08 novembre 2018

La Petite et le vieux

Je pense que je suis un peu âgiste (comme on dit sexiste ou raciste). Je n'en suis pas fière.  Longtemps j'ai hésité à lire Le Vieux qui lisait des romans d'amour de Luis Sepulveda, qu'un collègue m'avait pourtant chaudement recommandé.  Même chose pour Le Vieil Homme et la mer d'Hemingway.  On dirait que quand ça parle de vieux dans le titre, ça doit être soit déprimant, soit un peu gnangnan.  Or, dans les deux cas, ce fut d'immenses coups de cœur.

On dit jamais deux sans trois...  Et... oui!  J'avais pourtant beaucoup aimé Le Syndrome de la vis, lu en 2014, alors pourquoi ais-je tant attendu avant de renouer avec l'auteure Marie-Renée Lavoie?  À cause de ce titre, je ne vois rien d'autre.  Et tout comme dans les deux exemples ci-dessus, c'est un coup de cœur.

Parlant de titre, est-il assez imbécile cet éditeur français (Denoël pour ne pas le nommer) qui a jugé opportun d'intituler ce roman Mr Roger et moi pour la version européenne?  Mr, c'est l'abréviation de mister, non? Pas de monsieur?  Du coup, Roger se prononce à l'anglaise, Rogeur.  Je m'attendais donc à ce que le vieux en question soit un anglophone. Et bien non, le monsieur est on ne peut plus québécois, émaillant son discours des sacres les plus diversifiés: bout d'viarge, maudit verrat, etc, pour notre plus grand plaisir. Heureusement on est revenu au titre original pour l'édition de poche (Folio).

Bon c'est bien beau tout ce bavardage, direz-vous (ou pas), mais ça parle de quoi? Eh bien, je crois qu'on peut classer ça dans les romans d'apprentissage, puisque l'héroïne passe de l'enfance à l'adolescence sous nos yeux.  C'est peut-être une hérésie de dire ça mais je trouve que Lavoie est dans la lignée d'un Michel Tremblay, avec ses dialogues en joual, l'atmosphère de quartier urbain (sauf qu'on est ici dans les années 80), avec en particulier le personnage de la mère, une femme forte mais non sans faille, qui finit toutes ses phrases par «cé toute!» pour couper court à tout argument, et celui du père, plus mou et alcoolique.  Et le tout n'est ni déprimant, ni gnangnan, mais plutôt fort drôle et touchant.

Allez, je n'en dis pas plus, je vous laisse découvrir par vous-même la faune de ce quartier de Limoilou.

Au fait, vous en connaissez d'autres, des livres avec des vieux ou des vieilles que je devrais absolument avoir lus?


La Petite et le vieux de Marie-Renée Lavoie, 2010, 160 p.

 
http://chezyueyin.org/blog/?p=7347
Clic!

8 commentaires:

  1. Aaah mais j'ai tellement adoré ce livre ! Et je suis comme toi, âgiste donc.^^ Toujours pas lu le Sepulveda d'ailleurs. Et Le vieil homme et la mer, j'ai enfin sauté le pas, grâce à Lavoie d'ailleurs ! Et j'ai beaucoup aimé aussi. Bon, ceci dit, quand c'est des histoires d'ado, ou 20 ans, voire les 28-30 ans, ça ne me parle plus non plus haha !

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    1. Je te recommande chaudement le Sepulveda! Pour les autres âges, c'est vrai qu'ado bien souvent ça ne m'attire pas autant.

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  2. mais qu'est-ce qu'ils ont vos éditeurs à traduire les titres québécois: La petite et le vieux, Autopsie d'une femme plate, ça se comprend en français de France, nah?
    Sinon, je suis en train de le lire (il m'en reste une 50aine de pages), et tu as dû aimer le parallèle avec le vieil homme et la mer alors.

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    1. Oui, j'ai adoré la référence au Vieil Homme et la mer!
      (Je ne sais pas pourquoi tu dis «vos éditeurs», je suis québécoise moi aussi!;) Je suis d'accord avec toi, du reste. Je peux comprendre pour La Femme plate, cela dit, car je crois que l'adjectif ne veux pas dire la même chose en québécois qu'en français «de France».

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    2. je sais pas pourquoi, quand j'ai écrit mon commentaire, je devais me penser ailleurs parce qu'on voit bien blogue québécois!

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  3. Aaah quel beau souvenir de lecture.

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