Aucun message portant le libellé Policier. Afficher tous les messages
Aucun message portant le libellé Policier. Afficher tous les messages

21 juin 2026

Perspective(s)

Quel roman original, et complètement différent de l'autre œuvre de Laurent Binet que j'ai lue, Civilizations.

Perspective(s) est un roman policier dont l'intrigue se déroule à Florence dans le milieu des arts durant la Renaissance.  Déjà, ce n'est pas commun.  Mais surtout, c'est le format entièrement épistolaire qui lui permet de se distinguer des polars historiques habituels.

Par le truchement des lettres échangées entre les différents personnages (nombreux, une chance qu'il y a une liste au début!), l'intrigue s'assemble peu à peu comme un casse-tête (puzzle pour mes lecteurs européens!) grâce aux différents points de vue présentés.  C'est vraiment très habilement fait.

Comme plusieurs des personnages sont reliés au monde de la peinture, il y de fort intéressantes discussions sur les arts, le pouvoir, la censure, et ce, sans jamais alourdir l'intrigue.  On discute notamment de la découverte de la perspective, technique qui a révolutionné la façon de représenter le réel.  Toutefois, un peu comme pour The Forgery of Venus de Michael Gruber que j'ai lu il y a quelques semaines, je pense qu'il faut avoir un certain intérêt pour l'Histoire de l'Art pour apprécier ce roman.

Il y a aussi beaucoup d'humour.  En particulier, le personnage de Maria de Médicis m'a souvent fait rire tant elle est naïve.  Quelle tête de linotte! 

 

Perspective(s) de Laurent Binet, 2023, 304 p.   

19 juin 2026

L'Homme qui souriait

Série Commissaire Wallander, tome 4 

Encore un excellent tome de cette série que j'apprécie toujours autant! 

L'histoire commence cette fois au bord de la mer Baltique, dans une petite pension où Wallander tente de se remettre de son enquête précédente, qui s'est terminée de façon très dramatique.  Il file un mauvais coton et pense même quitter la police!  Heureusement pour nous et pour ses collègues de la ville d'Ystadt, les événements le feront changer d'idée.

Comme toujours, Mankell excelle dans l'instauration d'une atmosphère plutôt glauque, avec brouillard et tout et tout.  L'intrigue est remplie de rebondissements, on ne s'ennuie pas une seconde, même si l'enquête semble souvent piétiner.

Seuls bémols, quelques détails un peu tirés par les cheveux et surtout une fin que j'ai trouvée précipitée et très «JamesBondesque», avec le méchant qui explique tout son plan au commissaire puis s'en va en laissant à ses sbires le soin de liquider ce témoin gênant... Alerte au divulgâcheur: il va s'en tirer! 


L'Homme qui souriait de Henning Mankell, traduit du suédois, 2005, 362 p.  Titre de la version originale: Mannen som log (1994).

27 septembre 2025

They Do It with Mirrors (Jeux de glaces)

Je continue de revisiter les romans d'Agatha Christie mettant en scène Miss Marple.  Tout comme il y a quelques mois dans Murder at the Vicarage, j'ai beaucoup apprécié ce personnage (que je trouvais décevant quand j'étais ado, je le rappelle).  C'est toute une fin finaude, cette Miss Marple, mais une fin finaude plus subtile qu'un Hercule Poirot, par exemple!  Avec son petit air naïf et son tricot, les méchants ne s'en méfient pas!

Une fois n'est pas coutume, j'ai deviné assez rapidement une partie de la solution, et je n'en suis pas peu fière!  Plusieurs éléments-clés ont tout de même su me surprendre.  L'intrigue est bien ficelée, il faut juste bien s'accrocher au début parce que les relations entre les divers personnages ne sont pas simples: qui est la demi-sœur de qui, untel est le combientième mari d'unetelle?  Heureusement, Agatha prend le soin de répéter souvent ces informations, et ça finit par rentrer!   

 

They Do It with Mirrors d'Agatha Christie, 1952, 224 p.  Titre de la traduction française: Jeux de glaces. 

