31 décembre 2016

Bye-bye 2016!

Petite année de lecture en 2016, seulement 26!  Il est vrai que j'ai lu plusieurs grosses briques qui ont fait baisser ma moyenne (bonjour M. Proust!)

  1. Les Barbares d'Alessandro Baricco
  2. À l'ombre des jeunes filles en fleur de Marcel Proust
  3. Twelve Years a Slave de Solomon Northup
  4. Jar City de Arnaldur Indridason
  5. Me Talk Pretty One Day de David Sedaris
  6. A Brief History of Time  de Stephen Hawking
  7. Voyage au bout de la nuit de Louis-Ferdinand Céline
  8. The Big Over Easy de Jasper Fforde
  9. Watership Down de Richard Adams
  10. Human Croquet de Kate Atkinson
  11. La Dame de pique, suivi des Récits de feu Ivan Pétrovitch Belkine d'Alexandre Pouchkine
  12. The Girl of His Dreams de Donna Leon
  13. Le Cerveau de Kennedy de Henning Mankell
  14. Tours et détours de la vilaine fille de Mario Vargas Llosa
  15. Gone Girl de Gillian Flynn
  16. Le Côté de Guermantes de Marcel Proust  
  17. Avenue of Mysteries de John Irving
  18. Soudain, seuls d'Isabelle Autissier
  19. The Summons de John Grisham
  20. Histoire de mes bêtes d'Alexandre Dumas
  21. Le Sermon sur la chute de Rome de Jérôme Ferrari
  22. The Book of Air and Shadows de Michael Gruber
  23. Winter of the World de Ken Follett 
  24. La Chaise du maréchal ferrant de Jacques Ferron
  25. La Chambre verte de Martine Desjardins
  26. Sodome et Gomorrhe  de Marcel Proust   

Top 3 de 2016:
Pas beaucoup de gros coups de cœur cette année; le seul qui me soit venu en tête spontanément, c'est Watership Down de Richard Adams.  Pour la deuxième et et la troisième place, j'ai dû scruter la liste pour me les remettre en mémoire.  Ce sont donc des lectures que j'ai beaucoup aimées mais qui n'ont pas été si marquantes que cela: Soudain, seuls d'Isabelle Autissier et The Book of Air and Shadows de Michael Gruber.

Prix Citron 2016:
Peu de coups de cœur mais aussi peu de déceptions cette année.  Si Voyage au bout de la nuit a été une aventure un peu pénible en raison de sa trop grande noirceur, loin de moi l'idée de lui décerner un prix Citron, car j'ai adoré certains passages et je reconnais sa très grande qualité littéraire.

Quelques statistiques:
Sur la liseuse: 11
Traduit de l'italien: 1
Traduit de l'espagnol: 1
Traduit d'une langue scandinave: 2
Traduit du russe: 1
Littérature québécoise: 2 (mince alors, je ne suis pas très fière de cette statistique!)
Lus en VO anglaise: 12

Résolution de lecture 2017:
Depuis quelques années, je me lance à moi-même un défi, soit de lire durant l'année une œuvre qui me fait un peu peur, à cause de son sujet, son style ou simplement son volume!  En 2016, ce fut Voyage au bout de la nuit, avec les résultats que l'on sait (cf ci-dessus).  En 2017, ce sera Moby Dick de Herman Melville!

Je profite de l'occasion, chers amis lecteurs, pour vous souhaiter une belle année de paix, de bonheur et de magnifiques lectures! On se retrouve en 2017!

24 décembre 2016

Sodome et Gomorrhe

C'est avec plaisir que j'ai retrouvé Marcel (c'est ainsi que j'ai surnommé le narrateur dans ma tête, même s'il n'est jamais nommé), Albertine, les Guermantes et tous les autres personnages hauts en couleur du monde de La Recherche.  On fait plus ample connaissance avec le personnel de l'hôtel de Balbec (le directeur et le garçon d'ascenseur sont impayables!) et avec la «petite bande» des Verdurin.  Il y a aussi des pages touchantes, comme lorsque Marcel ressent soudainement l'impact de la mort de sa grand-maman, disparue plusieurs mois plus tôt.

Plus j'avance dans la série, moins je dois me concentrer pour déchiffrer les longues phrases à tiroirs de Proust.  On s'habitue ou bien c'est lui qui met la pédale douce?

Le volume de la série qui m'attirait le moins... À cause du titre, je me doutais qu'il serait question d'homosexualité, ce qui me tentait plus ou moins (je n'ai rien contre, notez bien, c'est tout simplement un thème qui ne m'attire pas en littérature). Effectivement il y a plusieurs passages qui traitent de ce sujet et franchement, les idées qu'on avait là-dessus il y a cent ans, même en se targuant d'être ouvert d'esprit, c'est un peu malaisant (pour utiliser une expression à la mode -- Marcel ne serait pas content!), quoique intéressant d'un point de vue sociologique.

Ce thème donne toutefois lieu à des moments marquants, comme par exemple au tout début (ce tome démarre sur les chapeaux de roue, je vous le dis!) lorsque monsieur de Charlus se fait dire par un autre homme qu'il a un «gros pétard»!  J'ai bien failli m'étouffer en lisant ça!  Le roman finit en force également et j'ai déjà hâte de continuer, surtout que tout du long Marcel n'arrête pas de nous annoncer des trucs terribles sans vraiment rien dévoiler, juste pour piquer notre curiosité -- ça a fonctionné dans mon cas!


Sodome et Gomorrhe (À la recherche du temps perdu, tome 4)  de Marcel Proust, 1921-22, 648 p.

14 novembre 2016

La Chambre verte


Sans être une lecture marquante, voici un petit roman divertissant et original.  Original surtout parce que la narratrice est la maison même où se déroule l'action et où se trouve la chambre verte du titre, en fait la chambre forte aux murs tapissés de pièces de monnaie où la famille Delorme de Ville Mont-Royal entasse depuis des années l'argent qui est non seulement leur obsession mais aussi leur religion, littéralement.  Les personnages, détestables à souhait, sont un peu caricaturaux, mais ne boudons pas notre plaisir, on passe un bon moment en leur compagnie!


La Chambre verte de Martine Desjardins, 2016, 247 p.


http://chezyueyin.org/blog/?p=6599

03 novembre 2016

La Chaise du maréchal ferrant

Une première rencontre pas entièrement convaincante avec Jacques Ferron, un écrivain considéré comme un classique de la littérature québécoise...

On ne s'ennuie pas et il y a plein de petits détails vraiment chouettes dans ce conte qui rappelle les légendes de type chasse-galerie avec en plus un petit côté politique puisqu'on y rencontre des personnages réels comme Maurice Duplessis et William Lyon Mackenzie King.  Il y est aussi question de plusieurs personnes portant le même nom, du diable qui a élu domicile dans une taverne de Montréal et d'une chaise magique qui permettra à un orphelin illettré de devenir sénateur.

Où donc est le bobo? J'ai en fait de la difficulté à le situer.  Peut-être est-ce le style d'écriture un peu archaïque (volontairement je suppose) ou l'abondance de termes régionaux qui m'étaient inconnus (l'action se déroule principalement dans le Bas du fleuve).  Toujours est-il que je n'ai pas réussi à m'intéresser vraiment à l'histoire.

