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13 mai 2026

The Forgery of Venus (L'Énigme Velasquez)

 Il y a quelques années, j'ai lu et beaucoup aimé The Book of Air and Shadows de Michael Gruber.  Vérification faite dans les archives du blogue, cela fait presque dix ans, comme le temps passe vite!  J'ai donc pris un bon moment à remplir la promesse que je m'étais faite de continuer à découvrir l’œuvre de cet auteur, mais peu importe, c'est maintenant chose faite!  

Alors que dans ce premier roman, l'intrigue tournait autour de la littérature et de la possibilité d'une pièce de théâtre inédite de William Shakespeare, ici, l'on s'oriente maintenant vers l'Histoire de l'art.  

Le personnage principal, un peintre talentueux mais qui a toujours vécu dans l'ombre de son père, participe à une expérience scientifique où on lui fait ingérer une substance qui provoque en lui d'étranges hallucinations... à moins qu'il ne voyage réellement dans le temps pour se retrouver dans le corps de Vélasquez?  

C'est la prémisse de cette histoire pleine de rebondissements, à l'intrigue un peu tarabiscotée mais passionnante si vous vous intéressez un tant soit peu à la peinture en général et à celle de la période baroque en particulier.  D'ailleurs, à moins de connaître Vélasquez, Tiepolo et autres grands maîtres sur le bout de vos doigts, je vous recommande d'avoir à votre portée un outil technologique vous permettant de voir au fur et à mesure les nombreux tableaux auxquels il est fait référence.  Et si le sujet ne vous intéresse pas, passez votre chemin, vous allez vous ennuyer!

Alors que The Book of Air and Shadows a remporté l'insigne honneur d'être nommé dans mon fameux Top 3 annuel, ce ne sera sans doute pas le cas de ce roman-ci, pour la seule raison que j'ai trouvé qu'il y avait moins d'humour dans les dialogues.  Cela reste toutefois une très bonne lecture, d'ailleurs je l'ai dévoré en quelques jours!  


The Forgery of Venus de Michael Gruber, 2008, 318 p.  Titre de la traduction française: L'Énigme Vélasquez.

27 décembre 2025

Les Enfants loups

Un thriller assez intéressant par son décor (on est dans un tout petit hameau isolé au flanc d'une montagne en Allemagne, il y a de la boue, des grottes, des vallées inexplorées, bref c'est glauque à souhait!), par sa construction polyphonique qui maintient le suspense en nous donnant la perspective de plusieurs personnages, et par ses multiples rebondissements inattendus.

Je dois toutefois dire que, vers les deux tiers du livre, j'ai éprouvé un petit coup de mou, je trouvais que ça commençait à tourner un peu en rond et j'ai bien failli décrocher! (Bon, il me semble que ces derniers mois j'ai souvent eu cette impression, c'est peut-être moi qui ai un peu de difficulté à me concentrer?) Heureusement j'ai réussi à me reprendre, ne serait-ce que pour savoir si j'avais bien deviné l'identité du coupable.  Et la réponse est oui! 

Bref, une lecture assez prenante, mais pas inoubliable. 


Les Enfants loups de Vera Buck, traduit de l'allemand, 2024, 475 p.  Titre de la version originale: Wolfskinder

25 novembre 2025

The Secret of Secrets (Le Secret des secrets)

Après huit ans d'attente, le voici enfin, le Dan Brown nouveau!  Je n'y croyais plus, je pensais que notre symbologiste préféré avait pris sa retraite.  Eh non, revoici notre cher Robert Langdon, plus en forme que jamais grâce aux bienfaits de la natation et... de l'amour! 

Bien sûr, inutile d'essayer de démontrer que Dan Brown est un grand écrivain.  Ses livres sont bourrés de petits défauts, de tics.  Ici, encore plus que dans les tomes précédents, j'ai trouvé qu'il abusait des flashbacks pour nous donner les informations nécessaires à la compréhension de l'intrigue.  Aux moments les plus inopportuns, les personnages se remémorent ce qui s'est passé il y a quelques jours, quelques semaines.  Cela donne une construction plutôt répétitive (action - flashback - action - flashback) qui peut devenir lassante, surtout que cela s'accompagne de quelques longueurs dans la deuxième moitié et d'une conclusion qui s'étire.

