18 juillet 2013

The Magic Circle (Le Cercle magique)

Si vous aimez les thrillers ésotériques à la Code Da Vinci, ce roman de Katherine Neville sera tout à fait dans vos goûts! En effet, il ne s'agit pas d'une pâle copie des aventures du célèbre professeur de symbologie Robert Langdon, un des ces quasi-clones qui pullulent depuis une dizaine d'années, puisque Mme Neville a connu la gloire bien avant Dan Brown, avec son best-seller The Eight  (Le Huit) en 1988 et que ce livre-ci précède le CDV d'un bon cinq ans.

Si j'oublie quelques invraisemblances (ma nièce de sept ans est plus habile pour cacher des objets que l'héroïne) et une fin peut-être un peu trop étirée, j'ai vraiment beaucoup apprécié ce thriller rempli d'action, touffu et intelligent. Les références à l'histoire et à la mythologie pleuvent, on passe des Égyptiens aux nazis en passant par les premiers chrétiens, de Néron à Tesla sans oublier Kaspar Hauser. Et Attila le Hun. Et l'astrologie, et le folklore amérindien.  Ça pourrait finir par faire un peu fourre-tout, mais ça marche et on ne s'ennuie pas deux secondes.

Un conseil toutefois. Faites-vous un arbre généalogique en cours de lecture. La famille de l'héroïne est, disons... compliquée!  Voyez ci-dessous un aperçu (volontairement flou pour ne pas trop en révéler...)




The Magic Circle de Katerine Neville, 1998, 552 p.  Titre de la traduction française: Le Cercle magique.

04 juillet 2013

Les Femmes qui lisent sont dangereuses

On dirait que ce superbe album a été écrit pour moi, qui aime à la fois l'Histoire de l'Art et les livres sur la lecture!

Je ne me lasse pas de le feuilleter tant les illustrations sont magnifiques! On y trouve en effet des reproductions d'une grande qualité, couvrant la période du Moyen-Âge à aujourd'hui, de peintures et de photographies représentant des femmes en train de lire. Chaque image est accompagnée d'une brève description.  En introduction on retrouve deux passionnants essais signés respectivement par chacun des deux auteurs, Laure Adler et Stefan Bollmann, retraçant l'Histoire de la lecture au féminin et son impact sur la condition de la Femme.

Un plaisir, donc, pour l'oeil autant que pour le cerveau!


Un extrait du texte de Laure Adler (en lien avec le roman que je lis actuellement, de façon tout à fait fortuite, dans lequel, après la crucifixion,  Marie-Madeleine est écartée par les autres disciples parce qu'elle est femme):

«Ce n'est sans doute pas un hasard qu'aux femmes le livre -- le livre des livres -- fut d'abord interdit. Il fut dans les mains du Christ, puis de tous les hommes qui l'accompagnent, puis de tous ceux qui fondent l'Église -- innombrable cohorte des hommes qui, dans les tableaux flamands ou italiens, portent le livre-tabernacle, incarnation du miracle de la continuité du croire.

Du sacré donc point de femmes.  Seuls les hommes ont le droit d'y toucher. Mais les peintres vont aussi se mettre à représenter ce que l'Église enseigne et qui par essence ne se voit pas. Pour orner les églises, pour répondre aux commandes des princes, des ecclésiastiques, pour nous faire croire que l'invisible existe et que ce qu'enseigne la doctrine de l'Église existe -- la preuve, ils peuvent le peindre.

Et c'est là que la femme surgit, qu'elle obtient l'autorisation d'exister dans le cadre.  La femme s'appelle bien sûr Marie, et lorsque l'ange vient lui annoncer la bonne nouvelle, Marie est en train de lire, Marie est dérangée, Marie est effrayée, Marie se rétracte, se replie mais pour autant ne perd pas ses esprits car elle couvre de sa main ce livre qu'elle est en train de lire tout en introduisant son pouce à la page où elle a été interrompue.»


Les Femmes qui lisent sont dangereuses de Laure Adler et Stefan Bollmann, 2006, 149 p.

