26 avril 2013

Défi Les Cent Livres à lire au moins une fois!

La blogueuse Bianca (que je découvre par le fait même grâce à George!) nous propose un chouette défi de lecture: Les 100 livres à avoir lus!  À partir des suggestions de ses lecteurs, en retenant les titres qui revenaient le plus souvent et s'en tenant à une oeuvre par écrivain, elle a dressé une liste des cents livres qu'on devrait lire au moins une fois dans sa vie. Plusieurs genres littéraires sont représentés, il y en a donc pour tous les goûts!

Je sais, j'avais dit que je ne participais plus à aucun défi, les titres imposés par le Blogoclub et par des lectures communes occasionnelles me suffisant amplement. Oui mais ici il n'y a pas du tout de contrainte, puisque pas de limite de temps ni de quantité minimum à lire! Et surtout, le défi est rétroactif (ie les livres déjà chroniqués sont acceptés), alors c'est déjà gagné, en quelque sorte!

Voici donc cette liste des plus alléchantes:
(Les liens mènent à mes billets concernant ces oeuvres. En caractère gras, celles que je pense lire prochainement.)

  1. 1984, George Orwell
  2. A la croisée des mondes, Philip Pullman (lu les deux premiers tomes pré-blogue)
  3. Agnès Grey, Agnès Brontë
  4. Alice au Pays des merveilles, Lewis Carroll (lu pré-blogue)
  5. Angélique marquise des anges, Anne Golon (lu pré-blogue)
  6. Anna Karenine, Léon Tolstoï (lu pré-blogue)
  7. A Rebours, Joris-Karl Huysmans
  8. Au bonheur des dames, Émile Zola (lu pré-blogue)
  9. Avec vue sur l’Arno, E.M Forster
  10. Autant en emporte le vent, Margaret Mitchell (lu pré-blogue)
  11. Barry Lyndon, William Makepeace Thackeray
  12. Belle du Seigneur, Albert Cohen
  13. Blonde, Joyce Carol Oates
  14. Bonjour tristesse, Françoise Sagan
  15. Cent ans de solitude, Gabriel Garcia Marquez (lu pré-blogue)
  16. Charlie et la chocolaterie, Roald Dahl
  17. Chéri, Colette
  18. Crime et Châtiment, Féodor Dostoïevski (lu pré-blogue)
  19. De grandes espérances, Charles Dickens
  20. Des fleurs pour Algernon, Daniel Keyes
  21. Des souris et des hommes, John Steinbeck
  22. Dix petits nègres, Agatha Christie (lu pré-blogue)
  23. Docteur Jekyll et Mister Hyde, Robert Louis Stevenson (lu pré-blogue)
  24. Don Quichotte, Miguel Cervantès
  25. Dracula, Bram Stocker (lu pré-blogue)
  26. Du côté de chez Swann, Marcel Proust (lu seulement Un Amour de Swann)
  27. Dune, Frank Herbert (lu pré-blogue)
  28. Fahrenheit 451, Ray Bradbury
  29. Fondation, Isaac Asimov (lu pré-blogue)
  30. Frankenstein, Mary Shelley (lu pré-blogue)
  31. Gatsby le magnifique, Francis Scott Fitzgerald (lu pré-blogue)
  32. Harry Potter à l’école des sorciers, J.K Rowling (lu pré-blogue)
  33. Home, Toni Morrison
  34. Jane Eyre, Charlotte Brontë
  35. Kafka sur le rivage, Haruki Murakami
  36. L’adieu aux armes, Ernest Hemingway
  37. L’affaire Jane Eyre, Jasper Fforde
  38. L’appel de la forêt, Jack London
  39. L’attrape-cœur, J. D. Salinger (lu pré-blogue)
  40. L’écume des jours, Boris Vian (lu pré-blogue)
  41. L’étranger, Albert Camus (lu pré-blogue)
  42. L’insoutenable légèreté de l’être, Milan Kundera (lu pré-blogue)
  43. La condition humaine, André Malraux
  44. La dame aux camélias, Alexandre Dumas Fils (lu pré-blogue)
  45. La dame en blanc, Wilkie Collins
  46. La gloire de mon père, Marcel Pagnol (lu pré-blogue)
  47. La ligne verte, Stephen King
  48. La nuit des temps, René Barjavel (et un deuxième billet sur ce titre)  
  49. La Princesse de Clèves, Mme de La Fayette
  50. La Route, Cormac McCarthy
  51. Le chien des Baskerville, Arthur Conan Doyle
  52. Le cœur cousu, Carole Martinez
  53. Le comte de Monte-Cristo, Alexandre Dumas
  54. Le dernier jour d’un condamné, Victor Hugo
  55. Le fantôme de l’opéra, Gaston Leroux
  56. Le lièvre de Vaatanen, Arto Paasilinna
  57. Le maître et Marguerite, Mikhaïl Boulgakov
  58. Le meilleur des mondes, Aldous Huxley
  59. Le nom de la rose, Umberto Eco (commencé et abandonné! Oui, j'ai honte...)
  60. Le parfum, Patrick Süskind
  61. Le portrait de Dorian Gray, Oscar Wilde (lu pré-blogue)
  62. Le Petit Prince, Antoine de Saint-Exupery (lu pré-blogue)
  63. Le père Goriot, Honoré de Balzac (lu pré-blogue)
  64. Le prophète, Khalil Gibran
  65. Le rapport de Brodeck, Philippe Claudel
  66. Le rouge et le noir, Stendhal (lu pré-blogue)
  67. Le Seigneur des anneaux, J.R Tolkien (lu et relu et re-re-re-re-lu pré-blogue)
  68. Le temps de l’innocence, Edith Wharton
  69. Le vieux qui lisait des romans d’amour, Luis Sepulveda
  70. Les Chroniques de Narnia, CS Lewis (lu le tome 1 pré-blogue)
  71. Les Hauts de Hurle-Vent, Emily Brontë (lu pré-blogue)
  72. Les liaisons dangereuses, Choderlos de Laclos (lu pré-blogue)
  73. Les Malaussène, Daniel Pennac (lu les deux premiers pré-blogue, la suite viendra éventuellement!)
  74. Les mémoires d’une jeune fille rangée, Simone de Beauvoir (lu pré-blogue)
  75. Les mystères d’Udolfo, Ann Radcliff
  76. Les piliers de la Terre, Ken Follett (lu pré-blogue)
  77. Les quatre filles du Docteur March, Louisa May Alcott (lu quand j'étais ado?)
  78. Les racines du ciel, Romain Gary
  79. Lettre d’une inconnue, Stefan Zweig
  80. Madame Bovary, Gustave Flaubert (lu pré-blogue)
  81. Millenium, Larson Stieg  (lien du tome 1, consultez l'index pour les tomes 2 et 3)
  82. Miss Charity, Marie-Aude Murail
  83. Mrs Dalloway, Virginia Woolf
  84. Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur, Harper Lee (lu pré-blogue)
  85. Nord et Sud, Elisabeth Gaskell
  86. Orgueil et Préjugés, Jane Austen (lu pré-blogue)
  87. Pastorale américaine, Philip Roth
  88. Peter Pan, James Matthew Barrie
  89. Pilgrim, Timothy Findley
  90. Rebecca, Daphne Du Maurier
  91. Robinson Crusoé, Daniel Defoe
  92. Rouge Brésil, Jean Christophe Ruffin
  93. Sa majesté des mouches, William Golding
  94. Tess d’Uberville, Thomas Hardy (lu pré-blogue)
  95. Tous les matins du monde, Pascal Quignard
  96. Un roi sans divertissement, Jean Giono
  97. Une prière pour Owen, John Irving (lu et relu pré-blogue)
  98. Une Vie, Guy de Maupassant
  99. Vent d’est, vent d’ouest, Pearl Buck
  100. Voyage au bout de la nuit, Louis-Ferdinand Céline


