23 février 2018

Don Quichotte (tome 1)

Heureuse surprise que ce Don Quichotte, l’œuvre que j'ai choisie comme défi de lecture cette année.  Étant donné qu'il a été publié en 1605 (je crois que c'est le livre le plus ancien que j'ai lu depuis l'ouverture du blogue! Il dame le pion à La Princesse de Clèves.), je m'attendais à un style un peu lourdingue, ampoulé, mais non, ça se lit fort bien et c'est même assez amusant.  J'ai noté quelques expressions rigolotes et j'ai particulièrement aimé les dialogues entre Don Quichotte et son écuyer Sancho Panza, les envolées lyriques de l'hidalgo quand il imagine ses futures aventures de façon très détaillée, et le portrait ridicule qu'en fait Cervantès, comme lorsqu’il se met un bol de barbier sur la tête en s'imaginant qu'il s'agit d'un casque!  Malheureusement il y a quelques longueurs, en particulier quand on s'embarque dans les récits des personnages secondaires, voyageurs rencontrés par notre «Chevalier de la triste figure» durant ses périples. Quant aux nombreuses coïncidences abracadabrantes (cette auberge où chaque voyageur qui arrive inopinément est relié à l'intrigue!), je pense qu'il faut les accepter comme faisant partie du genre littéraire.

Pour le tome deux, je change d'édition et de traducteur, mais je pense que cela ne causera pas de problèmes de continuité.  Je me rince toutefois un peu le palais avec un petit roman de SF, Station Eleven d'Emily St. John Mandel, avant de me lancer dans la suite.


Don Quichotte (tome 1) de Miguel de Cervantès, 1605, 628 p.  Titre de la version originale: El ingenioso hidalgo Don Quijote de la Mancha.

31 janvier 2018

Tales of the City (Chroniques de San Francisco)

Décevant!  Selon moi, ce roman a une réputation complètement surfaite. Ou alors ça a déjà été révolutionnaire (des personnages ouvertement homosexuels, à l'époque, c'était sans doute audacieux) mais ça a très mal vieilli.  C'est présenté comme une chronique rigolote de la vie de plusieurs personnages à San Francisco, mais si j'ai souri quelques fois, ça m'a surtout semblé glauque.  Et puis, les nombreuses références à la culture populaire américaine des années soixante-dix me rendaient souvent les dialogues incompréhensibles, à tel point que j'ai failli abandonner à plusieurs reprises. 

Bon, une série de moins à continuer, celle-là c'est fini pour moi!


Tales of the City de Armistead Maupin, 1978, 371 p.  Titre de la traduction française: Chroniques de San Francisco.

30 janvier 2018

Mais que lit Stephen Harper?

Ce recueil regroupe une soixantaine de chroniques (d'autres ont été ajoutées lors de la réédition en 2011) qui avaient d'abord été publiées sur le site internet du même nom.  Devant l'indifférence du premier ministre Stephen Harper face à la culture en général et à la littérature en particulier, l'écrivain Yann Martel avait entrepris de lui envoyer chaque deux semaines une œuvre qu'il commentait dans une lettre. Plusieurs genres sont abordés, de la poésie à la bande dessinée en passant par le texte religieux et la littérature jeunesse, du classique au contemporain.

Bien sûr le côté purement politique du projet est maintenant un peu dépassé, mais les réflexions sur la culture restent pertinentes, et de toutes façons je suis toujours partante pour un «livre qui parle de livres»!  J'ai d'ailleurs noté plusieurs titres sur ma LAL, notamment By Grand Central Station I Sat Down and Wept (À la hauteur de Grand Central Station, je me suis assise et j'ai pleuré) d'Elizabeth Smart et le roman graphique Persepolis de Marjane Satrapi.

Seul petit défaut, la traduction effectuée par les parents de Yann Martel m'a parfois semblé maladroite.  Des défauts qui passent inaperçus sur un site internet ressortent plus lors du passage à l'imprimé.  Peut-être que l'éditeur aurait dû y voir.  Mais bon, cela reste très intéressant et fort agréable à lire.


