31 décembre 2013

Bye-bye 2013!

Exactement le même nombre de livres lus que l'an passé!... Ce n'est pas trop mal si l'on tient compte qu'à lui seul La Montagne magique de Thomas Mann m'a pris deux mois!

  1. Running with Scissors d'Augusten Burroughs
  2. Bilbo le Hobbit de J.R.R. Tolkien
  3. Une Maison dans les nuages de Margaret Laurence
  4. Dans les veines ce fleuve d'argent de Dario Franceschini
  5. Les Chroniques d'une mère indigne 2 de Caroline Allard
  6. Unlikely Friendships de Jennifer Holland
  7. The Acts of King Arthur and His Noble Knights de John Steinbeck
  8. Cocorico! de François Gravel
  9. La Montagne magique de Thomas Mann
  10. Atonement d'Ian McEwan
  11. The Uncommon Reader d'Alan Bennett
  12. Death Comes to Pemberley de P.D. James
  13. La Traversée des sentiments (La Diaspora des Desrosiers, tome 3) de Michel Tremblay
  14. La Bibliothèque de Robinson d'Alberto Manguel
  15. Marley & Me de John Grogan
  16. Les Femmes qui lisent sont dangereuses de Laure Adler et Stefan Bollmann
  17. The Magic Circle de Katerine Neville
  18. Sido de Colette
  19. La Survivance de Claudie Hunzinger
  20. Lost in a Good Book de Jasper Fforde
  21. Suite française d'Irène Némirovsky
  22. North and South d'Elizabeth Gaskell (abandon)
  23. High Fidelity de Nick Hornby
  24. Livres québécois remarquables du XXe siècle sous la direction de Claude Corbo
  25. Legends of the Fall de Jim Harrison
  26. Le Passage obligé (La Diaspora des Desrosiers, tome 4) de Michel Tremblay
  27. La Patience des fantômes de Rachel Leclerc
  28. La Manière Barrow d'Hélène Vachon
  29. Une Année à la campagne de Sue Hubbell
  30. Si tu passes la rivière de Geneviève Damas
  31. The Old Man and the Sea d'Ernest Hemingway
  32. The Gargoyle d'Andrew Davidson
  33. The Year of Living Biblically de A.J. Jacobs
  34. Sur la 132 de Gabriel Anctil
  35. Durrell en Russie de Gerald et Lee Durrell
  36. Inferno de Dan Brown
  37. L'Orangeraie de Larry Tremblay
  38. Brave New World d'Aldous Huxley
  39. La  Petite Marchande de prose de Daniel Pennac
  40. The Drawing of the Three de Stephen King

Prix Coup de coeur:
  1. La Survivance de Claudie Hunzinger
  2. The Old Man and the Sea d'Ernest Hemingway
  3. Atonement d'Ian McEwan

Prix Malaise de l'année:
Running with Scissors d'Augusten Burroughs.  Annoncé comme hilarant, ce récit autobiographique est plutôt horrifiant, avec ses scènes d'abus sexuels détaillées!

Prix Nostalgie:
Bilbo le Hobbit de Tolkien! Une vraie bouffée de fraîcheur!

Quelques statistiques:
Lus sur la liseuse: 13
Traduit d'une autre langue que l'anglais: 2, un de l'italien, un de l'allemand. Une année pas très internationale!
Lus en VO anglaise: 18
Littérature québécoise: 9, en baisse par rapport à l'an passé!


Résolutions pour 2014:
En 2013, ma résolution était de continuer les séries commencées, notamment La Diaspora des Desrosiers de Tremblay, The Dark Tower de King et Le Capitaine Alatriste de Perez-Reverte. J'ai donc accompli ma mission aux deux tiers, ce qui est quand même bien! De plus, j'ai renoué avec deux autres séries qui étaient sur la glace depuis longtemps, Thursday Next de Jasper Fforde et Les Malaussène de Pennac. En 2014, je vais donc continuer sur cette lancée!  J'ajoute une autre résolution, lire plus durant l'année qui vient. D'ailleurs je crois que le fait que ma télévision soit morte de sa belle mort hier est sans doute un message de la déesse de la lecture!

Et vous chers lecteurs, des coups de coeur, des prix citrons, des résolutions?

25 décembre 2013

The Drawing of the Three (Les Trois Cartes)

Tome 2 de la série The Dark Tower...  Série réputée pour être la saga tolkienesque de King.  Pour l'instant, on est plus dans le fantastique que dans la fantasy, mais ce n'est pas grave, j'aime beaucoup! On m'avait prévenu qu'il fallait se rendre au tome 3 avant d'avoir vraiment une idée de ce que sera l'ensemble... Ici, le dernier pistolero en est à rassembler des compagnons pour l'aider dans sa quête, tel que prédit à la fin du premier tome.  Mais ces compagnons sont de drôles de numéros, on est loin des hobbits et des elfes, croyez-moi!  Et les rassembler est encore plus difficile que d'arriver vivant à Rivendell!

Le tome 3 est déjà dans ma PAL... Laissez-moi vous dire que cette fois je n'attendrai pas toute une année avant de le l'en sortir!


The Drawing of the Three (The Dark Tower, tome 2) de Stephen King, 1987, 407 p.  Titre de la version française: Les Trois Cartes (La Tour sombre, tome 2).

09 décembre 2013

La Petite Marchande de prose

Quel plaisir de renouer avec la tribu Malaussène après toutes ces années!  En effet, je m'étais arrêtée au tome 2 pour cause de non-disponibilité du suivant à la bibliothèque municipale. C'était vers la fin des années 90 ou début 2000, je crois, après qu'une collègue de bureau m'ait fait découvrir cette série loufoque et géniale.  Après plus de dix ans, j'hésitais à reprendre la série, croyant qu'il serait difficile de reprendre le fil.  Je m'étais plutôt rabattue sur quelques essais de l'auteur, Chagrin d'école et surtout Comme un roman.  Puis par le plus grand des hasards, c'est Gropitou qui, au pif, m'a acheté ce livre dans une vente de charité, sans même savoir qu'il faisait partie d'une série, et encore moins que j'avais lu les deux précédents!  Je crois fortement que la déesse de la lecture est intervenue, il n'y a pas d'autre explication!

On ne présente plus cette série, son humour déjanté, ses personnages loufoques, adorables ou détestables, au premier chef son narrateur Benjamin Malaussène, qui exerce la profession peu enviable et dangereuse de bouc émissaire, ce qui l'entraîne encore une fois dans des aventures abracadabrantes. Ce tome est dans la veine des deux premiers, et s'il y a un revirement de situation complétement invraisemblable à la fin, ce n'est pas grave, on savoure et on en redemande!


La  Petite Marchande de prose de Daniel Pennac, 1989, 405 p.

01 décembre 2013

Brave New World (Le Meilleur des mondes)

Houla!  Heureusement que je lisais ce bouquin, un des classiques fondateurs du roman d'anticipation, dans le cadre de notre club de lecture, le Blogoclub; sinon j'aurais sûrement abandonné après les deux ou trois premiers chapitres, qui sont d'un ennui carabiné!  Huxley nous y fait visiter une étrange «usine à bébés», ce qui lui permet de nous expliquer le fonctionnement de la société du futur qu'il a imaginée.  Passage nécessaire pour comprendre la suite, mais c'est long, c'est long!

Ce n'est que lorsque enfin on se concentre sur quelques personnages que cela devient intéressant.  On croit assister à un triangle amoureux, mais finalement c'est plutôt un choc entre deux civilisations qui se produit.  Celle dont proviennent la plupart des personnages,  où toute liberté d'expression est bannie, où les gens sont conditionnés avant même leur naissance à accepter leur condition sociale; et l'autre civilisation, celle des «sauvages», où la religion chrétienne mêlée à la mythologie amérindienne rythme chaque étape de la vie, où on est resté très proche de la Nature.  Finalement, ceux qui s'en tireront le mieux seront les rares individus à avoir conservé un certain libre arbitre!

Aldous Huxley est tout un visionnaire! Il a deviné notre société de consommation, axée sur le divertissement et sur la satisfaction immédiate des plaisirs.  Un classique qui manquait à ma culture, merci au Blogoclub de m'avoir «forcée» à le lire!

Extrait:
«"But why is it prohibited?" asked the Savage. In the excitement of meeting a man who had read Shakespeare he had momentarily forgotten everything else.
The Controller shrugged his shoulders. "Because it's old; that's the chief reason. We haven't any use for old things here."
"Even when they're beautiful?"
"Particularly when they're beautiful. Beauty's attractive, and we don't want people to be attracted by old things. We want them to like the new ones."
"But the new ones are so stupid and horrible.(...)"»

