03 juillet 2015

Du côté de chez Swann

«Le meilleur roman jamais écrit, toutes cultures confondues» a décrété Denys Arcand à l'émission télévisée du Canal Savoir La Bibliothèque de...  C'est plutôt présomptueux et je n'irais pas jusque là, mais tout de même, son commentaire a éveillé chez moi un certain intérêt pour cette oeuvre immense et qui fait un peu peur.  Ce sont les billets de Karine et de Yueyin en 2014 qui m'ont donné le petit coup de pied au derrière nécessaire.  J'en ai même fait ma résolution du Nouvel An: en 2015, j'allais me lancer dans cette série!

Alors non seulement on est le 3 juillet et je peux affirmer pour une fois avoir accompli ma résolution annuelle, mais en plus j'ai vraiment adoré ce premier tome!  Alors double merci à Denys Arcand, Karine et Yueyin!

Ce premier tome se divise en trois parties.  Dans la première, le narrateur (qui est peut-être Proust lui-même, ou pas) raconte des souvenirs d'enfance reliés au village où il passait tous ses étés, Combray.  La deuxième est narrée à la troisième personne, du point de vue de Swann, un ami de la famille, (bien que le narrateur y fasse quelques incursions) et peut se lire comme un roman séparé, Un Amour de Swann, que d'ailleurs j'avais déjà lu sans en avoir gardé d'impressions marquantes (j'étais peut-être trop jeune ou c'est meilleur en faisant partie d'un tout?) et qui se déroule dans les milieux mondains parisiens.  Dans la troisième partie, très courte, on revient au narrateur et il est surtout question de voyages et de son amour d'adolescent pour la fille de Swann.

C'est sûr qu'en lisant cette oeuvre, il ne faut pas être pressé.  Les phrases sont très longues (j'ai dû souvent les relire car arrivé au bout on ne sait plus quel est le sujet du verbe!) et surtout il ne se passe pas grand-chose!  Amateurs de sensations fortes s'abstenir.  Tout est dans l'ambiance fin de siècle, dans la formidable force évocatrice des mots, dans la psychologie des personnages.  J'ai particulièrement apprécié les personnages secondaires comme les Verdurin et leurs commérages, le docteur Cottard et ses jeux de mots déplacés, et surtout la grande-tante Léonie dont la seule occupation est de surveiller par la fenêtre de sa chambre les activités de ses voisins, au point d'envoyer sa bonne enquêter dans tout le village pour savoir si Mme Unetelle est bel et bien arrivée en retard à la messe!

Et puis comme toujours lorsque je lis des auteurs français du XIXe ou du début du XXe siècle, cette langue admirable me donne le goût de mieux parler.  J'ai noté le «Je suis sans lumière à ce sujet» de la princesse des Laumes et j'ai bien l'intention de l'utiliser à la première occasion au lieu de notre horrible «ché pas» québécois.


Du côté de chez Swann (À la recherche du temps perdu, tome 1) de Marcel Proust, 1913, 503 p.

2 commentaires:

  1. Ah, je suis ravie que ça t'ait plu! Je veux lire le tome 2 cette année. Peut-être. :)))

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    1. Moi ce n'est pas pour tout de suite, peut-être en fin d'année mais plus vraisemblablement en 2016. Là c'est Opération PAL!

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