Mais que lit Stephen Harper? de Yann Martel, traduit de l'anglais, 2009, 261 p.  Titre de la version originale: What Is Stephen Harper Reading?

26 janvier 2018

L'Affaire Guillot

(Les Chroniques de Gervais d'Anceny, tome 3)

C'est avec plaisir que je retrouve Gervais d'Anceny, ancien drapier retiré dans un monastère après la mort de son épouse.  À son grand dam, des événements extérieurs viennent de nouveau troubler la quiétude qu'il recherche: on lui demande de se rendre dans la cité papale d'Avignon pour une mission royale. Et bien sûr, arrivé là-bas, il se retrouvera en plus au cœur d'une enquête, ce qui nous donnera l'occasion de visiter différents quartiers de la ville, la bibliothèque, le palais et même d'apprendre comment se faisait le papier à partir de chiffons recyclés!  Comme toujours, Maryse Rouy fait preuve d'une grande minutie dans ses descriptions de la vie quotidienne médiévale (en particulier la cuisine et les différents métiers), et pourtant ce n'est jamais lourd car notre intérêt est soutenu par l'intrigue policière et surtout par des personnages sympathiques et hauts en couleur.

Je tiens aussi à féliciter l'éditeur (Druide) car le livre lui-même est magnifique.  La couleur et la texture de la couverture rappellent le parchemin, impression rehaussée par la dorure du titre.

La suite est dans ma PAL!


L'Affaire Guillot (Les Chroniques de Gervais d'Anceny, tome 3) de Maryse Rouy, 2016, 327 p.

17 janvier 2018

It (Ça)

Je n'aime pas trop les clowns et j'ai bien failli ne jamais lire ce roman de Stephen King à cause de celui qui orne la couverture de la plupart des éditions... (Rappelez-vous, le même phénomène s'était produit avec le magnifique Effroyables Jardins de Michel Quint!) Mais une discussion  dans un forum m'a fait comprendre que, beaucoup plus qu'une histoire de clown maléfique, c'est avant tout un roman sur l'amitié et sur le pouvoir de l'imagination enfantine. J'étais donc décidée à le lire éventuellement, mais je voulais d'abord terminer les sept tomes de La Tour sombre. Cela explique pourquoi je ne le lis que maintenant, alors qu'on pourrait croire que c'est à cause de la sortie du film cet automne...  D'ailleurs, j'ai peu entendu parler de ce dernier, il était bien ou pas?

J'ai beaucoup aimé la construction du récit.  On alterne entre les époques, entre les mêmes personnages enfants et adultes.  Le passé et le présent se répondent, s'éclairent, avec un rythme qui s'accélère jusqu'à la finale trépidante.  Les chapitres des enfants m'ont rappelé ma propre enfance. Même si la mienne s'est déroulée une quinzaine d'années plus tard, les choses avaient peu changé. On se promenait en vélo, on aimait construire une cabane dans le bois (ou l'hiver, un fort dans la neige!), un barrage sur un ruisseau, etc.

Mais heureusement, je n'ai pas connu l'ambiance de cette petite ville fictive du Maine, où le Mal existe comme partout ailleurs, mais avec juste une petite coche de plus, depuis toujours et avec des explosions de malheurs et de catastrophes qui reviennent périodiquement.  Cette ville où les méchants sont juste un peu plus méchants que la moyenne, où les gentils sont un peu trop passifs, tout cela est décrit de main de maître par King.

Alors oui, on a peur.  D'ailleurs j'ai fait tout un sursaut pendant que je lisais un passage où apparaissent des insectes, alors que j'ai cru en voir un du coin de l’œil sur le coussin du divan -- ce n'était qu'un reflet dans mes lunettes!  Mais on rit aussi beaucoup et on s'attendrit et on verse quelques larmes.  Car plus qu'une histoire de monstres, c'est bel et bien un roman sur l'amitié, la loyauté et le pouvoir de l'imagination.  J'ai vraiment bien fait de le lire, finalement.