(Et ne parlons même pas des placements de produits complètement ridicules -- vraiment, Dan, c'était bien nécessaire qu'un personnage aille s'acheter un café chez Starbucks, qu'une autre s'enduise de parfum Machinchouette?)

C'était le pot, voici les fleurs.  J'ai trouvé passionnante la thématique abordée dans ce roman, celle de la conscience.  Certaines recherches tendent à démontrer que notre cerveau n'est pas le siège de la conscience humaine, ni le réceptacle de nos souvenirs.  Où tout cela se trouve-t-il, alors?  Voilà un questionnement abordé de façon tout à fait crédible, à la frontière entre la science et la métaphysique, et qui va me rester longtemps en tête.

Et comme toujours, un gros point fort de Brown est de nous faire voyager.  Cette fois, il nous emmène à Prague, une ville mêlant architecture médiévale et moderne.  

Alors oui, malgré ses défauts, je dis: lisez ce roman!  


The Secret of Secrets de Dan Brown, 2025, 688 p.  Titre de la traduction française: Le Secret des secrets

03 septembre 2025

Reliquary (Le Grenier des Enfers)

Pendergast, tome 2

Ce billet sera assez court puisque je reprends un peu les mêmes arguments que dans mon billet sur le tome 1 de cette série.  Le gros point fort du roman, c'est la description des lieux où l'intrigue se déroule.  Cette fois-ci, les deux écrivains nous emmènent dans les bas-fonds de NewYork.  Mais quand je dis bas-fonds, pensez baaaaaaas-fonds!  On visite plusieurs étages de tunnels labyrinthiques et nauséabonds, de stations de métro désaffectées,  d'égouts infestés de rats, d'aqueducs obsolètes et j'en passe.  Et tout cela peuplé par des milliers d'humains: sans-abris, drogués, vétérans de la guerre du Vietnam ayant rejeté la société.  En postface, les auteurs nous préviennent qu'ils ont modifié des détails, ajouté des trucs par-ci, par-là, mais qu'en gros, la plupart de ces lieux existent vraiment, de même que leurs habitants! 

De plus, on a le plaisir de retrouver plusieurs des personnages du tome 1!  En fait, je suis contente de n'avoir attendu que quelques mois entre les deux tomes, puisque celui-ci est la suite directe du précédent.  Comme dans ce dernier, j'ai parfois trouvé l'intrigue un peu tirée par les cheveux, mais si l'on décide d'accepter ces détails un peu invraisemblables, c'est une vraie partie de plaisir -- à condition d'aimer être assis au bord de son siège en retenant son souffle, bien sûr! 

(Concernant la traduction française, je me demande pourquoi la série s'intitule Inspecteur Pendergast... Ce cher homme est un agent du FBI, et ne porte donc pas le titre d'inspecteur, à ce que je sache!  Comptez sur moi pour remarquer ce genre de détails anodins!) 

 

Reliquary (Pendergast, tome 2) de Douglas Preston et Lincoln Child, 1997, 464 p.  Titre de la traduction française: Le Grenier des Enfers (Inspecteur Pendergast, tome 2).

24 juin 2025

Patte de velours, œil de lynx

J'avoue, si j'ai eu envie de lire ce roman malgré les avis mitigés lus ici et là, c'est à cause de la couverture.  Quelle bouille il a ce minou! 

Malheureusement, malgré ce que laisse supposer cette couverture et ce titre, le chat en question a finalement un rôle très secondaire.  Si j'avais lu la quatrième de couverture, j'aurais pu m'en douter, mais je ne les lis jamais de peur qu'elles ne contiennent des divulgâcheurs.  

C'est la relation avec les voisins humains qui prend le devant de la scène, le chat (ou plutôt les deux chats, chaque maisonnée ayant le sien) agissant seulement à titre de déclencheur.  Alors qu'on prévoyait un récit plutôt amusant (toujours à cause de cette couverture), la tension s'installe et on se retrouve dans un thriller sur le thème assez banal de la dispute entre voisins.

On peut m'expliquer le titre de la version française?  Il n'a aucun rapport avec l'intrigue.  Mon ami Google Traduction me dit que le titre original suédois signifie «Œil pour œil, patte pour patte»; tout en mettant encore trop l'emphase sur les félins, ce titre a au moins l'avantage d'annoncer l'ambiance conflictuelle du récit.  

