Aucun message portant le libellé Royaume-Uni. Afficher tous les messages
Aucun message portant le libellé Royaume-Uni. Afficher tous les messages

09 mai 2026

Ivanhoe (Ivanhoé)

Ouh là là, les copains, Walter Scott en version originale, c'est vraiment pas de la tarte!

J'ai mis presque un mois à lire ce livre de 500 pages!

Il est pourtant bien intéressant, ce bouquin!  J'ai beaucoup aimé les personnages (surprise: Ivanhoe ne tient pas le premier rôle dans l'histoire!).  Certains sont farfelus (le fou Wamba et son ami le porcher/écuyer Gurth sont désopilants, j'aurais adoré qu'on les voie davantage!), d'autres admirables ou détestables.  J'ai aussi apprécié la construction non linéaire de l'intrigue, avec ses retours en arrière à répétition.  Le rythme va crescendo -- dommage qu'il y ait juste un petit ralentissement vers le deuxième tiers.  Certaines ficelles sont un peu grosses, mais on s'y attend dans ce genre littéraire, donc ce n'est pas du tout déplaisant.

La grosse difficulté, c'est le vocabulaire et les tournures de phrase à saveur médiévale utilisés par Scott, tant dans les dialogues que dans la narration.  Pour vous donner une idée, prenez Austen ou Dickens en VO et multipliez le degré de difficulté par 5; si ça ne vous fait pas peur, allez-y, sinon procurez-vous l'une des différentes traductions de cette œuvre! 


Ivanhoe de Walter Scott, 1819, 536 p.  Titre de la traduction française: Ivanhoé

11 avril 2026

The Jane Austen Society (Le Cercle littéraire des amateurs de Jane Austen)

 Après avoir lu plusieurs classiques ces derniers mois (Zola, Gorki, Artaud...) et sachant qu'on lira Ivanhoe de Walter Scott pour le club de lecture Livraddict de la fin avril, j'avais envie de quelque chose de plus léger, de plus contemporain.  Bon, je me suis un peu fourvoyée en choisissant (sans lire la quatrième de couverture, évidemment) The Jane Austen Society de Natalie Jenner, puisqu'il s'agit d'un roman historique (on est dans les années 30-40) et que le deuil en est un des sujets principaux! 

Malgré quelques longueurs et une fin un peu précipitée, j'ai apprécié cette lecture.  La plume, sans être remarquable, est agréable et convient bien au genre.  Mais le gros point fort, ce sont les références aux romans de Jane Austen, que ce soient les discussions qui nous font voir certains personnages sous un jour nouveau ou les petits clins d'œil dans l'intrigue (comme par exemple le lointain et antipathique cousin qui pourrait hériter du domaine au détriment de la fille de la famille).

En passant, je trouve que le titre français est trompeur.  Pour moi, un cercle littéraire s'apparente à un club de lecture; or, ici, il s'agit plutôt d'un groupe de villageois qui veulent transformer en musée le cottage où Austen a vécu.  J'ai l'impression que l'éditeur a voulu miser sur le succès du Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates de Mary Ann Shaffer et Annie Barrows...

Je recommande surtout ce livre aux amateurs de la grande écrivaine!  Quant à moi, il m'a donné envie de relire ses romans, notamment Persuasion, dont mes souvenirs sont très flous! 


The Jane Austen Society de Natalie Jenner, 2020, 320 p.  Titre de la traduction française: Le Cercle littéraire des amateurs de Jane Austen.

27 septembre 2025

They Do It with Mirrors (Jeux de glaces)

Je continue de revisiter les romans d'Agatha Christie mettant en scène Miss Marple.  Tout comme il y a quelques mois dans Murder at the Vicarage, j'ai beaucoup apprécié ce personnage (que je trouvais décevant quand j'étais ado, je le rappelle).  C'est toute une fin finaude, cette Miss Marple, mais une fin finaude plus subtile qu'un Hercule Poirot, par exemple!  Avec son petit air naïf et son tricot, les méchants ne s'en méfient pas!

Une fois n'est pas coutume, j'ai deviné assez rapidement une partie de la solution, et je n'en suis pas peu fière!  Plusieurs éléments-clés ont tout de même su me surprendre.  L'intrigue est bien ficelée, il faut juste bien s'accrocher au début parce que les relations entre les divers personnages ne sont pas simples: qui est la demi-sœur de qui, untel est le combientième mari d'unetelle?  Heureusement, Agatha prend le soin de répéter souvent ces informations, et ça finit par rentrer!   