Pour lire l'avis des autres participants, suivez les liens chez nos super-organisatrices, Sylire et Lisa!


Brave New World d'Aldous Huxley, 1932, 265 p.  Titre de la version française: Le Meilleur des mondes.

27 novembre 2013

L'Orangeraie

Quel beau roman! J'ai eu peur au début que le «punch» ait été révélé au Club de lecture de l'émission Bazzo.tv,  mais heureusement, ce qui avait été dévoilé nous est raconté dans le premier tiers du livre (c'est pourquoi je me permets d'en parler aussi dans le paragraphe suivant, histoire de vous donner une idée de ce à quoi l'on a affaire!)

Un sujet très dur: c'est l'histoire de deux frères jumeaux de neuf ans dont un devra participer à un attentat-suicide!  Et pourtant, grâce à une plume superbe, à des phrases ciselées comme par un orfèvre, sans un mot de trop, avec de temps en temps, juste assez souvent, des éclats de lumière, ce n'est jamais lourd.  Je ne connais pas la biographie de Larry Tremblay, mais je ne serais pas surprise d'apprendre qu'il ait vécu quelque temps au Moyen-Orient. On croirait y être, dans cette orangeraie!

Extrait:
«Leur grand-mère s’appelait Shaanan. Avec ses mauvais yeux, elle les confondait tout le temps. Elle les appelait ses deux gouttes d’eau dans le désert. Elle disait : "Cessez de vous tenir par la main, j’ai l’impression de voir double." Elle disait aussi : "Un jour, il n’y aura plus de gouttes, il y aura de l’eau, c’est tout." Elle aurait pu dire : "Un jour, il y aura du sang, c’est tout. "»

Merci aux éditions Alto pour l'envoi.

L'Orangeraie de Larry Tremblay, 2013, 102 p. en version numérique.

23 novembre 2013

Inferno

Bien sûr, il n'est pas le plus grand écrivain de son temps... Bien sûr, on dirait qu'il a toujours la main sur son dictionnaire des synonymes...  Bien sûr il faut accepter d'emblée le fait que son monde est rempli de criminels mégalomaniaques organisateurs de courses aux trésors basées sur l'histoire de l'Art, de l'architecture et de la littérature!  Mais ce type sait vraiment raconter des histoires qui vous tiennent en haleine!

Appelons cela un plaisir coupable, mais je ne me lasse pas des aventures abracadabrantes de Robert Langdon, professeur d'iconographie à l'Université de Harvard. Enfin un héros qui fait travailler ses méninges plus que ses muscles! Cette fois-ci, il nous emmène de Florence à Istanbul en passant par Venise, tentant d'éviter la propagation d'une épidémie meurtrière, aidé par une jeune médecin débrouillarde et par sa propre connaissance du chef-d'oeuvre de Dante, L'Enfer, et des nombreuses oeuvres d'art qui s'y rapporte.

Seul petit défaut, et je ne me souviens pas d'avoir eu cette impression dans les tomes précédents, j'ai trouvé que Dan Brown donnait parfois trop d'explications, qu'il ne faisait pas confiance à son lecteur. Par exemple, lorsque dans une même phrase il est question de Venise, de doge et de lagune, inutile d'expliquer que Venise a été bâtie sur une lagune et était anciennement dirigée par un doge; le lecteur lambda saura de quoi il retourne...  Cependant, le fait qu'à l'émission Le Tricheur avant-hier aucun des participants ne savait la date de la Révolution française (et un seul, celui à qui on avait donné la réponse, a pu identifier le siècle!) pourrait me faire douter de cette affirmation!

En bonus, au détour d'un paragraphe, un trait d'humour inattendu:
(Robert Langdon a besoin d'un moyen de transport et appelle son éditeur)
«"I'm in some trouble, Jonas, and I need a favor." Langdon's voice sounded tense. "It involves your corporate NetJets card." 
"NetJets?" Faulkman gave an incredulous laugh. "Robert, we're in book publishing. We don't have access to private jets. "
"We both know you're lying, my friend."
Faukman sighed. "Okay, let me rephrase that. We don't have access to private jets for authors of tomes about religious history. If you want to write Fifty Shades of Iconography, we can talk."»

Inferno de Dan Brown, 2013, 461 p.  Titre de la version française: Inferno.

12 novembre 2013

Durrell en Russie

Dans cet album illustré de nombreuses photos, le naturaliste Gerald Durrell nous raconte les voyages qu'il a effectués, en compagnie de sa femme Lee et de quelques techniciens, dans plusieurs régions de Russie, afin notamment d'y filmer une série de documentaires sur la faune et la flore de ce pays. Durrell est toujours intéressant, souvent drôle, mais je me suis ennuyée de cette petite étincelle de folie que j'avais tant appréciée dans La Forêt ivre et surtout dans Féeries dans l'île (réédité sous le titre de Ma Famille et autres animaux).  On y constate la grande diversité de climats, des régions désertiques au Cercle polaire, abritant une faune des plus originales, notamment dans de nombreuses et immenses réserves que Durrell a trouvées très bien tenues par des gens passionnés  (c'était avant l'effondrement de l'Empire soviétique; je serais curieuse de savoir si la situation est toujours la même...).  Les photos sont en général fort belles ou amusantes, mais souffrent de la comparaison avec ce qu'on pourrait accomplir grâce à la technologie photographique et aux méthodes d'impressions actuelles!

Réservé aux amateurs de récits de voyages doublés d'amoureux de la Nature!  Pour les mordus, plusieurs des documentaires sont disponibles sur Youtube, mais la narration est malheureusement en russe!


Durrell en Russie de Gerald et Lee Durrell, 1988, 191 p.  Titre de la version originale: Durrell in Russia.

09 novembre 2013

David contre Goliath...


Les éditions Leméac et Michel Tremblay ont résisté au chantage de la chaîne de magasins Costco, qui exigeait de pouvoir offrir le dernier roman de cet écrivain, Les Clefs du Paradise,  en même temps que les librairies. Il faut savoir que Leméac, comme plusieurs autres éditeurs québécois, donne généralement un avantage de quelques semaines aux librairies avant d'offrir le livre aux grandes surfaces. Histoire de ne pas couper l'herbe sous les pieds des libraires!

Résultat: Costco a annulé sa commande complète, le dernier Tremblay n'y sera pas vendu!

Qu'en pensez-vous? Êtes-vous déçus de ne pas pouvoir acheter ce livre ou d'autres best-sellers en grande surface (donc moins cher) dès leur parution?  Quant à moi, il me semble juste de donner une chance aux librairies, qui ne vendent pas que les gros titres mais aussi les auteurs plus confidentiels; toutefois je suis mal placée pour me prononcer puisque je n'achète à peu près jamais de livres neufs!

Nos cousins français n'ont pas ce dilemme, puisqu'ils ont la politique du prix unique du livre...

Pour en savoir plus: l'article du Devoir

07 novembre 2013

Sur la 132

Je me suis gourée dans un billet précédent, j'ai affirmé que c'était Bertrand Laverdure qui avait parlé de ce bouquin à Tout le monde tout lu. J'ai fait dans ma tête un amalgame entre ce livre et un autre dont Laverdure a parlé, qui était un récit de voyage. C'est en fait Gabriel Anctil lui-même qui, dans cette même émission sur le thème de la nature et du territoire, vint parler de son premier roman, l'histoire d'un publiciste écoeuré de la superficialité de son monde qui décide de tout lâcher. Mes excuses, donc, à MM. Laverdure et Anctil.

À cause de ce mélange initial, il m'a fallu effectuer une petite gymnastique cérébrale lorsque je me suis aperçue de mon erreur après plusieurs dizaines de pages.  C'est sans doute pourquoi j'ai eu un peu de difficulté à accrocher au début, durant la partie qui se déroule à Montréal dans le milieu de la publicité.  Dès que le narrateur quitte la ville pour se diriger vers l'est de la province (lui qui n'a jamais dépassé Québec), je me suis mise à vraiment apprécier l'histoire. Il découvre à la fois la beauté des grands espaces et la laideur de la plupart des villages du Bas-du-Fleuve. Décidément, cette région est à l'honneur c'est temps-ci, c'est le troisième roman que je lis en moins d'un an qui s'y déroule en tout ou en partie (avec La Fiancée américaine et La Patience des fantômes), alors qu'elle avait peu été exploitée en littérature, à part par Victor-Lévy Beaulieu. 

