Dans ce nouvel ouvrage, mélange de biographie romancée et d'essai, l'auteure s'inspire d'un personnage ayant réellement existé pour créer un roman à partir de ce que l'on sait sait de sa vie, y entremêlant des fragments autobiographiques et des passages plus théoriques ou documentaires; on retrouve donc le même procédé que dans ses romans précédents sur Emily Dickinson et Herman Melville.
Ici, elle a jeté son dévolu sur la photographe franco-américaine Vivian Maier, qui connut la célébrité à titre posthume lorsque ses œuvres furent découvertes par hasard dans une vente d'entrepôt.
La plume de Fortier est toujours aussi magnifique, je ne m'en lasse pas. Et j'ai trouvé que les parties autobiographiques étaient mieux intégrées à l'intrigue que dans La Part de l'océan, où elles brisaient le rythme du récit principal. J'ai aussi aimé les réflexions sur la photographie et sur les thèmes du double et du reflet.
J'ai toutefois eu de la difficulté avec le personnage principal, ne sachant pas trop comment la cerner. Elle est loin d'être attachante, étant même parfois carrément méchante avec les enfants dont elle avait la charge (elle gagnait sa vie comme nounou pour de riches familles bourgeoises). On n'avait pas du tout ce problème avec Dickinson ou Melville, c'est pourquoi cet aspect m'a un peu déçue (et je me demande si Fortier a été déçue elle aussi!).
J'ai quand même trouvé la lecture de ce roman très intéressante, mais il ne figurera pas parmi mes préférés de l'auteure.
Chambres noires de Dominique Fortier, 2026, 252 p.






