 2: pour le résultat final du sondage, c'est ici!

*****

Prochaine lecture: L'Empire des loups de Jean-Christophe Grangé.

18 avril 2007

Premier Amour

Premier Amour de l'écrivain russe Ivan Tourgueniev est un recueil de nouvelles qui comporte un récit d'une centaine de pages, suivi de plusieurs histoires plus courtes. Je dois dire que je n'ai pas été aussi emballée que je l'aurais voulu par la nouvelle principale. Le personnage central est attachant, les émotions tumultueuses et confuses qu'il ressent pour la première fois sont très bien décrites, mais la jeune fille qui est l'objet de son amour m'a semblé si capricieuse et coquette, menant ses prétendants par le bout du nez, que c'en était agaçant. Je ne pouvais que souhaiter qu'il se détourne d'elle et qu'il rencontre quelqu'un méritant ses attentions. L'écriture est néanmoins fort belle, la traduction excellente.

J'ai préféré les petites nouvelles suivantes, surtout à cause de leur touche fantastique: on y retrouve en effet un sorcier malais, des rêves prémonitoires, des fantômes, des coïncidences troublantes... Seule la nouvelle Fantômes m'a semblé longue et un peu ennuyante. Elle ressemble à un long rêve, mais mes rêves à moi sont encore plus bizarres, alors cela ne m'a pas vraiment impressionnée!


L'avis de quelques blogueuses: Lilly, Tamara

Prochaine lecture: Le Tableau du maître flamand, d'Arturo Pérez-Reverte.


Premier Amour, d'Ivan Tourgueniev, d'abord publié en français aux Éditions du Chêne en 1947. J'ai utilisé la version Livre de Poche de 1969, avec la préface d'André Maurois.

25 septembre 2006

Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part


Grosse déception: il s'agit de nouvelles, et non d'un roman! Je trouve que cela aurait dû être inscrit sur la page couverture. On ne commence pas un roman dans le même esprit que des nouvelles. Surtout que je ne m'en suis aperçue qu'au milieu de la deuxième nouvelle! Personnellement, j'ai toujours eu de la difficulté avec ce style littéraire. Paradoxalement, plus c'est bien écrit (et c'est le cas ici), plus c'est frustrant. On s'attache aux personnages, on voudrait en connaître plus sur eux, on veut rester dans cet univers.

Pour des nouvelles, c'est excellent. Par ailleurs, l'une d'entre elle me dit quelque chose, je crois que j'ai déjà vu un court métrage qui en a été tiré, celle du jeune qui «emprunte» la Jaguar de son père et fonce dans un sanglier en traversant la forêt.


Prochaine lecture: Je m'attelle à The Rebels of Ireland, d'Edward Rutherfurd, la suite de The Princes of Ireland. Une grosse brique de 860 pages écrit serré!


Je voudrais que quelqu'un m'attende quelque part, d'Anna Gavalda, publié chez Le dilettante en 1999.