03 juillet 2025

Je vous ai vue, Marie

Quand j'étais ado (dans une autre ère géologique, donc), je me souviens avoir adoré le premier roman de François Barcelo, Agénor, Agénor, Agénor et Agénor.  Mes souvenirs de l'histoire elle-même sont flous (voire inexistants) mais j'avais trouvé très original ce type d'humour assez farfelu (humour déjanté, qu'il faut dire maintenant).  Je revisite maintenant l'auteur grâce à ce petit roman ramassé pour une bouchée de pain lors d'une vente de livres élagués de la Bibliothèque de Montréal.

J'ai plutôt apprécié le mélange de comédie satirique et de policier.  Les dialogues, notamment, sont assez amusants.  Seul petit défaut, il y a beaucoup de personnages, on s'y perd, en particulier entre les différents enquêteurs! Une petite liste n'aurait pas été de trop. 

Toutefois ce roman ne me laissera pas un souvenir indélébile.  J'ai l'impression que ce type d'humour semblait très original jadis, mais maintenant c'est beaucoup plus courant!

 

Je vous ai vue, Marie de François Barcelo, 1990, 249 p.

30 avril 2025

The Murder at the Vicarage (L'Affaire Protheroe)

Adolescente, j'ai dévoré tous les romans d'Agatha Christie qui étaient offerts à la bibliothèque municipale ainsi que les cinq ou six qui se trouvaient sur l'étagère du petit chalet où nous passions nos étés (ceux-là je les ai mêmes relu et re-relus -- oui, à cette époque j'avais déjà une mémoire de poisson rouge et d'une année à l'autre je ne me souvenais pas du coupable!).  Parmi tous les personnages récurrents, mes préférés étaient Tommy et Tuppence Beresford, mais j'adorais aussi Hercule Poirot, qui me faisait bien rigoler avec son sentiment de supériorité à toute épreuve.  Miss Marple, elle, me décevait toujours un peu, je la trouvait un peu terne par rapport aux autres personnage si hauts en couleur.

Récemment, j'ai eu l'idée de lui donner une deuxième chance, me disant que j'aurais peut-être un regard différent maintenant que je commence à m'approcher un peu de l'âge de cette vieille dame (je souligne le «un peu», hein?).  Grand bien m'en fit, j'ai adoré son humour pince-sans-rire, non dénué d'autodérision (faculté dont Poirot, lui, est complètement dépourvu!).

Fait à noter, la demoiselle est un personnage secondaire dans cette intrigue, ce qui m'a surprise.  Il s'agit de sa première apparition dans l’œuvre de l'auteure, et je me suis donc demandé si Agatha savait déjà que le personnage serait récurrent ou si cela s'est décidé plus tard, peut-être en réponse aux bons commentaires qu'elle a reçus à son sujet... 


The Murder at the Vicarage d'Agatha Christie, 1930, 224 p.  Titre de la traduction française:  L'Affaire Protheroe.

27 février 2025

Relic

Avis à tous les scientifiques: lorsque vous êtes en expédition dans un pays exotique, pouvez-vous arrêter d’envoyer par ______(insérez au choix: la poste, bateau, avion, caravane de chameaux) votre ______ (statue, bijou, ossement, momie, météorite, échantillon biologique, grimoire),à l’intention d’un de vos collègues dans _______ (une université, un laboratoire, un musée, une bibliothèque)?  Ça tourne toujours mal, vous n’avez pas remarqué?

Vous l'aurez deviné, j’ai vraiment eu une impression de déjà-vu en commençant ce premier tome de la série mettant en vedette l’agent du FBI Aloysius Pendergast, du duo d'écrivains américains Douglas Preston et Lincoln Child.  Il me semble que de nombreux films, romans ou épisodes de série télé débutent de cette façon.  Bon, cette impression est en bonne partie due au fait qu’un film a été tiré de ce roman en 1997, que j’ai vu ce film, mais que je n'avais pas fait le rapprochement car le scénario a été quelque peu modifié, notamment les noms des personnages.  Ce n’est qu’après la lecture, en faisant quelques recherches, que le lien s'est fait dans mon coco. 

Heureusement cela n’a pas nui au plaisir que j’ai ressenti en lisant ce roman.  En effet, dès que l’action se transporte à New York, cela devient palpitant.  J’ai particulièrement apprécié l’équilibre entre le suspense, les détails scientifiques, la touche de fantastique/horreur et la description des coulisses du Musée d’histoire naturelle, que j'ai d'ailleurs visité quand j'étais ado lors d'un voyage scolaire.  Certains personnages sont un peu caricaturaux mais d’autres sont plus originaux, notamment Pendergast, que j’ai très hâte de retrouver dans les prochains tomes!

