Les Chouans de Honoré de Balzac, 1829, 400 p.
04 août 2026
Les Chouans
20 juillet 2026
The Secret Life of Bees (Le Secret des abeilles)
Il y a si longtemps que j'ai noté ce roman dans mon carnet que je ne sais plus du tout qui me l'avait suggéré. Je pense que c'était avant les blogues, avant même qu'il ne soit traduit en français...
Après plus de vingt ans, voilà, il est lu!
Je dois dire qu'au début j'étais enchantée. Je me retrouvais dans une histoire à la To Kill a Mockingbird (Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur), avec une héroïne un peu plus âgée que Scout et un père nettement moins sympa qu'Atticus. On ajoute une nounou noire digne d'un personnage de The Help (La Couleur des sentiments) et des thèmes comme le racisme et la ségrégation dans les années soixante, tout ça dans l'ambiance chaude de la Caroline du Sud.
Les personnages sont particulièrement attachants et originaux, notamment les trois sœurs apicultrices qui viennent en aide à la jeune héroïne et sa nounou. Malheureusement, cela n'a pas été suffisant pour soutenir mon intérêt lorsque l'intrigue se met à piétiner et à tourner en rond. Que c'est long! Pour ne rien arranger, le ton devient un peu trop prêchi-prêcha à mon goût, surtout à la fin.
Bref, ce n'est pas une mauvaise lecture, mais c'est une petite déception.
Sur le thème de l'apiculture, lisez plutôt A Country Year (Une année à la campagne) de Sue Hubbell, l'histoire vraie d'une américaine qui s'installe en pleine nature pour s'initier à l'élevage des abeilles.
The Secret Life of Bees de Sue Monk Kidd, 2001, 302 p. Titre de la traduction française: Le Secret des abeilles.
19 juillet 2026
Michel Strogoff
À l’âge adulte, j’ai revisité cet auteur (si l’on peut dire, puisque finalement le premier contact n’en était pas vraiment un!) avec grand bonheur grâce à quelques-unes de ses œuvres les plus célèbres: Vingt Mille Lieues sous les mers et Le Tour du monde en quatre-vingts jours.
Je récidive maintenant avec un titre un peu moins connu: Michel Strogoff, un roman d'aventures se déroulant en Sibérie. Quel plaisir j'y ai trouvé! Bien sûr, les personnages sont caricaturaux, les coïncidences abondent et la fin est complètement tirée par les cheveux. Mais ces caractéristiques sont courantes dans les romans du XIXe siècle, je m'y attendais donc et cela ne m'a pas dérangée (alors que la même chose m'aurait agacée au plus haut point dans un roman contemporain!). Concernant les personnages, celui de la jeune fille est quand même assez original par sa force de caractère -- on est loin de la poupée fragile qui s'évanouit à la première frayeur! J'ai aussi beaucoup aimé les deux journalistes Blount et Jolivet. La scène où chacun tente de monopoliser les services du télégraphiste pour empêcher l'autre de transmettre son article est hilarante!
Ce que j'ai aimé surtout, c'est bien sûr la plume de Verne. Ses descriptions des paysages de la Russie sont magnifiques! Il ne lésine pas sur l’imparfait du subjonctif, et pourtant le texte reste aisément lisible.
Et puis, lire une histoire où les Russes sont les «bons» luttant contre des envahisseurs barbares, voilà qui nous change de l'actualité, hein?
Michel Strogoff de Jules Verne, 1876, 512 p.
18 juillet 2026
Les Héritiers de la mine
Peu importe, c'est maintenant chose faite. Et, même si ce n'est pas un immense coup de cœur comme l'autre roman, j'ai quand même beaucoup apprécié.
Ce qui m'a plu surtout c'est la construction du récit; il s'agit d'un roman choral où l'on change de narrateur à chaque chapitre, ce qui nous apporte chaque fois un éclairage différent et de nouveaux indices sur les événements qui se sont déroulés il y a plusieurs décennies au sein de cette immense et étrange famille habitant dans un village minier à moitié abandonné.
Petit avertissement pour ceux qui ont lu Il pleuvait des oiseaux et qui pourraient donc espérer trouver ici des personnages tout aussi attachants: ce n'est pas du tout le cas! Au contraire, ce sont une belle bande de scélérats qui traitent leurs voisins de culs-terreux, foutent le feu aux maisons désertées, sont méchants entre eux, etc.
