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07 juin 2026

Dungeon Crawler Carl

Série Dungeon Crawler Carl, tome 1

Hummmm, je vais peut-être en surprendre plus d'un, chers lecteurs, mais ce roman m'a un peu déçue...  Étant donné qu'il a gagné le Prix Livraddict catégorie SF et que la plupart des avis que j'ai pu lire ici et là sont dithyrambiques, j'avais peut-être mis la barre trop haute!  J'aurais dû suivre ma ligne de conduite habituelle, qui est d'attendre que la poussière retombe avant de lire un livre qui a suscité tout un houpla! 

Je m'attendais à quelque chose de très original; si l'on ne connaît pas le genre littéraire «litRPG» (pour literature roleplaying game), cela peut sembler l'être.  Mais, si j'ai appris cette expression depuis peu, j'ai lu il y a plus de vingt ans une bande dessinée américaine (dont j'ai oublié le nom) qui fonctionnait sur ce principe, de même qu'un roman et une bande dessinée de la série française Le Donjon de Naheulbeuk de John Lang, qui date du milieu des années 2000.

Pour ceux qui ne connaissent pas ce genre, il s'agit d'histoires où les règles typiques des jeux de rôle sont intégrées explicitement dans l'intrigue.  On a donc des personnages qui gagnent des points d'expérience et des points de vie, qui ont des statistiques personnelles (force, intelligence, etc), qui accomplissent des missions ou des quêtes.  Tout cela de façon explicite, c'est-à-dire qu'un personnage se dira par exemple «je vais aller attaquer ce monstre, ainsi je vais gagner des points d'expérience, ce qui me permettra de monter de niveau.»

Pour ce qui est de l'intrigue elle-même, elle rappelle la série Hunger Games (que je n'ai pas lue, mais j'ai vu les adaptations cinématographiques), avec un soupçon de Hitchhiker's Guide to the Galaxy (pour les méchants extra-terrestres qui viennent s'emparer de la planète Terre).  Donc encore là, rien de très original.

Néanmoins, ce livre reste agréable à lire grâce à l'humour de l'auteur Matt Dinniman et surtout grâce à la relation entre les deux personnages principaux (dont une chatte magicienne absolument craquante).  J'avoue toutefois avoir trouvé leurs aventures un peu répétitives (on tue des monstres, on trouve des trésors, et on recommence) pendant les deux premiers tiers, au point où je me suis dit que je n'allais pas continuer cette série.  Heureusement, l'intensité augmente dans le dernier tiers et j'ai décidé que  je lirais au moins le tome 2 (et on verra pour les suivants!). 

 

Dungeon Crawler Carl, tome 1 de Matt Dinniman, 2020, 450 p.  Titre de la traduction française: Dungeon Crawler Carl, tome 1. 

 

 

26 octobre 2025

Starter Villain (Superméchant débutant)

Encore une belle découverte faite dans le cadre du Prix Livraddict, catégorie science-fiction.  Toutefois, contrairement à Marge Nantel dont je vous ai parlé dans mon billet précédent, j'avais déjà entendu parler de John Scalzi ici et là, et bien sûr j'avais remarqué cette magnifique couverture lors de la parution de ce roman!

La surprise, c'est à quel point j'ai adhéré à la plume de cet auteur, qui m'a un peu fait penser à Neil Gaiman, version américaine et SF (alors que le British fait plutôt dans l'Urban Fantasy).  Un scénario déjanté, plein de rebondissements et d'imprévus, et surtout des dialogues archi-drôles (je ne sais pas ce que ça donne une fois traduit, mais en VO c'est délicieux -- le passage avec les dauphins, notamment, est désopilant, vous verrez).  

L'histoire?  Un type un peu minable mais sympa apprend que son oncle, qu'il n'a jamais rencontré, est décédé.  On lui demande de représenter la famille lors des funérailles, mais la cérémonie ne se déroule pas comme prévu, et à partir de là tout part en cacahuète! 

Une lecture parfaite si vous avez envie de quelque chose de léger et divertissant, qui ne se prend pas au sérieux.   


Starter Villain de John Scalzi, 2023, 264 p.  Titre de la traduction française: Superméchant débutant.

15 octobre 2025

Code Ardant

 Wow!  Quelle surprise!

Je n'avais jamais entendu parler de cette écrivaine française avant que son roman ne soit mis en nomination pour le Prix Livraddict, catégorie SF.  Je ne m'attendais donc pas à grand-chose en le commençant.

