19 août 2013

North and South (Nord et Sud) - abandon!

Après avoir lu des critiques élogieuses ici et là sur la Blogosphère, je m'attendais à quelque chose ressemblant à du Austen ou du Brontë; j'ai été amèrement déçue! Le style est lourd, sans élégance (pour une fois la traduction aurait-elle amélioré la situation?), les dialogues ennuyeux, les personnages sans intérêt.  J'ai tenté de m'accrocher une quarantaine de pages, je laisse tomber.


North and South d'Elizabeth Gaskell, 1854, 570 p. Titre de la traduction française: Nord et Sud.

17 août 2013

Reçu en service de presse...

Si tu passes la rivière - Geneviève Damas

Vu chez Venise et chez Karine...  N'est-il pas magnifique? Je pense qu'il ne restera pas longtemps dans la PAL!

16 août 2013

Suite française

Ce que j'aime avant tout dans les romans se déroulant durant une guerre, c'est que ces circonstances extraordinaires permettent aux écrivains de faire ressortir ce qu'il y a de meilleur et de pire dans l'être humain. Cette analyse est particulièrement bien réussie par Irène Némirovsky. Elle avait pourtant bien peu de recul: les événements qu'elle évoque se passent de 1940 à 1941, et elle est morte en 1942, dans un camps de concentration (elle était d'origine juive, bien que convertie au catholicisme).  C'est peut-être pourquoi ils sont décrits avec tant de réalisme.

J'ai été un peu surprise de constater que la question juive était en fait à peine évoquée. C'est plutôt un portrait du peuple français que l'écrivaine a voulu brosser: grands bourgeois, artistes, petits salariés, paysans...  Dans la première partie, l'on suit quelques individus et familles fuyant Paris dans un chaos complet devant l'arrivée des Allemands. La deuxième partie relate l'occupation d'un village par l'armée allemande.  J'ai eu le coeur serré en apprenant que trois autres sections étaient prévues initialement, reprenant les personnages des deux premières. C'est déjà un miracle que celles-ci soient parvenues jusqu'à nous! Ce sont les deux fillettes de Nemirovsky qui ont transporté le manuscrit dans leurs valises durant leur fuite, de refuge en refuge, après l'arrestation de leurs parents. Heureusement, le roman forme tout de même un tout cohérent, sans cette impression d'inachevé qu'on aurait pu craindre.

Une belle plume, beaucoup d'émotions, un beau roman.


Suite française d'Irène Némirovsky, 2004 (publié de façon posthume), 573 p. incluant les annexes (notes de l'écrivaine et correspondance).

03 août 2013

Lost in a Good Book (Délivrez-moi!)

Jasper, Jasper, je vous aaaiimmeeeu!!!

Oups, une chance que Gropitou ne lit pas mon blogue trop régulièrement...

Je pense que si j'habitais en Angleterre, je serais toujours de bonne humeur.  Il suffirait par exemple qu'on me lance en guise d'au revoir un «chin chin and toodle pip!», et ma journée serait faite.

J'avais cru comprendre que le deuxième de la série Thursday Next était le moins bon... Hé bien, j'ai jubilé du début à la fin! J'ai adoré l'idée de cette agence composée de personnages fictionnels se promenant d'un livre à l'autre pour y faire régner l'ordre et réparer les failles des intrigues. Qui eût cru que dans ses temps libres, Miss Havisham (de Great Expectations) écoutait de la musique sur son Walkman en lisant le National Geographic?  Quand au Chat de Cheshire, il est tout simplement adorable!  De plus, même si on se doutait bien que l'apocalypse annoncée n'aurait pas lieu (sinon, la série s'arrêterait là!), il y a à la toute fin un revirement de situation que j'ai trouvé vraiment bien imaginé.   Pour le reste, je pourrais répéter ce que j'avais dit sur le tome un de la série, puisqu'on reste dans la même veine.

J'en profite pour remercier Lilly qui m'avait recommandé de lire Great Expectations en préparation à cette lecture-ci, de la même façon qu'il est préférable d'avoir lu Jane Eyre pour le premier tome.  Pour le tome trois, The Well of Lost Plots (Le Puits des histoires perdues), que devrais-je lire?


Lost in a Good Book de Jasper Fforde, 2002,372 p. Titre de la traduction française: Délivrez-moi!

22 juillet 2013

La Survivance

Quel magnifique roman!  Il m'a rappelé Le Mur invisible de Marlen Haushofer:  même combat pour apprendre à survivre dans l'isolement, et je dirais même presque la même ambiance de fin du monde.  Sauf qu'ici, on n'est pas du tout dans la science-fiction; j'ai même cru un temps qu'il s'agissait d'une histoire vécue, mais quelques événements sont décrits dont je n'ai pas trouvé mention sur le Web (par exemple, le musée de Colmar en Alsace ne semble pas avoir été anéanti par un incendie, emportant avec lui le célèbre retable d'Issenheim de Mathias Grünewald).  Autres différences, c'est un couple, et non une femme seule, qui se retrouve à passer un an dans une masure en ruines, et cet isolement est volontaire.  Solitude, vieillesse, fin d'un monde sont des thèmes abordés, mais aussi tendresse, beauté de la nature.  Et surtout l'importance de la littérature, et sa possible disparition...  Vous l'avez deviné, ce n'est pas un roman gai, il faut donc bien choisir le moment de le lire.  Mais c'est un roman fort, très fort.  Je sens que ces deux personnages, Sils et Jenny, seront avec moi pour un bon moment.