J'aurais aimé un billet plus enthousiaste pour cette première participation à l'édition 2016 de Québec en novembre (cliquez sur le logo pour plus de détails) organisé par les copines Karine et Yueyin; j'espère me reprendre avec ma lecture suivante, La Chambre verte de Martine Desjardins.


La Chaise du maréchal ferrant de Jacques Ferron, 1972, 223 p.


http://moncoinlecture.com/2016/10/quebec-novembre-2016-5e-edition-recapitulatif-billets/

23 octobre 2016

Winter of the World (L'Hiver du monde)

The Century, tome 2.

Ouh que j'ai eu peur!  Alors que j'avais adoré le premier tome de cette trilogie, les premières pages de ce deuxième opus m'ont semblé presque pénibles.  Le style de Follett me semblait beaucoup moins fluide que celui auquel il nous a habitué, mais c'est peut-être dû au fait que le premier chapitre est raconté du point de vue d'une fillette de onze ans.  Les personnages me semblaient un peu clichés: les parents sont des sociaux-démocrates allemands, leur fils ado s'engage dans les Jeunesses hitlériennes (on est en 1933);  dans une autre famille, le père est sympathisant nazi, ils ont un fils handicapé, on ne devine pas du tout ce qui va se passer, n'est-ce pas?

Heureusement, après quelque chapitre le tout s'améliore grandement et j'ai vraiment embarqué dans l'histoire.  J'ai particulièrement apprécié les passages qui se déroulent à Berlin avant, pendant et après la guerre, cela m'a rappelé l'excellent Seul dans Berlin de Hans Fallada, et ceux qui ont lieu dans le Pacifique, un aspect de la Deuxième Guerre mondiale beaucoup moins exploité en littérature.  Cela m'a même permis de rafraîchir quelques notions historiques un peu floues dans mon cerveau: je ne me souvenais pas qui avait gagné la bataille de Midway, c'était donc un vrai suspense!

Comme toujours chez Follett, les personnages sont très attachants et crédibles.  ***Attention, divulgâcheur!  Il m'a seulement semblé que la jeune femme allemande, Carla, se remettait un peu trop bien du viol collectif qu'elle a subi; sa sérénité est bien peu plausible. Fin du divulgâcheur.***

Aussi, c'est mon imagination ou il y a beaucoup plus de scènes de sexe dans ce deuxième tome? Est-ce dû à la popularité grandissante du «mommy porn» (Fifty Shades, etc)?  J'ose espérer que ce n'est qu'un hasard et que ce cher Ken ne s'est pas laissé influencer par un simple effet de mode.
 


Winter of the World (The Century, tome 2) de Ken Follett, 2012, 910 p.  Titre de la traduction française: L'Hiver du monde.



05 octobre 2016

C'est l'automne!

Eh oui!  Les oies sauvages volent en V vers leurs quartiers d'hiver, les écureuils cachent leurs provisions dans mes boîtes à fleurs et les blogueurs préparent leur PAL pour Québec en novembre!

En effet c'est officiel, cet événement marquant de la blogosphère organisé par Karine et Yueyin aura lieu de nouveau cette année! Youpi! 

Au programme: je pense profiter de l'occasion pour faire la connaissance d'un écrivain québécois important, Jacques Ferron.  Je sais, il y a d'énormes trous dans ma culture québécoise! J'ai dans la PAL quatre de ses œuvres qui me viennent de mon père (Contes du pays incertain, Le Salut de l'Irlande, La Chaise du maréchal ferrant et Papa boss), peut-être pas les plus connues et je ne sais trop par laquelle commencer, donc je suis ouverte à vos suggestions parmi ces quatre titres.

Pour la suite, ce sera selon l'inspiration du moment, soit dans la LAL-prêt numérique ou à la bibliothèque municipale -- il y a une éternité que je n'y suis pas allée!

Et vous, pensez-vous participer? Que lirez-vous?

Magnifique logo, soit dit en passant!

25 septembre 2016

The Book of Air and Shadows (Le Livre de l'air et des ombres)


Quel excellent thriller!  Beaucoup d'humour et de références littéraires et cinématographiques, une intrigue assez complexe pour que le lecteur se sente intelligent (c'est toujours agréable), une chasse au trésor à la Da Vinci Code mais sans le côté mystico-ésotérique qui en agace plus d'un, et surtout beaucoup mieux écrit!

L'intrigue?  Un manuscrit du XVIIe siècle découvert dans la reliure d'un vieux livre pourrait conduire à un trésor d'une valeur inestimable, une pièce inédite de William Shakespeare!  Mais des bandits ont aussi flairé la piste et mènent la vie dure aux deux héros, un avocat coureur de jupons et un jeune employé d'une librairie spécialisée en livres rares. Ai-je besoin d'en dire plus?

Un vrai plaisir de lecture!


The Book of Air and Shadows de Michael Gruber, 2007, 466 p.  Titre de la traduction française: Le Livre de l'air et des ombres.

14 septembre 2016

Le Sermon sur la chute de Rome

En 1918 en Europe, un monde s'écroule comme le monde romain s'était écroulé au IVe siècle de notre ère.  Le monde s'écroule mais les humains restent, qui tentent chacun à sa façon d'en reconstruire un nouveau.  Mais l'humain n'est pas dieu et tout ce qu'il construit, il finit par le détruire.

Appuyé par des extraits d'un fameux sermon de saint Augustin, ce livre de Jérôme Ferrari raconte les efforts de trois générations d'une famille corse pour rebâtir leur monde, s'inscrivant ainsi dans une suite de cycles vieille de milliers d'années.  Un roman intéressant et fort bien écrit mais dont les longues phrases quasi-proustiennes demandent une certaine concentration -- mauvais choix pour une salle d'attente bondée, comme j'en ai fait l'expérience!


Le Sermon sur la chute de Rome de Jérôme Ferrari, 2012, 203 p.

08 septembre 2016

Histoire de mes bêtes

Une expérience en dents de scie que cette lecture!

Si j'ai beaucoup apprécié l'humour de Dumas, son esprit raffiné, ses descriptions d'une grande acuité de ses congénères humains et celles des animaux, tant domestiques (chiens, chats, poules) qu'exotiques (singes, perroquet, vautour!) qu'il avait adoptés, j'ai été troublée par quelques scènes de brutalité.  À l'époque, on trouvait normal, pour dresser un chien, de le rouer de coups, voire de lui faire subir ce qui pourrait s'apparenter à de la torture. Il y a aussi plusieurs scènes de chasse (Dumas en était friand), alors si ce sujet vous indispose, ce livre n'est vraiment pas pour vous.  Il faut aussi savoir que dans plusieurs chapitres, le thème animalier est prétexte à d'importantes digressions sur des sujets politiques, littéraires ou sociaux, que personnellement j'ai trouvées intéressantes quoique hors sujet!


Histoire de mes bêtes d'Alexandre Dumas, 1867, 241 p.