Le héros (plutôt anti-héros, en fait) rencontre des personnages pittoresques et sympathiques. J'ai particulièrement aimé le voisin «speedé», maniaque des films de Bruce Lee, abandonné par sa blonde qui a tout lâché pour, comme on l'apprendra éventuellement,  s'en aller vers l'ouest du Canada, pendant féminin du narrateur.  On fait aussi la connaissance de nombreux piliers de bars pour qui notre aventurier éprouve un mélange de tendresse et de mépris, et qui semblent représenter une bonne partie de la population masculine de la région (voire des régions en général). À travers ces rencontres comme par les lectures qu'il effectue, il reprend contact avec ses racines familiales et québécoises. Ce n'est qu'à la toute fin cependant qu'il arrivera à se départir de son cynisme et qu'il reprendra goût à la vie.

Si j'ai un assez gros bémol, c'est surtout à cause de plusieurs longueurs dans la deuxième partie du roman, notamment par la répétition des scènes de taverne, avec ou sans descriptions de parties de hockey télévisées, presque jeu par jeu.  Les beuveries se succèdent et se ressemblent, et je crois que l'éditeur aurait dû mettre la hachette là-dedans. Il faut dire que je n'aime ni les bars ni le hockey, donc je ne fais sans doute pas partie du public cible...  Il y a aussi le fait que le personnage principal dépasse parfois la limite et qu'on se met à le trouver antipathique, ce qui est toujours dangereux en littérature selon moi.  J'ai apprécié cependant les dialogues en joual, généralement bien rythmés et mordants, et les descriptions, que j'aurais aimées plus nombreuses, du fleuve majestueux ou déchaîné, ou de la nature splendide et glaciale.

Bref, malgré quelques défauts, un premier roman intéressant et un écrivain prometteur!


La page de l'émission Tout le monde tout lu!  Pour voir l'entrevue de Gabriel Anctil, cliquez sur la photo de Serge Bouchard (qui était l'autre invité cette semaine-là) et rendez vous à la quatorzième minute de diffusion.  Cet auteur a aussi été la recrue de juin 2012 du blogue La Recrue du mois, consacré aux premiers romans québécois.


Merci aux éditions Héliotrope pour l'envoi.

Sur la 132 de Gabriel Anctil, 2012, 454 p. en version numérique.

28 octobre 2013

Reçu en service de presse

L'Orangeraie de Larry Tremblay, aux éditions Alto.

Qui a vu la discussion du club de lecture à Bazzo.tv? Ça donnait le goût, non?

Billet dans les prochaines semaines...


24 octobre 2013

The Year of Living Biblically (L'Année où j'ai vécu selon la Bible)

N'ayez crainte, je ne suis pas en train de me convertir, ni ne me suis-je fait enrôler dans une secte!

Dans ce récit, le journaliste et écrivain new-yorkais A.J. Jacobs raconte une expérience qu'il a menée avec assiduité, celle de vivre pendant un an en respectant tous les commandements de la Bible, y compris les plus saugrenus. Cela va de ne pas mentir et respecter ses parents à ne se couper ni la barbe ni les cheveux des tempes et ne toucher aucune femme pendant qu'elle a ses règles (dans le doute il faut donc éviter tout contact, tout le temps), sans compter de nombreuses restrictions alimentaires toutes plus farfelues les unes que les autres.

Le résultat est souvent hilarant! Il a l'occasion de rencontrer plusieurs personnages pittoresques, comme un tailleur juif orthodoxe spécialisé dans l'analyse des tissus au microscope qui lui annonce à son grand dam que son unique complet contient à la fois du lin et de la laine, un mélange sacrilège; les fondateurs d'un musée du Créationnisme, où l'on apprend qu'Adam et Ève ont cotoyé les dinosaures et comment l'Arche de Noé pouvait contenir autant d'animaux; un sympathique manipulateur de serpents du Tennessee et bien d'autres.

Un des buts de l'expérience était bien sûr de faire ressortir l'absurdité des arguments anti-homosexualité et anti-avortement de la droite américaine qui utilise certains édits de la Bible au sens littéral et en les sortant de leur contexte. Elle donne lieu également à des réflexions intéressantes sur les relations homme/femme, sur l'éducation, sur l'argent, etc. J'aurais aimé qu'il reste plus critique par rapport à la place occupée par la religion dans la société américaine. Toutefois, il se dit lui-même affecté par un phénomène de dissonance cognitive: agnostique au départ (bien que de culture juive), il en vient à mettre en doute ses convictions à force d'agir comme un croyant!

Un essai très prenant, qui se lit aisément, mais très américain (il y a quelques références qui m'ont échappé).  Je vais sûrement lire d'autres livres de cet auteur, notamment celui où il entreprend de lire l'Encyclopedia Britannica de A à Z en un an!


The Year of Living Biblically de A.J. Jacobs, 2007, 388 p. incluant les annexes (notes, bibliographie, index).  Titre de la traduction française: L'Année où j'ai vécu selon la Bible.

12 octobre 2013

The Gargoyle (Les Âmes brûlées)

C'est un système qui a fait ses preuves. Vous, amis blogueurs, vous mettez à deux, trois, cinq ou dix pour me convaincre qu'un livre est fait pour moi. Je le note dans mon petit cahier, me disant qu'il faut le lire très bientôt. Mais j'en ai tellement noté, de ces titres, que ce n'est que quelques années plus tard que je me décide finalement à l'emprunter à la bibliothèque, ou que je le déniche par hasard dans une bouquinerie. Avec ma cervelle en fromage suisse, je ne sais même plus de quoi ça parle, et le plaisir de la (re)découverte est immense.

C'est tout à fait ce qui est arrivé avec The Gargoyle, vendu avec enthousiasme par Karine et Book Lady. Je pensais même que c'était dans le genre Fantasy, et qu'il y avait une «vraie» gargouille vivante!  Autant vous le dire tout de suite, ce n'est pas ça du tout. C'est plutôt l'histoire d'un gars d'une trentaine d'année, très beau physiquement mais très cynique et qui n'a jamais aimé personne.  À la suite d'un accident de voiture, il se retrouve à l'unité des grands brûlés, complétement détruit physiquement et moralement.  Il y rencontre plusieurs personnes qui vont changer sa vie, en particulier une femme qui affirme qu'ils se sont connus et ont été amants en Allemagne il y a sept cents ans, alors qu'elle était scribe dans un monastère et lui mercenaire. Est-elle folle, est-ce un cas de réincarnation? C'est ce qu'on se demande tout au long de ce roman fort bien écrit, drôle, poignant, romantique,  d'une plume très travaillée mais qui pourtant se lit avec une grande aisance, rempli de références littéraires, notamment à L'Enfer de Dante mais aussi à d'autres oeuvres.  Seules quelques longueurs dans la deuxième moitié l'empêcheront peut-être de recevoir le titre de «Coup de coeur».  Attention, certaines descriptions sont presque insupportables de réalisme (l'accident, les traitements); j'invite les âmes sensibles à sauter ces passages plutôt que d'abandonner complètement!

À cause des différentes interprétations possibles de l'intrigue,ce livre est très difficile à classer... Je le mets dans «Fantastique» ou dans «Littérature générale»?  Dans le doute...


The Gargoyle d'Andrew Davidson, 2008, 465 p. Titre de la traduction française: Les Âmes brûlées.

10 octobre 2013

Reçu en service de presse...

Sur la 132 de Gabriel Anctil.

Vanté par Bertrand Laverdure à l'émission Tout le monde tout lu! (MAtv).

J'ai vraiment hâte de le lire!  J'ai quelques livres de bibliothèque à terminer d'abord, mais ensuite...

30 septembre 2013

The Old Man and the Sea (Le Vieil Homme et la mer)

Un vrai tour de force!  Pendant la plus grande partie du roman, il n'y a qu'un vieil homme dans son bateau, et la mer. Et le soleil des Caraïbes, et des poissons et, brièvement, une mouette. Et pourtant on ne s'ennuie pas une seconde, on est rivé à notre fauteuil (ou chaise de balcon en résine de synthèse, dans mon cas) et on en veut plus encore!  En même temps, on est content d'être rendu à la fin, car la fin est formidable!  Je suis heureuse de ne pas avoir lu ce bouquin quand j'étais ado, car je ne l'aurais sans doute pas apprécié à sa juste valeur. Je crois qu'on l'impose aux jeunes américains en lecture scolaire, parce que prix Pulitzer, parce que prix Nobel, mais c'est une erreur, selon moi. 

Le seul moment où j'ai eu un petit malaise, c'est lorsque le vieil homme pêche un dauphin pour manger sa chair crue. Hein, mais c'est dégueulasse!  Heureusement j'ai rapidement compris qu'il ne s'agissait pas vraiment d'un dauphin mais de ce que les Américains appellent dolphin fish, c'est-à-dire tout simplement une dorade ou mahi-mahi.  Ouf!

