À moi de moi...
Il s'agit de la liseuse électronique Sony Reader Pocket Edition PRS-350. Pas le modèle le plus récent, donc; comme je n'étais pas sûre d'aimer lire sur un tel engin, je l'ai achetée usagée sur Ebay (merci à Gropitou d'avoir surveillé la fin de l'enchère pour la subtiliser aux concurrents à la dernière seconde!).
Je viens de terminer Les Chroniques de Mère indigne de Caroline Allard (billet très bientôt), téléchargé en prêt numérique sur le site de la Grande Bibliothèque (BAnQ) et j'ai vraiment apprécié l'expérience! Je n'arrêterai pas pour autant de lire des livres traditionnels, surtout que les tournées en bibliothèque et bouquineries comptent parmi mes activités favorites, mais je dois dire que l'aspect pratico-pratique m'a conquise!
Pour les purs et durs fidèles à Gutenberg, permission de pousser les hauts cris dans les commentaires ci-dessous... J'étais dans vos rangs il n'y a pas si longtemps! Les autres, quelles sont vos bonnes adresses pour télécharger gratuitement (et légalement!) des livres numériques?
22 décembre 2011
20 décembre 2011
Entre deux os
Une autre aventure de Tempe Brennan, anthropologue judiciaire! L'intérêt de cette série réside dans la description de ce métier peu connu, et dans les lieux où l'action se déroule, différents à chaque roman. Cette fois-ci l'action se déroule dans les îles au large de la Caroline du Sud. Une bonne bouffée d'air marin et une ambiance de canicule, parfaite en ce solstice d'hiver!
****Ce paragraphe contient un spoiler!!*****
Toutefois ce n'est peut-être pas le meilleur de la série; j'y ai relevé quelques invraisemblances. Par exemple, Tempe réside dans le même chalet que son ex, Pete, chalet prêté par une amie. Pete se fait tirer dessus par un tireur inconnu, à travers la fenêtre de la cuisine, et se retrouve aux soins intensifs. Après quelques heures à son chevet, Tempe retourne au chalet, nettoie le plancher couvert de sang et s'en va se coucher tranquillement! La maison ne devrait-elle pas être scellée comme scène de crime? Et personnellement je serais allée dormir dans un motel cette nuit-là, surtout qu'on ne sait même pas si elle était en fait la cible de l'attaque...
L'intrigue est néanmoins palpitante et on ne s'ennuie pas deux secondes. Toutefois, ne lisez pas la quatrième de couverture, elle donne la clé de l'énigme en termes à peine couverts!
Deux mots sur la traduction. Il s'agit ici de l'édition québécoise, ce qui est en théorie une excellente idée. Pas de «putain de merde» et autres mots d'argot déplacés dans la bouche d'un inspecteur de police du sud des États-Unis. Toutefois, le temps de verbe utilisé dans tout le roman est le passé composé, ce qui donne une écriture lourde, inélégante. Pourquoi j'ai l'impression que la version «français de France» était au passé simple (mes lecteurs européens peuvent-il me le confirmer?) et qu'on a voulu niveler par le bas pour ces ignares de Québécois? Je l'ai dit souvent en ces lieux, je ne suis pas une fan des romans au présent (je suis fatigante avec ça, vous avez le droit de me le dire...), mais cela aurait déjà été moins pire que ces «j'ai dit ceci alors il a fait cela» balourds. D'ailleurs, le nom du traducteur n'apparaît nulle part, ce qui n'est pas très bon signe, selon moi...
Entre deux os de Kathy Reichs, traduit de l'anglais, édition québécoise du roman paru en France sous le titre Meurtre au Scalpel, 2007, 452 p. Titre original: Break No Bones, 2006.
****Ce paragraphe contient un spoiler!!*****
Toutefois ce n'est peut-être pas le meilleur de la série; j'y ai relevé quelques invraisemblances. Par exemple, Tempe réside dans le même chalet que son ex, Pete, chalet prêté par une amie. Pete se fait tirer dessus par un tireur inconnu, à travers la fenêtre de la cuisine, et se retrouve aux soins intensifs. Après quelques heures à son chevet, Tempe retourne au chalet, nettoie le plancher couvert de sang et s'en va se coucher tranquillement! La maison ne devrait-elle pas être scellée comme scène de crime? Et personnellement je serais allée dormir dans un motel cette nuit-là, surtout qu'on ne sait même pas si elle était en fait la cible de l'attaque...
