20 juin 2017

Song of Susannah (Le Chant de Susannah)

Tome 6 de la série The Dark Tower (La Tour sombre)


Plus j'avance dans cette (ô combien magnifique) heptalogie(?), plus j'ai de la difficulté à en parler sans:
1) reblablater la même chose que dans les billets précédents (super mélange de genres, monde complexe, personnages intrigants et/ou attachants, références à d'autres œuvres) et
2) ne rien divulgâcher (parce que je ne vous dis pas les énormités qu'on apprend dans ce tome!!!!!!!)

Qu'il suffît suffise suffites soit suffisant d'affirmer que je ne résisterai pas très longtemps avant de lire la suite parce que aaarrrggghhh! ce suspense!!!  Avant 2018, cette série sera bouclée!


Billets sur les tomes précédents: tome 1, tome 2, tome 3, tome 4, tome 5.


Song of Susannah (The Dark Tower, tome 6) de Stephen King, 2004,  344 p.  Titre de la traduction française: Le Chant de Susannah (La Tour sombre, tome 6).

16 juin 2017

Limonov

J'ai été un peu déboussolée au début de cette lecture puisque je croyais qu'Emmanuel Carrère y racontait l'histoire de son grand-père russe.  Finalement ce n'est pas ça du tout, je me suis mêlée avec une autre de ses œuvres, Un Roman russe.  Il m'a donc fallu faire un petit réajustement cérébral avant de continuer.

Dans ce livre-ci, Carrère écrit la biographie (à sa manière à lui, c'est-à-dire en parlant aussi de lui-même!) d'un écrivain et homme politique russe, Édouard Limonov.  Quel type fascinant!  Il a été poète, dissident, clochard, majordome d'un millionnaire américain, journaliste, prisonnier politique et bien d'autres choses encore.  Fascinant mais pas du tout sympathique...  C'est sans doute ce qui a empêché ce bouquin d'être un aussi gros coup de cœur que ne l'avait été ma première rencontre avec l'auteur, Le Royaume. (D'ailleurs, je viens de relire mon billet de 2015 et je constate que j'avais aussi été désarçonnée en commençant cette œuvre sur les débuts du Christianisme... On dirait que ce cher Emmanuel a le don de me surprendre!)  Néanmoins j'ai beaucoup apprécié revisiter les soixante dernières années d'histoire européenne (l'URSS puis la Russie vues de l'intérieure, les guerres serbo-croato-bosniaques et tchétchènes, etc) du point de vue très spécial de ce personnage aux idées disons... discutables!  J'ai d'ailleurs dévoré ces quelques cinq cents pages en quelques jours!  Et décidément, j'aime beaucoup, beaucoup la plume intelligente et drôle de Carrère!


Limonov d'Emmanuel Carrère, 2011, 488 p.

12 juin 2017

Impasse des deux palais

En quatrième de couverture, on affirme que Naguib Mahfouz était surnommé «le Zola du Nil» parce qu'il s'est attaché à décrire la société égyptienne dans toutes ses facettes.  Je ne peux en juger puisque c'était ma première rencontre avec cet écrivain, mais j'ai beaucoup apprécié la description qu'il fait ici d'une famille de la bonne bourgeoisie musulmane.  Tout comme chez Zola, les personnages ne sont pas unidimensionnels et il est intéressant de voir comment leur vie quotidienne est affectée par les événements politiques et sociaux (on est au début du XXe siècle, l'Égypte est sous protectorat anglais, mais la révolte gronde...)  J'ai frémi en constatant la condition des femmes, qui étaient littéralement prisonnières dans leur maison, n'en sortant que quelque fois par années dans des calèches fermées pour aller visiter leur famille!  Même les balcons étaient couverts d'un grillage ouvragé pour les soustraire à la vue des passants.  Et dire que dans certains pays c'est encore comme cela, ou que c'est en train de le redevenir...