 

They Do It with Mirrors d'Agatha Christie, 1952, 224 p.  Titre de la traduction française: Jeux de glaces. 

30 août 2025

Jamaica Inn (L'Auberge de la Jamaïque)

Première surprise:  ça ne se déroule pas en Jamaïque!

Et donc, au lieu de me retrouver dans l'ambiance paradisiaque d'une île des Caraïbes, me voilà téléportée dans les landes froides et brumeuses de la Cornouailles.  Après l'Indochine étouffante de Duras*, ça fait un choc!

Ensuite, une constatation: on est dans la lignée des sœurs Brontë, mais en plus facile à lire!

J'ai vraiment adoré la plume de Daphne du Maurier, que je découvrais par le fait même.  Oh! bien sûr je la connaissais de nom, son Rebecca est très célèbre (trop même, on dirait que je connais déjà l'histoire sans l'avoir lu!) et l'une de ses nouvelles a inspiré Hitchcock pour The Birds.  

J'ai été épatée par la modernité de son héroïne, qui est une jeune femme forte de caractère et indépendante.  Elle envisage de ne pas se marier, ne pas avoir d'enfants, elle n'a pas froid aux yeux malgré toutes les péripéties qui lui arrivent...  Bon il y a bien un petit passage qui m'a déçue: elle arrive pour la première fois chez un célibataire endurci, sa maison est une vraie soue à cochon, elle se met à faire le ménage, et le dîner en prime!  Mais pour un roman publié en 1940, c'est quand même bien, passons-lui ce petit moment de faiblesse. 

Bref, ce ne sera pas ma dernière lecture dans sa bibliographie.  Dans ma ligne de mire: Ma Cousine Rachel


*Les billets ne sont pas publiés dans l'ordre où j'ai lu les romans. 

 

Jamaica Inn de Daphne du Maurier, 1941, 320 p.  Titre de la traduction française: L'Auberge de la Jamaïque.

30 avril 2025

The Murder at the Vicarage (L'Affaire Protheroe)

Adolescente, j'ai dévoré tous les romans d'Agatha Christie qui étaient offerts à la bibliothèque municipale ainsi que les cinq ou six qui se trouvaient sur l'étagère du petit chalet où nous passions nos étés (ceux-là je les ai mêmes relu et re-relus -- oui, à cette époque j'avais déjà une mémoire de poisson rouge et d'une année à l'autre je ne me souvenais pas du coupable!).  Parmi tous les personnages récurrents, mes préférés étaient Tommy et Tuppence Beresford, mais j'adorais aussi Hercule Poirot, qui me faisait bien rigoler avec son sentiment de supériorité à toute épreuve.  Miss Marple, elle, me décevait toujours un peu, je la trouvait un peu terne par rapport aux autres personnage si hauts en couleur.

Récemment, j'ai eu l'idée de lui donner une deuxième chance, me disant que j'aurais peut-être un regard différent maintenant que je commence à m'approcher un peu de l'âge de cette vieille dame (je souligne le «un peu», hein?).  Grand bien m'en fit, j'ai adoré son humour pince-sans-rire, non dénué d'autodérision (faculté dont Poirot, lui, est complètement dépourvu!).

Fait à noter, la demoiselle est un personnage secondaire dans cette intrigue, ce qui m'a surprise.  Il s'agit de sa première apparition dans l’œuvre de l'auteure, et je me suis donc demandé si Agatha savait déjà que le personnage serait récurrent ou si cela s'est décidé plus tard, peut-être en réponse aux bons commentaires qu'elle a reçus à son sujet... 


The Murder at the Vicarage d'Agatha Christie, 1930, 224 p.  Titre de la traduction française:  L'Affaire Protheroe.

07 janvier 2025

Villette

Pour la petite histoire, ce roman de Charlotte Brontë végète dans ma bibliothèque depuis la fin des années 80!  J'avais tenté de le lire durant un stage d'apprentissage d'anglais langue seconde de six semaines en Nouvelle-Écosse.  Je me vois encore sur la plage en train d'essayer de déchiffrer ce charabia!  À l'époque, j'en étais à mes premières armes en lecture en version originale anglaise, n'ayant lu que quelques Agatha Christie, c'est vous dire comme la marche était haute!  J'ai vite abandonné, et comme c'était le seul bouquin que j'avais apporté, je suis allée fouiller dans la petite bibliothèque de la résidence étudiante, y choisissant un peu au pif The Importance of Being Earnest d'Oscar Wilde.  Sans doute parce qu'il s'agit d'une pièce de théâtre, sans longues descriptions, donc, cela s'était beaucoup mieux passé (en plus c'est très drôle, je recommande!).