L'intrigue est néanmoins palpitante et on ne s'ennuie pas deux secondes. Toutefois, ne lisez pas la quatrième de couverture, elle donne la clé de l'énigme en termes à peine couverts!
Deux mots sur la traduction. Il s'agit ici de l'édition québécoise, ce qui est en théorie une excellente idée. Pas de «putain de merde» et autres mots d'argot déplacés dans la bouche d'un inspecteur de police du sud des États-Unis. Toutefois, le temps de verbe utilisé dans tout le roman est le passé composé, ce qui donne une écriture lourde, inélégante. Pourquoi j'ai l'impression que la version «français de France» était au passé simple (mes lecteurs européens peuvent-il me le confirmer?) et qu'on a voulu niveler par le bas pour ces ignares de Québécois? Je l'ai dit souvent en ces lieux, je ne suis pas une fan des romans au présent (je suis fatigante avec ça, vous avez le droit de me le dire...), mais cela aurait déjà été moins pire que ces «j'ai dit ceci alors il a fait cela» balourds. D'ailleurs, le nom du traducteur n'apparaît nulle part, ce qui n'est pas très bon signe, selon moi...
Entre deux os de Kathy Reichs, traduit de l'anglais, édition québécoise du roman paru en France sous le titre Meurtre au Scalpel, 2007, 452 p. Titre original: Break No Bones, 2006.
14 décembre 2011
This Book Is Overdue -- abandon --
C'est dans les commentaires de mon billet sur Dewey (The Small Town Library Cat Who Touched the World) qu'un lecteur m'avait parlé de ce bouquin. Comme Dewey était très léger, amusant et attendrissant, les deux livres s'étaient associés dans mon coco et je m'attendais à des anecdotes sur le métier de bibliothécaire, sur les demandes originales ou absurdes des clients, etc. Après une centaine de pages, j'ai bien dû me résigner, ce n'est pas vraiment cela. Même s'il est rédigé avec humour, c'est un essai sérieux sur le rôle changeant du bibliothécaire à l'ère de Google et des catalogues informatisés. Sûrement passionnant pour les gens du milieu (archivistes, techniciens de l'information), mais pas ce que je recherchais, d'où l'abandon.
P.S. En parlant de Dewey, saviez-vous que Vicky Myron a écrit un autre livre? Paru en 2010, Dewey's Nine Lives (Les Neuf Vies de Dewey) raconte l'histoire de plusieurs autres chats extraordinaires et contient deux nouveaux chapitres sur Dewey. Quelqu'un l'a lu?
This Book Is Overdue!: How Librarians and Cybrarians Can Save Us All de Marilyn Johnson, 2010, 272p. Non traduit, à ma connaissance.
P.S. En parlant de Dewey, saviez-vous que Vicky Myron a écrit un autre livre? Paru en 2010, Dewey's Nine Lives (Les Neuf Vies de Dewey) raconte l'histoire de plusieurs autres chats extraordinaires et contient deux nouveaux chapitres sur Dewey. Quelqu'un l'a lu?
This Book Is Overdue!: How Librarians and Cybrarians Can Save Us All de Marilyn Johnson, 2010, 272p. Non traduit, à ma connaissance.
08 décembre 2011
Comme un roman
J'avoue avoir été déçue par la première moitié de cet essai. Comme on m'avait vanté ses mérites, j'espérais y retrouver ce que j'avais aimé d'Une Histoire de la lecture, d'Alberto Manguel; j'y trouvai plutôt ce que je n'avais pas aimé de Chagrin d'école: un ton quelque peu moralisateur et un sujet peu accrocheur pour qui n'a pas d'enfant et n'a pas été soi-même un élève en difficulté.
Je l'aurais peut-être même abandonné (droit numéro trois du lecteur) s'il n'avait été si court. Heureusement que j'ai persévéré, puisqu'à la page 82 très exactement, une étincelle s'est produite et pouf! Le feu a pris. À partir de là, j'ai adoré, j'ai voulu noter plein de passages (mais pour aller chercher crayon et papier il aurait fallu arrêter de lire!).
