Dans ce roman autobiographique, Amélie Nothomb nous raconte un voyage au Japon effectué en 2012 en compagnie d'une équipe de tournage filmant un documentaire sur elle.
Malgré ce que laisse croire le titre, le ton adopté par l'auteure est généralement mélancolique; cette «nostalgie heureuse» est plutôt un état d'âme typiquement japonais auquel aspire Nothomb sans y parvenir tout à fait.
Ce que je n'avais pas réalisé en commençant cette lecture, c'est que ce voyage se déroule un an après le terrible tremblement de terre/tsunami/accident nucléaire de 2011. Amélie retrouve donc un Japon qu'elle ne reconnaît pas: sa maison d'enfance a disparu, de même que le grand parc où elle allait se promener avec son fiancé. Je crois que si j'avais su cela a priori, j'aurais été dans un état d'esprit plus favorable. Là, je m'attendais à beaucoup plus de franche rigolade, comme on en trouve dans Ni d'Ève ni d'Adam, par exemple.
Heureusement, il y a quand même plusieurs pointes d'humour, arrivant parfois en plein milieu d'un épisode émouvant, comme lorsqu'elle éclate en sanglot en étreignant sa vieille nourrice japonaise pour s'apercevoir ensuite qu'un gros motton de morve a coulé dans la chevelure de la digne dame! Les conversations avec son ex sont assez amusantes également. J'en aurais pris plus, de ces moments-là!
Bref, j'ai quand même apprécié ce roman mais ce n'est pas mon préféré de l'auteure. Il m'a toutefois donnée envie de lire Métaphysique des tubes, puisque si j'ai bien compris, c'est là qu'on fait la connaissance de cette fameuse nourrice!
La Nostalgie heureuse d'Amélie Nothomb, 2013, 152 p.