02 septembre 2016

The Summons (L'Héritage)

Toujours un plaisir de retrouver ce bon vieux Grisham.  Son style simple et direct repose les neurones et permet de se concentrer entièrement sur l'intrigue:  d'où viennent ces trois millions de dollars que le héros a trouvés dans une garde-robe chez son défunt père, un juge à la retraite d'une probité légendaire, et qui sont ces méchants qui veulent s'emparer du magot?

Après un début un peu lent, je me suis prise au jeu et j'ai dévoré ce bouquin en deux jours!  La bonne nouvelle c'est que j'en ai plusieurs autres de cet auteur dans ma PAL, gracieuseté de ma belle-mère, dont notamment celui publié juste après celui-ci (The King of Torts), et qui en est je pense plus ou moins la suite car il y a un personnage secondaire dont ce titre est le surnom (qui signifie «le roi des recours collectifs», si j'ai bien compris).


The Summons de John Grisham, 2002, 373p.  Titre de la traduction française: L'Héritage.

30 août 2016

Soudain, seuls

Tout d'abord, disons que cette couverture est vraiment magnifique et que, avec son fini glacé en plus, elle transmet parfaitement l'atmosphère dans laquelle on se trouve plongé après quelques pages.

En effet, Isabelle Autissier nous entraîne sur une île déserte de l'Atlantique Sud, en compagnie d'un couple de trentenaires naufragés, de phoques et de manchots.  Ce qui arrive à leur relation lorsque la faim, le désespoir, l'instinct de survie se manifestent, voilà ce qu'analyse Autissier d'une plume fine,  sobre et d'un grand réalisme, à tel point que je me suis demandé à plusieurs reprises, sachant par ailleurs que l'auteure est navigatrice, s'il ne s'agissait pas d'une histoire vraie!

Il faut avouer aussi que j'ai toujours été fascinée par les histoires où les personnages se retrouvent isolés, confrontés à eux-mêmes et doivent apprendre à se débrouiller avec les moyens du bord, que se soit à cause d'un cataclysme (La Route, Le Mur invisible de Marlen Haushofer), d'un isolement plus ou moins volontaire (La Survivance, D'où viens-tu, berger?) ou d'un naufrage (les romans de Jules Verne quand j'étais enfant, Vendredi ou les limbes du Pacifique de Michel Tournier, Lord of the Flies).  Ce qui est un peu absurde, c'est que je n'ai pas lu Robinson Crusoé!

Un roman qui se lit en quelques heures mais dont les personnages restent avec vous bien plus longtemps...


Soudain, seuls d'Isabelle Autissier, 2015, 248 p.

27 août 2016

Avenue of Mysteries (Avenue des mystères)

Bon, j'ai fait un petit accroc à ma résolution de ne lire que des bouquins de ma PAL (papier ou numérique) cet été;  mais comment résister à un nouveau roman d'un de mes auteurs chouchous, mon cher John Irving!

Il faut avouer que mon écrivain chéri n'est pas toujours égal à lui-même.  Malgré ses qualités certaines, Until I Find You ne m'avait pas entièrement convaincue, mais j'avais cru retrouver le Irving des bonnes années avec Last Night in Twisted River.  Je n'ai pas lu le roman suivant, In One Person, dont le sujet, la bisexualité, m'attire peu.

Avenue of Mysteries me laisse ambivalente.  J'ai adoré les parties qui se déroule durant l'adolescence du personnage principal au Mexique.  Il est entouré de plusieurs personnages pittoresques, dont notamment sa petite soeur Lupe, qui sait lire dans les pensées et parle un langage mystérieux que lui seul comprend, ce qui est heureux car elle dit tout ce qui lui passe par la tête!  Comme toujours chez Irving le thème du Destin est fortement présent, auquel s'ajoute ici celui de la religion catholique.

Par contre, les parties qui se déroulent de nos jours m'ont moins plu.  Ce n'est pas inintéressant, mais la passivité du personnage, maintenant un écrivain célèbre dans la cinquantaine, m'a agacée de même que sa confusion et ses tergiversations au sujet des médicaments qu'il prend pour sa pression: a-t-il pris une ou deux pilules hier, devrait-il en prendre une aujourd'hui malgré les effets secondaires, prendra-t-il un demi-comprimé de Viagra pour compenser, etc.  Lors d'un voyage aux Philipines, il fait la connaissance de deux femmes mystérieuses mais peu sympathiques et je n'ai pas aimé les passages où elles figuraient.

C'est du Irving, ça ne peut pas être mauvais!  N'empêche, je suis un peu déçue, même si dans l'ensemble j'ai passé de bons moments. 


Avenue of Mysteries de John Irving, 2016, 454 p. en version numérique.  Titre de la traduction:  Avenue des mystères.

11 août 2016

Le Côté de Guermantes


***Attention, divulgâcheur!***

Encore un plaisir de retrouver mon cher Marcel et son style incomparable.  D'ailleurs, est-ce moi qui s'y habitue?  Ses phrases m'ont semblé moins tarabiscotées dans ce tome-ci.  Par contre, amateurs d'action, s'abstenir: à part le passage (émouvant) de la mort de la grand-maman et une bonne engueulade avec monsieur De Charlus, il ne se passe à peu près rien dans ce tome.  On dirait même que Proust évite volontairement tout ce qui pourrait mettre un peu d'animation!  Ainsi, le narrateur glisse nonchalamment qu'il s'est battu en duel, sans donner plus de détails, simplement pour discuter du vocabulaire utilisé par Albertine pour décrire ses témoins!  Était-ce si banal, un duel, à la fin du XIXe siècle?

Proust continue plutôt sa description de la société qui l'entoure, société maintenant très divisée au plus fort de l'Affaire Dreyfus qui fait ressortir l'antisémitisme presque omniprésent.   Grâce aux rencontre faites à Balbec dans le tome précédent, le narrateur réussit à s'introduire dans le monde de la noblesse, qu'il nous décrit avec humour.  Comme il le remarque lui-même, on s'y perd un peu dans tous ces titres, un même personnage pouvant en changer (ainsi la princesse des Laumes du premier tome est-elle devenue la duchesse de Guermantes à la mort de son beau-père) mais en plus, depuis l'Empire, le même titre a pu être attribué à quelqu'un alors qu'il appartenait déjà à quelqu'un d'autre!  Une chatte y perdrait ses chatons!

En même temps, il poursuit son étude du pouvoir d'évocation des mots et s'amuse du langage coloré de sa bonne Françoise comme de celui de la noblesse, mêlé tour à tour d'expressions bourgeoises à la mode ou  «Vieille France».

Par contre il nous laisse sur un genre de cliffhanger (y a-il un équivalent français à cette expression? L'OLFQ suggère suspens, mais ça ne me semble pas tout à fait la même chose) et sur une révélation-choc au sujet de Swann dans les toutes dernières pages du roman.  J'ai donc déjà hâte de continuer la série, malgré le titre peu invitant du tome suivant: Sodome et Gomorrhe, et si je ne m'étais pas engagé dans une opération PAL estivale (la dite PAL commençant à prendre vraiment trop d'ampleur), je m'y plongerais peut-être tout de suite!