Avis aux éditeurs : un plan du musée aurait été le bienvenu, car on a parfois de la difficulté à visualiser les lieux.  Ça a l’air d’un sacré labyrinthe! 

 

Relic de Douglas Preston et Lincoln Child, 1995, 480 p.  Traduit sous deux titres selon les éditions: Superstition ou Relic.

21 décembre 2024

The Christmas Murder Game (Petits Meurtres à Endgame)

Décevant, ce polar...

Comme il est présenté comme un roman de Noël, je m'attendais à une ambiance de style «cozy mystery», avec beaucoup d'humour et des personnages un peu loufoques.  Or, ce n'est pas du tout cela.  L'atmosphère est un peu glauque, voire déprimante.  Le thème du deuil est omniprésent, sans oublier la jalousie, la vengeance et le remord.  Falalalala lalala!

Une fois mes attentes réajustées, j'aurais pu arriver à apprécier tout de même ce roman.  Malheureusement, l'intrigue a tellement de fils qui dépassent qu'il faut volontairement s'abstenir de tirer dessus, de peur que toute l'histoire tombe en morceau.  Tout est complètement tiré par les cheveux, que ce soit les motivations des personnages ou certains détails factuels.  L'idée des énigmes que le lecteur peut tenter de résoudre est sympathique, mais celles-ci sont trop difficiles pour qu'on ait envie de s'y attarder, dans la version originale en tous cas -- d'ailleurs, je me demande comment on a pu traduire ces anagrammes et jeux de mots dans la version française...

De plus, comme le roman est construit autour de la chanson The Twelve Days of Christmas, il fallait que l'histoire dure douze jours, coûte que coûte, ce qui provoque beaucoup de longueurs et d'incohérences.

Le seul bon point, c'est les descriptions de bouffe: scones, plum pudding, brioches et autres mincemeat pies... Miam!
 

The Christmas Murder Game d'Alexandra Benedict, 2021, 279 p.  Titre de la traduction française: Petits Meurtres à Endgame.

24 juillet 2024

La Lionne blanche

Décidément, cette série policière est en passe de devenir une de mes préférées dans ce genre littéraire!

D'abord j'aime beaucoup le personnage principal, le commissaire Wallander.  Il est loin d'être parfait, mais on n'est pas non plus dans le cliché du policier alcoolique et misogyne.  Il essaye d'être un bon père, un bon fils, sans toujours y parvenir.  Il se fâche parfois contre ses collaborateurs mais sait pourtant reconnaître leurs qualités.  D'ailleurs ceux-ci ont énormément de respect pour lui.  Il n'est pas non plus un super-héros; s'il doit escalader une clôture en pourchassant un méchant, ça se pourrait bien qu'il déchire son pantalon!

Mais ce que j'apprécie encore plus, c'est la façon qu'a Mankell de s'inspirer de  l'actualité de son époque, en variant les sujets à chaque tome.  Ici, on est en 1992, en Afrique du Sud.  Nelson Mandela vient de sortir de prison, l'Apartheid sera peut-être aboli, mais certains groupes de la population blanche résistent, en particulier les Boers, dont l'auteur nous rappelle l'histoire.  Un complot se trame dont les ramifications s'étendent jusqu'en Suède!  J'ai adoré que Mankell nous entraîne des bidonvilles jusqu'au bureau du président De Klerk, en passant par Ystad, la petite ville suédoise de ce cher Wallander.  Dépaysement garanti!

Il y a bien un petit truc que j'ai trouvé un peu tiré par les cheveux vers la fin, mais cela n'a pas gâché mon plaisir.  J'ai dévoré ce roman en quelques jours!  Après quelques lectures plus ardues, c'était très agréable de retrouver la plume nette et efficace de Mankell.


La Lionne blanche de Henning Mankell, traduit du suédois en 2004, 487 p. Titre de la version originale: Den vita lejoninnan (1993).

07 janvier 2024

Alfie

Après une lecture un peu ardue (coucou M. Rushdie!), quel plaisir de se relaxer les neurones avec une petite SF drôlatique!  Surtout que grâce à une mise en page très aérée, j'ai eu l'impression que ça se lisait tout seul...  J'ai dévoré plus de quatre cents pages en vingt-quatre heures (moi qui suis une lectrice-escargot), ça vous donne une idée?

