22 mai 2014

By Jove, it's English Month again!

Hé oui, juin sera de nouveau sous les couleurs de l'Union Jack!  Nos amies Lou, Titine et Cryssilda organisent la troisième édition du défi Le Mois anglais. On lira donc des auteurs anglais ou encore des romans se déroulant au pays des scones et du Five O'Clock Tea!  On peut aussi causer cinéma, musique, bouffe, voyage, etc.  Les inscriptions se font par ici.


Pour l'occasion, Karine et moi nous sommes entendues pour une petite lecture commune autour de l'écrivaine oh so British Kate Atkinson; nos billets seront publiés le 21 juin. Qui veut se joindre à nous?

Au programme pour moi, à part ce Atkinson au titre à déterminer (j'en ai deux dans la PAL, je penche vers Behind the Scene at the Museum), sûrement au moins un autre roman, mais je ne sais pas encore lequel.  Peut-être un Dickens ou un autre classique à télécharger sur la liseuse, ou pourquoi pas un Sherlock Holmes?  Ou bien de la chick-lit, genre Shopaholic...

Participerez-vous à l'événement?  Que pensez-vous lire?


Addendum 22 mai:
Anne du blogue Des Mots et des notes se joint à notre LC Atkinson!  Oeuvre choisie: La Souris bleue. Excellent choix! Je l'ai lu l'an passé, mon billet est ici!



10 mai 2014

Un Dimanche à la piscine à Kigali

Par pure coïncidence, une lecture tout à fait d'actualité, malheureusement,  au moment où la violence en Afrique fait de nouveau la une.

«Chacun possède en ses gènes tout le Bien et tout le Mal de l'Humanité.»

Une phrase qui résume bien cette histoire, et aussi notre Histoire, finalement.  On est au Rwanda en 1994, il y a des Tutsis et des Hutus, et aussi des occidentaux, diplomates pointilleux, des hommes d'affaires profiteurs, des casques bleus impuissants, des travailleurs humanitaires dépassés par les événements.  Un roman sombre, violent, à la limite du soutenable parfois, mais où pointent néanmoins quelques lueurs d'espoir, grâce à cette belle histoire d'amour entre un cinéaste québécois qui pensait avoir tout vu et une jeune femme rwandaise belle et innocente. Grâce aussi aux nombreux gestes courageux de Hutus qui refusèrent de dresser des listes, de marquer les portes de leurs voisins tutsis, qui leur vinrent en aide, les cachèrent, les conduisirent en sécurité. 

Un très beau roman, mais à garder pour un moment où l'on se sent le coeur et l'âme solides.


Un Dimanche à la piscine à Kigali de Gil Courtemanche, 2000, 283 p.

30 avril 2014

The Waste Lands (Terres perdues)

Tome 3 de la série The Dark Tower.

***Attention, contient des spoilers!***

Un ours cybernétique de soixante-dix pieds de haut?  Ça a bien failli me faire décrocher de cette série dont j'avais pourtant bien apprécié les deux tomes précédents (The Gunslinger et The Drawing of the Three).  On avait déjà un mélange des genres assez inusité: fantasy, fantastique, western, horreur...  Ajouter de la science-fiction en plus, ça commençait vraiment à faire beaucoup!  Surtout que les histoires de robots ce n'est pas vraiment ma tasse de thé.

Heureusement plusieurs détails m'ont plu (le fait que la fameuse tour se trouve, selon la légende, au point de rencontre de toutes les lignes de forces magnétiques et magiques, allez savoir pourquoi, ça m'a intriguée, de même que Roland aux prises avec un paradoxe temporel) et m'ont permis de m'accrocher, jusqu'en page 129 où j'ai jubilé de retrouver Jake (le petit garçon du tome 1) qui pense devenir cinglé parce qu'il se souvient de sa propre mort tout en étant, de toute évidence, encore vivant.  À partir de là, ça n'a été que du bonheur (le genre qui vous fait vous ronger les ongles d'angoisse, bien sûr).

Ce que j'aime surtout dans cette série, c'est que le côté fantasy est à peine présent et omniprésent à la fois. Tout le récit est construit sous la forme classique de la Quête.  Les références à Tolkien sont multiples mais subtiles, elles ne sont pas soulignées à gros trait.  Le personnage de Roland, par exemple, rappelle celui d'Aragorn, et lorsqu'il suit à la trace le vilain qui a enlevé Jake, on pense aussitôt à la poursuite des uruk-hai ayant enlevé Merry et Pippin.  Il y a aussi une créature monstrueuse qui, tout comme Gollum, est un amateur d'énigmes.

Et puis, Oy le billy-bumbler (animal ressemblant à un raton-laveur, mais très intelligent et loyal comme un chien) est trop mignon, j'en veux un pareil!


The Waste Lands (The Dark Tower, tome 3) de Stephen King, 1991, 590 p. Titre de la version française: Terres perdues (La Tour sombre, tome 3).

05 avril 2014

Histoire d'une mouette et du chat qui lui apprit à voler

Moins bouleversant que Le Vieux qui lisait des romans d'amour, mais tout de même bien mignon, ce tout petit roman qui se lit en moins d'une heure.  Une fable amusante et touchante sur la tolérance, l'entraide et l'amitié, à mettre entre toutes les mains!


Histoire d'une mouette et du chat qui lui apprit à voler de Luis Sepulveda, traduit de l'espagnol, 1996, 116 p.  Titre de la version originale: Historia de una gaviota y del gato que le enseñó a volar.