Le Côté de Guermantes (À la recherche du temps perdu, tome 3) de Marcel Proust, 1920-1921, 547 p. en version numérique. L'illustration ci-dessus ne correspond pas à l'édition que j'ai lue.

31 juillet 2016

Un nouveau Harry Potter?!?

Calmons-nous, il ne s'agit pas d'un roman mais bien du texte d'une pièce de théâtre qui est jouée à Londres cet été, texte qui sort en librairie aujourd'hui même.  Et Harry Potter and the Cursed Child (Harry Potter et l'enfant maudit) n'est pas écrit par JKR, bien que son nom apparaisse en premier sur la couverture.  Elle aurait semble-t-il donné l'idée de départ de la pièce.

HP est maintenant adulte, marié à Ginny et travaille au ministère de la Magie.  C'est son fils Albus qui va à l'école des sorciers, et ce serait lui l'enfant maudit du titre.  On se retrouve donc juste après l'épilogue du septième roman, Harry Potter and the Deathly Hallows.

Je n'ai pas encore décidé si j'allais le lire.  J'ai peur d'être déçue, et surtout j'ai trouvé la fin de la série si parfaitement satisfaisante que je ne vois pas bien l'utilité d'y revenir.  Peut-être, si les critiques sont unanimement dithyrambiques...

Et vous, pensez-vous le lire, attendiez-vous cette sortie avec impatience?


16 juillet 2016

Bizarre autant qu'étrange...

En consultant les statistiques de mon blogue, j'ai pu constater que cette semaine, quelqu'un a abouti ici en gougoulant les mots-clés sexe riel touch hobbit.

Quelqu'un peut m'expliquer?

15 juillet 2016

Gone Girl (Les Apparences)

Lorsque le film tiré de ce thriller de Gillian Flynn est sorti en salle, j'ai entendu des collègues de travail en discuter et elles ont lâché un gros divulgâcheur avant que je puisse les interrompre... Grrr!  J'ai ensuite reçu le livre en cadeau et je me suis dit qu'il fallait que j'oublie ce que j'avais entendu avant de le lire...  Facile à dire, impossible à faire, hein?

Un an et demi plus tard, en pleine opération «Diminution de PAL - été 2016», j'ai décidé de le lire même si le divulgâcheur était toujours frais dans ma mémoire.  C'était ça ou je me débarrassais du livre non lu, comme j'ai fait il y a quelques années avec Mystic River de Dennis Lehanne (j'avais vu le film, et il a été impossible d'en effacer la fin de mon cerveau!).

Heureusement, ce que j'avais appris, que je croyais être l'équivalent de l'identité de l'assassin qu'Hercule Poirot dévoile à l'avant-dernière page, était finalement un revirement de situation qui survient au milieu du roman.  À partir de là, j'étais donc dans le noir total, et j'ai pu découvrir la suite de ce thriller comme l'auteure l'avait conçu.  Mais même dans la première moitié, j'ai pu apprécier la construction du récit, ce qui fait bien ressortir toute l'habileté de Gillian Flynn, la force de sa plume, car d'habitude, le moindre divulgâcheur m'empêche de me concentrer sur l'intrigue et me fait décrocher.

J'ai particulièrement aimé l'alternance entre la narration des faits du point de vue du mari et des extraits du journal intime de sa femme, relatant l'évolution de leur relation.  Ça commence comme une comédie romantique légère et humoristique, puis le malaise s'installe...  En même temps qu'une analyse du couple des années 2000 d'une grande finesse - et plutôt noire, disons-le - Flynn trace le portrait d'une petite ville du Sud des États-Unis post-récession, avec le chômage engendré par les changements technologiques, avec les maisons abandonnées, les centres d'achat laissés à l'abandon.

Un suspense intelligent et efficace,  une auteur que je vais relire à la première occasion!


Gone Girl de Gillian Flynn, 2012, 419 p.  Titre de la traduction française: Les Apparences.

07 juillet 2016

Tours et détours de la vilaine fille

Le «bon garçon» est éperdument amoureux de la «vilaine fille».  Lui, péruvien dont la seule ambition dans la vie était de vivre à Paris; elle, mythomane et manipulatrice, qui le quitte et revient encore et encore, chaque fois comme une tornade qui laisse en lambeau la vie du bon garçon.  Et pourtant, malgré tous ces défauts, malgré tout ce qu'elle fait subir à ce pauvre bon garçon qu'on aurait envie de secouer, Mario Vargas Llosa arrive à la rendre attachante. C'est un vrai tour de force!

En parallèle, on suit sur plusieurs décennies l'évolution de la société à Paris et à Londres dans la deuxième moitié du XXe siècle, ainsi que les bouleversements politiques en Amérique du Sud à la suite de la révolution cubaine, situation que surveille notre bon garçon de l'extérieur, grâce à ce qu'il lit dans les journaux et dans les lettres de son oncle resté au Pérou.

Je découvre la plume, élégante et sans fioriture, de ce prix Nobel de littérature un peu par hasard.  C'est Gropitou qui a acheté ce bouquin dans une vente de charité, simplement, je le soupçonne, parce qu'il trouvait le titre rigolo!  J'ai apprécié l'humour subtil et la fine analyse psychologique de cet écrivain, alors si vous avez d'autres titres à me suggérer, je suis preneuse!


Tours et détours de la vilaine fille de Mario Vargas Llosa, traduit de l'espagnol (Pérou),  2006, 417 p. Titre original:  Travesuras de la niña mala.

01 juillet 2016

Le Cerveau de Kennedy

Quelle laideur, cette couverture!  Ça n'a peut-être l'air de rien, vu en tout petit, comme ça, mais en grandeur réelle, ça fait peur!  Je ne pouvais pas m'imaginer que ces yeux globuleux et ces couleurs criardes seraient la première vision que j'aurais le matin, sur ma table de chevet.  Et ça, c'est le test suprême!  Celles qui échouent se font recouvrir presto.  Dans ce cas-ci je n'ai même pas eu cette peine, il suffisait d'enlever la jaquette pour pouvoir se reposer les globes oculaires sur la jolie page blanche encadrée de vert foncé des éditions du Seuil.

J'avertis tout de suite les amateurs de théories du complot kennedyesque, il sera fort peu question de l'assassinat du Président des États-Unis dans ce livre du regretté Henning Mankell.  Le cerveau en question, qui a disparu durant l'autopsie, est plutôt le symbole des machinations ourdies par les puissants pour nous cacher la vérité, et le point de départ du roman, dont l'intrigue tourne en fait autour de l'Afrique, du SIDA et du refus d'une mère d'accepter le supposé suicide de son fils. Un excellent suspense qui nous entraîne de la Suède au Mozambique en passant par l'Australie, la Grèce et Barcelone et qui m'a fait penser à La Constance du jardinier de John Le Carré.


Le Cerveau de Kennedy de Henning Mankell, 2005, traduit du suédois en 2009,  392 p.  Titre original: Kennedys hjärna.