Il faut s'y résigner, l'intérêt du livre n'est pas dans l'amour qu'on porte à ses personnages, mais l'on s'intéresse tout de même à leur sort, on veut savoir ce qui s'est passé ce jour-là, quand la mine a explosé...
Les Héritiers de la mine de Jocelyne Saucier, 2006, 192 p.
23 juin 2026
La Petite Fille de Monsieur Linh
C'est un peu le Destin qui a mis ce roman entre mes mains. Je connaissais déjà la plume de Claudel, mais ce livre-ci ne m'attirait pas trop. J'ai toutefois lu il y a quelques mois une critique élogieuse chez une copine blogueuse (coucou Exuline, si tu passes par ici!) qui m'a fait changer d'idée et, par le plus grand des hasards, j'ai mis la main sur un exemplaire pour une bouchée de pain lors de la vente de livres usagés de la Bibliothèque de Montréal le mois dernier.
J'avais trouvé très originaux Le Rapport de Brodeck et Les Âmes grises, tant par la forme que par le fond. J'espérais donc qu'il en serait de même avec La Petite Fille de Monsieur Linh. J'avoue avoir été un peu déçue au début: un énième roman sur l'exil et la solitude, sans rien pour le démarquer de tous les autres? Heureusement la belle plume de Claudel et les deux personnages attachants (et aussi, pour ne rien vous cacher, le fait qu'il soit très court!) m'ont incitée à continuer.
C'est vers les deux tiers que le déclic s'est produit et que j'ai compris où l'auteur nous emmenait. À partir de là, la lecture est devenue savoureuse, et ce jusqu'à la toute dernière page.
Petit avertissement toutefois: si vous achetez ce livre au prix du neuf, vous serez peut-être déçu qu'il se lise aussi rapidement à cause de sa police de caractères ridiculement énorme (dans l'édition Stock avec la couverture noire, je ne sais pas pour les éditions suivantes). Comme je ne l'ai payé que $1.50, cela n'a pas été un facteur pour moi.
La Petite Fille de Monsieur Linh de Philippe Claudel, 2005, 160 p.
28 mai 2026
La dernière nuit du Raïs
De Yasmina Khadra, je ne connaissais que la série policière Commissaire Llob, dont le tome 1, La part du mort, est d'ailleurs un des premiers livres chroniqués sur ce blogue (qui a eu vingt ans ces jours-ci, pouvez-vous le croire?). Dans mes débuts bloguesques, j'écrivais des billets en cours de lecture, ce qui explique qu'il y en a deux pour ce roman-là -- le concept du blogue s'est précisé quelque temps plus tard!
J'ai donc toujours été curieuse de tenter l'un de ses romans plus «sérieux», mais sans trop savoir par lequel commencer. C'est le sort qui a décidé en mettant La dernière nuit du Raïs dans la boîte à livres que je fréquente.
C'est une assez bonne pige même si j'ai quelques réserves. L'idée de base est intéressante et originale: on est dans la tête du dictateur libyen Khadafi durant sa dernière nuit avant qu'il ne soit tué par les rebelles en 2011. Vous l'aurez compris, ce n'est pas le genre de roman où l'on s'attache au personnage principal! J'ai aimé la plume de Khadra, elle est assez directe et sans trop de fioritures, ce qui convient bien à ce type de récit.
Mon principal bémol, c'est qu'il m'a manqué une certaine mise en contexte (histoire de la Libye, rappel des soulèvements du Printemps arabe, etc.). J'ai l'impression que Khadra a voulu que cette histoire ait une résonance universelle, que ce soit le portrait de n'importe quel tyran. L'idée n'est pas mauvaise, mais cela m'a tout de même empêchée d'être complètement impliquée dans l'histoire, si je puis dire.
Je tenterai sans doute une autre œuvre de cet écrivain, donc n'hésitez pas si vous avez des suggestions! Sinon, j'attendrai l'intervention du Destin...
La dernière nuit du Raïs de Yasmina Khadra, 2015, 207 p.
23 mai 2026
White Fang (Croc-Blanc)
The Call of the Wild de Jack London, lu en 2014, a été pour moi un énorme coup de cœur. J'espérais donc qu'il en serait de même pour White Fang...
Ce roman raconte les aventures d'un chien-loup né à l'état sauvage et puis domestiqué. Il est d'ailleurs amusant de remarquer que c'est le parcours inverse du Buck de Call of the Wild, qui, lui, est au départ un chien domestique qui ressent l'appel de la vie sauvage!
