Dans Islands in the Stream (Îles à la dérive) d'Ernest Hemingway, j'avais beaucoup aimé les passages où le peintre raconte ses années passées à Paris, et j'espérais retrouver la même ambiance dans ce récit autobiographique. Comme en plus on m'avait vanté ce livre, et qu'une autre de ses oeuvres avait été un de mes coups de coeur de 2013, la barre était haute. Peut-être trop...Certains moments m'ont beaucoup plu. Par exemple, lorsqu'il nous décrit un Paris qui n'existe plus, celui où, au petit matin, un berger se promène dans les rues avec son troupeau de chèvres et son chien, vendant du lait fraîchement trait aux ménagères sur le pas de leur porte. Ou encore lorsqu'il raconte sa vie de jeune écrivain avec sa femme et éventuellement son fils; comment pour économiser il sautait le repas du midi sans le dire à son épouse et allait plutôt au musée admirer les oeuvres de Cézanne, qu'il voyait d'un tout autre oeil que lorsqu'il avait l'estomac vide, les comprenant différemment, et peut-être mieux, selon lui. Les visites chez Gertrude Stein, qui ne parlait jamais aux épouses des artistes qu'elle invitait chez elle; c'était sa compagne qui s'en chargeait. Les derniers chapitres sur la relation avec F. Scott Fitzgerald sont poignants: il tentait d'aider celui-ci à travailler, reconnaissant le grand talent de l'écrivain, mais sa femme Zelda le poussait plutôt à boire et à faire la fête.
Malheureusement il y a aussi quelques endroits où je me suis ennuyée, lorsque par exemple il décrit des conversations avec des écrivains que je ne connais pas, qui lui sont d'ailleurs antipathiques et qu'il ne ménage guère.
En fait, en écrivant ce billet deux jours après avoir refermé le bouquin, je m'aperçois que les bouts que j'ai aimés sont ceux qui me sont restés en tête; j'ai peine à me souvenir des autres, et je garderai donc de ce récit un souvenir positif. Tant mieux!
A Moveable Feast d'Ernest Hemingway, 1964 (publication posthume), 209 p. Titre de la traduction française: Paris est une fête.