22 juin 2016

The Girl of His Dreams (La Petite Fille de ses rêves)

Comme j'avais gardé un excellent souvenir de ma première rencontre avec ce cher Commissario Brunetti, j'avais peut-être de trop hautes attentes.  Si bien que j'ai eu un peu de difficulté à accrocher au début de cette lecture.  Je trouvais le style un peu lourd, les dialogues ampoulés.  L'action prend du temps à démarrer: il faut attendre la page 98 avant que le moindre crime soit commis! En plus ça commence par un enterrement, c'est un peu tristounet...

Heureusement, après quelques chapitres, j'ai pu me remettre dans l'esprit et j'ai finalement bien apprécié retrouver la ville de Venise, que Donna Leon nous fait voir de l’œil de ceux qui y résident.  Les désagréments d'être envahis par les touristes au point de rendre les déplacements difficiles, les magouilles politiques et mafieuses, l'omniprésence de l'Église et en particulier dans ce roman-ci, les problèmes chroniques avec la communauté gitane... oups, il faut dire rom, comme se le fera dire Brunetti à plusieurs reprise, rectitude politique oblige!  Mais aussi le plaisir, sur le chemin du travail, d'entrer dans une église quelques minutes pour admirer une œuvre de Tintoretto.

J'ai un autre roman de cette série dans ma PAL et j'ai déjà hâte de m'y replonger.  Il faudra juste que je me rappelle que c'est une lecture qui va piano!


The Girl of His Dreams de Donna Leon, 2008, 276 p.  Titre de la traduction française: La Petite Fille de ses rêves (2011).

16 juin 2016

La Dame de Pique

(suivi des Récits de feu Ivan Pétrovitch Belkine)

Comme l'édition numérique de ce recueil de nouvelles de l'écrivain russe Pouchkine ne comportait pas de page couverture, j'ai demandé à mon ami Gougoule de m'en présenter plusieurs modèles et j'en ai volontairement choisi un qui a un petit air vieillot, afin de représenter le fait que j'ai lu la traduction de Prosper Mérimée (et celle d'André Gide pour les Récits), et non une version plus récente.

Il y a un bon moment que je n'avais lu d'auteurs russes.  Il y a eu Le Maître et Marguerite de Boulgakov en 2011, mais avant ça je crois que ça remonte à une vingtaine d'années avec Guerre et Paix et Anna Karénine de Tolstoï.  J'aime beaucoup cette littérature, si ce n'est qu'on se mélange toujours dans les nombreux personnages, qui sont désignés parfois par leur patronyme, parfois par leur prénom, parfois encore par leur surnom: ça peut prendre un certain temps à comprendre que Alexis et Alioucha, par exemple, sont une seule et même personne!  Ici, comme ce sont des nouvelles, cet écueil est facile à surmonter car il y a peu de personnages.

La première nouvelle est charmante, avec une touche de fantastique et une chute inattendue.  Malheureusement, je connaissais déjà les trois-quarts de l'intrigue à cause du résumé trop bavard de la page de téléchargement du site Ebooks libres et gratuits (je vais leur écrire à ce sujet; excellent site par ailleurs, leurs livres numériques sont généralement d'excellente qualité).  Moi qui déteste les divulgâcheurs, cela a un peu gâté mon plaisir.

Les autres nouvelles sont assez amusantes et dépaysantes mais plusieurs ont une fin abrupte qui nous laisse sur notre faim.  Ma préférée est La Demoiselle-paysanne, une sorte de Roméo et Juliette à la russe!


La Dame de pique, suivi des Récits de feu Ivan Pétrovitch Belkine de Alexandre Pouchkine,  1834, 108 p. en version numérique.

11 juin 2016

Human Croquet (Dans les replis du temps)

Une lecture qui me permet de participer une troisième fois  au défi Le Mois anglais tout en faisant encore un peu baisser la PAL (ce qui sera mon but dans les prochains mois)...

Excellent roman sur le thème des disparitions, apparitions et réapparitions...  Et sur le temps qui passe, et qu'on peut peut-être remonter? Isobel, la jeune narratrice, est-elle plutôt victime d'hallucinations causée par le départ de sa maman dont elle ne s'est jamais remise, ou bien se retrouve-t-elle dans des réalités alternatives, où tout est presque pareil et complètement différent?

Sur une note un peu mélancolique, Kate Atkinson sait trouver un équilibre entre le drame et l'humour dans cette histoire où  passé et présent se mêlent et se répondent et dont est témoin le grand chêne qui porte, dit la légende, les initiales gravées par William Shakespeare lui-même!


Human Croquet de Kate Atkinson, 1998, 349 p.  Titre de la traduction française: Dans les replis du temps.

Le Mois anglais

09 juin 2016

Watership Down (Les Garennes de Watership Down)

(Journée thématique du Mois anglais: la campagne anglaise.)

Je ne sais plus trop où j'ai entendu parler de ce bouquin de Richard Adams pour la première fois, il y a plusieurs années.  Peut-être dans le défunt et regretté blogue de Booklady?  Ce qui est sûr, c'est qu'on le retrouve souvent dans les listes du style «Les 100 livres qui...» chez les anglos.  C'est, paraît-il, un classique de la littérature jeunesse britannique, du genre qui plaît aussi aux adultes, un peu comme Alice au pays des merveilles ou Bilbo le Hobbit. J'avais voulu le noter sur ma LAL mais il n'était pas offert dans les succursales de la bibliothèque municipale que je fréquente, et quant à le faire venir d'une autre succursale, je suis une lectrice trop désorganisée pour cela!

J'étais donc enchantée lorsque je l'ai déniché à la vente des Amis de la bibliothèque de Montréal. Et hop! dans la PAL!  Quelques jours plus tard, hop! hors de la PAL!  Rarement un livre y aura séjourné aussi peu longtemps.  C'est que d'habitude, j'essaie (avec plus ou moins de succès) de commencer par les livres plus anciens, question qu'il n'y en ait pas qui finisse par passer dix ans au bas de la pile.  Mais là, il correspondait exactement et mieux que tout autre à ce que j'avais envie de lire après la grisaille pénible que fut Voyage au bout de la nuit, ma lecture précédente*.  Quelque chose de léger, de lumineux...

Lumineux, c'est exactement ça!  C'est un livre sur l'amitié, le courage, la liberté, contre la tyrannie des régimes totalitaires, pour le libre choix...  Mais ce récit des aventures d'un groupe de jeunes lapins qui a fui in extremis sa garenne menacée de destruction par la civilisation humaine est aussi, contre toute attente, presque un thriller dont certains passages m'ont tenue au bout de mon siège et dont d'autres m'ont arraché quelques larmes!

J'ai lu quelques bons livres dans les derniers mois mais aucun ne fut vraiment marquant...  Celui-ci est le premier qui a une bonne chance de figurer dans mon «Top 3» lors du prochain bilan annuel. 


*Les plus observateurs l'auront remarqué, l'ordre de parution des billets ne respecte pas l'ordre de lecture, pour cause de journées thématiques du Mois anglais!


Watership Down de Richard Adams, 1972, 478 p.  Titre de la traduction française: Les Garennes de Watership Down.
 