En additionnant les «lus pré-blogue» et ceux chroniqués ici, et en comptant les séries que j'ai commencées (y compris le Proust, je sais je tire un peu fort sur l'élastique, là), j'ai donc lu 55 titres sur 100... Pas mal, non?  Et vous?

Connaissant un peu mes goûts, quels romans me suggérez-vous?

27 mars 2013

À ne pas manquer...

Les Amis de la bibliothèque de Montréal ont annoncé la date de leur grande vente annuelle de livres élagués des bibliothèques durant l'année. Elle se tiendra du 27 avril au 5 mai, à l'endroit habituel, l'aréna Étienne Desmarteau dans l'Est de la ville.  Si je me fie sur les éditions passées, il y en aura pour tous les goûts -- romans en français et en anglais, albums pour enfants, revues, bandes dessinées, livres de références, essais -- généralement en bon état et à petits prix!  En plus c'est pour une bonne cause puisque les profits servent à financer des activités d'animation dans les bibliothèques.

Amenez vos sacs, paniers, caisses ou, comme Gropitou, une brouette!

15 mars 2013

The Acts of King Arthur and His Noble Knights

(Le Roi Arthur et ses preux chevaliers)

Ce roman se cachait dans ma PAL depuis des années, attendant son heure, après un séjour d'une durée indéterminée dans celle de Gropitou (qui ne se souvient d'ailleurs pas que ce livre lui appartient, héhé!).  Le temps vint enfin d'en entreprendre la lecture.