Même si j'ai beaucoup aimé le début (où l'on rencontre les parents de White Fang et où ensuite le louveteau explore la nature environnant la tanière familiale) et la fin (que je ne vous révèle pas), j'ai trouvé ce roman beaucoup trop dur et violent pour que cela puisse être un coup de cœur. Certains passages étaient même pénibles à lire!
C'est quand même un très beau roman; la plume de London est magnifique et je suis contente d'avoir lu ce classique de la littérature américaine. Mais j'aime mieux vous prévenir, il faut s'accrocher, surtout si l'on est un ami des bêtes!
White Fang de Jack London, 1906, 200 p. Titre de la traduction française: Croc-Blanc.
14 mars 2026
La Mère
Ce roman raconte l'histoire d'une femme dont le fils fait partie des groupes socialistes prérévolutionnaires, au péril de sa liberté, voire de sa vie. Très apeurée au départ, elle évolue en assistant aux réunions de son fils, puis en faisant elle-même des lectures en autodidacte. Son évolution est le sujet principal du roman, mais on découvre également les conditions de vie des ouvriers de l'époque. L'idéalisme des personnages est admirable, mais bien sûr on a tout de même un arrière-goût amer, puisque l'on sait ce qui arrivera dans les décennies suivantes!
J'ai été vraiment surprise de constater que Gorki a une plume qui se lit très aisément, surtout si on le compare à certains autres écrivains russes (Léon et Fédor, c'est à vous que je pense!). La seule difficulté vient du nombre important de personnages secondaires. Après quelques chapitres, j'ai arrêté d'essayer de me souvenir de chacun, et cela ne m'a pas empêchée de bien suivre l'intrigue.
Allez, tout le monde ensemble: «I follow the Moskva, down to Gorki Park, listening to the wind of chaaaaaange...»
La Mère de Maxime Gorki, traduit du russe, 1907, 394 p. Titre de la version originale: Mat'.
04 février 2026
Lourdes
Premier pépin, le roman n'étant pas offert en prêt numérique, j'ai téléchargé l'édition offerte sur la plateforme Bibliothèque électronique du Québec; malheureusement ce texte comportait plusieurs coquilles, surtout une ponctuation erratique. Je vous avoue que c'est le genre de trucs pour lesquels j'ai zéro tolérance! Cela m'a étonnée car mes quelques téléchargements précédents sur ce site étaient corrects, de mémoire. J'ai craqué après quelques chapitres et j'ai acheté une édition offerte pour quelques dollars chez Kobo. Celle-ci s'est avérée beaucoup plus agréable à lire.
J'ai tout de même trouvé que ce roman était plus ardu à lire que la plupart des autres œuvres de Zola. Le style m'a semblé moins fluide, avec de longues phrases entrecoupées de beaucoup (trop?) de virgules. De plus, il y a quelques longueurs et surtout un effet répétitif (les processions de malades se rendant à la grotte où ont lieu les miracles, une fois c'est passionnant, mais on pourrait passer plus rapidement là-dessus les jours suivants...).
Malgré tout, j'ai beaucoup aimé les thématiques abordées, notamment la confrontation entre la Science et la Foi, ou la Raison vs la Superstition, ainsi que la critique virulente de l'Église catholique, qui exploitait sans vergogne la crédulité des malades et de leur famille. Mes passages préférés sont ceux où le personnage principal, un jeune prêtre ayant perdu la Foi, raconte à un groupe de malades l'histoire de Bernadette Soubirous (la petite fille à qui la Vierge serait apparue dans la fameuse grotte). À la fin, ce personnage reste aux prises avec un dilemme; j'ai hâte de voir comment cela sera développé dans le tome suivant, Rome. Toutefois, ce ne sera pas pour tout de suite, mais peut-être dans quelques mois?
Lourdes d'Émile Zola, 1894, 640 p.
19 décembre 2025
Paris-Briançon
Il y a longtemps que je voulais tenter un livre de Philippe Besson. Le thème du club de lecture Livraddict, «un voyage en train», m'en a donné l'occasion.
Paris-Briançon est un roman plein de qualités. Une belle plume, un huis-clos comme on les aime, une atmosphère feutrée propre à la confidence, des personnages attachants bien qu'imparfaits, sur lesquels pend une épée de Damoclès puisqu'on nous a annoncé d'entrée de jeu que certains n'arriveront pas à destination... Est-on devant un nouveau Crime de l'Orient-Express ou quoi? Suspense...