Le billet de Jules (rassure-toi, Jules, je n'ai pas saisi moi non plus toutes les références littéraires, mais heureusement cela n'a pas gâché mon plaisir!) et de Midola (dont l'expérience se rapproche de celle de Jules).  L'avis de Keisha est proche du mien, tout comme celui de Cathulu.

Quelques extraits:

«Quand il parlait de «cargaison» à sauver, j'avais l'impression qu'il se prenait pour un Noé galactique.  Que nous étions dans une sorte d'arche en compagnie des restes périmés, devenus incongrus, d'une civilisation de l'écrit, tandis qu'autour de nous montait l'eau d'innombrables écrans plasma et autres inventions, annonçant un monde fabuleux, bien plus fort que l'ancien.  Encore plus destructeur.  Encore plus dangereux.»

«Dommage qu'on n'ait pas eu d'alcool, j'en boirais bien.  Du bon cognac, de l'armagnac.  Pourquoi on n'a pas d'armagnac?  Quand je lis Hemingway, je vois qu'on y boit toujours.  Il n'y a pas un chapitre où on ne boit pas de l'absinthe, du whisky ou des vins italiens que je ne connais pas. 

Moi je traînais, deux paires de chaussettes enfilées sur des caleçons longs, un pantalon par dessus, plus une vieille jupe Comme Des Garçons,  enroulée en portefeuille, et ainsi paquetée, je brossais Avanie, j'égalisais aux ciseaux sa crinière, je taillais ses sabots, les limais à la râpe, et la rebrossais encore, serrant son cou dans mes bras.  Tu t'es vue, m'a dit Sils, on dirait la Comtesse de Ségur avec son âne.  Pourquoi tu n'écris pas ses Mémoires?»

La Survivance de Claudie Hunzinger, 2012, 278 p. (160 p. en version numérique).

20 juillet 2013

Sido

Dans ce très court  récit autobiographique (177 pages avec une police de caractères énorme!), Colette nous présente chacun des membres de sa famille, en particulier sa mère Sido, qui avait une double personnalité, celle de maison et  celle de jardin, mais aussi son père amputé de guerre qu'elle ne comprendra qu'après sa mort, son étrange frère chez qui aujourd'hui l'on diagnostiquerait vraisemblablement un trouble du spectre de l'autisme, son demi-frère misanthrope. Sa demi-soeur, elle,  est à peine évoquée, Colette semble l'avoir peu connue à cause de la différence d'âge entre elles.

Je n'ai pas trouvé la plume de Colette aussi moderne que dans La Naissance du jour ou La Chatte,  mais au contraire délicieusement surannée, avec des tournures inusitées de phrases qu'il faut relire pour bien en saisir la construction, et des mots disparus, tels «bolduc» (ruban de tissu servant à ficeler les paquets), «cartel» (sorte de pendule murale) ou encore «sylphe» (génie de l'air dans la mythologie gauloise et germanique).

À déguster lentement, préférablement dans une vieille édition aux pages jaunies.


Sido de Colette, 1930, 177 p.

18 juillet 2013

The Magic Circle (Le Cercle magique)

Si vous aimez les thrillers ésotériques à la Code Da Vinci, ce roman de Katherine Neville sera tout à fait dans vos goûts! En effet, il ne s'agit pas d'une pâle copie des aventures du célèbre professeur de symbologie Robert Langdon, un des ces quasi-clones qui pullulent depuis une dizaine d'années, puisque Mme Neville a connu la gloire bien avant Dan Brown, avec son best-seller The Eight  (Le Huit) en 1988 et que ce livre-ci précède le CDV d'un bon cinq ans.

Si j'oublie quelques invraisemblances (ma nièce de sept ans est plus habile pour cacher des objets que l'héroïne) et une fin peut-être un peu trop étirée, j'ai vraiment beaucoup apprécié ce thriller rempli d'action, touffu et intelligent. Les références à l'histoire et à la mythologie pleuvent, on passe des Égyptiens aux nazis en passant par les premiers chrétiens, de Néron à Tesla sans oublier Kaspar Hauser. Et Attila le Hun. Et l'astrologie, et le folklore amérindien.  Ça pourrait finir par faire un peu fourre-tout, mais ça marche et on ne s'ennuie pas deux secondes.

Un conseil toutefois. Faites-vous un arbre généalogique en cours de lecture. La famille de l'héroïne est, disons... compliquée!  Voyez ci-dessous un aperçu (volontairement flou pour ne pas trop en révéler...)




The Magic Circle de Katerine Neville, 1998, 552 p.  Titre de la traduction française: Le Cercle magique.