John Steinbeck (dont The Grapes of Wrath avait été pour moi un gros coup de coeur il y a quelques années) a entrepris de récrire en anglais moderne l'histoire d'Arthur et des chevaliers de la Table ronde, telle que présentée principalement dans le manuscrit Le Morte d'Arthur de Thomas Malory (XVe siècle).  Il y travailla essentiellement en 1958-59 lors d'un séjour en Angleterre, dans le Somerset, dans la région même où se déroule l'action, et s'il semble qu'il ait continué à vouloir y travailler par après, l'oeuvre fut malheureusement laissée inachevée et fut publiée de façon posthume.

Je dois avouer que les premiers chapitres ont été presque pénibles à lire, et j'ai bien failli abandonner. Le style me semblait saccadé, les personnages complètement désincarnés. Seul m'a surprise le passage où Arthur fait un Hérode de lui-même et, à la suite d'une prophétie de Merlin, envoie à la dérive dans une chaloupe tous les nouveau-nés mâles de la contrée!  Ce bon vieux Walt D. ne nous avait pas raconté ça!

Heureusement que je me suis accrochée, car peu à peu j'ai vu une nette amélioration, jusqu'à trouver carrément jouissives les deux dernières sections (les deux plus longues)! L'écriture est de plus en plus fluide, les personnages prennent vie. On y trouve de fréquentes touches d'humour et même un petit côté érotique!  Des géants, des sorcières, un château invisible, vraiment on est en pleine heroic fantasy!  Finalement, lorsque l'histoire s'arrête abruptement, c'est presque un déchirement!

J'ai compris la raison de cette évolution en lisant la très intéressante correspondance de Steinbeck avec deux de ses collaborateurs qu'on retrouve en appendice dans la version originale anglaise (et qui ne figure pas, semble-t-il, dans l'édition française, ce qui est très dommage!). L'écrivain avait d'abord décidé de suivre fidèlement la construction de phrases de Malory, pour finalement décider de prendre de plus en plus de libertés. De plus, au dire de Steinbeck lui-même, le style de Malory s'améliorait également plus on avançait dans l'oeuvre!  Cette correspondance vient porter un éclairage différent sur le travail qu'a représenté cette traduction. Steinbeck y aborde ses doutes, les obstacles rencontrés, des réflexions sur l'écriture et même ses démêlés avec les douanes anglaises lorsqu'il se fait envoyer ses stylos préférés par son assistant!  Le passage où il parle de l'importance de la transmission orale et du fait que la partie du  cerveau où se trouve la mémoire devait être plus développée avant l'invention de l'imprimerie prend tout son sens aujourd'hui, en ce temps où l'omniprésence de la technologie rend presque caduque cette faculté!

Un extrait de la correspondance:
Alas! I can only agree with you -- Arthur is a dope. It gets so that you want to yell -- Not that again! Look out -- he's got a gun! the way we used to in the old movies when our beloved hero was blundering stupidly into the villain's lair. Just the same as Arthur. But it goes further and gets even into the smart ones. Consider Morgan -- without checking whether her plan to murder Arthur had succeeded, she goes blithely ahead as though it had.  But this is literature. Think if you will of Jehovah in the Old Testament. There's a God who couldn't get the job as apprentice in General Motors. He makes a mistake and then gets mad and breaks his toys. Think of Job. It almost seems that dopiness is required in literature.


The Acts of King Arthur and His Noble Knights de John Steinbeck, 1976, 451 p. incluant 100 p. de correspondance. Titre de la traduction française: Le Roi Arthur et ses preux chevaliers.

24 février 2013

Unlikely Friendships (Drôles de couples)

Y a-t-il quelque chose de plus attendrissant que des animaux d'espèces différentes qui se lient d'amitié? Pas grand-chose selon moi.  Ainsi, la chatte d'une voisine, lorsqu'elle nous voit, se précipite vers nous pour se frotter et se faire caresser, se jetant dans nos jambes pour nous empêcher de repartir; mais lorsqu'elle suit son copain le labrador lors de sa promenade quotidienne, c'est à peine si elle nous jette un regard avant de continuer d'un air affairé. Gropitou et moi, on craque à tout coup!

Je fais de toute évidence partie du public cible de ce petit recueil de récits écrits par une reporter du National Geographic. Quarante-sept histoires toutes plus touchantes les unes que les autres.  Un chien et des dauphins, un éléphanteau et un mouton, un hippopotame et une tortue...  On reste vraiment dans l'anecdotique, toutefois. J'ai souvent trouvé qu'on aurait pu pousser un peu plus loin, nous donner un peu plus de détails et d'informations. Lorsqu'une histoire se déroule dans un centre recueillant les animaux orphelins en Afrique, on aurait pu nous expliquer un peu son fonctionnement, les problèmes rencontrés. Si un animal exotique est présenté, on aurait apprécié en apprendre plus sur cette espèce (par exemple un phacochère, qu'est-ce que ça mange en hiver?). Si la mère d'un bébé rhinocéros a été tuée par des braconniers, on aurait pu en profiter pour aborder ce phénomène.