30 mars 2014

Still Life (En plein coeur)

Je l'avoue tout de suite, mes connaissances en littérature anglo-québécoise sont pour le moins rudimentaires... Je peux citer Mordecai Richler, que je n'ai par ailleurs pas lu, et c'est tout!  Two solitudes, indeed!  Alors ce roman reçu en cadeau à ma fête m'a permis de joindre l'utile à l'agréable! 

Premier d'une série se déroulant entièrement autour d'un petit village fictif des Cantons-de-l'Est, ce petit polar est tout à fait délicieux.  Amateurs de roman noir et de thriller s'abstenir, on est plutôt dans la tradition du whodunit à la Agatha Christie. Les personnages sont attachants, à quelques exceptions près (il faut bien quelques méchants!) on a envie de les avoir comme voisins, de déménager dans une vieille maison de ce coin de pays pittoresque!  Le personnage de l'Inspecteur Gamache est original, c'est un érudit qui apprécie la poésie et l'art et qui appelle sa femme tous les jours lorsqu'il est en mission, ça nous change du policier bourru, misogyne et alcoolique habituel.  Son assistante, recrue inepte qui se met les pieds dans les plats en prenant tout au pied de la lettre, m'a bien fait rire!

Je suppose que plusieurs des personnages sont récurrents, ce sera un plaisir de les retrouver dans les tomes suivants!  J'espère seulement qu'on aura corrigé un petit défaut:  je n'ai rien contre l'idée de mettre quelques expressions en français et quelques sacres dans les dialogues pour faire couleur locale, mais encore faudrait-il qu'ils soient exempts de fautes!  On dirait qu'on a utilisé Google traduction!  Par exemple, on a «pointe finale» au lieu de «point final», «n'est pas» au lieu de «n'est-ce pas», et j'en passe... En fait, il serait plus court de citer les expressions correctes!  Au moins voilà un problème que n'auront pas ceux qui liront la série en traduction française, à condition bien sûr que celle-ci ait été faite par un québécois, ce qui devrait toujours être le cas selon moi lorsqu'un roman se déroule au Canada.  Sinon c'est le désastre inévitable...


Le billet de Jules, de Suzanne, de Geneviève (Allie), celui de Joëlle, moins convaincue. Yueyin, quant à elle, nous présente la série au complet.


Still Life de Louise Penny, 2005, 377 p.  Titre de la traduction française: En plein coeur au Québec et Nature morte en France.

16 mars 2014

Quand souffle le vent du nord

Au début, je n'étais pas sûre d'accrocher à ce roman épistolaire nouveau genre (au lieu de lettres, ce sont des courriels que s'échangent les correspondants).  Je trouvais le ton un peu artificiel. Puis, peu à peu, disons après une dizaine de pages, je me suis prise au jeu de ces deux personnages qui se dévoilent petit à petit, qui tentent de se deviner, ne s'étant jamais vus et ignorant parfois leurs propres motivations. Je me demandais toutefois si l'intérêt pourrait être soutenu pendant plus de 300 pages, et la réponse est oui! Grâce au suspense de savoir si enfin ils vont se rencontrer en chair et en os, grâce à des surprises et revirements de situation et à la sympathie qu'on éprouve pour eux, on dévore ce bouquin sans même s'en apercevoir!

Deux mini-bémols: 1)  la fille sur la couverture a des cuisses si longues qu'elle a l'air d'une sauterelle, et 2) la traductrice a choisi d'utiliser le mot «mail» au lieu du «courriel» québécois, ou tout simplement de «email».  Moi quand je lis mail, dans ma tête cela se prononce «maille», comme dans mail piétonnier, par exemple. J'étais constamment en train de réajuster mon cerveau, et comme bien sûr ce mot est utilisé plusieurs fois par page, c'est un peu pénible. 

Lorsque les seuls défauts qu'on trouve à un livre sont une traduction d'un mot déplaisant à une psycho-rigide de la pire espèce et une photo de femme-mante religieuse, c'est qu'un livre a vraiment beaucoup de qualité!  C'est frais, c'est drôle, c'est romantique, ça se lit tout seul! 

Il paraît qu'il y a une suite, mais je me demande si celle-ci n'est pas superflue, je pense que je préfère en rester sur cette fin... (Si vous l'avez lue, cette suite, vous me direz ce que vous en avez pensé!)


Quand souffle le vent du nord de Daniel Glattauer, traduit de l'allemand, 2010, 348 p. La version originale, Gut Gegen Nordwind, date de 2006.

09 mars 2014

Bridge of Sighs (Le Pont des soupirs)

Un beau roman aux thèmes universels: la famille, les patterns qui se reproduisent de génération en génération, l'amitié, la dépendance affective, le couple, les classes sociales, le racisme...  Tout ça avec comme toile de fond, d'une part, une petite ville industrielle de l'État de New York au bord d'une rivière polluée par la tannerie locale, et d'autre part la ville de Venise (d'où le titre) et l'atelier d'un peintre américain exilé. J'y ai bien trouvé quelques longueurs, toutefois. Quant on commence à s'intéresser aux parents de la petite amie du personnage principal, j'ai commencé à penser qu'on s'éparpillait un peu, même si ces digressions ont leur raison d'être, en fin de compte. À part ce petit bémol, j'ai bien apprécié cette lecture, en particulier les personnages attachants et multidimensionnels.


Bridge of Sighs de Richard Russo, 2007, 527 p. Titre de la traduction française: Le Pont des soupirs.