Contrairement à plusieurs lecteurs, j'ai assez aimé la fin, mais je suis quand même déçue du reste.  Le personnage principal est peu attachant et, le roman étant très court, on passe trop rapidement de «ils sont sympas mais un peu bizarres, ces voisins!» à «ma voisine est une psychopathe!».

 

Patte de velours, œil  de lynx de Maria Ernestam, traduit du suédois, 2015, 128 p.  Titre de la version originale: Öga för öga, tass för tass (2014).

17 mars 2025

La Femme du deuxième étage

Ce roman de l'écrivain croate Jurica Pavičić est classé un peu partout comme un roman policier...  C'est un brin trompeur, puisque, s'il y a bien un meurtre, la partie enquête policière et procès est très courte.  Je trouve qu'on est plus dans un mélange de drame psychologique et de thriller domestique (i.e. un de ces thrillers qui se déroulent au sein d'une famille).  

En effet, on alterne entre des chapitres qui se déroulent en prison, où le personnage principal est incarcéré, et des chapitres prenant place une dizaine d'années plus tôt, alors qu'un couple de jeunes mariés vient s'installer au deuxième étage de la maison familiale du mari.  C'est surtout cette partie-là qui fait penser à un thriller, puisqu'on observe les engrenages qui se mettent en place pour mener au drame, inéluctable.  On sent la tension qui monte, qui monte, c'est très habilement construit. 

J'ai aussi bien apprécié le fait que l'histoire se déroule en Croatie, c'est très original et donne lieu à d'intéressantes descriptions des villes et villages, de l'alimentation, etc.  Apparemment, ils mangent beaucoup de bettes à carde (que les Français appellent «blettes)!

En terminant ma lecture, j'étais un peu déçue de la fin, qui me semblait tomber un peu à plat...  En se disant que ce roman est plutôt un drame psychologique, cette conclusion douce-amère devient beaucoup plus satisfaisante.


La Femme du deuxième étage de Jurica Pavičić, traduit du croate en 2022, 223 pages.  Titre de la version originale: Žena s drugog kata (2015)

27 février 2025

Relic

Avis à tous les scientifiques: lorsque vous êtes en expédition dans un pays exotique, pouvez-vous arrêter d’envoyer par ______(insérez au choix: la poste, bateau, avion, caravane de chameaux) votre ______ (statue, bijou, ossement, momie, météorite, échantillon biologique, grimoire),à l’intention d’un de vos collègues dans _______ (une université, un laboratoire, un musée, une bibliothèque)?  Ça tourne toujours mal, vous n’avez pas remarqué?

Vous l'aurez deviné, j’ai vraiment eu une impression de déjà-vu en commençant ce premier tome de la série mettant en vedette l’agent du FBI Aloysius Pendergast, du duo d'écrivains américains Douglas Preston et Lincoln Child.  Il me semble que de nombreux films, romans ou épisodes de série télé débutent de cette façon.  Bon, cette impression est en bonne partie due au fait qu’un film a été tiré de ce roman en 1997, que j’ai vu ce film, mais que je n'avais pas fait le rapprochement car le scénario a été quelque peu modifié, notamment les noms des personnages.  Ce n’est qu’après la lecture, en faisant quelques recherches, que le lien s'est fait dans mon coco. 

Heureusement cela n’a pas nui au plaisir que j’ai ressenti en lisant ce roman.  En effet, dès que l’action se transporte à New York, cela devient palpitant.  J’ai particulièrement apprécié l’équilibre entre le suspense, les détails scientifiques, la touche de fantastique/horreur et la description des coulisses du Musée d’histoire naturelle, que j'ai d'ailleurs visité quand j'étais ado lors d'un voyage scolaire.  Certains personnages sont un peu caricaturaux mais d’autres sont plus originaux, notamment Pendergast, que j’ai très hâte de retrouver dans les prochains tomes!

Avis aux éditeurs : un plan du musée aurait été le bienvenu, car on a parfois de la difficulté à visualiser les lieux.  Ça a l’air d’un sacré labyrinthe! 

 

Relic de Douglas Preston et Lincoln Child, 1995, 480 p.  Traduit sous deux titres selon les éditions: Superstition ou Relic.

12 octobre 2024

The Last Juror (Le Dernier Juré)

Encore un bon petit thriller de John Grisham!