J'ai lu Jane Eyre il y a quelques années (en 2007 en fait, comme le temps passe!) et, sûrement parce que j'ai beaucoup aimé l'histoire, j'ai totalement occulté de ma mémoire le fait que la plume de Brontë est difficile à lire, tant à cause des tournures de phrase que du vocabulaire.  Jane Austen à côté de ça, c'est comme lire Harry Potter

Malheureusement, ici je n'avais pas une intrigue passionnante pour soutenir mon intérêt.  En fait, il y a un gros problème de rythme dans ce roman.  L'histoire se développe très lentement pendant les premiers neuf dixièmes, il y a même quelques digressions un peu prêchi-prêcha, et soudainement, dans les cinquante dernières pages, les événements se bousculent et tout est réglé en deux coups de cuillère à pot.

Il y a pourtant des trucs très bien dans ce roman, de fort belles descriptions, des personnages secondaires intéressants et surtout une héroïne forte, rappelant assez Jane Eyre, d'ailleurs: indépendante, elle prend son destin en main, et si la société l'oblige à se soumettre à l'autorité, elle n'en pense pas moins dans son for intérieur.

Comme j'avais été encore plus déçue de la lecture de The Tenant of Wildfell Hall d'Anne Brontë (mon prix Citron 2023!), je ne risque pas de tâter de nouveau d'une des trois sœurs dans un avenir rapproché.  Surtout qu'en ce qui concerne la littérature anglaise du XIXe siècle, j'ai dans ma mire Dickens et George Eliot pour 2025...


Villette de Charlotte Brontë, 1853, 524 p.  Titre de la traduction française: Villette.

21 décembre 2024

The Christmas Murder Game (Petits Meurtres à Endgame)

Décevant, ce polar...

Comme il est présenté comme un roman de Noël, je m'attendais à une ambiance de style «cozy mystery», avec beaucoup d'humour et des personnages un peu loufoques.  Or, ce n'est pas du tout cela.  L'atmosphère est un peu glauque, voire déprimante.  Le thème du deuil est omniprésent, sans oublier la jalousie, la vengeance et le remord.  Falalalala lalala!

Une fois mes attentes réajustées, j'aurais pu arriver à apprécier tout de même ce roman.  Malheureusement, l'intrigue a tellement de fils qui dépassent qu'il faut volontairement s'abstenir de tirer dessus, de peur que toute l'histoire tombe en morceau.  Tout est complètement tiré par les cheveux, que ce soit les motivations des personnages ou certains détails factuels.  L'idée des énigmes que le lecteur peut tenter de résoudre est sympathique, mais celles-ci sont trop difficiles pour qu'on ait envie de s'y attarder, dans la version originale en tous cas -- d'ailleurs, je me demande comment on a pu traduire ces anagrammes et jeux de mots dans la version française...

De plus, comme le roman est construit autour de la chanson The Twelve Days of Christmas, il fallait que l'histoire dure douze jours, coûte que coûte, ce qui provoque beaucoup de longueurs et d'incohérences.

Le seul bon point, c'est les descriptions de bouffe: scones, plum pudding, brioches et autres mincemeat pies... Miam!
 

The Christmas Murder Game d'Alexandra Benedict, 2021, 279 p.  Titre de la traduction française: Petits Meurtres à Endgame.

04 décembre 2024

The Reading List (Conseils de lecture pour âmes égarées)

Heureuse surprise que ce choix du club de lecture du forum Livraddict, qui se déroulait ce mois-ci sous le thème de la bibliothèque.  Le résumé de ce roman de Sara Nisha Adams fait plutôt «feel-good» (ou lecture doudou), un genre qui ne m'attire pas trop en général (car ces romans tombent parfois dans la facilité ou le gnangnan, mais peut-être n'ai-je pas eu la main heureuse dans ce genre?), mais comme il est aussi question de littérature, j'ai décidé de tenter ma chance (Jane Austen et Histoire de Pi de Yann Martel sont évoqués dans le synopsis de l'édition française!  Comment résister?).