On parle beaucoup ces temps-ci de «vieillir dans la dignité»... Ce roman devrait être une lecture obligatoire pour tous les gestionnaires de centres pour personnes âgées!

J'ai d'autres titres d'Hemingway sur ma LAL... Je crois qu'il pourrait bien devenir un de mes auteurs américains chouchous!


The Old Man and the Sea d'Ernest Hemingway, 1952, 140 p. Titre de la traduction française: Le Vieil Homme et la mer.

29 septembre 2013

Si tu passes la rivière

Ce sont les tentatrices Karine et Venise qui m'ont donné le goût de lire ce tout petit roman.  Et je les en remercie car j'ai beaucoup aimé!  La plume de Geneviève Damas est si maîtrisée qu'il est difficile de croire qu'il s'agit d'un premier roman (pas d'une première oeuvre toutefois, puisqu'elle a écrit plusieurs pièces de théâtre). 

Le principe de départ m'a rappelé celui de La Petite fille qui aimait trop les allumettes de Gaétan Soucy, bien que le style d'écriture soit différent. L'action se déroule principalement dans une ferme isolée, et on découvre peu à peu la situation et les secrets d'une famille à travers les yeux et les mots d'un adolescent naïf et inculte.  Depuis que sa soeur aînée a traversé la rivière pour ne plus revenir, cette rivière qui constitue la frontière à ne pas franchir, il vit avec ses frères et son père, trois brutes analphabètes, et n'a pour seul confident qu'un cochon. Je n'en dirai pas plus pour ne rien dévoiler car une bonne partie du plaisir est dans cette révélation progressive. Disons qu'il s'agit d'un roman d'apprentissage d'un genre inhabituel, tout à la fois touchant, intrigant, drôle, glauque, parfois même un peu épeurant!


Merci aux éditions Hamac pour l'envoi.


Si tu passes la rivière de Geneviève Damas, 2011 (réédité au Québec en 2013), 151 p.

26 septembre 2013

Une Année à la campagne

Dans ce récit autobiographique, Sue Hubbell raconte sa vie dans une ferme du Missouri.  Après son divorce, elle a décidé de reprendre seule l'entreprise d'apiculture qu'elle et son mari avaient démarrée.  Cette vie solitaire lui convient bien en général, lui permettant de se sentir intégrée à la nature magnifique qui l'environne. Les anecdotes sont regroupées par saison, d'où le titre, bien qu'en réalité elles s'étalent sur plus d'une année.  Mais elles sont si délicieuses, drôles, touchantes ou inspirantes que j'aurais bien fait une deuxième fois le tour du calendrier!

Biologiste de formation, elle truffe son histoire de détails scientifiques sur les différentes espèces d'animaux ou de plantes qu'elle observe avec émerveillement  sur sa terre,  sans que jamais ce soit lourd.  Par exemple sur les abeilles:
«Pendant la majeure partie de leur vie, les reines fuient la lumière; elles courent se cacher lorsqu'on ouvre la ruche. Mais la reine qui vient d'émerger est vierge et la lumière l'attire.  Encouragée par les ouvrières, elle sort de la ruche et s'envole haut dans les airs pour son vol nuptial.  Entourée de faux bourdons -- abeilles mâles -- elle va s'accoupler dix fois ou plus, par séries, s'assurant pour sa vie entière une provision de spermatozoïdes qu'elle utilisera pour féconder les oeufs qu'elle pondra. Pendant l'accouplement, le faux bourdon introduit son pénis dans la chambre de l'aiguillon de la reine, où il demeurera, tandis que lui-même se dégage et tombe sans vie sur le sol, sa fonction dans la colonie accomplie.»
Hé bien! On ne nous disait pas ça dans Petit Tom et son amie l'abeille, ma principale référence en matière d'apiculture jusqu'à maintenant.

On retrouve aussi beaucoup de faits amusants. Saviez-vous par exemple que le bruant à gorge blanche américain chante «Old Sam Peabody, Peabody, Peabody!»  Il ne cherche donc pas Frédéric comme son cousin québécois?  On ne fait pas que rire, par contre, puisqu'il y a aussi de nombreuses réflexions sur notre place dans la nature, sur la femme d'âge mûr, sur les gens, sur la vie en général.

La traduction française n'est pas trop mauvaise, je n'ai tiqué qu'une dizaine de fois, ce qui dans mon cas est un bon signe! Cependant, sur les dix fois, neuf ont été causées par des noms d'animaux, en particulier d'oiseaux.  Je sais qu'il n'y avait pas d'Internet dans ce temps-là, mais ç'aurait été trop compliqué d'emprunter un livre sur les oiseaux d'Amérique du Nord à la bibliothèque?  Je sais aussi que les nomenclatures ont changé récemment, mais je suis pas mal certaine que le bluebird n'a jamais répondu au nom d'«oiseau bleu», plutôt de merlebleu ou merle bleu. Quant au cowbird, qui semble avoir interloqué la traductrice, il s'agit tout simplement du vacher.

Tout au long de ma lecture, je voulais aller m'installer à la campagne et devenir apicultrice, jusqu'au chapitre où elle désensibilise son neveu aux piqûres d'abeilles, qui m'a fait quelque peu changer d'idée... Une seule piqure de guêpe m'a fait me gratter jusqu'au sang pendant trois semaines l'an dernier, alors je vais trouver autre chose. Peut-être la culture des champignons exotiques ou l'élevage des autruches, c'est très en vogue.


Une Année à la campagne de Sue Hubbell, traduit de l'américain, 1983, 249 p. Titre original: A Country Year.


21 septembre 2013

La Manière Barrow

Comment dire? Il me semble que je suis passée à côté de quelque chose.  C'était pourtant bien commencé! L'écriture est fort belle, et dès les premières pages on trouve une citation tirée de mon livre fétiche, Cyrano de Bergerac (Oui, quelquefois, je m'attendris, dans le soir bleu). La citation (comme les autres qui viendront par la suite) n'est identifiée qu'à la fin du volume, ce qui m'a plu: l'auteure fait confiance au lecteur, à sa culture.  Le sujet est original, un comédien sans emploi devient doubleur pour des publicités et des séries télévisées.  La relation avec son père malade est touchante, il y a de l'humour et un pitou!

Je n'arrive pas à mettre exactement le doigt sur le bobo, mais à partir du milieu j'ai décroché. Le personnage principal m'était antipathique, certains détails me semblaient invraisemblables...  J'ai trouvé très drôle le passage où il insère des citations de grands auteurs dans ses doublages, en un geste de rébellion, ou d'auto-sabotage.  Mais pour le reste, sans vraiment m'ennuyer je suis restée froide. Dommage!


La Manière Barrow d'Hélène Vachon, 2013, 176 p.


17 septembre 2013

La Patience des fantômes

Malgré une écriture que j'ai trouvée un peu froide, j'ai bien aimé cette saga qui raconte la vie de générations successives d'une famille en Gaspésie et dans le  Bas-du-Fleuve durant plus d'un siècle. Joachim, orphelin de père, parti de rien, qui exercera différents métiers avant de faire fortune, jusqu'au petit Joseph, né avec le XXIe siècle, pour qui tout est possible, en passant par Jérôme, que l'alcool rend si violent qu'il se demande si ce n'est pas lui-même qui a violé et assassiné cette petite amérindienne dont ses fils ont retrouvé le corps, on suit ces gens avec intérêt en se demandant, tout comme Richard l'écrivain de la troisième génération et le narrateur, si une malédiction ne les affecte pas... J'ai apprécié l'idée qu'une famille est comme une chaîne, avec ses maillons forts et ses maillons plus faibles.

Un roman sur la famille bien sûr, sur la mémoire, sur la transmission.  En même temps, un portrait du Québec rural, avec sa magnificence et sa laideur qui cohabitent souvent dans un même paysage.  Un récit qui demande un certain effort car les personnages sont nombreux et les pièces du casse-tête sont mélangées; mais cela en vaut la peine. Je ne connaissais pas Rachel Leclerc, je la relirai certainement avec plaisir!


La Patience des fantômes de Rachel Leclerc,  2011, 193 p. en version numérique.


16 septembre 2013

Le Passage obligé

Cela me fait beaucoup de peine de le dire (ou plutôt de l'écrire!), surtout durant une lecture commune autour de Michel Tremblay et dans le cadre de Québec en septembre, mais je n'ai pas trop aimé ce tome 4 de La Diaspora des Desrosiers. Pourtant j'avais adoré les trois premiers!

Entre les atermoiements et tergiversations de la mère (que j'ai trouvée presque antipathique!) et la fin de vie douloureuse de la grand-mère, tout est sombre et lugubre. Dans les tomes précédents, les passages plus mélancoliques étaient allégés par une touche d'humour, notamment dans les dialogues en joual. Je n'ai pas retrouvé ces petites étincelles ici, ou très peu.