Le personnage principal est un jeune journaliste fraîchement diplômé de l'université qui débarque dans une petite ville du Mississippi et prend en charge le journal hebdomadaire local.  Comme presque toujours chez Grisham, il y aura un crime et un procès, mais l'auteur en profite ici pour dresser un portrait du sud des États-Unis au début des années 70: ségrégation raciale, corruption des autorités, entraide entre voisins, omniprésence de la religion, évolution des mentalités; bref, le bon et le mauvais de la société américaine à l'époque.

L'intérêt principal du roman est la ribambelle de personnages secondaires hauts en couleur, notamment une dame dans la soixantaine très pieuse mais attachante par sa droiture, son courage et son amour de la bonne chère à la mode du Sud (certains passages m'ont mis l'eau à la bouche!), que je n'ai pu m'empêcher d'imaginer sous les traits de la poète afro-américaine Maya Angelou, dont elle possède la dignité et l'élocution parfaite.

Seul petit bémol: dans la deuxième moitié, l'intrigue principale effectue un saut de quelques années, et on dirait que Grisham a voulu faire du remplissage en nous racontant assez longuement des événements ayant peu d'intérêt pour l'histoire: élections municipales, achat et rénovation de la maison du héros, etc. 


The Last Juror de John Grisham, 2004, 487 p.  Titre de la traduction: Le Dernier Juré.

24 juillet 2024

La Lionne blanche

Décidément, cette série policière est en passe de devenir une de mes préférées dans ce genre littéraire!

D'abord j'aime beaucoup le personnage principal, le commissaire Wallander.  Il est loin d'être parfait, mais on n'est pas non plus dans le cliché du policier alcoolique et misogyne.  Il essaye d'être un bon père, un bon fils, sans toujours y parvenir.  Il se fâche parfois contre ses collaborateurs mais sait pourtant reconnaître leurs qualités.  D'ailleurs ceux-ci ont énormément de respect pour lui.  Il n'est pas non plus un super-héros; s'il doit escalader une clôture en pourchassant un méchant, ça se pourrait bien qu'il déchire son pantalon!

Mais ce que j'apprécie encore plus, c'est la façon qu'a Mankell de s'inspirer de  l'actualité de son époque, en variant les sujets à chaque tome.  Ici, on est en 1992, en Afrique du Sud.  Nelson Mandela vient de sortir de prison, l'Apartheid sera peut-être aboli, mais certains groupes de la population blanche résistent, en particulier les Boers, dont l'auteur nous rappelle l'histoire.  Un complot se trame dont les ramifications s'étendent jusqu'en Suède!  J'ai adoré que Mankell nous entraîne des bidonvilles jusqu'au bureau du président De Klerk, en passant par Ystad, la petite ville suédoise de ce cher Wallander.  Dépaysement garanti!

Il y a bien un petit truc que j'ai trouvé un peu tiré par les cheveux vers la fin, mais cela n'a pas gâché mon plaisir.  J'ai dévoré ce roman en quelques jours!  Après quelques lectures plus ardues, c'était très agréable de retrouver la plume nette et efficace de Mankell.


La Lionne blanche de Henning Mankell, traduit du suédois en 2004, 487 p. Titre de la version originale: Den vita lejoninnan (1993).

28 avril 2024

11/22/63 (22/11/63)

Science-fiction, roman historique, roman d'amour, thriller et même une petite touche de fantastique...  C'est bien connu, Stephen King aime mélanger les genres, et le mélange est ici très réussi!

Il est de notoriété publique que ce roman raconte l'histoire d'un voyageur temporel qui tente d'empêcher l'assassinat de John F. Kennedy.  La grosse surprise réside dans le fait que cela ne constitue en fait que la toile de fond des premiers deux tiers du roman.  En effet, notre héros est transporté cinq années avant la date fatidique et vivra toutes sortes de péripéties avant de pouvoir essayer de changer le cours du Destin.  Entretemps, il devra s'adapter à cette époque bien différente de la sienne, rencontrera des gens fort sympathiques ou plutôt inquiétants, le tout en tentant de ne pas trop se faire remarquer! 

Je pense que ce long délai avant d'arriver au sujet évoqué par le titre a pu déplaire aux quelques détracteurs de ce roman.  Quant à moi, une fois accepté qu'on allait faire un long détour, j'ai adoré!  King dresse ici un formidable portrait de l'Amérique des années 50-60.  Seul petit bémol, quelques répétitions dans les premiers chapitres (tout le monde fumait à cette époque, on a compris!).  

