11 août 2019

Le Loup des steppes

On parle souvent de ce roman comme d'une lecture difficile.  Sans que je sache pourquoi, j'en avais conclu que ça se déroulait durant la guerre et qu'il y avait des scènes pénibles.  Finalement ce n'est pas ça du tout, c'est simplement que le personnage principal, alter ego de l'auteur dont il partage les initiales, est en perpétuel questionnement quant à la nature de son âme, de sa personnalité: comment en concilier les deux dimensions opposées, celle de l'homme cultivé amateur de beauté et d'art, et celle de l'animal, le fameux «loup des steppes», sauvage et solitaire.

Alors finalement je n'ai pas trouvé cela trop ardu, puisque je m'attendais à pire!  Il reste que les discours philosophiques et métaphoriques, ce n'est pas trop ma tasse de thé.  Si certains passages sont très beaux, et si j'ai apprécié l'art de l’euphémisme de Hesse («avoir un accident en se rasant»! Couic!) ainsi que sa lucidité («ton désespoir en face de la guerre, celle qui fut et celle qui viendra»), il y a quand même beaucoup de longueurs et je devais souvent me retenir pour ne pas lire en diagonale.  Par contre, j'ai vraiment aimé la fin, qui a su me surprendre.

Fait cocasse, j'ai failli sauter le premier chapitre car il s'intitule «préface de l'éditeur», et je ne lis jamais les préfaces! Or, il s'agit plutôt d'une introduction écrite du point de vue du neveu de la logeuse du personnage, seul moment du roman où l'on a de lui une vision extérieure.


Le Loup des steppes de Hermann Hesse, traduit de l'allemand, 1927, 195 p.  Titre de la version originale: Der Steppenwolf.

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