Malgré tout, c'est une lecture qui n'est pas lourde car il y a aussi beaucoup d'amour dans cette famille et les répliques du plus jeune garçon sont vraiment drôles!  C'est la première partie d'une trilogie, j'ai déjà hâte de lire la suite! (Hé oui, j'ai commencé une autre série...)


Impasse des deux palais de Naguib Mahfouz, 1956, traduit de l'arabe en 1985, 670 p.

01 juin 2017

Moby Dick

Alors voilà, défi réussi!

En effet, lire Moby Dick d'Herman Melville en VO était le défi que je m'étais lancé cette année (après Proust en 2015 et Céline en 2016).  Et si, entre le vocabulaire nautique, les expressions archaïques (ere pour before, nigh pour near, etc) et les dialogues en anglais quaker de certains personnages (thou canst au lieu de you can), ça n'a pas été de la tarte, je suis bien contente d'avoir persévéré malgré tout, et ce, pour deux raisons.

Première raison, Moby Dick est un roman auquel on fait très souvent référence dans d'autres œuvres littéraires, cinématographiques ou télévisuelles.  Ainsi, j'ai compris pourquoi le chien de Dana Scully dans X-Files s'appelait Queequeg et pourquoi elle était surnommée Starbuck par son père, un officier de la marine américaine.  Starbuck étant d'ailleurs aussi le nom d'un personnage de Battlestar Galactica.  Et j'ai été épatée de retrouver la réplique de Khan au capitaine Kirk dans Star Trek II: Wrath of Khan dans la bouche de Ahab s'adressant à son ennemi juré lors de la confrontation finale: «To the last, I will grapple with thee... from Hell's heart, I stab at thee! For hate's sake, I spit my last breath at thee!», ce qui est tout à fait approprié puisque dans les deux cas il s'agit d'histoires de vengeance et d'obsession.  Pour citer Gropitou, quand c'est rendu qu'on reconnaît des dialogues de Star Trek dans un roman du XIXe siècle, c'est du obscur knowledge au second degré!  (Le obscur knowledge, ou connaissance obscure, étant cette faculté de se souvenir de détails insignifiants, comme par exemple le nom du chien de Scully dans X-Files...)

Deuxième raison: c'est un excellent roman!  Bon, il faut arriver à survivre aux nombreuses et plutôt longuettes digressions: le symbolisme de la couleur blanche, la classification des différentes espèces de cétacés, l'anatomie du cachalot, la représentation des baleines dans l'art (chapitre qui aurait été nettement plus intéressant en version illustrée!), etc.  Mais la fin est absolument palpitante et vaut à elle seule l'énergie qu'on aura mise à s'y rendre. Et puis j'ai aussi été étonnée de l'humour omniprésent, malgré le sujet assez sombre.  Enfin, il permet également une réflexion écologique, lorsqu'on compare le nombre de cétacés tués par année en ce temps-là à la quantité restante dans certaines espèces aujourd'hui...


Moby Dick de Herman Melville, 1851, 677 p. Titre de la traduction française: Moby Dick.

14 mai 2017

Un rendez-vous annuel...

C'est bientôt!

C'est du 20 au 28 mai que se tiendra le grand solde de livres des Amis de la bibliothèque de Montréal!  Attention, le lieu est changé. Bon, Gropitou est un peu déçu car la tradition voulait qu'on aille manger des hot-dogs steamés au Petit Québec, coin Rosemont et Saint-Michel, avant de se rendre à l'aréna, un coin de rue plus loin.  D'après Google, il n'y a aucun resto à proximité du nouveau lieu, dans Saint-Léonard. Il faudra donc bouffer avant de partir (on aime y aller en début d'après-midi pour éviter la cohue) ou apporter un pique-nique, pourquoi pas?

Toutes les infos par ici!

N'oubliez pas, c'est pour une bonne cause! (Je sais, tous les prétextes sont bons pour faire augmenter la PAL...)