J'ai aussi trouvé agaçante la construction du récit, qui manque d'unité. On passe constamment de la Saskatchewan à Montréal, et l'on est sans arrêt interrompu par les contes de Josaphat-le-violon (eux-mêmes plutôt tristes), lus par Nana.

Ceux qui ont lu la série, avez-vous ressenti la même chose que moi? Est-ce que le tome 5 sera meilleur? Est-ce que ce Passage obligé n'était que cela, un passage obligé?  Au moins, ce qu'on apprend dans l'épilogue m'a donné le goût de continuer!


Participants à cette lecture commune:
Karine a lu Thérèse et Pierrette à l'école des Saints-Anges
Claudialucia a lu L'Homme qui entendait siffler une bouilloire
Aifelle a lu Bonbons assortis
Cryssilda a lu C't'à ton tour, Laura Cadieux
Jainaxf a lu La grosse femme d'à côté est enceinte ainsi que Yueyin et Denis
Chimère a lu Quarante-quatre minutes, quarante-quatre secondes


Le Passage obligé (La Diaspora des Desrosiers, tome 4) de Michel Tremblay, 2010, 247 p. 


05 septembre 2013

Legends of the Fall (Légendes d'automne)

Pas tout-à-fait des romans, mais plus que des nouvelles, par quel terme pourrait-on désigner ce que les anglophones nomment «novelettes»?  Peu importe, ces trois courtes histoires d'environ quatre-vingt-dix pages chacune sont tout à fait magnifiques.

J'ai particulièrement aimé la voix très masculine de Jim Harrison.  Ses personnages mâles sont très forts, même lorsqu'ils cherchent leur place dans le monde et prennent leur vie entière à la trouver.  Et à travers toute cette testostérone, ces bagarres, ces vengeances, ces grands espaces, surgit soudainement un petit détail, une attention presque féminine à la poésie du quotidien: un chat errant caché sous un buisson en ressort avec quelques pétales accrochés au pelage...

J'ai vu peu après sa sortie le film qui a été tiré de la nouvelle éponyme; je ne sais pas si c'est ma mémoire qui fait défaut (pas de ricanements, s'il-vous-plaît!),  mais j'aurais pu ne pas faire le rapprochement tellement l'histoire m'a semblé différente (évidemment avec la face de Brad Pitt en gros plan sur la couverture, c'est dur à manquer). Dans le film, il me semble que tout tournait autour du triangle amoureux Tristan-Susannah-Alfred, alors qu'ici ce n'est qu'un des aspects de l'intrigue, même pas le plus important.

Dire que j'ai longtemps repoussé cette lecture sous le prétexte idiot que je n'aime pas trop les nouvelles!  C'est une lecture commune du Forum du Guide de la bonne lecture qui m'a donné le coup de pied au derrière nécessaire. Je n'attendrai pas trop avant de retrouver cet écrivain; quelqu'un a d'autres titres à me suggérer?


Legends of the Fall de Jim Harrison, 1978, 276 p.  Titre de la traduction française: Légendes d'automne.

03 septembre 2013

Livres québécois remarquables du XXe siècle

Ayant reçu ce livre grâce à l'Opération Masse critique de Babelio à la mi-mai, théoriquement j'aurais dû publier ce billet dans les 30 jours suivants...  Mais il est arrivé à un moment où franchement je ne l'attendais plus et où j'avais pris d'autres engagements livresques: Blogoclub, lectures communes, etc. Tant qu'à être en retard, je me suis dit qu'il valait mieux attendre le début de l'édition 2013 de Québec en septembre pour vous le présenter.  Le délai sera donc compensé par une visibilité accrue, et tout le monde y trouvera son compte, enfin je l'espère.

Trêve de palabres, passons à l'objet lui-même.  Première surprise, il est plus gros que ce à quoi je m'attendais. Il s'agit d'un album magnifiquement illustré présentant vingt livres qui ont marqué l'histoire de l'édition québécoise, dans certains cas par leur contenu, plus souvent par leur aspect visuel, par les techniques et matériaux utilisés ou encore parce qu'il s'agissait d'un genre inusité par ici. J'ai beaucoup apprécié cette lecture. Certains chapitres, chacun rédigé par un spécialiste différent,  m'ont rappelé des souvenirs (la Flore laurentienne du Frère Marie-Victorin que j'avais feuilleté enfant sans en comprendre l'importance, l'engouement que j'avais éprouvé à l'adolescence pour la poésie de Nelligan et de Saint-Denys Garneau), d'autres m'ont remis en mémoire des faits historiques dont on n'entend plus si souvent parler (l'Affaire Coffin) ou m'ont appris des trucs amusants (les rues Henri-Julien dans Villeray  et L-O David dans Saint-Michel, près desquelles j'ai déjà habité, sont nommées respectivement en l'honneur d'un illustrateur et d'un journaliste et historien).

N'est-ce pas un choix tout à fait approprié pour inaugurer ce mois aux couleurs du fleurdelysé?


Merci à Babelio et aux Presses de l'Université du Québec pour l'envoi. 


Livres québécois remarquables du XXe siècle, sous la direction de Claude Corbo, 2012, 324 p.



29 août 2013

High Fidelity (Haute Fidélité)

Excellent roman sur les relations amoureuses (et bien d'autres choses) du point de vue masculin. Un peu de la chick-lit de gars (guy-lit?)...  avec l'humour britannique qui me plaît tant.

Rob, propriétaire d'un obscur magasin de disques usagés, vient de rompre avec sa petite amie. Ou plutôt c'est elle qui a rompu avec lui!  Comme ses deux employés (un timide et un énergumène) et lui sont passés maîtres dans l'art de dresser des listes «Top 5» (meilleurs romans de science-fiction, meilleures chansons sur la mort, etc), il passe en revue toute sa vie amoureuse pour dresser son Top 5 des ruptures les plus douloureuses. Pour notre plus grand plaisir!  Ses réflexions sont hilarantes, et de temps en temps aussi émouvantes, surtout vers la fin.

On ne peut pas dire que Rob soit toujours très sympathique, ce qui est tout à fait normal car comme on est au courant de tout ce qui lui passe par la tête, on en apprend des vertes et des pas mûres.  Après tout, même Gandhi avait sans doute des pensées mesquines ou méchantes, pendant quelques secondes de temps en temps! Peut-être que sa femme lui tombait sur les nerfs, peut-être qu'il sacrait contre les Anglais! Mais ce sont ces imperfections qui nous le rendent réel et attachant.

Je suis désolée de vous infliger cette horrible page couverture. Ne dirait-on pas que le type (orange qui plus est) a des yeux de mouche?  Je crois qu'il a en fait des cuillères devant les yeux, mais je ne vois pas trop le rapport.  Peut-être pour dire que le personnage est très centré sur lui-même, mais pourquoi des cuillères?

Dans l'esprit du roman, cela m'a inspiré les Top 5  pages couvertures laides de livres chroniqués depuis l'ouverture de ce blogue:





Quelqu'un veut tenter le même exercice sur son blogue? Ça peut aussi être les Top 5 belles couvertures, drôles, romantiques, etc!


High Fidelity de Nick Hornby, 1995, 323 p.

21 août 2013

Ah ces bébés!

En faisant un petit tour chez Venise, j'apprends avec plaisir que Mère indigne a rouvert son blogue...

Un clic plus tard, je tombe sur ceci: Les Grands Succès littéraires revus et corrigés par les bébés.  (Cliquez sur l'image pour agrandir le texte.) 

 Trop drôle! Depuis je me creuse la tête pour inventer d'autres titres, mais apparemment je n'ai aucun talent dans ce domaine.

Un autre clic et le blogue est maintenant dans mes favoris.

19 août 2013

North and South (Nord et Sud) - abandon!

Après avoir lu des critiques élogieuses ici et là sur la Blogosphère, je m'attendais à quelque chose ressemblant à du Austen ou du Brontë; j'ai été amèrement déçue! Le style est lourd, sans élégance (pour une fois la traduction aurait-elle amélioré la situation?), les dialogues ennuyeux, les personnages sans intérêt.  J'ai tenté de m'accrocher une quarantaine de pages, je laisse tomber.


North and South d'Elizabeth Gaskell, 1854, 570 p. Titre de la traduction française: Nord et Sud.

17 août 2013

Reçu en service de presse...

Si tu passes la rivière - Geneviève Damas

Vu chez Venise et chez Karine...  N'est-il pas magnifique? Je pense qu'il ne restera pas longtemps dans la PAL!