Le danger dans ces «livres qui parlent de livres», c'est que bien souvent les auteurs n'arrivent pas à parler des œuvres sans en divulgâcher l'intrigue.  Or, j'ai trouvé que Sara Nisha Adams s'en tirait plutôt bien ici, à part peut-être pour Les Quatre Filles du Dr March et The Time Traveler's Wife.  Comme j'ai vu l'adaptation cinématographique du premier et que je n'ai pas l'intention de lire le deuxième, cela ne m'a pas trop dérangée!  Et comme j'ai lu la plupart des autres romans évoqués, j'ai pu constater qu'elle arrivait à en parler d'une façon assez générale pour ne rien dévoiler d'important tout en les rendant quand même pertinents par rapport à l'intrigue de son roman. 

J'ai aussi trouvé les personnages intéressants et attachants, particulièrement Mukesh, ce vieux monsieur veuf d'origine indienne, à qui la littérature permettra de se remettre de son deuil et de vaincre son isolement (oups, là c'est moi qui divulgâche!).  J'aurais apprécié un petit lexique des termes indiens, car plusieurs scènes se passent dans sa communauté, avec des expressions reliées à la cuisine indienne, miam!

Seul petit bémol, la fin m'a semblé un peu facile, mais heureusement cela n'a pas gâché mon plaisir.


The Reading List de Sara Nisha Adams, 2021, 384 p.  Titre de la traduction française: Conseils de lecture pour âmes égarées.

26 avril 2024

Piranesi (Piranèse)

Avec ce genre de roman, c’est tout ou rien.  C’est-à-dire qu’on aime beaucoup ou pas du tout.  Heureusement pour moi, j’ai été dans la première catégorie, et pas qu’un petit peu! 

L’histoire?  Je préfère ne rien vous en dire. La longueur de ce billet sera donc inversement proportionnelle au plaisir ressenti durant cette lecture.  Le narrateur, un être bizarre, naïf mais attachant, vous fera découvrir son étrange univers, petit à petit.  Vous ne comprenez rien au début?  C’est normal.  Lisez le moins possible de commentaires avant de commencer.  Déjà, de savoir dans quelle thématique on se trouvait, étant donné qu'il a été sélectionné pour le club de lecture Livraddict, c’était déjà un peu divulgâcheur, j’aurais préféré ne rien savoir du tout! 

En bref, j’ai vraiment adoré cette histoire très originale, tout comme j’avais adoré le premier roman de l’auteure, Jonathan Strange & Mr. Norrell, pourtant complètement différent de celui-ci!  Quel tour de force de Susanna Clarke d’avoir su soutenir notre attention en distillant les informations au compte-gouttes!  C’est toujours un jeu risqué, mais le pari est gagné selon moi!  

 

Piranesi de Susanna Clarke, 2020, 245 p.  Titre de la traduction française: Piranèse.

 

05 janvier 2024

Midnight's Children (Les Enfants de minuit)

Dans mon bilan annuel, il y a quelques jours, je vous disais que j'avais eu plusieurs lectures «en dents de scie», avec de très beaux moments et d'autres où je m'emm... royalement...  Ce livre-ci fait partie de ce club!  J'ai même failli l'abandonner à quelques reprises!

C'est très touffu, j'ai dû plusieurs fois retourner en arrière pour me remémorer tel ou tel détail... Sauf que parfois, je n'arrivais pas à retrouver le passage en question, parce qu'en fait, il s'agissait de quelque chose qui nous serait expliqué cinquante pages plus loin! C'était vraiment mélangeant!  De plus, à cause de cette densité, l'auteur se sent régulièrement obligé de faire des rappels et des récapitulations, ce qui donne une impression de répétition (même si c'est utile!).

En outre, j'ai trouvé la prose de Rushdie un peu ardue à lire.  Beaucoup de termes indiens (heureusement que le dictionnaire anglais de ma liseuse en donnait la plupart du temps la définition!), mais ce n'est pas que ça.  J'avais presque l'impression de faire du surplace tellement le style était dense.  Je ne me souviens pas d'avoir eu de telles difficultés avec The Enchanteress of Florence, qui avait été un gros coup de cœur!

Il y a néanmoins de très beaux passages (un qui se déroule dans la jungle, mémorable), et j'aime beaucoup l'humour assez pince-sans-rire de Salman.  L'idée centrale du roman, celle de faire de la vie du narrateur le miroir de la société indienne depuis l'indépendance du pays, est originale et assez bien exploitée, malgré quelques longueurs dans les parties historiques.  Et la fin est excellente, donc je reste sur une note positive, mais je suis quand même bien contente de l'avoir terminé et je ne suis pas sûre que je tenterai d'autres livres de cet écrivain!


Midnight's Children de Salman Rushdie, 1981, 580 p.  Titre de la traduction française: Les Enfants de minuit.

