09 décembre 2022

A Farewell to Arms

Une expérience de lecture en dents de scie!

J'ai beaucoup aimé les scènes d'action, que ce soit celles qui se déroulent durant la guerre (on est en Italie durant la Première Guerre mondiale) ou encore durant la fuite sur le lac, même si j'ai trouvé les dialogues parfois durs à suivre: il y a beaucoup de sous-entendus et, un siècle plus tard, peut-être nous manque-t-il quelques éléments contextuels?  Mais il y a des passages vraiment palpitants!

Par contre, je n'ai pas du tout accroché à l'histoire d'amour entre l'officier blessé et son infirmière.  Malgré certains détails assez modernes (ils ne se marient pas, par exemple, parce qu'elle devrait abandonner son poste d'infirmière à l'hôpital militaire, ce qu'elle refuse), les dialogues m'ont semblé avoir très mal vieilli, entre le ton condescendant de l'homme et l'attitude de «dépendante affective» de la femme.  Cela s'améliore un peu dans le dernier tiers, heureusement.  

Quant à la fin, elle m'a laissée perplexe, je ne suis pas sûre de comprendre ce qu'Ernest a voulu exprimer...

 

(Désolée pour la mauvaise qualité de l'image ci-contre, je n'ai trouvé cette couverture nulle part sur le web et j'ai dû numériser celle de mon édition, avec ses défauts et ses autocollants de la bibliothèque municipale!)

 

A Farewell to Arms d'Ernest Hemingway, 1929, 297 p.  Titre de la traduction française: L'Adieu aux armes.

28 novembre 2022

Circe (Circé)

En préambule, une petite anecdote.  Le nom de Circé me ramène bien loin en arrière, au début des années quatre-vingts, à ce passage d'une des pièces de théâtre du cycle Vie et mort du Roi boiteux du metteur en scène Jean-Pierre Ronfard.  Les héros abordent l'île de Circé et se retrouvent transformés en cochons.  Les acteurs sont nus sur scène, avec une petite queue en tire-bouchon attachée au bas du dos; image, vous en conviendrez, propre à marquer l'imaginaire d'une jeune fille de dix-sept ans! Fin de l'anecdote.

En commençant ce roman, une relecture du mythe de Circé raconté du point de vue de celle-ci, j'ai aussitôt fait la comparaison avec un livre similaire lu l'an dernier, The Penelopiad (L'Odyssée de Pénélope) de Margaret Atwood, portant celui-là sur l'épouse d'Ulysse.

Dans les deux cas, ma lecture s'est soldée par une opinion positive mais avec quelques bémols.  Ce qui est rigolo, c'est que les défauts d'un roman correspondent aux qualités de l'autre et vice-versa!

Chez Atwood, j'avais déploré un manque d'approfondissement des thèmes et un texte trop court, mais j'avais adoré l'originalité de la plume et la finesse de l'humour.

Ici, au contraire, la psychologie des personnages est bien développée, les thèmes sont approfondis et j'ai adoré l'ambiance de l'île de Circé et la description de ses pouvoirs magiques et alchimiques.  Par contre, le style m'a semblé un peu plat et banal, et s'il y a bien quelques pointes d'humour, elles se font trop rares.  Mais surtout, l'intrigue manque de rythme et traîne en longueur.  C'est comme si Madeline Miller avait voulu incorporer trop de mythes à son histoire de base (Dédale et la naissance du Minotaure, Jason et Médée, l'origine du monstre Scylla, etc) si bien qu'au bout du compte, malgré que chaque idée prise séparément soit valable, l'ensemble fait fourre-tout et artificiel.  Par contre, la fin est très réussie!

Cela reste un roman intéressant mais je le recommande surtout aux amateurs de mythologie grecque, qui sauront départager les mythes eux-mêmes de tout ce que Miller y a ajouté.


Circe de Madeline Miller, 2018, 394 p.  Titre de la traduction française: Circé.

08 novembre 2022

L'Élixir d'Oubli

Le Paris des Merveilles, tome 2


Quel délice de retrouver Griffont, la baronne de Saint-Gil et Azincourt le chat volant (pour ne nommer que ceux-là!) pour de nouvelles aventures!  Et toujours avec cette ambiance Belle Époque et avec cet humour que j'adore!  Pour ne rien gâcher, notons qu'on apprend comment Griffont et Isabel se sont rencontrés, et que de nouveaux personnages tirés de la littérature sont introduits dans l'intrigue. Je n'en dis pas plus...

Petit bémol, j'ai noté une tendance à donner trop d'explications, soit en définissant deux fois un concept (qu'est-ce que l'Élixir d'Oubli?), ou alors en expliquant un jeu de mots que le lecteur moyen avait déjà compris (si on ne connaît pas Charybde et Scylla, on peut googler, hein?)  Il me semble que le tome précédent faisait davantage dans la subtilité...  Je ne le dirai jamais assez, il faut faire confiance au lecteur!

Heureusement ce petit défaut ne se présente qu'à quelques reprises et n'a donc pas gâché le grand plaisir que j'ai éprouvé tout au long de cette lecture!