16 août 2013

Suite française

Ce que j'aime avant tout dans les romans se déroulant durant une guerre, c'est que ces circonstances extraordinaires permettent aux écrivains de faire ressortir ce qu'il y a de meilleur et de pire dans l'être humain. Cette analyse est particulièrement bien réussie par Irène Némirovsky. Elle avait pourtant bien peu de recul: les événements qu'elle évoque se passent de 1940 à 1941, et elle est morte en 1942, dans un camps de concentration (elle était d'origine juive, bien que convertie au catholicisme).  C'est peut-être pourquoi ils sont décrits avec tant de réalisme.

J'ai été un peu surprise de constater que la question juive était en fait à peine évoquée. C'est plutôt un portrait du peuple français que l'écrivaine a voulu brosser: grands bourgeois, artistes, petits salariés, paysans...  Dans la première partie, l'on suit quelques individus et familles fuyant Paris dans un chaos complet devant l'arrivée des Allemands. La deuxième partie relate l'occupation d'un village par l'armée allemande.  J'ai eu le coeur serré en apprenant que trois autres sections étaient prévues initialement, reprenant les personnages des deux premières. C'est déjà un miracle que celles-ci soient parvenues jusqu'à nous! Ce sont les deux fillettes de Nemirovsky qui ont transporté le manuscrit dans leurs valises durant leur fuite, de refuge en refuge, après l'arrestation de leurs parents. Heureusement, le roman forme tout de même un tout cohérent, sans cette impression d'inachevé qu'on aurait pu craindre.

Une belle plume, beaucoup d'émotions, un beau roman.


Suite française d'Irène Némirovsky, 2004 (publié de façon posthume), 573 p. incluant les annexes (notes de l'écrivaine et correspondance).

03 août 2013

Lost in a Good Book (Délivrez-moi!)

Jasper, Jasper, je vous aaaiimmeeeu!!!

Oups, une chance que Gropitou ne lit pas mon blogue trop régulièrement...

Je pense que si j'habitais en Angleterre, je serais toujours de bonne humeur.  Il suffirait par exemple qu'on me lance en guise d'au revoir un «chin chin and toodle pip!», et ma journée serait faite.

J'avais cru comprendre que le deuxième de la série Thursday Next était le moins bon... Hé bien, j'ai jubilé du début à la fin! J'ai adoré l'idée de cette agence composée de personnages fictionnels se promenant d'un livre à l'autre pour y faire régner l'ordre et réparer les failles des intrigues. Qui eût cru que dans ses temps libres, Miss Havisham (de Great Expectations) écoutait de la musique sur son Walkman en lisant le National Geographic?  Quand au Chat de Cheshire, il est tout simplement adorable!  De plus, même si on se doutait bien que l'apocalypse annoncée n'aurait pas lieu (sinon, la série s'arrêterait là!), il y a à la toute fin un revirement de situation que j'ai trouvé vraiment bien imaginé.   Pour le reste, je pourrais répéter ce que j'avais dit sur le tome un de la série, puisqu'on reste dans la même veine.

J'en profite pour remercier Lilly qui m'avait recommandé de lire Great Expectations en préparation à cette lecture-ci, de la même façon qu'il est préférable d'avoir lu Jane Eyre pour le premier tome.  Pour le tome trois, The Well of Lost Plots (Le Puits des histoires perdues), que devrais-je lire?


Lost in a Good Book de Jasper Fforde, 2002,372 p. Titre de la traduction française: Délivrez-moi!

22 juillet 2013

La Survivance

Quel magnifique roman!  Il m'a rappelé Le Mur invisible de Marlen Haushofer:  même combat pour apprendre à survivre dans l'isolement, et je dirais même presque la même ambiance de fin du monde.  Sauf qu'ici, on n'est pas du tout dans la science-fiction; j'ai même cru un temps qu'il s'agissait d'une histoire vécue, mais quelques événements sont décrits dont je n'ai pas trouvé mention sur le Web (par exemple, le musée de Colmar en Alsace ne semble pas avoir été anéanti par un incendie, emportant avec lui le célèbre retable d'Issenheim de Mathias Grünewald).  Autres différences, c'est un couple, et non une femme seule, qui se retrouve à passer un an dans une masure en ruines, et cet isolement est volontaire.  Solitude, vieillesse, fin d'un monde sont des thèmes abordés, mais aussi tendresse, beauté de la nature.  Et surtout l'importance de la littérature, et sa possible disparition...  Vous l'avez deviné, ce n'est pas un roman gai, il faut donc bien choisir le moment de le lire.  Mais c'est un roman fort, très fort.  Je sens que ces deux personnages, Sils et Jenny, seront avec moi pour un bon moment.

Le billet de Jules (rassure-toi, Jules, je n'ai pas saisi moi non plus toutes les références littéraires, mais heureusement cela n'a pas gâché mon plaisir!) et de Midola (dont l'expérience se rapproche de celle de Jules).  L'avis de Keisha est proche du mien, tout comme celui de Cathulu.

Quelques extraits:

«Quand il parlait de «cargaison» à sauver, j'avais l'impression qu'il se prenait pour un Noé galactique.  Que nous étions dans une sorte d'arche en compagnie des restes périmés, devenus incongrus, d'une civilisation de l'écrit, tandis qu'autour de nous montait l'eau d'innombrables écrans plasma et autres inventions, annonçant un monde fabuleux, bien plus fort que l'ancien.  Encore plus destructeur.  Encore plus dangereux.»

«Dommage qu'on n'ait pas eu d'alcool, j'en boirais bien.  Du bon cognac, de l'armagnac.  Pourquoi on n'a pas d'armagnac?  Quand je lis Hemingway, je vois qu'on y boit toujours.  Il n'y a pas un chapitre où on ne boit pas de l'absinthe, du whisky ou des vins italiens que je ne connais pas. 

Moi je traînais, deux paires de chaussettes enfilées sur des caleçons longs, un pantalon par dessus, plus une vieille jupe Comme Des Garçons,  enroulée en portefeuille, et ainsi paquetée, je brossais Avanie, j'égalisais aux ciseaux sa crinière, je taillais ses sabots, les limais à la râpe, et la rebrossais encore, serrant son cou dans mes bras.  Tu t'es vue, m'a dit Sils, on dirait la Comtesse de Ségur avec son âne.  Pourquoi tu n'écris pas ses Mémoires?»

La Survivance de Claudie Hunzinger, 2012, 278 p. (160 p. en version numérique).

20 juillet 2013

Sido

Dans ce très court  récit autobiographique (177 pages avec une police de caractères énorme!), Colette nous présente chacun des membres de sa famille, en particulier sa mère Sido, qui avait une double personnalité, celle de maison et  celle de jardin, mais aussi son père amputé de guerre qu'elle ne comprendra qu'après sa mort, son étrange frère chez qui aujourd'hui l'on diagnostiquerait vraisemblablement un trouble du spectre de l'autisme, son demi-frère misanthrope. Sa demi-soeur, elle,  est à peine évoquée, Colette semble l'avoir peu connue à cause de la différence d'âge entre elles.

Je n'ai pas trouvé la plume de Colette aussi moderne que dans La Naissance du jour ou La Chatte,  mais au contraire délicieusement surannée, avec des tournures inusitées de phrases qu'il faut relire pour bien en saisir la construction, et des mots disparus, tels «bolduc» (ruban de tissu servant à ficeler les paquets), «cartel» (sorte de pendule murale) ou encore «sylphe» (génie de l'air dans la mythologie gauloise et germanique).

À déguster lentement, préférablement dans une vieille édition aux pages jaunies.


Sido de Colette, 1930, 177 p.

18 juillet 2013

The Magic Circle (Le Cercle magique)

Si vous aimez les thrillers ésotériques à la Code Da Vinci, ce roman de Katherine Neville sera tout à fait dans vos goûts! En effet, il ne s'agit pas d'une pâle copie des aventures du célèbre professeur de symbologie Robert Langdon, un des ces quasi-clones qui pullulent depuis une dizaine d'années, puisque Mme Neville a connu la gloire bien avant Dan Brown, avec son best-seller The Eight  (Le Huit) en 1988 et que ce livre-ci précède le CDV d'un bon cinq ans.

Si j'oublie quelques invraisemblances (ma nièce de sept ans est plus habile pour cacher des objets que l'héroïne) et une fin peut-être un peu trop étirée, j'ai vraiment beaucoup apprécié ce thriller rempli d'action, touffu et intelligent. Les références à l'histoire et à la mythologie pleuvent, on passe des Égyptiens aux nazis en passant par les premiers chrétiens, de Néron à Tesla sans oublier Kaspar Hauser. Et Attila le Hun. Et l'astrologie, et le folklore amérindien.  Ça pourrait finir par faire un peu fourre-tout, mais ça marche et on ne s'ennuie pas deux secondes.