Et me voilà bouche bée en le refermant.  Quelle belle intrigue bien ficelée, alternant en un équilibre parfait entre les scènes d'action haletantes et les moments de répit où les liens entre les personnages se dévoilent!

Au début on ne sait pas trop dans quel monde on évolue, à part qu'on est dans un futur pas trop lointain, quelques générations, et que la civilisation qu'on connaît a en partie disparu.  Il faut être patient, on arrivera peu à peu à rassembler les pièces du casse-tête.  Une autre difficulté vient du fait que les personnages principaux sont désignés parfois par leur prénom, parfois par leur surnom (Le Baril, La Bouée, La Souris, etc).  C'est donc assez mélangeant, cela prend un moment avant de s'y retrouver.  Et il faut aussi s'habituer aux dialogues écrits dans un genre d'«argot du futur»! 

Mais cela vaut vraiment la peine de s'accrocher!  Une ambiance à la Mad Max, métissée d'une belle réflexion sur l'amitié, la communauté, la technologie et sur ce qui fait de nous des humains -- réflexion qui n'est jamais soulignée à gros traits mais reste toujours en arrière-plan, tout comme j'aime. Je n'en dis pas plus, je vous laisse découvrir ce roman!  


Code Ardant de Marge Nantel, 2024, 478 p.

18 juillet 2025

Rocannon's World (Le Monde de Rocannon)

(L'édition offerte en prêt numérique est une intégrale contenant trois romans, et sa couverture n'est pas terrible... Je vous mets plutôt celle-ci, datant des années 70, qui reflète bien l'ambiance!)

Je continue mon exploration de l’œuvre d'Ursula Le Guin avec Rocannon's World, premier roman du Cycle de Hain.  Tout comme dans le célèbre The Left Hand of Darkness, on est ici dans un savant et délicieux mélange de science-fiction et de fantasy.  Ainsi, les personnages peuvent se déplacer à bord de vaisseaux spatiaux ou sur des gros félins ailés!  On se bat à l'épée ou au laser et à la bombe nucléaire! 

Rocannon, le personnage principal, est ethnologue de profession.  Cela donne lieu à d'intéressantes réflexions sur les différents peuples qu'il rencontre sur cette planète qu'il est venu explorer.  Gros coup de cœur pour les Fiia (Fian au singulier), petits humanoïdes joyeux qui m'ont fait penser à des hobbits, télépathie en bonus! 

J'ai toutefois constaté que les thèmes et les symboliques sont moins développés que dans The Left Hand of Darkness.  Il faut dire qu'il s'agit du tout premier roman de cette auteure!   Il faut donc le lire comme un très bon roman d'aventures.


Rocannon's World d'Ursula Le Guin, 1966, 258 p.  Titre de la traduction française: Le Monde de Rocannon. 

22 juin 2025

A Prayer for the Crown-Shy (Une prière pour les cimes timides)

Monk and Robot (Histoires de moine et de robot), tome 2

 (Cette couverture est si jolie, je la laisse en plus grande dimension que d'habitude!) 

Après une lecture un peu glauque (La Porte des Enfers de Laurent Gaudé), quelle bouffée de fraîcheur de se retrouver sur la lune Panga avec nos amis Dex et Mosscap pour la suite de leurs aventures!  

J'ai encore beaucoup apprécié leurs conversations, surtout grâce aux réparties parfois naïves, parfois remplies de bon sens de notre robot envoyé par ses congénères pour enquêter sur les humains.  Les deux personnages sont vraiment fort attachants, et l'amitié qui se développe entre eux est touchante.  

J'ai encore eu un peu de difficulté à m'habituer à l'écriture inclusive, mais je pense qu'en anglais cela passe tout de même mieux qu'en français, puisque cela se limite à l'utilisation du pronom they singulier, sans avoir à accorder les articles et les adjectifs!  N'empêche, je devais parfois relire une phrase pour comprendre si le they se rapportait seulement à Dex (le personnage non-binaire) ou à plusieurs personnes.    

Le tout est très mignon, mais, encore plus que dans le tome 1, il m'a manqué une certaine tension, un mystère ou à tout le moins un enjeu quelconque!  Là, nos deux héros ne font que se promener d'un endroit à l'autre en discutant.  Finalement, j'en suis même arrivée à m'ennuyer quelque peu! 

 

A Prayer for the Crown-Shy (Monk and Robot, tome 2) de Becky Chambers, 2022, 160 p.  Titre de la traduction française: Une prière pour les cimes timides (Histoires de moine et de robot, tome 2).