28 octobre 2023

The Midnight Library (La Bibliothèque de minuit)

Le thème du club de lecture Livraddict d'octobre est le monde du livre, et on a choisi ce roman de Matt Haig.  Ce n'était pas mon premier choix (j'ai voté pour Les Vies de papier de Rabbih Alameddine et La plus secrète mémoire des hommes de Mohamed Mbougar Sarr) mais je n'ai pas été surprise car on le voit partout sur les blogues et les forums depuis sa parution en version française l'an dernier.  J'ai donc décidé de lui donner sa chance -- j'ai déjà eu de bonnes surprises grâce à ce club de lecture!

Malheureusement, mon avis est mitigé.  C'est un roman qui se lit bien et l'idée de base est intéressante même si elle n'est pas d'une grande originalité: une femme a l'occasion de visiter les différentes vies qu'elle aurait vécues si elle avait pris des décisions différentes à différents moments de son parcours.  Elle est plutôt sympathique mais l'on aurait souvent envie de la secouer un peu!

Là où le bât blesse, c'est que tout est expliqué en long et en large.  J'aurais aimé qu'on nous laisse découvrir peu à peu le fonctionnement de la mystérieuse bibliothèque, mais non, tout est dévoilé dès que l'héroïne y pénètre.  De plus, les motivations et les sentiments de cette dernière sont soulignés à gros traits et entourés d'un néon clignotant.  Or, vous me connaissez, je préfère quand l'auteur nous fait confiance et nous laisse faire notre petit bout de chemin...

J'ai aussi remarqué quelques incohérences dans l'intrigue.  Je n'en parlerai pas trop pour ne rien divulgâcher, mais disons notamment que, parmi les options de vie que l'héroïne choisit de visiter, il y en avait une qui semblait évidente et à laquelle elle ne pense que très tardivement.  De plus, la fin est extrêmement prévisible et l'on devine dès le début ce que sera la morale de l'histoire.

Bref, un peu déçue, mais j'espère à tout le moins que les discussions avec les participants du club seront animées!


The Midnight Library de Matt Haig, 2020, 288 p.  Titre de la traduction française: La Bibliothèque de minuit.

20 septembre 2023

The Adventures of Sherlock Holmes (Les Aventures de Sherlock Holmes)

(Première partie de l'intégrale The Original Illustrated Sherlock Holmes)

Après les romans The Hound of the Baskervilles et A Study in Red, j'ai décidé d'essayer les douze nouvelles regroupées sous le titre The Adventures of Sherlock Holmes.  Un mot sur cette édition, d'abord.  J'aime beaucoup la présentation de type feuilleton, sur deux colonnes par page, et présentant les gravures originales de Sydney Paget.  On est tout de suite dans l'ambiance!

Pour ce qui est des nouvelles elles-mêmes, je les ai trouvées un peu inégales.  Enfin, toutes sont intéressantes mais dans certains cas, la fin tombe un peu à plat...  Par exemple, dans l'une d'elles, Sherlock découvre l'identité du meurtrier après que celui-ci se fut enfui à bord d'un navire... qui fait naufrage avant d'arriver à bon port, donc tout est bien qui finit bien (sauf pour les autres passagers et les membres de l'équipage!)

Néanmoins, je me suis bien amusée et j'ai surtout apprécié tous les petits détails qu'on apprend sur Holmes au fil des pages, toutes ses petites manies, ses déguisements, la haute estime qu'il a de lui-même mais aussi son amitié sincère avec Watson, le narrateur. 


The Adventures of Sherlock Holmes (tiré de l'intégrale The Original Illustrated Sherlock Holmes) de Arthur Conan Doyle, 1891-1892, 181 p.  Titre de la traduction française: Les Aventures de Sherlock Holmes.

22 juillet 2023

The Tenant of Wildfell Hall

Je connaissais déjà les sœurs Charlotte (Jane Eyre, un coup de cœur!) et Emily (Wuthering Heights, qu'à vingt ou trente ans j'avais trouvé un peu trop sombre mais que j'apprécierais sans doute plus maintenant que mes goûts se sont diversifiés), il me restait à découvrir Anne.  La sélection de juillet du club de lecture du forum Livraddict m'en a donné l'occasion.

Malheureusement cela ne s'est pas bien passé...  C'est en partie ma faute: voulant éviter tout divulgâcheur, je n'avais pas lu la quatrième de couverture et je m'attendais à une ambiance gothique: la lande balayée par le vent, des légendes voulant que le manoir soit hanté, que sais-je?  Avouez que la couverture de cette édition pouvait d'ailleurs donner cette impression, non?  Or, ce n'est pas ça du tout.  On est plutôt dans un roman social sur la place de la femme dans la société anglaise, le mariage, la religion, etc.  Sujets en soi intéressants, mais que j'ai trouvés traités d'une plume qui manquait par trop de subtilité.