Un conseil toutefois. Faites-vous un arbre généalogique en cours de lecture. La famille de l'héroïne est, disons... compliquée!  Voyez ci-dessous un aperçu (volontairement flou pour ne pas trop en révéler...)




The Magic Circle de Katerine Neville, 1998, 552 p.  Titre de la traduction française: Le Cercle magique.

04 juillet 2013

Les Femmes qui lisent sont dangereuses

On dirait que ce superbe album a été écrit pour moi, qui aime à la fois l'Histoire de l'Art et les livres sur la lecture!

Je ne me lasse pas de le feuilleter tant les illustrations sont magnifiques! On y trouve en effet des reproductions d'une grande qualité, couvrant la période du Moyen-Âge à aujourd'hui, de peintures et de photographies représentant des femmes en train de lire. Chaque image est accompagnée d'une brève description.  En introduction on retrouve deux passionnants essais signés respectivement par chacun des deux auteurs, Laure Adler et Stefan Bollmann, retraçant l'Histoire de la lecture au féminin et son impact sur la condition de la Femme.

Un plaisir, donc, pour l'oeil autant que pour le cerveau!


Un extrait du texte de Laure Adler (en lien avec le roman que je lis actuellement, de façon tout à fait fortuite, dans lequel, après la crucifixion,  Marie-Madeleine est écartée par les autres disciples parce qu'elle est femme):

«Ce n'est sans doute pas un hasard qu'aux femmes le livre -- le livre des livres -- fut d'abord interdit. Il fut dans les mains du Christ, puis de tous les hommes qui l'accompagnent, puis de tous ceux qui fondent l'Église -- innombrable cohorte des hommes qui, dans les tableaux flamands ou italiens, portent le livre-tabernacle, incarnation du miracle de la continuité du croire.

Du sacré donc point de femmes.  Seuls les hommes ont le droit d'y toucher. Mais les peintres vont aussi se mettre à représenter ce que l'Église enseigne et qui par essence ne se voit pas. Pour orner les églises, pour répondre aux commandes des princes, des ecclésiastiques, pour nous faire croire que l'invisible existe et que ce qu'enseigne la doctrine de l'Église existe -- la preuve, ils peuvent le peindre.

Et c'est là que la femme surgit, qu'elle obtient l'autorisation d'exister dans le cadre.  La femme s'appelle bien sûr Marie, et lorsque l'ange vient lui annoncer la bonne nouvelle, Marie est en train de lire, Marie est dérangée, Marie est effrayée, Marie se rétracte, se replie mais pour autant ne perd pas ses esprits car elle couvre de sa main ce livre qu'elle est en train de lire tout en introduisant son pouce à la page où elle a été interrompue.»


Les Femmes qui lisent sont dangereuses de Laure Adler et Stefan Bollmann, 2006, 149 p.

25 juin 2013

Marley & Me (Marley et moi)


Dans ce récit humoristique, le journaliste américain nous raconte la vie de son drôle de chien Marley, un labrador qui avait, disons, une personnalité plutôt spéciale. Maladroit et pas trop futé, il avalait tout ce qu'il trouvait, de vieux mouchoirs jusqu'à un collier en or, et faisait des crises de panique à chaque orage électrique, causant des dommages importants à la maison familiale, mais il était d'une loyauté sans borne et d'une grande sensibilité.

J'adore les chiens en général mais la vie en appartement à Montréal et nos horaires de travail ne nous permettent pas d'en adopter un, alors je profite de ceux des autres en lisant de temps en temps ce genre de bouquins et en regardant des «émissions de pitous» à la télévision (Animo, César l'homme qui parle aux chiens, etc).   Dans ce cas-ci, c'est vraiment une réussite: j'ai rit aux éclats, j'ai pleuré à chaudes larmes, pour ne pas dire braillé comme un veau!  Je recommande ce livre à tous les amis du meilleur ami de l'Homme!

(Par contre, après avoir lu le billet de Sophie, j'ai l'impression que la version française est à éviter!)


Marley & Me de John Grogan, 2005, 291 p.  Titre de la traduction française: Marley et moi.

24 juin 2013

La Bibliothèque de Robinson

Une toute petite plaquette regroupant deux textes d'un de mes auteurs chouchou, Alberto Manguel. Dans le dictionnaire, à côté du mot «érudit», il y a son portrait, mais il est en même temps un excellent vulgarisateur.

Dans le premier texte, Autoportrait d'un bouquineur, Manguel raconte les librairies qui ont jalonné sa vie de lecteur, de son enfance à l'âge mûr, partout dans le monde.  C'est qu'il a bourlingué, le monsieur! Il parle même de Montréal, et notamment de la librairie Hermès à Outremont, connue de tous les lecteurs du quartier depuis toujours (mais fermée malheureusement depuis la parution de ce livre.)

Extrait:
«Montréal est une ville de lecteurs, et les livres qui racontent son histoire lui ont conféré une réalité: la saga du Plateau Mont-Royal de Tremblay, Le Matou de Beauchemin, Le Sourd dans la ville de Marie-Claire Blais, les polars à l'humour noir de François Barcelo, m'ont dessiné une carte de Montréal qui, comme les meilleurs livres, est à la fois secrète et parfaitement accessible.»

Dans le deuxième texte, plus consistant, Manguel prend comme point de départ un passage de Robinson Crusoé où le naufragé récupère quelques livres de l'épave du navire. Ce prétexte lui permet d'aborder notre relation au livre, les différents types de lecteurs et les dangers qui guettent l'écrit et la mémoire à l'ère du numérique et de l'instantané (cette dernière partie montrant plus de signe d'obsolescence que le reste, tant la technologie a évolué, même si le propos lui-même reste d'actualité).

Comme toujours, Manguel est un must pour tous ceux qui aiment les «livres qui parlent des livres»!

(Désolée pour la mauvaise qualité de l'image ci-contre; étrangement je n'ai trouvé nulle part sur Internet de reproduction de cette couverture. J'ai donc dû numériser moi-même l'exemplaire de la bibliothèque municipale, avec sa reliure qui a grugé les deux côtés...)


La Bibliothèque de Robinson d'Alberto Manguel, traduit de l'anglais, 2000, 53 p.  Contient deux textes dont les titres en version originale sont Many Bookstores (tiré de A Visit to the Dream Bookseller, 1998) et The Library of Robinson Crusoe, 2000.

23 juin 2013

La Traversée des sentiments


Quel plaisir de retrouver Nana et les siens! Quelques paragraphes et c'était comme si je ne les avais jamais quittés.

Cette fois-ci, la famille s'en va passer quelques jours de vacances dans un chalet des Laurentides.  En ce temps-là, un tel voyage était toute une expédition! Mais comme le titre l'indique, le principal voyage c'est au travers des sentiments de tout un chacun qu'on l'effectue, car pour ce qui est d'action, il ne se passe pas grand-chose et c'est très bien ainsi. Nana, qui a maintenant douze ou treize ans,  tente de comprendre le monde des adultes à travers les bribes qu'elle en perçoit; tente de comprendre sa mère et le lien qui les lie toutes les deux, et ressent ses premiers émois sexuels. Quant à Maria, ce répit loin de la ville étouffante et d'un travail épuisant lui permet de respirer, de repenser son rôle de mère. Bien sûr il y a les impayables tantes Neena et Tititte, et on fait la connaissance de nouveaux membres de la famille.

Détail cocasse, j'entends parler de la légende de la Chasse-galerie pour la deuxième fois en quelques jours! Drôle de coïncidence!  J'ai aussi apprécié le petit clin d'oeil à La Grosse Femme d'à côté est enceinte, mais je n'en dis pas plus pour vous réserver la surprise!

Comme les deux tomes précédents, c'est un pur délice!


La Traversée des sentiments (La Diaspora des Desrosiers, tome 3) de Michel Tremblay, 2009, 251 p.

21 juin 2013

Death comes to Pemberley (La Mort s'invite à Pemberley)

 En général je ne suis pas très attirée par les pseudo-suites de romans, c'est-à-dire les tentatives de poursuivre l'oeuvre d'un grand auteur, souvent effectuées par un écrivain inconnu ou en tous cas de moindre calibre. Mais ici, puisqu'il s'agit de P.D. James, reine du polar anglais, dont j'avais beaucoup apprécié la plume dans A Taste for Death, une aventure du commandant Adam Dalgliesh, je me suis laissée tenter.

Pour les non austenomanes qui ne reconnaissent pas du premier coup d'oeil le nom de la magnifique demeure du non moins magnifique Mr Darcy, précisons qu'il s'agit ici d'un roman policier qui se déroule dans le cadre de Pride and Prejudice (Orgueil et Préjugés) de Jane Austen. L'action se situe quelques années plus tard.