King fait même un gros clin d’œil à un autre de ses romans, It (Ça), puisqu'une partie de l'intrigue se déroule à Derry, dans le Maine.  Je vous recommande donc de lire ce roman-là en premier si vous voulez notamment saisir les allusions à un certain clown...


11/22/63 de Stephen King, 2011, 849 p.  Titre de la traduction française: 22/11/63.

31 octobre 2023

Le Cimetière de Prague

Oh là là! Quelle intrigue tarabiscotée!  Vous le savez, j'aime qu'un auteur fasse confiance à son lecteur, mais dans ce cas-ci, Umberto m'a peut-être surestimée...

Francs-maçons, jésuites, communistes, anarchistes, satanistes, juifs, antisémites, républicains, monarchistes, militaires, services secrets, dreyfusards, antidreyfusards, à peu près tous les groupes à l’œuvre dans la société européenne de cette fin du XIXe siècle sont représentés.  Une chatte y perdrait ses chatons!

Heureusement, le début du roman est vraiment intrigant.  Le personnage (fort antipathique) souffre-t-il oui ou non d'un dédoublement de la personnalité?  La curiosité a soutenu mon intérêt jusqu'à la résolution du mystère.  Et la fin, qui annonce les terribles événements qui surviendront dans la première moitié du XXe siècle, est à la fois troublante (surtout lorsqu'on sait que cette histoire est basée en grande partie sur des faits réels) et satisfaisante.


Le Cimetière de Prague de Umberto Eco, traduit de l'italien, 2011, 555 p.  Titre de la version originale: Il cimitero di Praga (2010).

11 juillet 2023

The Brethren (L'Engrenage)

Je me sers beaucoup de ma liseuse ces temps-ci, mais il faut bien de temps en temps retourner à ma PAL-papier avant que les livres ne commencent à sentir le moisi...  Et pourquoi pas un petit Grisham?  Je ne lis pas beaucoup de thrillers, mais de temps en temps cela fait changement.

Celui-ci est tout à fait dans la gamme grishamesque classique: les personnages principaux sont trois ex-juges emprisonnés pour diverses fraudes qui, du fond de leur prison floridienne, ont mis sur pied une entreprise de chantage par la poste avec la complicité de leur avocat véreux.  En parallèle, on suit la campagne d'un candidat aux primaires républicaines pistonné par la CIA.  Dans la première moitié du roman, on se demande bien comment ces deux trames vont se rejoindre!

Les personnages sont amusants mais peu sympathiques, donc le suspense ne tient pas au fait qu'on craigne pour leur vie.  On ne peut pas dire qu'on se tienne au bord de notre siège en se rongeant les ongles...  L'intérêt réside plutôt dans l'attente de voir comment vont s'imbriquer les engrenages de la machine élaborée par nos trois filous.  À part quelques petits détails un peu tirés par les cheveux, l'intrigue est assez bien ficelée et originale, et si ce n'est pas le meilleur roman de cet auteur, j'ai tout de même passé un excellent moment. 


The Brethren de John Grisham, 2000, 440 p.  Titre de la traduction française: L'Engrenage.

27 juin 2022

État de terreur

Quand deux amies improbables, une auteure de polars anglo-québécoise et une ancienne secrétaire d'État américaine, décident d'écrire ensemble un bouquin, voilà ce que cela donne: un thriller géopolitique qui, sans révolutionner le genre, nous entraîne dans une aventure à travers le monde, de Washington à Islamabad, grâce à une intrigue captivante et bien ficelée, ponctuée de détails très réalistes. 

Celle qui est passée à un cheveu de devenir la première femme présidente des États-Unis en profite pour prendre sa revanche contre un certain ex-président -- qu'elle décrit (sous un pseudonyme transparent) comme un crétin fini, imbu de lui-même, qui a complètement viré sens dessus dessous les différents départements du gouvernement américain et mis en danger l'ordre mondial.  Good for you, girl!

J'ai l'impression qu'elle s'est également gâtée en dénonçant les hauts fonctionnaires qui levaient le nez sur une femme de soixante ans se croyant permis de leur donner des ordres ou peut-être simplement d'émettre des idées!  D'ailleurs, en tant que lectrice voyant poindre la soixantaine au loin là-bas, j'ai apprécié que le personnage principal d'un thriller soit une femme d'âge mur.