26 avril 2017

Train de nuit pour Lisbonne

Je ne sais pas si vous êtes comme moi: quand je vais à la bibliothèque municipale, j'ai toujours les yeux plus grands que la panse!  J'aime emprunter plus de livres que ce que je pourrai lire dans le temps imparti.  Ainsi j'ai toujours le luxe du choix.  Mais quand un bouquin se retrouve plusieurs fois dans la catégorie des «remis sans être lus», peut-être est-ce un signe?  Surtout qu'il était en première page de mon petit carnet «livres à lire», ce qui indique qu'il y a été inscrit depuis des années...  Autre signe?

Signe qu'il n'était peut-être pas pour moi, ce roman?  Roman sur lequel j'avais lu des billets élogieux.  Toujours est-il que je n'y ai pas vraiment trouvé mon compte.  Après avoir plutôt aimé le début, j'ai failli abandonner à quelques reprises, mais j'étais tout de même curieuse de savoir où cette quête allait mener le personnage principal, intellectuel un peu mollasson qui à certains points de vue m'a rappelé les personnages de Jacques Poulin (mais ceux-ci sont en général beaucoup plus attachants).  Car c'est bien d'une quête qu'il s'agit: professeur de langues anciennes à Berne, notre homme quitte tout sur un coup de tête pour se rendre au Portugal sur les traces d'un médecin dont il a trouvé le livre auto-édité dans une bouquinerie.  J'avoue bien humblement que je n'ai pas tout compris, en particulier l'intérêt que cette quête pouvait avoir pour moi, lectrice.  Les extraits du livre du médecin m'ont paru un peu ennuyants, ça tournait en rond, j'avais envie de les sauter.

Les passages où il est question de la résistance contre la dictature de Salazar étaient toutefois passionnants, dommage qu'ils aient été trop courts et trop peu nombreux.  L'histoire de la famille du médecin, de sa relation avec ses parents et ses sœurs, était aussi assez intéressante, mais il y avait beaucoup trop de longueurs, de redites.  Bref, un livre qui aurait pu rester dans la catégorie «remis sans être lus» et je ne m'en serais pas porté plus mal...


Train de nuit pour Lisbonne de Pascal Mercier, 2004, traduit de l'allemand (Suisse) en 2006.  490 p.  Titre de la version originale: Nachtzug nach Lissabon.

20 avril 2017

Dans les forêts de Sibérie

Coup de cœur pour ce livre que j'ai dévoré en quelques jours, ce qui ne m'était pas arrivé depuis un bout de temps!  Il ne s'agit pas d'un roman mais du journal de l'écrivain voyageur français Sylvain Tesson, écrit alors qu'il passe six mois dans une cabane isolée sur les rives du lac Baïkal.  On est en partie dans un récit de voyage et d'aventure, en partie dans une réflexion sur la nature (ah! la petite mésange au bord de la fenêtre!), l'humain, la société, la solitude et la liberté, tout ça avec énormément d'humour.  J'ai particulièrement apprécié les passages où il nous parle de ses lectures (nombreuses et diversifiées, de Robinson Crusoé à Schopenhauer en passant par la poésie chinoise et Chateaubriand), en faisant des parallèles avec ce qu'il vit.  Seul petit bémol, vers la fin j'ai commencé à trouver les scènes de beuveries un peu nombreuses (détail qui sans doute n'agacera que moi d'ailleurs, on ne se refait pas), mais en même temps, il s'agit d'un journal et ce n'est pas à moi de dire au gars comment vivre sa vie; en Sibérie fait comme les Sibériens, j'imagine, et il semble que les Sibériens boivent de la vodka dès le petit déjeuner, alors...

En cherchant l'image de la couverture, je suis tombée sur la bande-annonce du film, sorti l'an passé, paraît-il...  Ça semble plutôt bien (bizarrement ça se déroule sur un an au lieu de six mois!), quelqu'un l'a vu?


Dans les forêts de Sibérie de Sylvain Tesson, 2011, 267 p.