J'ai beaucoup aimé retrouver l'ambiance et les personnages du roman d'Austen. Cet aspect est très réussi, et il y a même quelques clins d'oeil aux autres écrits d'Austen, notamment Emma, ce qui bien sûr m'a fait jubiler!  Toutefois j'aurais aimé que le personnage d'Elizabeth soit plus à l'avant-scène, afin que ressorte mieux sa vivacité d'esprit et son humour piquant. C'est plutôt Darcy qui vole la vedette, et si on aime bien l'imaginer plongeant dans l'étang en chemise, ce n'est quand même pas le plus charismatique des héros!

Par contre, l'intrigue policière n'est sans doute pas la meilleure concoctée par Mme James.  Le suspense est bien amené mais la résolution de l'énigme est un peu plate, et j'avais deviné certains éléments dont un, notamment, aurait dû être envisagé par les enquêteurs.  Il y a quelques répétitions lorsque des faits sont racontés par plusieurs personnages différents, chacun selon son point de vue. À tel point que j'ai cru à un certain moment que j'étais revenue en arrière par mégarde! Cependant j'ai apprécié suivre le déroulement de l'enquête et du procès, version XIXe siècle. On est loin de CSI et autres Law & Order!

Quant à l'épilogue, où Darcy revient sur les événements de Pride and Prejudice pour expliquer ses actions à Elizabeth, il m'a semblé complètement inutile.   Ils sont mariés depuis plusieurs années, ils n'ont pas encore eu le temps d'y revenir?  Mais surtout, chaque lecteur est capable d'en venir à ses propres conclusions, on n'avait pas besoin que Mme James viennent nous imposer les siennes.

Bref, je recommande ce roman surtout aux fans d'Austen qui ont envie de retrouver son univers, et le déconseille aux amateurs de polars purs et durs!


Death Comes to Pemberley de P.D. James, 2011, 291 p. Titre de la traduction française: La Mort s'invite à Pemberley



16 juin 2013

Génial!

Ce matin, j'aperçois de loin cette drôle de boîte aux lettres bigarrée... Qu'est-ce?  M'approchant, je découvre qu'il s'agit plutôt d'une boîte à livres!

«Livre-service» est un projet-pilote d'échange de livres mis en place dans l'arrondissement Côte-des-Neiges/Notre-Dame-de-Grâce.  De telles boîtes se trouvent à une douzaine d'endroits dans tout le quartier (la liste est sur le site).  On peut y déposer les livres dont on ne veut plus ou en prendre un qui s'y trouve déjà. C'est gratuit!

Je trouve l'idée vraiment chouette, j'espère que cela va fonctionner!  Si vous connaissez des initiatives semblables, n'hésitez pas à l'annoncer dans les commentaires ci-dessous!

09 juin 2013

The Uncommon Reader (La Reine des lectrices)

Quel bon moment j'ai passé en compagnie de la Reine d'Angleterre!

Voici un petit bijou, un livre pour les amoureux de la lecture. Dommage que ce soit de la fiction... Le monde se porterait peut-être mieux si plus de nos dirigeants étaient des lecteurs!

Dans ce roman, donc, Alan Bennett imagine que la Reine d'Angleterre découvre sur le tard les joies de la lecture et en devient obsédée, au grand dépit de son entourage qui trouve que cela nuit à son image et qu'en plus elle en vient à négliger ses fonctions.Cela donne lieu à de nombreuses réflexions sur la lecture, comme par exemple que celle-ci n'est pas un passe-temps; au contraire, les lecteurs voudraient avois plus de temps pour lire!

Je l'ai dit et je le redis, j'adore l'humour britannique, et j'ai été bien servie ici!  Je me suis esclaffée à maintes reprises, comme par exemple lorsque son écuyer fait accroire à la Reine que les services secrets ont confisqué le bouquin qu'elle avait caché sous un coussin de son carosse parce qu'ils croyaient qu'il était piégé!

Je me suis amusée à relever tous les auteurs lus par la reine au cours du roman:

Ivy Compton-Burnett
Nancy Mitford (The Pursuit of Love et Love in a Cold Climate)
J.R. Ackerley (My Dog Tulip et son autobiographie)
Anita Brookner
Ian McEwan
A.S. Byatt
John Cooper Powys
Dylan Thomas
Francis Kilvert (journal)
Vikram Seth
Salman Rushdie
Sylvia Plath
Lauren Bacall (mémoires)
Winifred Holtby
Henry James
Dr Samuel Johnson
Charles Dickens (A Tale of Two Cities)
William Thackeray
George Eliot
Les soeurs Brontë
John Betjeman
Philip Larkin
Marcel Proust
George Painter (biographie de Proust)
Samuel Pepys
Alice Munro
Rose Tremain
Kazuo Ishiguro
Samuel Beckett
Vladimir Nabokov
Philip Roth
Mary Renault
Denton Welch
Honoré de Balzac
Ivan Tourgueniev
Henry Fielding
Joseph Conrad
Jane Austen
Fiodor Dostoïevski
Tristram Shandy
Anthony Trollope
Shakespeare (King Lear)
Dick Francis
Jonathan Swift
Emily Dickinson
E.M. Forster  (Howards End)

Il y en a beaucoup là-dedans dont je n'avais jamais entendu parler! Ce qui m'amène à mon seul bémol: j'aurais aimé que la Reine nous parle davantage de chacun de ces auteurs, qu'elle approfondisse un peu plus. Dans bien des cas, les noms ne sont que cités.

 Il y en a tout de même un certain nombre que j'ai lus: Ian McEwan (je viens tout juste de le lire!), A.S Byatt (commencé mais abandonné) Salman Rushdie, peut-être les mémoires de Lauren Bacall quand j'étais jeune(?), Dickens (mais pas ce titre-là), Charlotte et Emily Brontë, Proust (mais seulement Un Amour de Swann, pas toute la poutine!), Alice Munro, Kazuo Ishiguro, Nabokov, Philip Roth, Balzac, Tourgueniev, Jane Austen, Dostoïevski, Shakespeare, et E.M. Forster.  Et vous?


Encore une fois le hasard a bien fait les choses, et ce roman qui a été choisi comme lecture commune du Forum du Guide de la bonne lecture me permet en même temps une deuxième participation au Mois anglais organisé par Lou et Titine!


The Uncommon Reader d'Alan Bennett, 2007, 124 p.  Titre de la version française: La Reine des lectrices.

07 juin 2013

Atonement (Expiation)

Ouf, quelle fin! J'en ai encore les larmes aux yeux...

Le roman commence sur un ton assez léger.  On est en 1935, dans un manoir cossu de la campagne anglaise. Une pré-adolescente fantasque enrôle de force ses cousins dans une pièce de théâtre qu'elle monte pour fêter le retour à la maison de son grand frère chéri. Sa soeur, début vingtaine, se dispute avec le fils d'une ancienne domestique au sujet d'un vase brisé. La mère, confinée dans sa chambre par la migraine, capte les moindres bruits de la maison.

Et pourtant, par la chaleur, par l'atmosphère de plus en plus lourde, on sent que l'orage s'en vient, que la catastrophe se prépare, comme elle s'en vient aussi à plus grande échelle, inéluctable, sur l'Europe entière. Et c'est à cause de l'innoncence et de l'entêtement de la petite Briony que surviendra le drame qui déchirera la famille.

On se retrouve ensuite cinq ans plus tard, en France, où l'un des personnages participe à un épisode peu médiatisé de la Deuxième Guerre mondiale, le retrait dans la débandade de l'armée britannique devant l'avancée des Allemands.  J'ai trouvée cette partie fascinante mais en même temps j'avais hâte de rejoindre les autres personnages! (Dans les premiers chapitres, on passait d'un point de vue à l'autre, alors qu'ici on se concentre sur un seul.)

Bon, je n'en dis pas plus pour ne rien révéler, à part que ce roman pourrait bien se retrouver dans les coups de coeur de mon bilan annuel, grâce à ses personnages bien campés et attachants, son écriture forte et imagée, et cette fin...  Il faut dire aussi qu'après une lecture plutôt intellectuelle, cela fait du bien de se faire brasser les émotions un peu!

Ce livre était la sélection du premier juin de notre Blogoclub -- eh oui! je suis encore en retard, quelle surprise!  (Pour connaître l'avis des autres participants, c'est chez Sylire et Lisa que ça se passe!)  Par le plus grand des hasards, il me permet aussi d'inscrire une première participation au défi Le Mois anglais organisé par Lou et Titine.


Atonement d'Ian McEwan, 2001, 372 p. Titre de la traduction française: Expiation.