Donc une lecture très légère, pour amoureux des bêtes seulement, et à réserver pour un moment où l'on n'a vraiment pas le goût de se casser la nénette!


Unlikely Friendships de Jennifer Holland, 2011, 210 p. Titre de la version française: Drôle de couples.

13 février 2013

Grominou en cinquante nuances... de rouge!

Les copines de travail sont toutes en train de lire la trilogie Cinquante nuances de Grey...  Ce blogue étant fréquenté par des lecteurs de moins de dix-huit ans, je ne vous raconte pas la teneur des conversations ces jours-ci!  Disons qu'il est beaucoup question de menottes et autres accessoires...  J'en rougis!

11 février 2013

Les Chroniques d'une mère indigne 2

Le tome 1 de ces chroniques, lu l'an dernier,  m'avait beaucoup plu, tant par son humour que par son originalité. J'espérais donc beaucoup de cette suite.

Cependant, dès la page 21, tout a failli dérailler. Depuis que David Sedaris m'a fait m'esclaffer avec le récit de sa visite de l'appartement d'Anne Frank à Amsterdam, je pense qu'on peut rire de tout, à condition de trouver le bon angle. Un de mes films préférés, La Vita e bella, en est un autre exemple.  Malheureusement, Caroline Allard n'y est pas parvenue avec sa blague sur les enfants qui pilent sur des mines antipersonnel, que j'ai trouvée du plus mauvais goût. Pendant plusieurs pages, j'ai gardé cet arrière-goût amer. L'humour me semblait forcé, artificiel. Jusqu'à ce que je tombe sur ce passage:
«En fait, ce que vous taisez farouchement, c’est que Bébé, depuis qu’elle a fait la transition utérus-atmosphère, vous empoisonne constamment la vie avec ses demandes toutes plus extravagantes les unes que les autres. Par exemple, oui, vous laissez Bébé s’enfoncer des asperges dans les oreilles pour jouer à Jojo le lapin vert parce que vous en avez tout simplement marre de vous battre.»

Ça y était, j'avais retrouvé la Mère indigne du premier tome!  À partir de là, tout a mieux été, à part quelques passages où j'ai trouvé qu'elle s'éloignait un peu de son sujet, notamment les histoires avec son ex.

Je vous laisse sur un autre extrait rigolo, pour le plaisir:
«Et parlant d’histoires qu’on répète à n’en plus finir, c’est quand on est parents qu’on se rend compte que l’humanité roule sur un capital de blagues assez restreint. Voulez-vous bien me dire comment ça se fait qu’au XXIe siècle, on est encore pognés avec Pète pis Répète ? Pis la madame qui avait deux fils, Sam et Pique ? Aujourd’hui, vous vous plaisez à imaginer Pète et Répète assis dans leur chaloupe, tout vieux et ridés, en train de tourner une publicité de  couches pour adultes : « Tu sais comme moi, Répète, que passer sa vie sur un bateau, ça exige des solutions alternatives pour se soulager. » Et Sam et Pique, on peut espérer qu’ils ont enterré leur fatigante de mère depuis longtemps. Et on peut même imaginer qu’ils sont eux-mêmes parents de deux enfants, deux filles, qu’ils ont appelées Calamine et Vagisil, question de remettre un peu d’équilibre dans l’univers.»


Les Chroniques d'une mère indigne 2, de Caroline Allard, 2009, 281 p.

04 février 2013

Dans les veines ce fleuve d'argent

Quel magnifique roman! Un peu dans la même veine (haha!) que Soie d'Alessandro Baricco.  Peut-être parce qu'il y est aussi question d'un voyage, et que c'est une écriture très sensuelle, non pas dans le sens érotique du terme, mais plutôt «qui fait appel à nos sens».  En particulier l'odorat et son lien avec la mémoire, les souvenirs.  D'après la quatrième de couverture (un peu trop révélatrice à mon goût, en passant), il se classe dans le «réalisme magique».  Je le range donc dans cette catégorie, en espérant toutefois que cela ne rebutera personne, car en fait le côté surnaturel n'est pas ce qui ressort le plus, il est même plutôt accessoire. Ce qui m'a le plus frappée, c'est la présence de ce fleuve, le Pô, qui rythme la vie des habitants de la région au fil des saisons et de ses caprices, de leur naissance à leur mort. C'est l'histoire de Primo Bottardi, qui remonte le fleuve de village en village à la recherche d'un vieil ami à qui il veut donner la réponse à une question vieille de quarante ans.  Quelle est cette question? Je vous laisse la découvrir!


Dans les veines ce fleuve d'argent de Dario Franceschini, traduit de l'italien, 2006, 152 p.  Titre original: Nelle vene quell'acqua d'argento.