19 août 2026

Antigone

Une courte chronique pour cette courte pièce...

En effet, ce texte de Sophocle est beaucoup plus court que je ne croyais, une quarantaine de pages dans mon édition!  J'ai aussi été surprise et un peu déçue du petit rôle joué par Antigone, finalement.  Elle est l'élément déclencheur de la tragédie, mais on ne la voit pas beaucoup.  Le personnage principal est plutôt Créon, le roi de Thèbes.  La thématique de la pièce est intéressante: doit-on suivre les lois de la société ou agir selon les lois divines et la loyauté?  Toutefois, une réplique d'Antigone m'a plongée dans la perplexité, car elle vient contredire ce que l'héroïne soutient depuis le début (ou alors j'ai rien compris!).

Je suis contente d'avoir lu cette pièce, car il y est souvent fait référence dans d'autres œuvres, que ce soit en littérature ou au cinéma.  Ma principale motivation était d'ailleurs de pouvoir la comparer avec l'adaptation de Jean Anouilh, que j'ai trouvée dans une boîte à livres!  Je vais toutefois attendre un peu avant de la lire.

Antigone de Sophocle, dans Tragédies complètes, p.83-129, traduit du grec ancien, Ve siècle avant J.C., 46 p.

17 août 2026

Mon vrai nom est Elisabeth

Mi-essai, mi-enquête familiale, ce récit est tout simplement passionnant.  Peu après le suicide de son grand-oncle, Adèle Yon, universitaire trentenaire inquiète au sujet de sa propre santé mentale, tente de découvrir la vérité sur son arrière-grand-mère Betsy, dont l'histoire a toujours été enveloppée de mystère.  Et si tous les membres de la famille, et en particulier les femmes, étaient atteints d'une tare génétique?

Interrogeant ses parents, grands-parents, oncles, tantes et cousins, fouillant dans les greniers, dans les albums de famille mais aussi dans les archives des hôpitaux et «maisons de repos» où Betsy a été internée pendant des années, Adèle découvre peu à peu une vérité très dérangeante...  Le tout est étayé par une documentation solide concernant le traitement des troubles mentaux jusqu'au milieu du XXe siècle, en particulier sur la lobotomie, technique consistant à couper chirurgicalement le lien entre le lobe frontal et le reste du cerveau. 

Seul défaut, j'ai trouvé qu'on se mélangeait entre les différents membres de la famille, qui sont parfois désignés par leur lien avec Betsy (petit-fils de, fille de), parfois par leur lien avec l'auteure (mon père, ma grand-mère), parfois par leur prénom ou même quelque fois par un surnom.  Comme tout l'essai se base principalement sur les témoignages de ces gens-là, cela devient difficile de suivre qui contredit qui, voire qui se contredit soi-même!

Une lecture fascinante mais choquante!


Mon vrai nom est Elisabeth d'Adèle Yon, 2025, 388 p.

14 août 2026

Baudolino

Cher Umberto, merci de nous avoir offert ce délicieux roman racontant les aventures de Baudolino, un fieffé menteur, et de son groupe d'amis tous plus pittoresques les uns que les autres.  

En 1204, caché pendant plusieurs jours durant le sac de Constantinople par les Croisés, Baudolino raconte ses pérégrinations fabuleuses à un compagnon d'infortune, l'historien byzantin Nicétas Choniatès (personnage ayant vraiment existé).  S'inspirant de toute évidence de la tradition du roman picaresque (de type Don Quichotte) mais aussi des récits reliés à la légende arthurienne et des bestiaires extravagants des auteurs de l'Antiquité, Eco nous entraîne du Piémont à la Turquie en passant par Paris et l'Allemagne, mais surtout en nous transportant dans la contrée imaginée par Baudolino, peuplée de créatures fabuleuses, jouxtant le Paradis terrestre et d'où proviennent les Rois Mages, qui étaient peut-être trois ou douze! 

C'est drôle, érudit sans être lourd (à part peut-être un ou deux passages), parfois touchant, bref je me suis délectée du début à la fin!  Encore merci, Umberto!


Baudolino de Umberto Eco, traduit de l'italien, 2002, 556 p. Titre de la version originale: Baudolino (2000)

04 août 2026

Les Chouans

Un avis mi-figue mi-raisin sur ce roman de Balzac qui se déroule quelques années après la Révolution française…

D'une part, j'ai bien aimé les magnifiques descriptions de la Bretagne, avec ses paysages embrumés.  De plus, l'intrigue, bien qu'un peu dure à suivre et tarabiscotée, est prenante, surtout la fin, et les personnages secondaires sont intéressants, même si la plupart sont antipathiques.

D'autre part, et c'est là où le bât blesse, j'ai trouvé les deux personnages principaux insupportables avec leurs tergiversations et leurs jérémiades!  Les dialogues me faisaient souvent lever les yeux au ciel.  Dans un genre complètement différent, cela m'a fait penser à Belle du Seigneur d'Albert Cohen; là non plus je n'avais pas accroché aux deux protagonistes et à leur histoire d'amour, alors que les personnages secondaires m'avaient plu.  Dans les deux cas, ce désintérêt rend l'intrigue beaucoup moins poignante.

Je crois que je vais faire une petite pause d'Honoré...


Les Chouans de Honoré de Balzac, 1829, 400 p.