J'ai réalisé également l'immense cadeau que nous avait fait mon professeur de sixième lorsqu'un matin il nous lut Bilbo le Hobbit sans rien nous demander en échange! Pas d'obligation de continuer, pas de questions ni de compte rendu à produire, rien que la liberté de poursuivre si cela nous tentait. Pour moi qui étais tombée dans la lecture étant petite, ce n'était que la découverte d'un auteur et d'un genre, ce qui est déjà beaucoup; mais pour certains élèves ce fut la découverte de la lecture «pour le plaisir»! Je vous laisse imaginer l'air ébahi de la libraire du coin lorsque sur l'heure du dîner une quinzaine d'enfants vinrent lui demander ce roman les uns après les autres!
À tous ceux qui aiment «les livres sur les livres», je recommande celui-ci et je leur conseille d'appliquer le droit numéro deux du lecteur, celui de sauter des pages, pour se rendre directement à la page 82!
Comme un roman de Daniel Pennac, 1992, 175 p.
Je l'aurais peut-être même abandonné (droit numéro trois du lecteur) s'il n'avait été si court. Heureusement que j'ai persévéré, puisqu'à la page 82 très exactement, une étincelle s'est produite et pouf! Le feu a pris. À partir de là, j'ai adoré, j'ai voulu noter plein de passages (mais pour aller chercher crayon et papier il aurait fallu arrêter de lire!).
J'ai réalisé également l'immense cadeau que nous avait fait mon professeur de sixième lorsqu'un matin il nous lut Bilbo le Hobbit sans rien nous demander en échange! Pas d'obligation de continuer, pas de questions ni de compte rendu à produire, rien que la liberté de poursuivre si cela nous tentait. Pour moi qui étais tombée dans la lecture étant petite, ce n'était que la découverte d'un auteur et d'un genre, ce qui est déjà beaucoup; mais pour certains élèves ce fut la découverte de la lecture «pour le plaisir»! Je vous laisse imaginer l'air ébahi de la libraire du coin lorsque sur l'heure du dîner une quinzaine d'enfants vinrent lui demander ce roman les uns après les autres!
À tous ceux qui aiment «les livres sur les livres», je recommande celui-ci et je leur conseille d'appliquer le droit numéro deux du lecteur, celui de sauter des pages, pour se rendre directement à la page 82!
Comme un roman de Daniel Pennac, 1992, 175 p.
06 décembre 2011
The Selected Works of T. S. Spivet (L'Extravagant Voyage du jeune et prodigieux T. S. Spivet)
Traumatisé par la mort accidentelle de son frère, se sentant incompris de ses parents, un enfant surdoué se sauve de chez lui et traverse les États-Unis à bord d'un train de marchandises. Un roman tout à fait délicieux, un road novel initiatique, amusant et émouvant, et qui a l'originalité d'être orné dans ses marges des diagrammes, cartes et commentaires désarçonnants du jeune garçon. Son talent et son vocabulaire impressionnant nous font parfois oublier qu'il n'a que douze ans, mais sa naïveté et sa franchise ont tôt fait de nous le rappeler!
Seul passage que j'ai moins apprécié, celui où il se retrouve dans un genre de wormhole (quelqu'un connaît le terme en français?), un tunnel dans l'espace-temps qui raccourcit son périple de plusieurs jours. Il s'agit peut-être d'une hallucination induite par la faim, mais cela sent par trop l'artifice...
Je remercie les copines du Blogoclub de m'avoir fait découvrir ce charmant roman! Pour connaître l'avis des autres membres, rendez-vous chez Sylire ou Lisa, nos merveilleuses organisatrices.The Selected Works of T. S. Spivet de Reif Larsen, 2009, 374 p. Titre de la traduction française: L'Extravagant Voyage du jeune et prodigieux T. S. Spivet).