De quoi ça cause?  On est dans un avenir proche, et une famille de la classe moyenne installe dans sa maison le tout nouveau système de domotique contrôlé par une intelligence artificielle répondant au nom d'Alfie.  Au départ, celui-ci (car cette IA semble être de genre masculin) ne connaît rien des humains et doit donc apprendre à les comprendre pour mieux les servir... ou les espionner?  Cela donne lieu à des réflexions amusantes, surtout en ce qui concerne le comportement du chat Simba!  Je dois dire que j'ai pouffé de rire à plusieurs reprises, sous les yeux interloqués de ma propre minette.  Je vous laisse découvrir la suite, et d'ailleurs ne lisez pas la quatrième de couverture, qui divulgâche un peu trop à mon goût!

Parlant de divulgâcheurs, le seul défaut que j'ai trouvé à ce roman c'est qu'il révèle le coupable du Meurtre de Roger Ackroyd d'Agatha Christie, faute impardonnable à mes yeux!!!  Étrange coïncidence, c'est ce même polar que je me suis fait divulgâcher quand j'étais ado par ce crétin de Petit Robert des noms propres, un incident qui est probablement la cause de la «divulgâchophobie» dont je suis affligée depuis...

Sans que cette lecture soit une expérience inoubliable, j'ai vraiment beaucoup apprécié le mélange des genres SF/policier/comédie de ce roman qui, sous des allures légères, soulève quand même quelques réflexions intéressantes sur la place grandissante que la technologie en général et l'hyperconnectivité en particulier prennent dans nos vies.


Alfie de Christopher Bouix, 2022, 440 p.

11 novembre 2023

Les Chiens de Riga

Une deuxième incursion dans la série de polars mettant en vedette le commissaire Wallander, et c'est confirmé: j'adore!

Dans ce tome-ci, Wallander se rend en Lettonie, pays balte encore occupé par l'URSS puisque l'action se déroule en 1990.  L'ambiance est glauque à souhait, les murs ont des oreilles, notre héros ne sait à qui il peut se fier.  Je crois que c'est le premier roman que je lis se déroulant dans ce pays, c'est vraiment très original!

Comme toujours avec Mankell, la plume est subtile, sans effets de manche. Les états d'âme du personnage principal sont décrits avec justesse, sans trop appuyer, et le suspense est maintenu du début à la fin.

J'ai le tome suivant, La Lionne blanche, dans ma PAL, je pense bien le lire en 2024!


Les Chiens de Riga de Henning Mankell, traduit du suédois, 2003, 320 p.  Titre de la version originale: Hundarna i Riga (1992).

20 septembre 2023

The Adventures of Sherlock Holmes (Les Aventures de Sherlock Holmes)

(Première partie de l'intégrale The Original Illustrated Sherlock Holmes)

Après les romans The Hound of the Baskervilles et A Study in Red, j'ai décidé d'essayer les douze nouvelles regroupées sous le titre The Adventures of Sherlock Holmes.  Un mot sur cette édition, d'abord.  J'aime beaucoup la présentation de type feuilleton, sur deux colonnes par page, et présentant les gravures originales de Sydney Paget.  On est tout de suite dans l'ambiance!

Pour ce qui est des nouvelles elles-mêmes, je les ai trouvées un peu inégales.  Enfin, toutes sont intéressantes mais dans certains cas, la fin tombe un peu à plat...  Par exemple, dans l'une d'elles, Sherlock découvre l'identité du meurtrier après que celui-ci se fut enfui à bord d'un navire... qui fait naufrage avant d'arriver à bon port, donc tout est bien qui finit bien (sauf pour les autres passagers et les membres de l'équipage!)

Néanmoins, je me suis bien amusée et j'ai surtout apprécié tous les petits détails qu'on apprend sur Holmes au fil des pages, toutes ses petites manies, ses déguisements, la haute estime qu'il a de lui-même mais aussi son amitié sincère avec Watson, le narrateur. 


The Adventures of Sherlock Holmes (tiré de l'intégrale The Original Illustrated Sherlock Holmes) de Arthur Conan Doyle, 1891-1892, 181 p.  Titre de la traduction française: Les Aventures de Sherlock Holmes.