Le Mois anglais

05 juin 2016

The Big Over Easy

(Journée thématique du Mois anglais: Meurtre à l'anglaise)

Quel plaisir de retrouver mon cher Jasper Fforde!  Dans cette série tout aussi inclassable que celle de Thursday Next, on suit les aventures de Jack Spratt, officier en charge de la Nursery Crime Division, section mal-aimée du service de police de la ville de Reading qui enquête sur les crimes reliés aux personnages de contes et de comptines.  Ainsi dans ce tome-ci, on tente de faire la lumière sur la mort d'Humpty Dumpty, retrouvé en miettes au pied de son mur.  Suicide, accident ou meurtre?  Il est aussi question de l'assassinat du Grand Méchant Loup dont ont été innocentés les Trois Petits Cochons.

Je me suis beaucoup amusée à lire ce pastiche des romans policiers classiques qui tourne affectueusement en dérision les poncifs du genre.  J'ai particulièrement apprécié les extraits d'articles de journaux et de documents officiels en exergue de chaque chapitre, où par exemple, afin d'éviter les clichés dans les investigations, on interdit aux gens qui promènent leur chien de trouver un cadavre dans un parc ou encore que le majordome soit trouvé coupable.

Ma seule frustration a été de ne pas comprendre toutes les allusions, ma culture étant limitée en ce qui concerne les comptines anglaises. Ainsi je n'avais jamais entendu parler de Willie Winky et de plusieurs autres personnages.  J'ai donc trouvé cette série moins jubilatoire que celle de Thursday Next, à laquelle je retournerai sans doute pour ma prochaine rencontre avec mon Jasper chéri.


The Big Over Easy de Jasper Fforde, 2005, 398 p.  Non traduit.


http://www.myloubook.com/archive/2016/05/31/mois-anglais-2016-le-billet-recap.html
Le Mois anglais

27 mai 2016

Good Golly! It's English Month again, old chap!

Hé oui!  C'est bientôt de nouveau le temps de dépoussiérer vos Agatha Christie et vos Sherlock Holmes, de faire chauffer l'eau pour le thé et de vous installer pour une lecture bien British... En juin c'est le Mois anglais organisé depuis plusieurs années par les blogueuses Lou et Cryssilda (Titine ne fait pas partie de l'équipe cette année).

Pour participer, il s'agit comme d'habitude de lire un ou plusieurs romans écrits par un auteur britannique ou qui parle de l'Angleterre, de nous décrire votre série télé anglaise ou votre recette de plum pudding préférées, nous faire le récit de votre voyage à Londres, etc.  Plusieurs lectures communes et journées thématiques sont d'ailleurs prévues qui pourraient vous inspirer. 

Comme je l'ai déjà dit en ce modeste salon, la littérature anglaise et moi on a vraiment des atomes crochus.  C'est donc avec plaisir que je participerai cette année encore.  J'ai déjà un billet en banque: Watership Down de Richard Adams (parution prévue le 9 juin pour la journée «campagne anglaise»).  Je pense lire au moins un autre roman, sans doute un Jasper Fforde que j'ai dans ma PAL, et peut-être ensuite un autre, c'est à voir.

Cheerio!


Addendum: Le billet récapitulatif est ici!


23 mai 2016

Ah pie beurre dé!

Dix ans déjà!  J'ai lu... a dix ans J'ai peine à le croire!  J'ai commencé ce blogue en mai 2006 tout simplement parce que j'avais envie d'écrire et que depuis que j'ai fini mes études je n'en avais plus l'occasion.  Écrire sur quoi alors?  Pourquoi pas tenir un journal de mes lectures? Dire que je me pensais super-originale!

Si vous relisez mes premiers billets, vous constaterez qu'il s'agit plus de mes impressions en cours de lecture.  Il y a donc souvent plusieurs billets pour un seul livre!  Le concept s'est raffiné au cours des mois et je me suis aperçu qu'il était plus intéressant, tant pour moi que pour mes lecteurs, que tout soit regroupé en un seul billet par livre.  Cette réalisation s'est faite en relisant mes propres billets mais surtout les vôtres chères amies blogueuses ou ex-blogueuses! (Dans la blogosphère littéraire, le féminin l'emporte sur le masculin, c'est bien connu!)

Pour fêter cet anniversaire, j'ai pensé faire une petite récapitulation de tous mes «Top 3» annuels.  En 2006 je n'avais pas fait de bilan annuel, je choisis donc a posteriori deux titres qui me semblent avoir été plus marquants.  Je trouve assez représentatif le portrait que cela trace de la lectrice que je suis.  On y trouve des classiques comme des trucs récents, des best-sellers comme des bouquins semi-confidentiels, et ce dans différents genres littéraires et de différentes nationalités.

2006
 Ensemble, c'est tout d'Anna Gavalda
The Plot Against America de Philip Roth (deux billets sur ce livre: le premier et le deuxième)

2007
 The Thirteenth Tale de Diane Setterfield
Harry Potter and the Deathly Hallows de J.K. Rowling
The Remains of the Day de Kazuo Ishiguro

2008
 Le Vieux qui lisait des romans d'amour de Luis Sepulveda
D'où viens-tu, berger de Mathyas Lefébure
L'Ombre du vent de Carlos Ruiz Zafon

2009
Champagne de Monique Proulx
Fingersmith de Sarah Waters
The Grapes of Wrath de John Steinbeck

2010
(Impossible cette année-là de n'en choisir que trois!  Ce fut une bonne année de lecture, on dirait!)
The Sparrow de Mary Doria Russell
The Prince of Tides de Pat Conroy
The Book Thief de Markus Zusak
Un Ange cornu avec des ailes de tôle de Michel Tremblay
The Enchanteress of Florence de Salman Rushdie
Ma Vie avec ces Animaux qui guérissent de Victor-Lévy Beaulieu
 
2011
(Encore là, plus que trois et j'avais ajouté une catégorie «non-fiction»)
Fiction:
Du bon usage des étoiles de Dominique Fortier
Great Expectations de Charles Dickens
La Petite Fille qui aimait trop les allumettes de Gaétan Soucy
Lord of the Flies de William Golding
Non-fiction:
A Short History of Nearly Everything de Bill Bryson
Voyage d'un Européen à travers le XXe siècle de Geert Mak

2012
The Road de Cormac McCarthy
Seul dans Berlin de Hans Fallada
Les Braises de Sandor Marai

 
2013
La Survivance de Claudie Hunzinger
The Old Man and the Sea d'Ernest Hemingway
Atonement d'Ian McEwan

2014
Regain de Jean Giono
The Call of the Wild de Jack London
Jonathan Strange & Mr Norrell de Susanna Clarke
  
2015
Confiteor de Jaume Cabré
Le Royaume d'Emmanuel Carrère
À l'Ouest rien de nouveau de Erich Maria Remarque
Mentions honorables:
Pieds nus dans l'aube de Félix Leclerc
Fall of Giants de Ken Follett

Merci chers amis lecteurs, fidèles de la première heure ou nouveaux venus, merci de me lire, merci de vos commentaires toujours appréciés!  C'est reparti pour un autre dix ans!

*******

Addendum: Et ça continue...

