21 septembre 2013

La Manière Barrow

Comment dire? Il me semble que je suis passée à côté de quelque chose.  C'était pourtant bien commencé! L'écriture est fort belle, et dès les premières pages on trouve une citation tirée de mon livre fétiche, Cyrano de Bergerac (Oui, quelquefois, je m'attendris, dans le soir bleu). La citation (comme les autres qui viendront par la suite) n'est identifiée qu'à la fin du volume, ce qui m'a plu: l'auteure fait confiance au lecteur, à sa culture.  Le sujet est original, un comédien sans emploi devient doubleur pour des publicités et des séries télévisées.  La relation avec son père malade est touchante, il y a de l'humour et un pitou!

Je n'arrive pas à mettre exactement le doigt sur le bobo, mais à partir du milieu j'ai décroché. Le personnage principal m'était antipathique, certains détails me semblaient invraisemblables...  J'ai trouvé très drôle le passage où il insère des citations de grands auteurs dans ses doublages, en un geste de rébellion, ou d'auto-sabotage.  Mais pour le reste, sans vraiment m'ennuyer je suis restée froide. Dommage!


La Manière Barrow d'Hélène Vachon, 2013, 176 p.


17 septembre 2013

La Patience des fantômes

Malgré une écriture que j'ai trouvée un peu froide, j'ai bien aimé cette saga qui raconte la vie de générations successives d'une famille en Gaspésie et dans le  Bas-du-Fleuve durant plus d'un siècle. Joachim, orphelin de père, parti de rien, qui exercera différents métiers avant de faire fortune, jusqu'au petit Joseph, né avec le XXIe siècle, pour qui tout est possible, en passant par Jérôme, que l'alcool rend si violent qu'il se demande si ce n'est pas lui-même qui a violé et assassiné cette petite amérindienne dont ses fils ont retrouvé le corps, on suit ces gens avec intérêt en se demandant, tout comme Richard l'écrivain de la troisième génération et le narrateur, si une malédiction ne les affecte pas... J'ai apprécié l'idée qu'une famille est comme une chaîne, avec ses maillons forts et ses maillons plus faibles.

Un roman sur la famille bien sûr, sur la mémoire, sur la transmission.  En même temps, un portrait du Québec rural, avec sa magnificence et sa laideur qui cohabitent souvent dans un même paysage.  Un récit qui demande un certain effort car les personnages sont nombreux et les pièces du casse-tête sont mélangées; mais cela en vaut la peine. Je ne connaissais pas Rachel Leclerc, je la relirai certainement avec plaisir!


La Patience des fantômes de Rachel Leclerc,  2011, 193 p. en version numérique.


16 septembre 2013

Le Passage obligé

Cela me fait beaucoup de peine de le dire (ou plutôt de l'écrire!), surtout durant une lecture commune autour de Michel Tremblay et dans le cadre de Québec en septembre, mais je n'ai pas trop aimé ce tome 4 de La Diaspora des Desrosiers. Pourtant j'avais adoré les trois premiers!

Entre les atermoiements et tergiversations de la mère (que j'ai trouvée presque antipathique!) et la fin de vie douloureuse de la grand-mère, tout est sombre et lugubre. Dans les tomes précédents, les passages plus mélancoliques étaient allégés par une touche d'humour, notamment dans les dialogues en joual. Je n'ai pas retrouvé ces petites étincelles ici, ou très peu.

J'ai aussi trouvé agaçante la construction du récit, qui manque d'unité. On passe constamment de la Saskatchewan à Montréal, et l'on est sans arrêt interrompu par les contes de Josaphat-le-violon (eux-mêmes plutôt tristes), lus par Nana.

Ceux qui ont lu la série, avez-vous ressenti la même chose que moi? Est-ce que le tome 5 sera meilleur? Est-ce que ce Passage obligé n'était que cela, un passage obligé?  Au moins, ce qu'on apprend dans l'épilogue m'a donné le goût de continuer!


Participants à cette lecture commune:
Karine a lu Thérèse et Pierrette à l'école des Saints-Anges
Claudialucia a lu L'Homme qui entendait siffler une bouilloire
Aifelle a lu Bonbons assortis
Cryssilda a lu C't'à ton tour, Laura Cadieux
Jainaxf a lu La grosse femme d'à côté est enceinte ainsi que Yueyin et Denis
Chimère a lu Quarante-quatre minutes, quarante-quatre secondes


Le Passage obligé (La Diaspora des Desrosiers, tome 4) de Michel Tremblay, 2010, 247 p. 


05 septembre 2013

Legends of the Fall (Légendes d'automne)

Pas tout-à-fait des romans, mais plus que des nouvelles, par quel terme pourrait-on désigner ce que les anglophones nomment «novelettes»?  Peu importe, ces trois courtes histoires d'environ quatre-vingt-dix pages chacune sont tout à fait magnifiques.

J'ai particulièrement aimé la voix très masculine de Jim Harrison.  Ses personnages mâles sont très forts, même lorsqu'ils cherchent leur place dans le monde et prennent leur vie entière à la trouver.  Et à travers toute cette testostérone, ces bagarres, ces vengeances, ces grands espaces, surgit soudainement un petit détail, une attention presque féminine à la poésie du quotidien: un chat errant caché sous un buisson en ressort avec quelques pétales accrochés au pelage...