L'histoire commence plutôt bien: les personnages sont intéressants, les dialogues amusants, les paysages charmants. Dans le voisinage, les commérages vont bon train concernant la mystérieuse locataire du manoir de Wildfell Hall.  Après un certain temps, j'ai toutefois commencé à trouver que l'action prenait du temps à démarrer...  On change alors de narrateur, puisqu'on se retrouve dans le journal de la fameuse locataire et qu'on découvre donc sa véritable identité.  Et là, c'est la catastrophe!  Cette femme, à la fois trop parfaite et d'une bigoterie insupportable (mais présentée comme admirable!), est mariée à un complet salaud égocentrique.  Vraiment, j'en aurais pris un pour frapper l'autre.  D'ailleurs, tous les hommes de leur entourage sont des canailles à différents degrés.  Et le journal en question constitue les deux-tiers du roman!

Quand enfin l'on revient aux personnages du début, ce n'est pas mieux puisqu'on tombe dans le prêchi-prêcha religieux.  J'ai donc finalement passé les trois-quarts du roman à soupirer et à lever les yeux au ciel.

Seul point positif, cela m'a donné envie de retourner à la sœur d'Anne, Charlotte, et j'ai fait des fouilles archéologiques pour retrouver mon vieil exemplaire de Villette...


The Tenant of Wildfell Hall d'Anne Brontë, 1848, 528 p. Il y a au moins cinq ou six titres différents pour les traductions françaises!

26 juin 2023

Robinson Crusoe (Robinson Crusoé)

J'en ai déjà parlé ici, j'aime beaucoup les histoires de naufrages et d'îles désertes.  Elles font souvent ressortir le meilleur et le pire des humains (un peu comme les romans post-apocalyptiques, d'ailleurs!).  Sans oublier le dépaysement qu'elles occasionnent et qu'on savoure bien installé dans son fauteuil et ses pantoufles...

Ce n'était donc qu'une question de temps avant que je me décide à plonger dans le classique des classiques du naufrage, le mythe fondateur du genre: Robinson Crusoé de Daniel Defoe.  Je craignais un peu cette lecture, car on dit souvent que ce roman comporte beaucoup de longueur et un vocabulaire désuet, ayant été écrit au XVIIIe siècle.

En fait de vocabulaire, ce sont surtout les termes spécialisés de la marine qui m'ont donné du fil à retordre, surtout que je lisais la version originale!  Disons que le dictionnaire intégré à la liseuse m'a été fort utile.  Et s'il y a bien quelques longueurs et des passages un peu répétitifs, j'ai beaucoup apprécié les questionnements philosophiques et religieux du personnage, que j'ai trouvés assez modernes sous certains points de vue.  Il y a aussi des petites pointes humoristiques savoureuses.

J'ai par contre été très surprise que le personnage de Vendredi n'apparaisse que très tard dans l'histoire.   Cela m'a un peu déçue!  Je pense que j'avais certains a priori dus à Vendredi ou les limbes du Pacifique de Michel Tournier, lu il y a très longtemps et où, de mémoire, la relation Robinson/Vendredi était le sujet principal!  Autre surprise concernant Vendredi, ce n'est pas un noir comme je le croyais mais un autochtone des Caraïbes.

La fin du roman, qui s'éternise, m'a également désappointée.  Toutefois, malgré ces petits bémols, l'expérience reste très positive et j'en garderai un excellent souvenir!


Robinson Crusoe de Daniel Defoe, 1719, 288 p.  Titre de la traduction française: Robinson Crusoé.

12 mai 2023

Good Omens (De bons présages)

Un roman humoristique racontant l'alliance d'un ange et d'un démon tentant d'empêcher l'apocalypse, écrit par deux auteurs anglais que j'aime beaucoup?  Ça ne pouvait que me plaire, mais le danger de mettre la barre trop haute était bien réel...  Et c'est ce qui s'est produit, dans une certaines mesure...