2016
Watership Down de Richard Adams
Soudain, seuls d'Isabelle Autissier
The Book of Air and Shadows de Michael Gruber


21 mai 2016

La Bibliothèque, la nuit, l'exposition


Que vous aimiez autant que moi les bibliothèques ou non, cette exposition présentée à la Grande Bibliothèque (BAnQ) est à voir!

Inspirée de l'oeuvre d'Alberto Manguel (qu'il n'est pas nécessaire d'avoir lue auparavant) cette expo imaginée par nul autre que Robert Lepage vous fait visiter une dizaine de bibliothèques, réelles ou imaginaires, en réalité virtuelle. C'est absolument époustouflant! En bonus, le texte narré par Manguel lui-même est fort intéressant.

Pour plus d'info: 

Il vaut mieux acheter les billets quelques jours à l'avance, en ligne, bien que les animateurs (très gentils et patients avec les personnes moins à l'aise avec la technologie) m'aient dit qu'on peut tenter sa chance et réserver le jour même, sauf le samedi et le mardi (où c'est gratuit) qui sont les journées les plus achalandées. 


Photo : Stéphane Bourgeois                                                                                                                                       

11 mai 2016

Voyage au bout de la nuit

***Contient quelques divulgâcheurs***

En 2015, j'avais eu la main heureuse avec mon choix de résolution-lecture, (Du côté de chez Swann de Proust, un vrai délice!).  J'ai donc décidé de réitérer l'expérience cette année en sélectionnant une autre œuvre-qui-fait-peur à lire en 2016.  J'ai relevé le défi, je suis contente, mais ça n'a pas été aussi plaisant.  C'est le moins qu'on puisse dire.

Pas que ce bouquin soit mauvais, loin de là.  Céline a  une plume d'une grande force.  Certains passages sont d'une telle lucidité qu'ils sont comme des coups en plein cœur!  Par exemple lorsqu'il parle de la guerre ou encore du travail abrutissant en usine aux États-Unis.

C'est juste que c'est vraiment, vraiment, vraiment trop noir pour moi.  À quelques exceptions près, les humains sont tous détestables.  Et si on comprend que c'est la guerre, l'absurdité surtout de cette Première Guerre mondiale, qui a rendu le narrateur incapable de ressentir quelque émotion positive que ce soit, cela ne le rend pas plus facile à aimer.

Dans la première moitié du roman, j'ai aussi été un peu décontenancée par certains changements de ton.  De réaliste au début, il devient caricatural durant la traversée en bateau et à l’arrivée en Afrique, pour ensuite virer presque au loufoque lorsque le personnage se fait compteur de puces pour le ministère de l'Immigration américain! Heureusement cela s'uniformise par la suite.

J'ai bien failli abandonner plusieurs fois (notamment durant la scène, heureusement courte, où des badauds torturent un cochon pour le plaisir de l'entendre couiner!);  deux choses m'ont retenue: premièrement je voulais accomplir ma résolution annuelle, et surtout j'ai entraîné dans l'aventure trois copains du forum du Guide de la bonne lecture.  Ça aurait été un peu gênant de les lâcher en cours de route!

Voilà!  Dorénavant je pourrai saisir les nombreuses références qui sont faite à ce livre dans d'autres œuvres (et je comprends ce qu'a vécu Annie François lorsqu'elle a tenté au moins une dizaine de fois de le lire, sans succès!).  D'ailleurs ce passage me dit quelque chose: 
«-- Mais alors où irez-vous?
-- Si on vous le demande, vous répondrez que vous n'en savez rien!»
Dans quel film j'ai entendu ça?


Un extrait frappant sur la lâcheté en temps de guerre:
 «Était-il fou vraiment?  Quand le moment du monde à l'envers est venu et que c'est être fou que de demander pourquoi on vous assassine, il devient évident qu'on passe pour fou à peu de frais.»

Un autre sur la guerre:
«Les Aztèques éventraient couramment, qu'on raconte, dans leur temple du soleil, quatre-vingt mille croyants par semaine, les offrant ainsi au Dieu des nuages, afin qu'il leur envoie la pluie. C'est des choses qu'on a du mal à croire avant d'aller en guerre.  Mais quand on y est, tout s'explique, et les Aztèques et leur mépris du corps d'autrui, c'est le même que devait avoir pour mes humbles tripes notre général Céladon des Entrayes, plus haut nommé, devenu par l'effet des avancements une sorte de dieu précis, lui aussi, une sorte de petit soleil atrocement exigeant.»


Voyage au bout de la nuit de Louis-Ferdinand Céline, 1932, 505 p.

16 avril 2016

A Brief History of Time (Une Brève Histoire du temps)

Sans doute à cause du titre, je croyais que ce livre parlait surtout de la physique du temps (possibilité des voyages dans le temps, paradoxes temporels et toutes ces choses passionnantes).  Or ce n'est pas le cas, il y est surtout question (comme l'indique le sous-titre d'ailleurs) du Big Bang, de trous noirs et de particules élémentaires.  De plus je n'avais pas remarqué qu'il datait des années 80!  Il y a peut-être quelques notions qui ne sont pas à jour, mais dans l'ensemble cela reste une excellente vulgarisation des notions de base de la physique moderne, même si quelques chapitres m'ont semblé un peu abstraits.


A Brief History of Time  de Stephen Hawking, 1988, 212 p.  Titre de la traduction française: Une Brève Histoire du temps.

05 avril 2016

Me Talk Pretty One Day (Je parler français)

Stephen Hawking a beau être un excellent vulgarisateur, deux jours d'insomnie plus une gastro-entérite m'ont rendue un peu gaga et j'avais besoin d'une lecture plus facile.  J'ai donc interrompu A Brief History of Time et j'ai téléchargé ce recueil de récits autobiographiques de l'Américain David Sedaris.  Ce fut un bon choix car les récits sont courts, le ton léger et cela se lit aisément.

J'ai toutefois moyennement aimé la première partie, où il est surtout question de ses frasques de jeune homme.  J'éprouve toujours de la difficulté à  apprécier les histoires de toxicomanie ou d'alcoolisme, même en mode humoristique.  La deuxième partie, évoquant la période où il s'est établi en France et tente d'apprendre le Français, est beaucoup plus réussie.

Maintenant je retourne à mes histoires de trous noirs et de particules élémentaires!


Me Talk Pretty One Day de David Sedaris, 2000, 272 p. Titre de la traduction française: Je parler français.

16 mars 2016

Jar City (La Cité des jarres)

Un bon polar assez classique, bien ficelé même si certains aspects auraient pu être plus développés (je n'en dis pas plus pour ne rien révéler de l'intrigue).  J'aurais aimé également, tant qu'à lire un roman qui se déroule en Islande, en apprendre un peu plus sur cette île et ses habitants.  En gros, je sais maintenant que les Islandais s'appellent tous par leur prénom et qu'il pleut beaucoup en novembre à Reykjavik. 

Néanmoins, malgré ces quelques bémols, c'est une lecture que j'ai appréciée et je retrouverai avec plaisir l'inspecteur Erlendur, assez sympathique sous des dehors bourrus.  Mince alors, il y a aussi Wallander (de Mankell) que je veux découvrir, et je m'étais promis de revenir à la série de Donna Leon se déroulant à Venise, et à celle de Tony Hillerman dans l'Ouest américain, sans oublier Mma Ramotswe, etc, etc.  Même en ne lisant que des polars, il y en aurait pour toute une vie.