26 novembre 2011
La Petite Fille qui aimait trop les allumettes
Quel roman d'une habileté démoniaque! Mon billet sera court car il est difficile d'en parler sans trop dévoiler... Disons qu'il y a deux adolescents laissés à eux-mêmes à la mort de leur père; ayant toujours vécus dans un isolement quasi total et dans des conditions abjectes, ils ont une vision complètement distordue de la réalité. Et c'est cette réalité qu'ont tente de découvrir peu à peu, à travers leurs mots imagés, leurs tournures de phrases étranges.
Avoir réussi à traiter d'un tel sujet avec tant d'humour et d'invention, c'est un vrai tour de force! Complètement déstabilisant! Cette histoire va me hanter pendant plusieurs jours, je le sens. Je suis peut-être dans le champ, mais cela me rappelle un peu Réjean Ducharme (que j'ai lu quand j'étais ado, donc qu'il me pardonne si ça n'a aucun rapport...), un peu aussi le Michel Folco d'Un Loup est un loup.
La Petite Fille qui aimait trop les allumettes de Gaétan Soucy, 1998, 180 p.
Avoir réussi à traiter d'un tel sujet avec tant d'humour et d'invention, c'est un vrai tour de force! Complètement déstabilisant! Cette histoire va me hanter pendant plusieurs jours, je le sens. Je suis peut-être dans le champ, mais cela me rappelle un peu Réjean Ducharme (que j'ai lu quand j'étais ado, donc qu'il me pardonne si ça n'a aucun rapport...), un peu aussi le Michel Folco d'Un Loup est un loup.
La Petite Fille qui aimait trop les allumettes de Gaétan Soucy, 1998, 180 p.
21 novembre 2011
Middlesex
Moi, les histoires de changements de sexe, en général je n'embarque pas trop. Au-delà de Mrs Doubtfire ou de Tootsie, je commence à grincer des dents. Ajoutez à cela l'inceste et on se dirige tout droit vers le désastre. Et pourtant... Ces deux thèmes sont annoncés dès les premières pages, et je suis restée rivée à ce bouquin! Jeffrey Eugenides est un génie.
C'est d'abord l'écriture qui m'a plu. L'humour est débridé mais jamais scabreux. Il y a de belles envolées lyriques (Sing now, Ô muse, of the recessive mutation on my fifth chromosome!), des petites bribes d'information disséminées ici et là pour attiser notre curiosité... Eugenides emprunte beaucoup au cinéma, utilisant des techniques comme le flashback, le travelling et plusieurs autres dont je ne connais pas le nom.
L'hameçon avalé, il ferre le poisson grâce à des personnages attachants et de formidables descriptions historiques: Le pillage de Smyrne par les Turcs en 1922, le Détroit de la prohibition, des émeutes raciales... On croirait y être!
Je n'ai qu'une question pour ceux qui ont lu ce roman: pourquoi le frère de Callie s'appelle-t-il Chapter Eleven? J'avoue que ce détail m'a échappé.
Tiens, en voilà une bonne idée! Courez vous le procurer, lisez-le et ainsi vous pourrez peut-être me donner la réponse. Tout le monde y gagne.
Middlesex de Jeffrey Eugenides, 2002, 529 p. Titre de la version française: Middlesex.
C'est d'abord l'écriture qui m'a plu. L'humour est débridé mais jamais scabreux. Il y a de belles envolées lyriques (Sing now, Ô muse, of the recessive mutation on my fifth chromosome!), des petites bribes d'information disséminées ici et là pour attiser notre curiosité... Eugenides emprunte beaucoup au cinéma, utilisant des techniques comme le flashback, le travelling et plusieurs autres dont je ne connais pas le nom.
L'hameçon avalé, il ferre le poisson grâce à des personnages attachants et de formidables descriptions historiques: Le pillage de Smyrne par les Turcs en 1922, le Détroit de la prohibition, des émeutes raciales... On croirait y être!
Je n'ai qu'une question pour ceux qui ont lu ce roman: pourquoi le frère de Callie s'appelle-t-il Chapter Eleven? J'avoue que ce détail m'a échappé.
Tiens, en voilà une bonne idée! Courez vous le procurer, lisez-le et ainsi vous pourrez peut-être me donner la réponse. Tout le monde y gagne.
Middlesex de Jeffrey Eugenides, 2002, 529 p. Titre de la version française: Middlesex.
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