J'ai vu peu après sa sortie le film qui a été tiré de la nouvelle éponyme; je ne sais pas si c'est ma mémoire qui fait défaut (pas de ricanements, s'il-vous-plaît!),  mais j'aurais pu ne pas faire le rapprochement tellement l'histoire m'a semblé différente (évidemment avec la face de Brad Pitt en gros plan sur la couverture, c'est dur à manquer). Dans le film, il me semble que tout tournait autour du triangle amoureux Tristan-Susannah-Alfred, alors qu'ici ce n'est qu'un des aspects de l'intrigue, même pas le plus important.

Dire que j'ai longtemps repoussé cette lecture sous le prétexte idiot que je n'aime pas trop les nouvelles!  C'est une lecture commune du Forum du Guide de la bonne lecture qui m'a donné le coup de pied au derrière nécessaire. Je n'attendrai pas trop avant de retrouver cet écrivain; quelqu'un a d'autres titres à me suggérer?


Legends of the Fall de Jim Harrison, 1978, 276 p.  Titre de la traduction française: Légendes d'automne.

03 septembre 2013

Livres québécois remarquables du XXe siècle

Ayant reçu ce livre grâce à l'Opération Masse critique de Babelio à la mi-mai, théoriquement j'aurais dû publier ce billet dans les 30 jours suivants...  Mais il est arrivé à un moment où franchement je ne l'attendais plus et où j'avais pris d'autres engagements livresques: Blogoclub, lectures communes, etc. Tant qu'à être en retard, je me suis dit qu'il valait mieux attendre le début de l'édition 2013 de Québec en septembre pour vous le présenter.  Le délai sera donc compensé par une visibilité accrue, et tout le monde y trouvera son compte, enfin je l'espère.

Trêve de palabres, passons à l'objet lui-même.  Première surprise, il est plus gros que ce à quoi je m'attendais. Il s'agit d'un album magnifiquement illustré présentant vingt livres qui ont marqué l'histoire de l'édition québécoise, dans certains cas par leur contenu, plus souvent par leur aspect visuel, par les techniques et matériaux utilisés ou encore parce qu'il s'agissait d'un genre inusité par ici. J'ai beaucoup apprécié cette lecture. Certains chapitres, chacun rédigé par un spécialiste différent,  m'ont rappelé des souvenirs (la Flore laurentienne du Frère Marie-Victorin que j'avais feuilleté enfant sans en comprendre l'importance, l'engouement que j'avais éprouvé à l'adolescence pour la poésie de Nelligan et de Saint-Denys Garneau), d'autres m'ont remis en mémoire des faits historiques dont on n'entend plus si souvent parler (l'Affaire Coffin) ou m'ont appris des trucs amusants (les rues Henri-Julien dans Villeray  et L-O David dans Saint-Michel, près desquelles j'ai déjà habité, sont nommées respectivement en l'honneur d'un illustrateur et d'un journaliste et historien).

N'est-ce pas un choix tout à fait approprié pour inaugurer ce mois aux couleurs du fleurdelysé?


Merci à Babelio et aux Presses de l'Université du Québec pour l'envoi. 


Livres québécois remarquables du XXe siècle, sous la direction de Claude Corbo, 2012, 324 p.



29 août 2013

High Fidelity (Haute Fidélité)

Excellent roman sur les relations amoureuses (et bien d'autres choses) du point de vue masculin. Un peu de la chick-lit de gars (guy-lit?)...  avec l'humour britannique qui me plaît tant.

Rob, propriétaire d'un obscur magasin de disques usagés, vient de rompre avec sa petite amie. Ou plutôt c'est elle qui a rompu avec lui!  Comme ses deux employés (un timide et un énergumène) et lui sont passés maîtres dans l'art de dresser des listes «Top 5» (meilleurs romans de science-fiction, meilleures chansons sur la mort, etc), il passe en revue toute sa vie amoureuse pour dresser son Top 5 des ruptures les plus douloureuses. Pour notre plus grand plaisir!  Ses réflexions sont hilarantes, et de temps en temps aussi émouvantes, surtout vers la fin.

On ne peut pas dire que Rob soit toujours très sympathique, ce qui est tout à fait normal car comme on est au courant de tout ce qui lui passe par la tête, on en apprend des vertes et des pas mûres.  Après tout, même Gandhi avait sans doute des pensées mesquines ou méchantes, pendant quelques secondes de temps en temps! Peut-être que sa femme lui tombait sur les nerfs, peut-être qu'il sacrait contre les Anglais! Mais ce sont ces imperfections qui nous le rendent réel et attachant.

Je suis désolée de vous infliger cette horrible page couverture. Ne dirait-on pas que le type (orange qui plus est) a des yeux de mouche?  Je crois qu'il a en fait des cuillères devant les yeux, mais je ne vois pas trop le rapport.  Peut-être pour dire que le personnage est très centré sur lui-même, mais pourquoi des cuillères?

Dans l'esprit du roman, cela m'a inspiré les Top 5  pages couvertures laides de livres chroniqués depuis l'ouverture de ce blogue:





Quelqu'un veut tenter le même exercice sur son blogue? Ça peut aussi être les Top 5 belles couvertures, drôles, romantiques, etc!


High Fidelity de Nick Hornby, 1995, 323 p.

21 août 2013

Ah ces bébés!

En faisant un petit tour chez Venise, j'apprends avec plaisir que Mère indigne a rouvert son blogue...

Un clic plus tard, je tombe sur ceci: Les Grands Succès littéraires revus et corrigés par les bébés.  (Cliquez sur l'image pour agrandir le texte.) 

 Trop drôle! Depuis je me creuse la tête pour inventer d'autres titres, mais apparemment je n'ai aucun talent dans ce domaine.

Un autre clic et le blogue est maintenant dans mes favoris.