J'ai également bien aimé que la traduction soit faite par des Québécois (on salue Lori Saint-Martin et Paul Gagné).  J'ai été enchantée notamment d'y trouver le québécisme «courriel», au lieu de l'horrible mail utilisé par les Français, qui n'a aucun sens puisqu'en fait ce mot désigne en anglais la poste traditionnelle, avec les enveloppes, les timbres, tout ça.  Pour le courrier électronique, les anglos disent plutôt email.  Désolée les cousins, il fallait que ça sorte, maintenant je descends de mes grands chevaux.

 

État de terreur de Hillary Rodham Clinton et Louise Penny, traduit de l'anglais, 2022, 525 p.  Titre original: State of Terror.

28 décembre 2021

Le Parfum d'Adam

Le sujet de ce thriller de Jean-Christophe Rufin est passionnant et complexe: la solution à la surpopulation et à la surexploitation des ressources de la planète passe selon certains écologistes radicaux par une réduction drastique de la population humaine, et ce, par tous les moyens possibles.  Lorsqu'une éprouvette contenant une souche de choléra est dérobée d'un laboratoire, on craint le pire...

Pourtant, j'avoue m'être un peu ennuyée durant cette lecture. Quand les «méchants» sont plus intéressants que les «bons», on a un problème, non?  Et quand les «bons», d'anciens agents de la CIA, se font avoir comme des débutants, ça manque de crédibilité.  Mais le principal défaut de ce roman est que la menace reste abstraite jusque dans les derniers chapitres et que l'intrigue manque d'intensité.  Jamais je ne me suis sentie concernée par cette histoire.

Point positif; on voyage beaucoup, du Cap-Vert au Brésil en passant par le Colorado, l'Afrique du Sud et la Pologne.  Mais je m'en tiendrai dorénavant aux romans historiques de Rufin puisque sa plume semble mieux me convenir dans ce registre.  En effet, je garde un bon souvenir de Rouge Brésil et surtout du Collier rouge, un coup de cœur. 


Le Parfum d'Adam de Jean-Christophe Rufin, 2007, 539 p.

05 août 2021

Black Out

Que voilà un bon petit thriller bien glaçant!  Glaçant, c'est le cas de le dire puisqu'il décrit une réaction en chaîne qui se produit dans les centrales électriques européennes, plongeant le continent dans le noir et le froid en plein mois de janvier...  Accident, terrorisme?

La description des événements est extrêmement réaliste, on dirait vraiment que cela pourrait se produire!  On constate à quel point l'électricité et l'informatique contrôlent toute notre vie quotidienne: alimentation, eau, systèmes de santé, etc.  L'intrigue se déroule principalement en Europe, mais il n'est pas difficile d'imaginer que la même chose pourrait se produire au Québec, car je pense que nos réseaux sont également reliés à ceux de nos voisins des autres provinces et de la Nouvelle-Angleterre.  Et nous avons de plus en plus dans nos maisons ces fameux compteurs intelligents...

Le dénouement est peut-être un peu facile, mais cela ne m'a pas empêchée d'apprécier cette histoire intelligente, touchante par moments (les pauvres petites vaches, snif!) et bien documentée.

Petite suggestion pour l'éditeur: une liste des personnages avec leur titre d'emploi ainsi qu'un index des acronymes des différents organismes n'auraient pas été de trop, on a parfois un peu de difficulté à s'y retrouver.

 

Black Out de Marc Elsberg, 2015, traduit de l'allemand, 476 p.  Titre original: Blackout.  Morgen ist es zu spät, 2012.

13 novembre 2020

Le Pendule de Foucault

Ouf!  Pas fâchée d'avoir terminé cette brique d'Umberto Eco qui m'a tenue occupée plus d'un mois!  Pas qu'elle soit inintéressante, bien au contraire.  J'ai beaucoup aimé l'idée de départ: pourquoi les Templiers se sont-ils tous laissés arrêter sans résistance en cette année 1307, alors qu'ils étaient mieux équipés, mieux entraînés que leurs adversaires?  Y avait-il un plan secret, à long terme, qui nécessitait que l'Ordre devienne caché, souterrain?  Trois amis, employés d'une maison d'édition milanaise, se penchent sur le sujet. 