04 février 2023

Monsieur Malaussène

Grosse déception, ce tome 4 de la série des Malaussène, qui m'avait tant fait rigoler jusque-là!

En effet, contrairement à son habitude, et une fois passées les premières pages assez amusantes, Daniel Pennac instaure une ambiance assez glauque, voire déprimante.  De plus, l'action prend un temps fou à démarrer et une fois que c'est fait, l'intrigue se divise en deux enquêtes parallèles extrêmement tarabiscotées.  Et pour planter le dernier clou du cercueil, un revirement de situation complètement invraisemblable survient à la fin.  Attention, je sais bien qu'il faut s'attendre à du loufoque dans cette série, c'est d'ailleurs ce qui fait son charme. Mais il y a loufoque, il y a absurde, et ensuite il y a cette péripétie qui non seulement m'a fait décrocher de l'histoire, mais que j'ai trouvée assez problématique d'un point de vue moral (alors que dans le roman personne ne remet cet aspect en question).  À partir de là, je vous avoue que j'ai survolé assez rapidement les derniers chapitres tant j'avais hâte de passer à autre chose.

Est-ce que je vais continuer cette série, dont Pennac vient d'ailleurs de publier le dernier tome?  Je me pose sincèrement la question.


Monsieur Malaussène de Daniel Pennac, 1995, 623 p.

01 décembre 2021

Where the Crawdads Sing (Là où chantent les écrevisses)

Vous cherchez du dépaysement, vous voulez vous réchauffer alors que l'hiver s'installe?  Ce roman est parfait pour vous!

En effet, on se retrouve immergés dans les marais de la Caroline du Nord.  Il fait chaud et humide, et la vie foisonne dans tous les petits racoins du lagon.  On aperçoit un héron ici, un ouaouaron là, on décrypte les signaux lumineux des lucioles, sur la plage les mouettes viennent manger des croûtons de pain à nos pieds...  Un pur ravissement!

Mais attention, tout n'est pas que calme et volupté, il y a des scènes assez violentes et dures, dont plusieurs mettent en scène des enfants, de surcroît, et je préfère en avertir les cœurs sensibles!  De plus, je classe ce livre dans les policiers, car il y a bien un cadavre et une enquête (ce n'est pas un divulgâcheur, on l'apprend dès le premier chapitre), mais les vrais amateurs de polars pourraient être déçus car ce n'est pas l'élément dominant de l'intrigue.  Le plus important, c'est l'évolution du personnage principal, Kya, «la fille du marais», qu'on suit de l'âge de cinq ans jusqu'à l'âge adulte.

Si j'ai une toute petite réserve, c'est que certaines métaphores sont un peu trop soulignées.  Par exemple, on a saisi dès la première mention que Chase utilise son yacht au moteur puissant et aux couleurs vives comme un oiseau mâle utilise son plumage pour impressionner les femelles; pas besoin de le redire quelques chapitres plus loin.  Et dans le dernier chapitre, on nous explique la personnalité du personnage principal, alors qu'on avait déjà tout compris, ou au moins tout ressenti sans nécessairement y avoir mis des mots. Mais c'est un tout petit bémol, qui n'a nullement diminué mon plaisir.


Where the Crawdads Sing de Delia Owens, 2018, 324 p.  Titre de la traduction française: Là où chantent les écrevisses.

07 septembre 2021

Le Mystère Sherlock

Voici un petit polar amusant malgré ses quelques défauts.

Il s'agit en fait d'un pastiche des romans policiers classiques de style «huis-clos», avec de nombreuses références à Sherlock Holmes, vous l'aurez deviné, mais aussi à Agatha Christie (et petit avertissement en passant, J.M. Erre se permet de divulgâcher sans vergogne l'intrigue de Dix Petits Négres/Ils étaient Dix!  C'est à la page 204 et de nouveau brièvement à la page 231 de l'édition Pocket, si jamais vous voulez sauter ces passages.  Heureusement pour moi, j'ai déjà lu ce roman considéré comme un des meilleurs de Christie.  Il y a aussi des divulgâcheurs sur de nombreuses œuvres d'Arthur Conan Doyle que je n'ai pas encore lues, mais avec ma mémoire de poisson rouge je devrais les oublier rapidement.)