25 juin 2013

Marley & Me (Marley et moi)


Dans ce récit humoristique, le journaliste américain nous raconte la vie de son drôle de chien Marley, un labrador qui avait, disons, une personnalité plutôt spéciale. Maladroit et pas trop futé, il avalait tout ce qu'il trouvait, de vieux mouchoirs jusqu'à un collier en or, et faisait des crises de panique à chaque orage électrique, causant des dommages importants à la maison familiale, mais il était d'une loyauté sans borne et d'une grande sensibilité.

J'adore les chiens en général mais la vie en appartement à Montréal et nos horaires de travail ne nous permettent pas d'en adopter un, alors je profite de ceux des autres en lisant de temps en temps ce genre de bouquins et en regardant des «émissions de pitous» à la télévision (Animo, César l'homme qui parle aux chiens, etc).   Dans ce cas-ci, c'est vraiment une réussite: j'ai rit aux éclats, j'ai pleuré à chaudes larmes, pour ne pas dire braillé comme un veau!  Je recommande ce livre à tous les amis du meilleur ami de l'Homme!

(Par contre, après avoir lu le billet de Sophie, j'ai l'impression que la version française est à éviter!)


Marley & Me de John Grogan, 2005, 291 p.  Titre de la traduction française: Marley et moi.

24 juin 2013

La Bibliothèque de Robinson

Une toute petite plaquette regroupant deux textes d'un de mes auteurs chouchou, Alberto Manguel. Dans le dictionnaire, à côté du mot «érudit», il y a son portrait, mais il est en même temps un excellent vulgarisateur.

Dans le premier texte, Autoportrait d'un bouquineur, Manguel raconte les librairies qui ont jalonné sa vie de lecteur, de son enfance à l'âge mûr, partout dans le monde.  C'est qu'il a bourlingué, le monsieur! Il parle même de Montréal, et notamment de la librairie Hermès à Outremont, connue de tous les lecteurs du quartier depuis toujours (mais fermée malheureusement depuis la parution de ce livre.)

Extrait:
«Montréal est une ville de lecteurs, et les livres qui racontent son histoire lui ont conféré une réalité: la saga du Plateau Mont-Royal de Tremblay, Le Matou de Beauchemin, Le Sourd dans la ville de Marie-Claire Blais, les polars à l'humour noir de François Barcelo, m'ont dessiné une carte de Montréal qui, comme les meilleurs livres, est à la fois secrète et parfaitement accessible.»

Dans le deuxième texte, plus consistant, Manguel prend comme point de départ un passage de Robinson Crusoé où le naufragé récupère quelques livres de l'épave du navire. Ce prétexte lui permet d'aborder notre relation au livre, les différents types de lecteurs et les dangers qui guettent l'écrit et la mémoire à l'ère du numérique et de l'instantané (cette dernière partie montrant plus de signe d'obsolescence que le reste, tant la technologie a évolué, même si le propos lui-même reste d'actualité).

Comme toujours, Manguel est un must pour tous ceux qui aiment les «livres qui parlent des livres»!

(Désolée pour la mauvaise qualité de l'image ci-contre; étrangement je n'ai trouvé nulle part sur Internet de reproduction de cette couverture. J'ai donc dû numériser moi-même l'exemplaire de la bibliothèque municipale, avec sa reliure qui a grugé les deux côtés...)


La Bibliothèque de Robinson d'Alberto Manguel, traduit de l'anglais, 2000, 53 p.  Contient deux textes dont les titres en version originale sont Many Bookstores (tiré de A Visit to the Dream Bookseller, 1998) et The Library of Robinson Crusoe, 2000.

23 juin 2013

La Traversée des sentiments


Quel plaisir de retrouver Nana et les siens! Quelques paragraphes et c'était comme si je ne les avais jamais quittés.

Cette fois-ci, la famille s'en va passer quelques jours de vacances dans un chalet des Laurentides.  En ce temps-là, un tel voyage était toute une expédition! Mais comme le titre l'indique, le principal voyage c'est au travers des sentiments de tout un chacun qu'on l'effectue, car pour ce qui est d'action, il ne se passe pas grand-chose et c'est très bien ainsi. Nana, qui a maintenant douze ou treize ans,  tente de comprendre le monde des adultes à travers les bribes qu'elle en perçoit; tente de comprendre sa mère et le lien qui les lie toutes les deux, et ressent ses premiers émois sexuels. Quant à Maria, ce répit loin de la ville étouffante et d'un travail épuisant lui permet de respirer, de repenser son rôle de mère. Bien sûr il y a les impayables tantes Neena et Tititte, et on fait la connaissance de nouveaux membres de la famille.