Des dialogues vivants, des références nichées et un bon suspense ont réussi à soutenir mon intérêt jusqu'à la fin, délicieuse.  Une chance, parce que oh là la! ce qu'il aime tartiner épais, cet Umberto!  Il est érudit et il veut que ça se sache.  Il a bien failli me perdre à quelques reprises avec les nombreux personnages, historiques ou fictifs, et la multitude de sectes et de sociétés secrètes plus ou moins imbriquées les unes dans les autres.  Il y a aussi un long passage se déroulant au Brésil qui, à mon avis, n'ajoute pas grand-chose à l'intrigue. 

Il y a très longtemps, j'ai tenté  de lire Le Nom de la rose, du même auteur, et je l'ai abandonné.  J'ai toujours pensé que si j'avais eu le suspense de l'intrigue pour me soutenir durant les longues digressions théologiques, j'aurais persévéré (ayant vu le film au moins cinq fois, je connaissais l'histoire par cœur)... Eh bien, ce n'est plus une supposition, c'est maintenant une certitude!

Le commentaire qui revient le plus souvent sur les forums et blogues, c'est que les gens ont abandonné ce roman après x pages...  Quel dommage!  Pour l'apprécier, essayez mon petit truc: faut pas essayer de tout comprendre! Ha ha ha!  Entre le vocabulaire abscons (oui, Umberto, tu n'es pas le seul à posséder un dictionnaire des synonymes!), les références obscures et les citations en latin, en grec ou en hébreu (!), n'importe qui s'y perdrait à moins d'être médium et d'avoir à côté de soi le fantôme d'Eco pour tout nous expliquer.  Il faut lâcher prise et juste apprécier l'intrigue bien pensée, les dialogues intelligents et souvent amusants, et la visite de lieux originaux (j'ai particulièrement aimé découvrir le Conservatoire des Arts et Métiers à Paris, où se trouve d'ailleurs le pendule en question).  Essayez, ça vaut la peine!


Le Pendule de Foucault d'Umberto Eco, traduit de l'italien, 1988, 656 p.  Titre de la version originale: Il pendolo di Foucault.

25 février 2020

The Little Stranger (L'Indésirable)

Quoi de mieux qu'une atmosphère gothique dans un manoir décrépi de la campagne anglaise?  J'ai la réponse: une atmosphère gothique dans un manoir décrépi de la campagne anglaise décrit de la plume efficace de Sarah Waters, voilà quoi!

Nous sommes quelques années après la Deuxième Guerre mondiale et nous suivons le narrateur, un médecin de campagne, dans ses relations avec une famille de l'aristocratie qui tire le diable par la queue en tentant d'entretenir son immense propriété.  C'est que l'Angleterre est non seulement encore aux prises avec les restrictions matérielles dues à la guerre, mais elle est surtout en train de changer; tous les privilèges anciennement accordés à cette classe sociale disparaissent.  C'est la fin d'une ère...  Imaginez Downton Abbey avec seulement une petite bonne, un homme à tout faire, une cuisinière à temps partiel, et pas d'argent pour faire réparer le toit qui coule!

Ça, c'est le décor.  Mais qu'il se passe des choses bizarres dans cette maison!  Est-elle hantée, y a-t-il une tare héréditaire qui amène les habitants à imaginer tous ces événements étranges ou bien simplement est-ce dû au stress post-traumatique causé par la guerre?

Si vous aimez vos thrillers avec des explosions, de l'action sans arrêt, une fin où la solution vous est donnée sur un plateau d'argent avec un beau ruban rose dessus, ce livre n'est pas pour vous.  Ici on est dans un thriller psychologique au rythme plutôt lent (j'ai même détecté quelques longueurs par-ci par-là, seul petit défaut), avec une touche de fantastique, des personnages tout en teintes de gris, et vous devrez utiliser vos méninges.  Vingt-quatre heures plus tard, j'y pense encore, à cette fin...


The Little Stranger de Sarah Waters, 2009, 466 p.  Titre de la traduction française: L'Indésirable.

08 mai 2019

Something Rotten (Sauvez Hamlet!)

(Série Thursday Next, tome 4)


Alors, je ne reprends pas ce que j'ai dit pour les trois tomes précédents de cette excellente série: délicieux mélange des genres, humour déjanté, personnages loufoques, nombreuses références littéraires, etc.  Tout cela s'applique encore ici, pour notre plus grand plaisir!  Disons tout de même que j'ai trouvé la fin de ce tome-ci particulièrement réussie.