J'aime bien l'humour de J.M. Erre (déjà apprécié dans Prenez soin du chien) et j'ai ri plusieurs fois durant ma lecture, mais j'ai l'impression qu'avec un roman plus long, j'aurais facilement pu m'en lasser; heureusement que celui-ci ne fait que 260 pages.  J'ai également trouvé que les personnages étaient beaucoup trop caricaturaux, même si c'est attendu dans ce genre de parodies.  Les deux personnages féminins qui n'arrêtent pas de se crêper le chignon étaient parfaitement insupportables.  Je vous jure, on en prendrait une pour frapper l'autre!

Enfin, j'ai trouvé la conclusion satisfaisante dans l'ensemble, mais l'invraisemblance de certains détails m'a fait tiquer!

À lire, donc, pour l'humour, les multiples références et les réflexions sur la fiction en général et sur les polars en particulier, mais seulement si les petits défauts que j'ai soulignés ne sont pas du genre à trop vous incommoder.  Quand à moi, j'ai passé un agréable moment, mais je n'en garderai pas un souvenir impérissable. 


Le Mystère Sherlock de J.M. Erre, 2012, 260 p.

27 juillet 2021

Meurtriers sans visage

Depuis des années, quelques tomes de la série de l'inspecteur Wallander d'Henning Mankell, offerts par ma belle-mère, attendent sagement dans ma bibliothèque.  J'aime beaucoup la plume de cet écrivain suédois dont j'ai apprécié les thrillers et drames psychologiques que  j'ai eu l'occasion de lire, mais j'hésitais à me lancer dans sa série policière.  Premièrement, c'est une longue série (12 tomes) et j'en ai déjà commencé plusieurs que j'aimerais un jour continuer, voire même terminer (Donna Leon, Mma Ramotswe, Arnaldur Indridason, Tony Hillerman, etc).  Deuxièmement, il me manquait le premier tome de la série et je savais que, même si les intrigues policières ne sont pas liées d'un livre à l'autre, on assiste tout de même à une évolution du personnage, de ses liens avec sa famille et ses collègues.  

Finalement, je me suis décidée et j'ai emprunté ce premier tome en prêt numérique.  Grand bien m'en fit, car j'ai beaucoup aimé retrouver le style de l'auteur, très lisible sans être simpliste. L'équilibre entre l'enquête, les scènes d'action et la vie privée de Wallander est savamment dosé et, comme toujours chez Mankell, des questions importantes sont soulevées (les réfugiés, la montée de l'extrême-droite).  Les personnages sont très humains, souvent même maladroits, ce qui les rend sympathiques.  La fin est peut-être un peu facile, mais on m'a dit que les intrigues s'améliorent dans les romans suivants.  Ça promet!


Meurtriers sans visage de Henning Mankell, 1994, traduit du suédois, 246 p.  Titre de la version originale: Mördare utan ansikte, 1991.

15 juin 2021

Cat Crimes (La Griffe du chat)

Le problème des anthologies de nouvelles, c'est qu'elles peuvent être inégales.  Certaines nous sembleront plus intéressantes que d'autres, c'est presque inévitable.

Et c'est bien ce qui se produit dans ce recueil de nouvelles à saveur policière, écrites par différents auteurs, américains pour la plupart, et mettant en scène des chats dans des rôles de premier plan ou secondaires.  J'ai trouvé certaines histoires amusantes (ou tristes dans quelques cas) mais certaines autres se sont avérées prévisibles et bourrées de clichés.  Dans deux des cas, le fait d'être inclus dans une anthologie à thème félin vendait la mèche, en quelque sorte, car on n'était pas censé deviner qu'un des personnages (au nom très humain comme Sarah ou Hector, et décrit de façon ambiguë) était un chat, et la chute était donc complètement gâchée. 

Cela reste tout de même une lecture agréable, mais dans une semaine je ne me souviendrai d'aucune de ces histoires. 


Cat Crimes, édité par Martin H. Greenberg et Ed Gorman, 1991, 260 p.  Titre de la traduction française: La Griffe du chat.

19 août 2020

A Study in Scarlet (Une Étude en rouge)

J'ai dans ma PAL un gros recueil d’œuvres d'Arthur Conan Doyle qui rassemble tous les titres publié originalement dans la revue The Strand, soit trois suites de nouvelles et un roman (The Hound of the Baskervilles, lu il y a quelques années).