It de Stephen King, 1986, 1052 p.  Titre de la traduction: Ça.

31 décembre 2017

Bye-Bye 2017!

Voici le traditionnel bilan de fin d'année du blogue J'ai lu...!

Point de vue quantité, c'est plus respectable que l'an dernier (un désolant 26!).  Je suis remontée à mon niveau habituel, qui se situe en général entre trente-cinq et quarante par année.  Les faits marquants: la fin de deux séries volumineuses, par ailleurs fort différentes l'une de l'autre: The Dark Tower de Stephen King et À la recherche du temps perdu de Marcel Proust.  J'ai en ai aussi continué quelques autres, La Diaspora des Desrosiers de Tremblay et Thursday Next de Jasper Fforde, et commencé deux trilogies, celles de Naguib Mahfouz et de Pagnol.

Voici la liste.  Comme d'habitude, je renonce à me taper tous les liens vers les billets, bien trop paresseuse la fille!  Vous avez tout ça dans l'index, en colonne de droite.

  1. Wolves of the Calla (The Dark Tower, tome 5) de Stephen King
  2. Conversations avec un enfant curieux de Michel Tremblay
  3. Pour l'amour de Finette de Remo Forlani
  4. Mrs Dalloway de Virginia Woolf
  5. Rien ne s'oppose à la nuit de Delphine de Vigan
  6. La Prisonnière (À la recherche du temps perdu, tome 5) de Marcel Proust
  7. Dans les forêts de Sibérie de Sylvain Tesson
  8. Train de nuit pour Lisbonne de Pascal Mercier
  9. Moby Dick de Herman Melville
  10. Impasse des deux palais de Naguib Mahfouz
  11. Limonov d'Emmanuel Carrère
  12. Song of Susannah (The Dark Tower, tome 6) de Stephen King
  13. L'Amant en culottes courtes d'Alain Fleischer
  14. La Supplication de Svetlana Alexievitch
  15. The Dark Tower (The Dark Tower, tome 7) de Stephen King
  16. Albertine disparue (À la recherche du temps perdu, tome 6) de Marcel Proust
  17. Les Chaussures italiennes de Henning Mankell
  18. A Thousand Splendid Suns de Khaled Hosseini
  19. Teacher Man de Frank McCourt
  20. Cochon d'Allemand de Knud Romer
  21. Rosa Candida de Audur Ava Olafsdottir
  22. Brideshead Revisited de Evelyn Waugh
  23. Chien blanc de Romain Gary
  24. Marie-Antoinette de Stefan Zweig
  25. The Book of Lost Things de John Connolly
  26. Marius de Marcel Pagnol
  27. L'Apothicaire de Henry Lœvenbruck
  28. Dernier inventaire avant liquidation de Frédéric Beigbeder
  29. The Falls de Joyce Carol Oates
  30. L'Arche de Socrate de Normand Baillargeon
  31. Le Temps retrouvé (À la recherche du temps perdu, tome 7) de Marcel Proust
  32. Maryse de Francine Noël
  33. Au hasard la chance (La Diaspora des Desrosiers, tome 6) de Michel Tremblay
  34. Le Salut de l'Irlande de Jacques Ferron
  35. The Well of Lost Plots (tome 3 de la série Thursday Next) de Jasper Fforde
  36. Thérèse Raquin d'Émile Zola
  37. A Walk in the Woods de Bill Bryson

Un seul abandon cette année, The Africans de David Lamb.  C'était en fait fort intéressant, mais il y avait beaucoup de statistiques obsolètes puisque ce récit de voyage/essai sur l'Afrique date des années 1980, ce dont je ne m'étais pas rendu compte quand je l'ai acheté (heureusement, seulement pour quelques dollars!).  Cela rendait la lecture trop frustrante!