Un roman trop court, peut-être? En tournant la dernière page, et sans pouvoir identifier ce que j'aurais désiré de plus, je reste avec une impression de trop peu, d'être restée sur ma faim. De plus, il y a un détail irréaliste (et je ne peux en dire plus sans divulgâcher) qui m'a un peu fait décrocher vers la fin. Comptez sur moi pour attacher de l'importance à des petits trucs insignifiants...
Néanmoins, vu toutes les belles qualités que j'ai énoncées, je lirai certainement d'autres œuvres de cet écrivain (ce n'est pas le choix qui manque).
(Lu en novembre, mais j'avais oublié de publier le billet, quelle étourdie!)
Paris-Briançon de Philippe Besson, 2022, 208 p.
09 octobre 2025
Study for Obedience (Étude pour l'obéissance)
J’ai rien compris à ce foutu bouquin!
Et j’aime pas quand un bouquin me fait sentir stupide!
Le fait que je l’ai lu en version originale n’a certainement pas aidé. L’anglais est d’un niveau assez soutenu, merci. Pourtant, la plupart du temps je comprenais le sens des mots, mais les phrases ne s’enregistraient pas dans mon cerveau parce que trop abstraites. Alors je pense que même si je l’avais lu dans la traduction française, le résultat aurait été sensiblement le même. C’est tout simplement trop plein de non-dits et de digressions vagues.
C’est dommage, car certains passages plus concrets (promenades dans la campagne, interactions avec les villageois) sont assez intéressants.
J’ai bien failli abandonner, mais le mystère entourant le personnage principal a éveillé ma curiosité, assez en tous cas pour que je persévère. Sauf qu’à la fin je suis restée Gros-Jean comme devant! Peut-être qu’on était sensé deviner le fin mot de l’histoire et que je ne suis pas assez intelligente. Grrrr!
Study for Obedience de Sarah Bernstein, 2023, 208 p. Titre de la traduction française: Étude pour l'obéissance. Paru en Europe sous le titre Obéissantes et assassines.
25 septembre 2025
La Blague du siècle
À la sortie de ce roman en 2023, je me souviens avoir lu dans le journal Le Devoir une entrevue avec Jean-Christophe Réhel dans laquelle il disait avoir eu peur quand Jean-Philippe Baril-Guérard a publié son livre qui mettait en scène lui aussi un aspirant humoriste. Il avait même demandé à son éditeur s’il devait changer de sujet!
J’étais donc restée avec l’idée que le milieu de l’humour était le sujet principal de La Blague du siècle, alors que pas du tout! C’est plutôt l’histoire d’un homme dans la trentaine qui travaille dans un Tim Hortons pour subvenir aux besoins de son père atteint d’un cancer du cerveau et de son frère schizophrène (et qui accessoirement aurait bien aimé devenir humoriste et aime assister à des spectacles d’humour).
Contrairement au roman précédent de l'auteur Ce qu’on respire sur Tatouine, que j’avais trouvé très drôle (mais avec des passages plus sérieux), ici c’est plutôt le contraire: on est dans une ambiance beaucoup plus touchante et dramatique, avec des passages plus légers, voire même rigolos.
La Blague du siècle de Jean-Christophe Réhel, 2023, 256 p.
17 septembre 2025
Ör
Comme le titre le laisse supposer, on aura affaire ici à des personnages meurtris, qui tentent de panser leurs blessures; au premier chef, le personnage principal, qui a même décidé de mettre fin à ses jours, mais cela est plus compliqué qu'il n'y paraît!
De l'Islande, on se déplacera vers un pays détruit par une guerre civile, et là, les notions de cicatrice et de reconstruction prendront un tout autre sens.
Si j'ai trouvé l'intrigue un peu prévisible, j'ai beaucoup aimé l'ambiance établie par Audur Ava Olafsdottir, ainsi que sa plume, tout en douceur. De plus, la construction est originale, grâce aux titres de chapitres qui sont des citations d'autres œuvres, soit de poètes (dont Leonard Cohen) ou de philosophes, mais aussi de la Bible.
Mon préféré de cette auteure reste Rosa Candida, mais Ör arrive pas loin derrière (alors que je n'ai pas trop aimé Le Rouge vif de la rhubarbe).
Ör de Audur Ava Olafsdottir, traduit de l'islandais, 2017, 236 p. Titre de la version originale: Ör.