Même si ça s'apparente au supplice de Tantale (ou est-ce Sisyphe, enfin, celui avec la grosse roche, là!), je tente toujours de faire baisser ladite PAL...  Et comme ce cher Arthur a été élu l'auteur du mois d'août sur le forum Livraddict, j'ai décidé de participer à la fête en lisant une première série de nouvelles.  Mais dès la première page, paf! on fait référence à Study in Scarlet!  Crotte, va-t-on complètement me divulgâcher ce roman?  Je croyais que les aventures du détective et de son comparse pouvaient se lire dans n'importe que ordre, un peu comme celles d'Hercule Poirot chez Agatha Christie, mais apparemment non.

Donc pour faire une longue histoire courte euh... quand même assez longue, en fait, bing! retour du recueil dans la PAL, bang! téléchargement du roman qui est le premier de la série, zip! chargement de la batterie de la liseuse, et pouf! je me pose le derrière dans mon fauteuil avec un café glacé en main et j'entame A Study in Scarlet!

Toute la première partie est un délice; on assiste notamment à la rencontre initiale entre les célèbres colocs, Sherlock et Watson!  Les dialogues sont fort amusants et il est intéressant de voir les deux personnages apprendre à se connaître.

Au début de la deuxième partie, stupéfaction: on se trouve transporté trente ans plus tôt, dans l'Ouest américain!  La transition est si abrupte que j'ai pensé que ma copie numérique avait un défaut, qu'il me manquait un chapitre...  J'ai même téléchargé la version française pour vérifier, mais non, la même chose s'y produisait. Finalement j'ai compris qu'il s'agit d'un flashback qui aura éventuellement un lien avec l'énigme qu'on tente de résoudre.  Ce très long passage ne m'a pas enchantée, même s'il n'est pas inintéressant; c'est que je n'y trouvais plus ce que je recherchais dans cette série: l'ambiance british, les réparties savoureuses.

Quand on revient finalement à l'intrigue principale, l'énigme est résolue en deux coups de cuillère à pot, bonsoir, merci.

Je vais garder quand même un bon souvenir de ce court roman, mais il ne sera certainement pas mon préféré.  Si vous voulez un premier contact avec les aventures du grand détective, je vous conseille plutôt Le Chien des Baskerville, qui peut se lire de façon indépendante (même s'il a été publié plus tard) et qui a une ambiance du tonnerre!


A Study in Scarlet d'Arthur Conan Doyle, 1887, 111 p.  Titre de la traduction française: Une Étude en rouge.

03 mai 2020

Dumb Witness (Témoin muet)

Ah ce cher Poirot, quel bonheur de le retrouver après toutes ces années!  Sans oublier le fidèle Hastings, à l'humour toujours piquant!

Les romans policiers d'Agatha Christie ont été, avec les Arsène Lupin, mes premières lectures «adultes», après les Comtesse de Ségur et autres «Signe de Piste».  Et par lecture adulte, je veux dire ces livres qui se trouvaient au rez-de-chaussée de la bibliothèque municipale, et non dans le minuscule sous-sol réservé aux enfants!  J'ai fait une véritable razzia dans leur collection.  Nous possédions également quelques tomes au chalet, et je les ai lus plusieurs fois, la plupart du temps sans me souvenir d'un été à l'autre qui était le coupable...  Eh oui, à douze-treize ans, j'avais déjà une mémoire de poisson rouge!

Ces temps-ci je fréquente beaucoup le forum Livraddict, et l'auteur du mois qui avait été élu pour avril était justement la grande dame du crime, comme on l'appelle souvent.  Alors de voir passer durant tout le mois des discussions et des avis sur ses romans, ça m'a donné le goût d'en lire un, même si finalement je l'ai fini trop tard pour participer au défi.

Ma «phase 2» avec cette auteure, c'est quand j'ai commencé à lire en VO.  D'ailleurs le premier livre que j'ai lu en anglais c'était The Pale Horse, j'étais en secondaire IV*!  Je pense en avoir lu quelques autres les années suivantes, donc je devais avoir environ vingt ans la dernière fois.  C'est vous dire à quel point, vu les capacités de ma mémoire, comme mentionné ci-dessus, je n'avais aucune idée des titres que j'avais déjà lus quand est venu le temps d'en choisir un parmi ceux offerts en prêt numérique (j'ai été heureusement surprise par la quantité, soit dit en passant).    À défaut d'autres critères de sélection, j'ai pris celui... avec un chien sur la couverture!  (Il s'appelle Bob.)