En effet, si j'ai beaucoup apprécié l'humour et les nombreuses références, j'ai trouvé qu'il y avait quelques longueurs dans la première partie.  La grande quantité de personnages donne une intrigue un peu décousue, voire même confuse.  Il m'a semblé que certains auraient pu être éliminés ou combinés.  Quant aux notes comiques en bas de pages, un stratagème que j'apprécie en général, cela fonctionne mieux en version papier que sur la liseuse, où l'on doit constamment interrompre la lecture pour faire l'aller-retour (surtout que cette fonction n'est pas tout à fait au point sur ma Kobo). 

Cela dit, j'ai quand même bien aimé ce roman, en particulier certaines répliques vraiment hilarantes.  On reconnaît la touche de chacun des deux écrivains (les personnages de Death et des sorcières, clairement pratchettiens; les deux vilains démons qui annoncent les méchants Mr Croup et Mr Vandemar dans Neverwhere de Gaiman) et pourtant le ton de l'ensemble reste bien uniforme.  

À lire, donc, pour se bidonner, mais sans s'attendre à un chef-d’œuvre...


Good Omens de Terry Pratchett et Neil Gaiman, 1990, 404 p.  Titre de la traduction française: De bons présages.

02 avril 2023

Three Men in a Boat (to Say Nothing of the Dog) (Trois Hommes dans un bateau)

(Encore une fois, je vous épargne l'horrible couverture de l'édition libre de droits du site Gutenberg!  Le charme désuet de celle des éditions Penguin Books de 1959 convient parfaitement à l'esprit de ce roman de la fin du XIXe siècle.  Dommage toutefois qu'ils aient écourté le titre!)

Voici un petit roman très amusant, sorte de boat novel (variation du road novel, je viens d'inventer le terme, je vous l'offre gratuitement).  Très amusant, dis-je, à condition d'aimer l'humour british, mélange d'absurde et de pince-sans-rire!  Le narrateur est sans pitié, tous les prétextes sont bons durant ce voyage en bateau sur la Tamise pour varloper tout un chacun, de parfaits inconnus à ses meilleurs amis, en passant par le chien Montmorency!  Le seul qui trouve grâce à ses yeux, c'est lui-même!

Seul petit bémol: vers le milieu, j'ai trouvé qu'il y avait quelques longueurs, j'ai failli me lasser...  Je crois que j'aurais dû lire ce livre en parallèle avec autre chose.  Il n'y a pas vraiment d'intrigue, c'est plutôt une suite de petites anecdotes, donc même en espaçant les chapitres, aucun risque de perdre le fil!  En le dégustant à plus petites doses, je crois que je l'aurais encore plus apprécié. 


Three Men in a Boat (to Say Nothing of the Dog) de Jerome K. Jerome, 1889, 240 p.  Titre de la traduction française: Trois Hommes dans un bateau.

22 janvier 2023

The White Company (La Compagnie blanche)

Saviez-vous qu'Arthur Conan Doyle, papa de Sherlock Holmes, n'avait pas écrit que des romans policiers?  Je ne l'ai appris qu'il y a quelques années, grâce à un billet élogieux de ma copine blogueuse Alys.  Je la remercie, d'ailleurs, puisque sans elle je ne me serais peut-être pas lancée lorsque La Compagnie blanche a été sélectionné pour le club de lecture spécial «pépites méconnues» du forum Livraddict, échaudée que j'étais par ma déconvenue lors de l'édition précédente du club pépites (coucou Mr Dickens!) qui s'était soldée non seulement par un abandon de ma part mais même par un prix citron lors de mon bilan annuel!

Et il aurait été fort dommage de passer à côté de ce roman historique bien documenté, aux personnages attachants bien qu'un peu caricaturaux (ce qui ajoute à leur charme, d'une certaine façon), aux dialogues amusants.  En parlant de dialogues, j'étais bien contente d'avoir à portée de doigt le dictionnaire intégré à la liseuse, car Doyle s'est efforcé d'incorporer énormément de vocabulaire d'époque.  S'ajoutant aux tournures de phrases moyenâgeuses et aux magnifiques descriptions de paysages, cela avait vraiment pour effet de nous transporter au XIVe siècle en Angleterre, en France et en Espagne.

Seul petit bémol, j'ai trouvé qu'il manquait un enjeu clair à cette série de péripéties, un but à cette quête.  Car s'il s'agissait seulement de remettre sur le trône d'Espagne ce Don Pedro antipathique et qui s'annonce comme un vrai tyran, ce n'est pas un objectif très stimulant, et d'ailleurs les personnages principaux ont l'air de s'en foutre totalement.

Et maintenant, j'ai très envie de retrouver cette belle plume bientôt...  Ça tombe bien, j'ai un gros recueil des enquêtes de ce bon vieux Sherlock dans ma PAL!