Détail cocasse, j'entends parler de la légende de la Chasse-galerie pour la deuxième fois en quelques jours! Drôle de coïncidence!  J'ai aussi apprécié le petit clin d'oeil à La Grosse Femme d'à côté est enceinte, mais je n'en dis pas plus pour vous réserver la surprise!

Comme les deux tomes précédents, c'est un pur délice!


La Traversée des sentiments (La Diaspora des Desrosiers, tome 3) de Michel Tremblay, 2009, 251 p.

21 juin 2013

Death comes to Pemberley (La Mort s'invite à Pemberley)

 En général je ne suis pas très attirée par les pseudo-suites de romans, c'est-à-dire les tentatives de poursuivre l'oeuvre d'un grand auteur, souvent effectuées par un écrivain inconnu ou en tous cas de moindre calibre. Mais ici, puisqu'il s'agit de P.D. James, reine du polar anglais, dont j'avais beaucoup apprécié la plume dans A Taste for Death, une aventure du commandant Adam Dalgliesh, je me suis laissée tenter.

Pour les non austenomanes qui ne reconnaissent pas du premier coup d'oeil le nom de la magnifique demeure du non moins magnifique Mr Darcy, précisons qu'il s'agit ici d'un roman policier qui se déroule dans le cadre de Pride and Prejudice (Orgueil et Préjugés) de Jane Austen. L'action se situe quelques années plus tard.

J'ai beaucoup aimé retrouver l'ambiance et les personnages du roman d'Austen. Cet aspect est très réussi, et il y a même quelques clins d'oeil aux autres écrits d'Austen, notamment Emma, ce qui bien sûr m'a fait jubiler!  Toutefois j'aurais aimé que le personnage d'Elizabeth soit plus à l'avant-scène, afin que ressorte mieux sa vivacité d'esprit et son humour piquant. C'est plutôt Darcy qui vole la vedette, et si on aime bien l'imaginer plongeant dans l'étang en chemise, ce n'est quand même pas le plus charismatique des héros!

Par contre, l'intrigue policière n'est sans doute pas la meilleure concoctée par Mme James.  Le suspense est bien amené mais la résolution de l'énigme est un peu plate, et j'avais deviné certains éléments dont un, notamment, aurait dû être envisagé par les enquêteurs.  Il y a quelques répétitions lorsque des faits sont racontés par plusieurs personnages différents, chacun selon son point de vue. À tel point que j'ai cru à un certain moment que j'étais revenue en arrière par mégarde! Cependant j'ai apprécié suivre le déroulement de l'enquête et du procès, version XIXe siècle. On est loin de CSI et autres Law & Order!

Quant à l'épilogue, où Darcy revient sur les événements de Pride and Prejudice pour expliquer ses actions à Elizabeth, il m'a semblé complètement inutile.   Ils sont mariés depuis plusieurs années, ils n'ont pas encore eu le temps d'y revenir?  Mais surtout, chaque lecteur est capable d'en venir à ses propres conclusions, on n'avait pas besoin que Mme James viennent nous imposer les siennes.

Bref, je recommande ce roman surtout aux fans d'Austen qui ont envie de retrouver son univers, et le déconseille aux amateurs de polars purs et durs!


Death Comes to Pemberley de P.D. James, 2011, 291 p. Titre de la traduction française: La Mort s'invite à Pemberley



16 juin 2013

Génial!

Ce matin, j'aperçois de loin cette drôle de boîte aux lettres bigarrée... Qu'est-ce?  M'approchant, je découvre qu'il s'agit plutôt d'une boîte à livres!

«Livre-service» est un projet-pilote d'échange de livres mis en place dans l'arrondissement Côte-des-Neiges/Notre-Dame-de-Grâce.  De telles boîtes se trouvent à une douzaine d'endroits dans tout le quartier (la liste est sur le site).  On peut y déposer les livres dont on ne veut plus ou en prendre un qui s'y trouve déjà. C'est gratuit!

Je trouve l'idée vraiment chouette, j'espère que cela va fonctionner!  Si vous connaissez des initiatives semblables, n'hésitez pas à l'annoncer dans les commentaires ci-dessous!