Ce qui m'a surpris en commençant ma lecture, c'est de constater à quel point cela se lit facilement, même en VO.  Il faut dire que le texte est surtout constitué de dialogues, puisque la méthode d'investigation de Poirot repose surtout sur l'interrogation des différents témoins et suspects.  Je ne me souvenais pas non plus de l'humour omniprésent dans les conversations entre Poirot et Hastings; ils sont toujours en train de s'envoyer des piques, c'est délicieux!  Et j'ai vraiment jubilé de retrouver la traditionnelle petite scène finale où tous les suspects sont rassemblés et sont pendus aux lèvres de Poirot, qui dévoile tranquillement les résultats de son enquête.

Je crois que je n'attendrai pas encore trente ans avant d'en lire un autre.  Un Miss Marple, peut-être, ou un Tommy et Tuppence?


* Donc vers 16 ans, pour mes lecteurs européens. 


Dumb Witness d'Agatha Christie, 1937, 237 p.  Aussi publié sous le titre Poirot Loses a Client. Titre de la traduction française: Témoin muet.

11 novembre 2019

La Mort en bleu pastel

(Les Chroniques de Gervais d'Anceny, tome 4)


Un court billet, car j'ai un peu l'impression de me répéter...  Vous savez déjà tout le bien que je pense de cette série! 

Dans ce nouvel opus des aventures de l'oblat Gervais d'Anceny, Maryse Rouy entremêle deux intrigues, deux époques: la toute première enquête de Gervais alors qu'il était apprenti drapier à Toulouse, et celle sur le vol d'un manuscrit précieux dans un monastère, plusieurs décennies plus tard.

Ces deux intrigues policières, bien qu'intéressantes, sont presque un prétexte à nous faire connaître la vie quotidienne au Moyen-Âge par une description minutieuse et pourtant parfaitement intégrée au récit.  On assiste notamment aux premiers essais d'écriture sur papier de Gervais, qui n'avait jamais utilisé que le parchemin, de texture complètement différente.  Comme toujours chez cette écrivaine, la lecture est plaisante, la plume fluide.

Dommage que la série soit finie! J'aurais bien continué à suivre les aventures de ce cher Gervais.


La Mort en bleu pastel (Les Chroniques de Gervais d'Anceny, tome 4) de Maryse Rouy, 2017, 304 p.

http://moncoinlecture.com/quebec-en-novembre-2019-recapitulatif-des-billets/
clic --> billet récap'

03 septembre 2019

Drawing conclusions (Deux veuves pour un testament)

Quel crétin ce traducteur français!!!  Un énorme divulgâcheur en plein dans le titre! AAARRGGHH!!!

J'ai lu ce roman de Donna Leon en anglais, mais j'ai aperçu le titre français sur le site Bibliomania de Livraddict, dont je me sers pour la gestion de ma fluctuante PAL.  Bon, me dis-je, il sera question d'un testament et il y aura une deuxième veuve en plus de celle qu'on trouve morte dans le premier chapitre.  Sûrement qu' on apprendra cela assez rapidement... Mais non!  Ce n'est qu'au 3/4 du bouquin qu'il est pour la première fois question de ce fichu testament, et même là, ce n'est qu'une piste parmi plusieurs autres mobiles possibles!  Cela m'a tellement frustrée que j'ai éprouvé bien peu de plaisir durant cette lecture.

Il reste, comme dans les autres tomes que j'ai lus dans cette série, l'humour des dialogues et surtout la description de la vie quotidienne à Venise, au delà des descriptions touristiques.  Quant à l'intrigue policière, elle est d'un type assez classique et se déroule lentement, ce qui ne m'a pas déplu puisque je m'y attendais, mais je l'ai trouvée un peu moins bien ficelée que d'habitude, quelques pistes restant sans résolution.


Drawing conclusions de Donna Leon, 2011, 260 p.  Titre de la traduction française, à mon grand dam: Deux veuves pour un testament.