14 septembre 2025
Diane demande un recomptage
Et c'est bien ce que j'y ai trouvé, mais comme cette fois je m'y attendais, je n'ai pas éprouvé cette petite déception ressentie à la lecture du premier tome. J'ai pu savourer pleinement les dialogues très naturels et rigolos qui ont toujours été la grande force de cette écrivaine.
Dans ce tome-ci, Diane tente de reconstruire sa vie amoureuse et professionnelle après son divorce. Heureusement qu'elle est bien entourée, sa meilleure amie et ses enfants étant toujours là pour la soutenir. Sans oublier son chat à trois pattes, Steve!
J'ai trouvé la fin un peu abrupte. J'ai l'impression que c'est une stratégie pour nous donner envie de lire le troisième tome, et... ça fonctionne!
Diane demande un recomptage de Marie-Renée Lavoie, 2020, 274 p.
30 août 2025
Jamaica Inn (L'Auberge de la Jamaïque)
Première surprise: ça ne se déroule pas en Jamaïque!
Et donc, au lieu de me retrouver dans l'ambiance paradisiaque d'une île des Caraïbes, me voilà téléportée dans les landes froides et brumeuses de la Cornouailles. Après l'Indochine étouffante de Duras*, ça fait un choc!
Ensuite, une constatation: on est dans la lignée des sœurs Brontë, mais en plus facile à lire!
J'ai vraiment adoré la plume de Daphne du Maurier, que je découvrais par le fait même. Oh! bien sûr je la connaissais de nom, son Rebecca est très célèbre (trop même, on dirait que je connais déjà l'histoire sans l'avoir lu!) et l'une de ses nouvelles a inspiré Hitchcock pour The Birds.
J'ai été épatée par la modernité de son héroïne, qui est une jeune femme forte de caractère et indépendante. Elle envisage de ne pas se marier, ne pas avoir d'enfants, elle n'a pas froid aux yeux malgré toutes les péripéties qui lui arrivent... Bon il y a bien un petit passage qui m'a déçue: elle arrive pour la première fois chez un célibataire endurci, sa maison est une vraie soue à cochon, elle se met à faire le ménage, et le dîner en prime! Mais pour un roman publié en 1940, c'est quand même bien, passons-lui ce petit moment de faiblesse.
Bref, ce ne sera pas ma dernière lecture dans sa bibliographie. Dans ma ligne de mire: Ma Cousine Rachel.
*Les billets ne sont pas publiés dans l'ordre où j'ai lu les romans.
Jamaica Inn de Daphne du Maurier, 1941, 320 p. Titre de la traduction française: L'Auberge de la Jamaïque.
03 août 2025
Un barrage contre le Pacifique
J'ai eu l'idée de revisiter l'écrivaine d'un œil adulte, avec un de ses premiers romans, Un barrage contre le Pacifique. Cela m'a permis de comprendre pourquoi j'avais rejetée cette pauvre Marguerite! À l'adolescence, on aime s'identifier aux personnages, on veut des intrigues qui nous font vibrer, nous remplissent d'émotions! On se fiche pas mal de l'écriture, de la beauté des descriptions, etc.
Or, si j'en juge d'après ce roman-ci, Duras c'est tout le contraire. L'intrigue, si elle reste intéressante, présente tout de même beaucoup de longueurs. Quant aux personnages, on ne s'y attache pas du tout, ils sont même carrément antipathiques par moment.
Mais quelle plume! Une plume qui arrive à être à la fois distante, presque froide, et très évocatrice. J'ai adoré les descriptions de l'Indochine des années trente. L'ambiance est extraordinaire, que ce soit lorsqu'on se trouve sur la plantation ou bien en ville. L'exploitation des colons peu fortunés par les fonctionnaires corrompus nous fait rager, mais ce n'est rien par rapport à la situation des indigènes, dont les enfants tombent comme des mouches à cause de la malnutrition.
Trop contente d'avoir renoué avec Marguerite!
Un barrage contre le Pacifique de Marguerite Duras, 1950, 365 p.
22 juillet 2025
La plus secrète mémoire des hommes (abandon)
Tiens, ça faisait un moment que je n'avais pas abandonné un livre... La dernière fois, c'était en 2022!
Ce n'est pourtant pas faute d'avoir tenté de m'accrocher... Je lisais ce roman de l'écrivain sénégalais Mohamed Mbougar Sarr, lauréat du Goncourt, dans le cadre d'une lecture commune avec des participantes du forum Livraddict, activité que j'ai moi-même organisée! Cet abandon constitue donc un peu un faux-pas de ma part...