Jar City de Arnaldur Indridason, traduit de l'islandais, 2000, 338 p. Titre de la traduction française: La Cité des jarres.  Titre original: Myrin.

06 mars 2016

Twelve Years a Slave (Douze Ans d'esclavage)

Le film ayant gagné de nombreux prix il y a un an ou deux, inutile sans doute de rappeler que ce livre raconte les mésaventures d’un homme noir kidnappé et vendu en esclavage en Louisiane au XIXe siècle. Cependant, certains ne savent peut-être pas qu’il s’agit d’une histoire vraie, ce qui en rend la lecture d’autant plus poignante.

Le style est un peu lourd, désuet. Solomon Northup donne énormément de détails, de peur de n’être pas cru, sans doute. De plus, il n’y a pas beaucoup de suspense puisqu’on sait à l’avance dans combien de temps il sera libéré, quel méchant sera traduit en justice ou pas, etc. C’est donc plus en tant que document historique qu’en tant qu’œuvre littéraire qu’on peut apprécier cet écrit. Il est vraiment impressionnant de lire un témoignage de première main sur le fonctionnement de la traite des esclaves, de la culture du coton et de la canne à sucre, sur la vie quotidienne dans les plantations et sur nombre d'autres sujets. J’ai été particulièrement surprise de constater que l’enlèvement et le trafic d’hommes libres était assez courante, puisque Solomon fait la rencontre de plusieurs esclaves qui ont vécu cette situation.


Twelve Years a Slave de Solomon Northup, 1853, 240 p.  Titre de la traduction française: Douze Ans d'esclavage.

26 février 2016

À l'ombre des jeunes filles en fleur


Désolée pour ce long hiatus, mais Proust ne se lit pas en criant ciseau.  Pas moyen de tourner les coins ronds avec lui, il faut bûcher.

Je ne pensais pas lire ce roman dès cet hiver, mais ayant branché ma liseuse pour la recharger, j'ai décidé de le télécharger et en lisant  la première phrase, j'ai eu l'impression de me retrouver à Combray et je n'ai pu m'empêcher de continuer.

Ma mère, quand il fut question d'avoir pour la première fois M. de Norpois à dîner, ayant exprimé le regret que le Professeur Cottard fût en voyage et qu'elle-même eût entièrement cessé de fréquenter Swann, car l'un et l'autre eussent sans doute intéressé l'ancien ambassadeur, mon père répondit qu'un convive éminent, un savant illustre, comme Cottard, ne pouvait jamais mal faire dans un dîner, mais que Swann, avec son ostentation, avec sa manière de crier sur les toits ses moindres relations, était un vulgaire esbrouffeur que le marquis de Norpois eût sans doute trouvé selon son expression, «puant».

Je dois avouer que je suis un peu moins emballée par ce deuxième tome d'À la recherche du temps perdu.  La première partie m'a semblé un peu ennuyante, en particulier le passage (attention au divulgâcheur!) où le narrateur s'est disputé avec Gilberte mais continue de visiter Mme Swann.  J'ai trouvé qu'il se grattait un peu trop la gale (ie qu'il se torturait lui-même sans arrêt); je l'aurais giflé!  Aussi, il y a moins de personnages amusants comme les Verdurin, le docteur Cottard et les tantes du narrateur.  Et surtout on n'est plus à Combray mais bien à Paris.  Heureusement, dès qu'on déménage à Balbec, au bord de la mer, (fin du divulgâcheur!) j'ai retrouvé les descriptions magiques du premier tome et j'ai eu l'impression d'être continuellement transportée dans des tableaux impressionnistes: paysages de Normandie, voiliers, jeunes filles se promenant sur la digue ou assises dans l'herbe, etc.  Ce n'est d'ailleurs sûrement pas un hasard si l'on visite l'atelier d'un peintre et que l'on assiste à de nombreuses discussions sur l'art. 

Je me suis presque étouffée à la lecture des propos ouvertement antisémites que Proust met dans la bouche de plusieurs personnages.  Le narrateur (et donc l'auteur) reste plutôt neutre à ce sujet, je me demande s'il prendra position dans les tomes suivants.


À l'ombre des jeunes filles en fleur (À la recherche du temps perdu, tome 2) de Marcel Proust, 1919, 568 p.

17 janvier 2016

Les Barbares

Je connaissais Alessandro Baricco le romancier (Soie, Novecento: pianiste, Océan mer), le voici maintenant essayiste.

Films hollywoodiens, télé-réalité, musique populaire...  Pensez-vous comme plusieurs que notre civilisation est en pleine décadence?  Selon Baricco, nous sommes plutôt en train de vivre une période de mutation culturelle comme l'humanité (en fait il parle surtout de l'Occident) en a connu plusieurs au fil des siècles.   Au XIXe siècle, de nombreux critiques levaient le nez sur la musique de Beethoven ou les romans de Balzac.  Ces deux artistes sont pourtant considérés maintenant comme des «classiques».  Notre rapport au plaisir, à l'effort et à la spiritualité est en train de changer drastiquement, et donc ce qu'on recherche dans les produits culturels aussi.

Cet essai nous oblige à revoir certains préjugés et à nous questionner sur notre propre place sur l'échelle de la mutation.  Je lis Proust mais je ne crache pas sur un bon film de James Bond, et pour moi les livres n'ont pas plus d'«âme» en version papier qu'en version numérique (affirmation que m'a faite un anti-liseuse!); suis-je plus du côté des «barbares» ou des «civilisés»?
  
Pour des raisons inexpliquées, il a fallu à Baricco un temps fou pour réussir à faire traduire son essai, dont l'original date de 2008.  Il l'a donc écrit  avant la montée des réseaux sociaux, comme il le dit lui-même en préface, mais son propos reste des plus pertinents malgré tout.


Les Barbares d'Alessandro Baricco, traduit de l'italien, 2014, 223 p.  Titre original: I Barbari.

04 janvier 2016

The Know-It-All

A.J. Jacobs est un journaliste et rédacteur américain  spécialisé dans le «journalisme d'immersion», c'est-à-dire qu'il se met volontairement dans des situations étranges pour en tirer des sujets d'écriture.  Je vous avais déjà parlé de son Year of Living Biblically, voici maintenant sa première tentative en la matière, The Know-it-All, où il a entrepris de lire l'Encyclopaedia Britannica de A à Z (33 000 pages!) en un an.  Cela donne lieu à des observations très intéressantes, généralement amusantes,  sur divers sujets, personnages historiques, inventions et découvertes, phénomènes de société comme sur la connaissance et  la mémoire, mais aussi à des réflexions plus personnelles, drôles ou touchantes, sur son couple et sa famille, notamment sur sa relation avec son père.  Tout ça présenté sous forme d'articles (de quelques lignes à quelques pages) comme dans une encyclopédie, ce qui rend la lecture fort agréable pour une amatrice de dictionnaires comme moi.


The Know-It-All de A.J. Jacobs, 2004, 389 p.  Non traduit.