28 septembre 2026

Hamnet & Judith (Hamnet)

Première petite déconvenue en commençant ce roman: la narration est au présent de l'indicatif.  J'en ai déjà parlé plusieurs fois ici, lorsqu'on me raconte une histoire qui se déroule il y a longtemps, je préfère nettement l'usage du passé simple et de l'imparfait.  Heureusement, comme il arrive la plupart du temps, après avoir ronchonné un peu, je me fais une raison et cela n'a pas trop d'impact sur mon appréciation.

Globalement, j'ai beaucoup apprécié ce livre.  D'une part, les personnages féminins sont attachants et bien développés.  Et surtout, le décor est très bien planté et immersif.  On se croit vraiment dans un village anglais du XVIe siècle.  Le train-train de la maisonnée d'un artisan est fort bien décrit.

Alors qu'on nous fait comprendre dès la note historique figurant au tout début que William Shakespeare est le père d'Hamnet et de Judith, il ne sera jamais nommé dans le reste du livre, pas même par son prénom.  On le décrit toujours par ses liens avec d'autres personnages: le mari de, le fils de, le père de... Je m'interroge sur ce choix.  Maggie O'Farrell voulait-elle souligner ainsi qu'il n'était pas là en tant que «le fameux dramaturge Shakespeare» mais plutôt comme un homme ordinaire?  Quoi qu'il en soit, je trouve que cela crée une distance entre lui et le lecteur, ce qui est dommage. 

Parlant de cette note historique, j'aurais préféré qu'elle ne divulgâche pas d'entrée de jeu le fait qu'Hamnet va mourir à 11 ans.  Encore là, je pense que cela m'a obligée à garder une distance par rapport à ce personnage auquel j'aurais voulu m'attacher davantage.

Malgré ces petits bémols, j'ai eu beaucoup de plaisir à lire ce roman historique et à découvrir cette auteure d'origine nord-irlandaise dont j'avais assez souvent entendu parler sur les blogues des copines.

 

En passant, le titre Hamnet & Judith semble être exclusif à l'édition canadienne-anglaise.  Les autres éditions portent le titre de Hamnet, tout comme la traduction française, d'ailleurs.  Je me demande bien pourquoi les Canadiens-anglais ont décidé de se démarquer ainsi...  Ils sont fous, ces Canadiens-anglais, comme dirait Obélix!


Hamnet & Judith de Maggie O'Farrell, 2020, 371 p.  Titre de la traduction française: Hamnet.

1 commentaire:

  1. Bonjour Grominou,
    Je rebondis ici sur ta chronique, j'ai bien aimé moi justement que Shakespeare soit traité comme un homme ordinaire avec ses doutes, ses espoirs fous et son amour pour Agnès. De ne pas le nommer ne m'a jamais dérangé (et je crois que l'on dit Will une ou deux fois dans la traduction).
    Quant à la note historique, sur le coup j'ai trouvé ça dur de commencer par là, mais j'ai trouvé que finalement ça donné du sens au déroulé et une tension différente et qui pour ma part ne m'a pas empêché de m'attacher aux personnages.
    Contente que cette lecture t'ai plu à bientôt.

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