Mais je n'en peux tout simplement plus du style pompeux, des personnages antipathiques et des discussions interminables sur la littérature. Pourtant, d'habitude les «livres qui parlent de livres» sont tout à fait dans mes cordes, mais là c'est fait d'une façon à la fois très abstraite et condescendante.
Il y a bien quelques passages que j'ai appréciés -- le Christ qui débarque de sa croix pour discuter le bout de gras avec le narrateur m'a bien fait rigoler! Mais ces moments étaient trop rares à mon goût.
Bref, la vie est trop courte, je passe à autre chose!
La plus secrète mémoire des hommes de Mohamed Mbougar Sarr, 2021, 457 p.
20 juillet 2025
Le Gardien du feu
Eh bien, je confirme, c'est une pépite! Cet auteur au nom de personnage de bande dessinée a toute une plume. L'histoire, l'éternel triangle amoureux, pourrait sembler banale, mais elle se distingue par son décor (on est sur la côte bretonne) et son ambiance oppressante, presque gothique. La Pointe du Raz est un lieu désolé, âpre, battu par les vents, et ses habitants ne sont pas spontanément chaleureux envers les étrangers (incluant toute personne venant d'une autre région de Bretagne), ou du moins ils ne l'étaient pas à la fin du XIXe siècle, selon Le Braz.
La plume, très agréable, a un petit côté suranné sans jamais sembler désuète. Quelques expressions bretonnes sont intégrées, faisant couleur locale, avec traduction dans les notes à la fin du volume.
En bonus, j'ai toujours été fascinée par les phares, et une bonne partie de l'intrigue se déroule dans celui où le narrateur vient d'être engagé comme gardien (d'où le titre, vous l'aurez deviné!).
Une excellente découverte! Et la discussion au club de lecture a été fort intéressante, car la fin du roman se prête à différentes interprétations...
Le Gardien du feu d'Anatole Le Braz, 1900, 144 p.
25 avril 2025
Brown Dog (Chien Brun)
Ici, l'on est au Michigan et l'on suit les aventures de Brown Dog, un énergumène toujours emberlificoté dans des manigances louches, qui n'hésite pas à se faire passer pour un autochtone de la tribu Chippewa lorsque cela l'arrange et qui ne pense qu'à baiser, boire et manger. Bien qu'on ne puisse pas dire qu'il soit attachant, ses réflexions sont souvent hilarantes (mais pas du tout correctes politiquement, vous voilà avertis!).
Même si je me suis bien amusée durant la lecture de ce récit, je n'enchaînerai pas toute de suite avec la suite. J'ai l'impression qu'on pourrait facilement se lasser du personnage, je vais donc attendre quelques mois avant de continuer!
Brown Dog de Jim Harrison, roman court inclus dans le recueil du même nom, 77 pages, 1990. Titre de la traduction française: Chien Brun.
17 mars 2025
La Femme du deuxième étage
Ce roman de l'écrivain croate Jurica Pavičić est classé un peu partout comme un roman policier... C'est un brin trompeur, puisque, s'il y a bien un meurtre, la partie enquête policière et procès est très courte. Je trouve qu'on est plus dans un mélange de drame psychologique et de thriller domestique (i.e. un de ces thrillers qui se déroulent au sein d'une famille).
En effet, on alterne entre des chapitres qui se déroulent en prison, où le personnage principal est incarcéré, et des chapitres prenant place une dizaine d'années plus tôt, alors qu'un couple de jeunes mariés vient s'installer au deuxième étage de la maison familiale du mari. C'est surtout cette partie-là qui fait penser à un thriller, puisqu'on observe les engrenages qui se mettent en place pour mener au drame, inéluctable. On sent la tension qui monte, qui monte, c'est très habilement construit.
J'ai aussi bien apprécié le fait que l'histoire se déroule en Croatie, c'est très original et donne lieu à d'intéressantes descriptions des villes et villages, de l'alimentation, etc. Apparemment, ils mangent beaucoup de bettes à carde (que les Français appellent «blettes)!
En terminant ma lecture, j'étais un peu déçue de la fin, qui me semblait tomber un peu à plat... En se disant que ce roman est plutôt un drame psychologique, cette conclusion douce-amère devient beaucoup plus satisfaisante.
La Femme du deuxième étage de Jurica Pavičić, traduit du croate en 2022, 223 pages. Titre de la version originale: Žena s drugog kata (2015)


