L'Élixir d'Oubli (Le Paris des Merveilles, tome 2) de Pierre Pevel, 2004, 379 p.

28 octobre 2022

Wanderers (Les Somnambules)

La première moitié de ce roman est vraiment excellente.  J'allais le qualifier de roman post-apocalyptique, mais en fait on est plutôt pendant l'apocalypse, qui se déroule sous nos yeux tout au long de ces 782 pages.  Peut-être devrait-on inventer le terme «péri-apocalyptique»?

Des gens sont atteints d'une mystérieuse maladie et se mettent à marcher comme des somnambules en un troupeau qui grossit au fil des jours, des semaines. Le lecteur ne comprend pas ce qui se passe et découvre peu à peu les différents personnages, de l'adolescente rebelle au médecin du Center for Disease Control en passant par le pasteur protestant et la spécialiste en intelligence artificielle. On retient notre souffle tant la tension monte, monte, monte!  

Dommage que l'auteur n'ait pas su bien resserrer son intrigue par la suite.  La deuxième moitié est vraiment trop longue!  On a l'impression que cela n'avance pas, qu'on tourne en rond.  Heureusement, la fin est surprenante et m'a permis de refermer ce bouquin avec un soupir satisfait.   

Je viens de voir qu'un deuxième tome vient d'être publié (mais pas encore traduit)!  Le titre en est Wayward.  Je me laisserai sans doute tenter car il y quelques petits trucs qui sont restés en suspens, même si l'histoire aurait pu s'arrêter là.


Wanderers de Chuck Wendig, 2019, 782 p.  Titre de la traduction française: Les Somnambules.

12 octobre 2022

César

 La Trilogie marseillaise, tome 3

Un tome un peu moins bon que les deux précédents, pour la simple raison qu'il ne s'agit pas tout à fait d'une pièce de théâtre, mais plutôt de la transcription du film réalisé par Marcel Pagnol.  Cela donne malheureusement à l’œuvre un côté très décousu, car on passe constamment d'un endroit à l'autre, d'un personnage à l'autre, parfois pour seulement quelques répliques, alors que dans Marius et Fanny, l'action se concentrait en un seul lieu tout au long de chaque acte, ce qui permettait beaucoup plus d'intensité.

Cela reste quand même amusant, et bien sûr il faut le lire pour avoir le fin mot de l'histoire, vingt ans plus tard!


César (La Trilogie marseillaise, tome 3) de Marcel Pagnol, 1946, 222 p.

02 octobre 2022

Oiseaux, merveilleux oiseaux

Une fois de plus, Hubert Reeves fait la preuve qu'il est un excellent vulgarisateur avec une âme de poète.  Émerveillement, besoin d'explications scientifiques, interrogation métaphysique: voilà les trois facettes de ce livre, selon les dires de l'auteur lui-même en préface.  Et effectivement, il allie rigueur et passion en nous expliquant comment l'univers a su se complexifier jusqu'à former d'abord des atomes, puis des étoiles et des planètes, et sur au moins une de ces planète, passer de la matière inerte à la vie, des organismes unicellulaires jusqu'à la perfection d'un vol d'oies sauvages.  

Il nous fait également prendre conscience de tous les événements improbables qui ont mené du chaos initial, juste après le Big Bang, jusqu'au développement du cerveau complexe de l'être humain.  Par exemple, les forces qui régissent l'Univers (force faible, électromagnétique, gravitationnelle et nucléaire) devaient être en équilibre parfait pour que les atomes, puis les astres, puissent se former.  Que l'une de ces forces ait été juste un peu différente, rien n'aurait fonctionné.

J'ai seulement deux petits bémols: de un, il y a quelques petites longueurs et répétitions, mais rien de bien grave; et de deux, je croyais qu'il s'agissait d'un livre assez récent (puisque apparu récemment au catalogue numérique de la BAnQ), mais il date en fait de plus de vingt ans.  Certaines données ne sont peut-être plus à jour...  Par exemple, il ne parle pas des ondes gravitationnelles, découvertes il y a quelques années.  Cela reste toutefois passionnant et très agréable à lire.


Oiseaux, merveilleux oiseaux d'Hubert Reeves, 1998, 272 p.

30 septembre 2022

La Traversée du malheur

La Diaspora des Desrosiers, tome 9

Voilà un tome qui clôt de belle façon cette série et nous amène tout naturellement aux Chroniques du Plateau (série, je le rappelle pour les non initiés, qui se déroule après La Diaspora mais qui a été écrite longtemps avant).  

Même si j'ai encore tendance à mélanger les membres des deux branches de la famille, j'ai adoré faire le tour de tous les personnages principaux, jusque dans l'Ouest canadien!  Comme toujours chez Tremblay, humour et émotion sont au rendez-vous et en parfait équilibre.  Et cela m'a donné envie de reprendre la série des Chroniques que j'avais abandonnée, n'ayant pas trop apprécié le dernier tome que j'ai lu -- mais était-ce La Duchesse et le roturier ou Des nouvelles d'Édouard?  Maudite mémoire de poisson rouge!


La Traversée du malheur (La Diaspora des Desrosiers, tome 9) de Michel Tremblay, 2015, 221 p.