J'étais drôlement contente d'avoir lu Hamlet il y a quelques mois, car le personnage du Prince du Danemark joue ici un rôle important.  Et j'ai été rassurée: si je n'avais pas tout compris dans cette pièce en général, et au personnage d'Hamlet en particulier, c'est normal, il paraît que personne n'a compris et que les plus grands érudits ne s'entendent même pas entre eux!  Hamlet est-il fou ou fait-il semblant, est-il oui ou non amoureux d'Ophélie, pourquoi est-il si indécis?  Alors de lire ici que le personnage lui-même ne comprend pas ses propres motivations, c'était tout simplement jubilatoire!

Chers lecteurs qui avez lu les tomes suivants, dites-moi donc s'il y a des lectures préalables à faire?  Je crois reconnaître Sherlock Holmes sur la couverture du tome 5; je n'ai lu que Le Chien des Baskerville, en plus d'avoir vu différentes adaptations cinématographiques et télévisuelles, est-ce suffisant?  Et qu'en est-il des tomes 6 et 7?


Something Rotten (Série Thursday Next, tome 4) de Jasper Fforde, 2004, 400 p.  Titre de la traduction française: Sauvez Hamlet!

18 octobre 2018

A Time to Kill (Non coupable/Le Droit de tuer)

(Deux titres différents pour la traduction, pourtant c'est le même traducteur...)

Suite de l'opération Ménage de PAL, commencée cet été!

Premier roman de John Grisham, et franchement cela paraît un peu.  Dans la première partie, particulièrement, le style est lourd, presque didactique lorsqu'il nous explique le fonctionnement du système de justice américain.  Toutefois, le sujet est excellent et malheureusement toujours d'actualité: un homme de race noire a tué les deux blancs qui ont violé sa fille de dix ans; dans ce comté du sud des États-Unis où la population est majoritairement blanche, aura-t-il droit à un procès équitable?  (Si cela vous dit quelque chose, vous avez peut-être vu le film qui en est tiré, mettant en vedette Matthew McConnaughey et Samuel L. Jackson.  Ce qui vous permettra d'imaginer le personnage de l'avocat sous les traits du beau Matthew, avantage non négligeable!)

Heureusement, la deuxième moitié est beaucoup plus réussie, jusqu'à la fin, palpitante.  Donc à lire, en prenant son mal en patience au début.  


A Time to Kill de John Grisham, 1989, 515 p.  La  traduction française porte deux titres: Non coupable et Le Droit de tuer.




16 mai 2018

Origin (Origine)

Comme je vous le disais dans un billet précédent, j'ai poireauté pendant 6 mois sur la liste d'attente du prêt numérique de la Grande Bibliothèque avant de pouvoir mettre la main sur le petit dernier de Dan Brown.  Le danger dans ces cas-là c'est d'avoir de trop grandes espérances et d'être déçu...

Ça valait la peine d'attendre!  Ce n'est peut-être pas le meilleur de la série -- il y a moins d'énigmes à résoudre et j'avais deviné longtemps d'avance une des clés du mystère -- mais comme toujours, le professeur Langdon se transforme en guide touristique et nous fait visiter des lieux extraordinaires et découvrir des œuvres d'art fabuleuses.  Il y en a que ça agace, moi j'adore et je me suis précipitée plusieurs fois sur Internet pour voir de visu les œuvres et endroits dont il parle.  Ainsi on passe de l'Abbaye médiévale de Montserrat à la basilique Sagrada Familia, conçue par le célèbre architecte Antoni Gaudi, à Barcelone, en passant par le musée d'art moderne de Bilbao. 
Brown soulève tout de même d'intéressantes questions philosophiques ou éthiques sur l'origine de la vie, l'opposition entre religion et science et notre relation avec les nouvelles technologies.

Alors comme toujours, ce n'est pas de la grande littérature, on ne lit pas Dan Brown pour sa plume; c'est plutôt un petit plaisir coupable, comme de la poutine, sans les calories!  (Mince alors, je radote, j'ai fait la même blague dans le billet précédent dont je parle ci-haut!  Faut croire que je la trouve drôle! Ou alors j'ai faim et je m'en taperais bien une, de poutine!)


Origin de Dan Brown, 2017, 542 en édition numérique. Titre de la traduction française: Origine.