 

(La jolie couverture que je vous ai mise ci-dessus n'est pas celle de l'édition que j'ai lue, les livres libres de droits du site Gutenberg Project ayant souvent des couvertures d'une laideur sans nom.  Vraiment, les copains, une simple page unie avec le titre et le nom de l'auteur ferait parfaitement l'affaire!)


The White Company d'Arthur Conan Doyle, 1891, 343 p.  Titre de la traduction française: La Compagnie blanche.

18 septembre 2022

The Old Curiosity Shop (Le Magasin d'antiquités) -- abandon

J'ai un peu honte de l'avouer, mais oui, c'est un abandon!  Je me traîne les pieds depuis deux semaines, mais force est de me rendre à l'évidence: je n'accroche pas du tout à cette intrigue qui a piétiné pendant cent pages pour ensuite s'éparpiller dans tous les sens, ni à ces personnages caricaturaux (et trop nombreux, arrête d'en rajouter sans cesse, Charlot!), ni à l'ambiance trop mélodramatique.  Ce roman est parmi les moins connus de Dickens, ceci explique peut-être cela...

Quand le seul personnage auquel on s'attache est un poney facétieux, cela veut tout dire.  Je jette la serviette après trois cent soixante pages, désolée pour les copains du club de lecture de Livraddict!


The Old Curiosity Shop de Charles Dickens, 1841, 603 p.  Titre de la traduction française: Le Magasin d'antiquités.

26 août 2022

Shopaholic Ties the Knot (L'Accro du shopping dit oui)

Shopaholic, tome 3 (L'Accro du shopping, tome 3)

Quel plaisir de retrouver les fameuses lettres du banquier de Becky, l'accro du shopping et incorrigible dépensière au grand cœur!  Ces missives me font toujours bien rigoler!  Elle a un nouveau banquier, le pauvre ne sait pas encore ce qui l'attend! 

Après ce petit bonheur initial, j'ai un peu déchanté.  Jusqu'au milieu du bouquin, je trouvais que c'était du remâché des tomes précédents.  Rien d'original, rien de surprenant.  Au point que je me suis demandé si j'allais abandonner le reste de la série (qui compte neuf tomes, plus un hors-série non traduit!).

Heureusement, dans la deuxième moitié l'intrigue se corse, un suspense s'installe et surtout plusieurs péripéties sont vraiment très drôles.  La fin n'est pas plus étonnante qu'il faut, mais tout de même satisfaisante.

Pour ceux qui se posent la question, je vais continuer la série, en m'assurant de bien espacer les tomes pour éviter l'effet répétitif! 


Shopaholic Ties the Knot (Shopaholic, tome 3) de Sophie Kinsella, 2003, 407 p.  Titre de la traduction française: L'Accro du shopping dit oui (L'Accro du shopping, tome 3)

08 août 2022

Edge of Eternity (Aux portes de l'éternité)

The Century Trilogy, tome 3 (Le Siècle, tome 3)

Est-ce que ça vous fait la même chose?  Quand je termine une série littéraire, je ressens un sentiment de satisfaction, proche cousin de celui du devoir accompli: voilà, cette trilogie fait maintenant partie de mon bagage culturel.  Il peut s'y ajouter un petit pincement au cœur, une vague tristesse.  Je quitte ce monde, je n'y retournerai pas.  Ces personnages, je ne les verrai plus.  

C'est bien le sentiment qui m'habite alors que je viens de (virtuellement) tourner la dernière page de ce roman, les larmes aux yeux... car la fin est fort émouvante.

Pourtant, je dois avouer que ce tome 3 est légèrement inférieur aux deux premiers.  J'y ai trouvé quelques longueurs, surtout dans les parties où l'on se concentre plus sur la vie personnelle des personnages, leurs petites amourettes, leurs querelles.  Ken, je me fiche de savoir qui a couché avec qui, reviens aux Kennedy, à Martin Luther King, au Mur de Berlin, au Kremlin.  C'est là que tu sais être passionnant, nous tenir en haleine les fesses au bord du siège.  Aussi, Ken, pas besoin, chaque fois qu'on revient à un personnage, de nous redire ce qu'il lui est arrivé dans les chapitres précédents.  Ça va, on est capable de suivre!

Néanmoins, cela reste une excellente lecture, et une excellente fin de trilogie!


Edge of Eternity (The Century Trilogy, tome 3) de Ken Follett, 2015, 970 p. Titre de la traduction française: Aux portes de l'éternité (Le Siècle, tome 3)