Coups de coeur 2017:
On dirait que l'année a été marquée par la non-fiction (pardon pour l'anglicisme, je n'ai toujours pas trouvé d'équivalent français satisfaisant).  Roulement de tambour!
  1. Marie-Antoinette de Stefan Zweig (une biographie qui se lit comme un roman de Dumas!)
  2. La Supplication de Svetlana Alexievitch (des témoignages déchirants, mais surtout d'une grande humanité)
  3. Dans les forêts de Sibérie de Sylvain Tesson  (qui m'a donné le goût d'aller passer six mois dans une cabane dans les bois!  Bon, je ne choisirais peut-être pas la Sibérie, par contre...)

Prix Citron 2017:
Même si quelques livres m'ont un peu déçue, aucun ne se mérite ce titre peu envié.  Une bonne année, donc!

Prix de la Surprise de l'année:
Moby Dick (mon défi de lecture 2017), malgré de nombreuses digressions, a été d'une lecture beaucoup moins pénible que prévu, grâce à son humour inattendu, à ses personnages pittoresques et surtout à sa fin absolument palpitante!

Prix Éclat de rire:
Conversation avec un enfant curieux de Michel Tremblay.  Ces dialogues sont tout simplement craquants!

Quelques statistiques:
Littérature québécoise: 5
Traduit de l'allemand: 2
Traduit de l'arabe: 1
Traduit du russe: 1
Traduit d'une langue scandinave: 3
Lus en VO anglaise: 12
Sur la liseuse: 12

Résolutions livresques pour 2018:
Comme c'est maintenant la coutume par ici, je me lance un défi pour la prochaine année, une œuvre qui peut faire peur par son style, son sujet ou simplement son volume.  Il y eut successivement Proust (2014), Céline (2015) et Melville (2016).  J'ai choisi pour la suite un grand classique de la littérature mondiale, Don Quichotte de Cervantès.  Je prévois le lire en février (j'ai déjà enrôlé quelques membres du forum du Guide de la bonne lecture pour une lecture commune, si jamais il y a des intéressés...)  Pas d'autres résolutions; j'ai beau dire que je veux lire plus, je me laisse facilement distraire!  En ce qui a trait aux séries, je vais sûrement en continuer parmi celles en cours (un petit Pratchett, ça serait pas dégueu, tiens!) mais je préfère ne pas me fixer d'objectifs.


Je vous souhaite, à vous tous lecteurs occasionnels ou réguliers,  une merveilleuse année 2018 remplie de lectures marquantes, enrichissantes ou tout simplement divertissantes!  Merci de me lire, de commenter, de me faire découvrir vos lectures, de m'enrichir de vos expériences livresques!

27 décembre 2017

A Walk in the Woods (Promenons-nous dans les bois)

Après l'ambiance glauque de Zola, quelle bouffée d'air frais!

D'abord parce que tout l'action se déroule en plein air, mais aussi grâce à l'humour qui a rendu Bryson célèbre, du moins chez les nombreux amateurs de récits de voyage  (et pas seulement, comme en témoigne ce billet).  Dans ce bouquin-ci,  il nous raconte ses expéditions le long du sentier des Appalaches, qui s'étend sur toute la côte est des États-Unis, expéditions effectuées seul ou en compagnie d'un copain pour le moins... original, disons.  C'est vraiment très drôle.  Bryson manie à la perfection l'art de l'auto-dérision, mais il sait également observer ses congénères américains sans aucune complaisance.  Des passages plus scientifiques (géologie, histoire, écologie, faune, flore) alternent avec des réflexions sur les conforts de la vie moderne (ou leur absence), la solitude, l'amitié, les beautés de la nature...  Il y a bien quelques répétitions dans la deuxième moitié, mais c'est tout de même une très agréable façon de voyager sans quitter le confort du salon!


A Walk in the Woods de Bill Bryson, 1997, 258 p en version numérique. Titre de la traduction française: Promenons-nous dans les bois.