27 mai 2025

Olympos

Duologie Ilium/Olympos, tome 2

***Attention, GROS DIVULGÂCHEUR du tome 1!!!***

Quel grand bonheur de retrouver tous ces personnages, en particulier mes deux préférés, les robots Mahnmut et Orphu!  J'avais presque les larmes aux yeux en constatant qu'Orphu avait pu être réparé presque à 100%!

Dans ce tome, Simmons apporte des éclaircissements au sujet des différents aspects de l'univers mis en place dans le tome 1.  On verse donc parfois du bord de la Hard SF (avec beaucoup d'explications scientifiques, donc), mais ce n'est pas gênant si on ne comprend pas absolument tout.

J'ai toutefois quelques bémols qui font que ce tome m'a légèrement moins enthousiasmée que le premier.  Tout d'abord, il y a quelques longueurs dans la deuxième moitié.  Il m'a semblé que l'intrigue piétinait un peu.  

Ensuite, il m'a semblé que certaines technologies permettaient parfois des facilités scénaristiques:  tout comme en fantasy cela peut devenir agaçant lorsque la magie est utilisée pour expliquer une incohérence (le fameux «ta gueule, c'est magique!»), ici j'ai trouvé que certains gadgets étaient un peu tirés par les cheveux.  Une combinaison en tissu fin comme une membrane, qui permet de résister autant au froid qu'au chaud extrêmes, de respirer dans le vide et sous l'eau, de ne pas être affecté par les gaz toxiques et acides et par des écarts de pression allant du vide spatial aux fonds marins jusqu'à huit atmosphères!  Pousse, mais pousse égal!

Enfin, il y a une scène sexuelle vraiment malaisante; j'avoue que j'ai lu ces quelques pages en diagonale tant je trouvais cela désagréable.  Je ne veux rien divulgâcher mais je pense que vous saurez de quel passage je parle quand vous y serez...

Mais je chipote, dans l'ensemble j'ai vraiment beaucoup aimé et  j'ai apprécié la toute fin, contrairement à certains lecteurs qui ont trouvé qu'elle tombait un peu à plat.  Il s'agit toutefois d'une intrigue complexe, il faudrait presque tout reprendre du début pour bien assimiler le tout!

 

Olympos de Dan Simmons, 2005, 690 p.  Titre de la traduction française: Olympos

30 mars 2025

The Book of Skulls (Le Livre des crânes)

De Robert Silverberg, écrivain faisant partie des «Grands» de la science-fiction, j'ai lu il y a quelques années l'uchronie Roma Eterna.  J'en garde un assez bon souvenir, même si j'avais noté quelques défauts.  Malheureusement, pour The Book of Skulls, mon avis est beaucoup plus mitigé.

En plus de sa classification en SF (les personnages sont en quête de l'immortalité), j'ai vu l'étiquette «Horreur» accolée à ce roman.  Je m'attendais donc à ce qu'il y ait un côté Fantastique assez prononcé. Or, ce n'est le cas.  On est plutôt dans un genre de voyage initiatique.  Mais si le seul problème était cette idée préconçue, j'aurais très bien pu m'ajuster et finalement bien apprécier l’œuvre. 

Tout d'abord, quelques points positifs.  Je suis généralement bon public pour les romans choraux (où l'on alterne entre plusieurs narrateurs).  J'ai donc bien aimé la construction de celui-ci, qui permet d'avoir différents points de vue sur les événements.  J'ai aussi aimé le côté «road trip» de la première moitié, alors que j'ai constaté dans différents commentaires que plusieurs lecteurs avaient trouvé cette partie trop longue.  Surtout, j'ai apprécié le décor de la deuxième partie, cet étrange monastère situé en plein cœur d'un désert en Arizona, ainsi que toute la légende entourant ce lieu et l'étrange secte y résidant.

Après les fleurs, voici le pot.  Les personnages sont très antipathiques.  Ils sont censés être amis mais n'ont que des pensées désobligeantes (antisémites, homophobes, snobs, etc) les uns envers les autres.  Comme on entre dans la tête de chacun d'eux à tour de rôle, impossible de leur donner le bénéfice du doute!  Au bout d'un moment, j'en aurais pris un pour frapper les autres, je vous jure!  Il devient donc de plus en plus difficile de s'intéresser à leur sort.

Deuxième défaut, certains aspects ont très mal vieilli, notamment le rôle des femmes.  D'habitude j'arrive sans peine à replacer l’œuvre dans son contexte et à l'apprécier quand même.  Je ne suis pas du genre à reprocher à Bilbo le Hobbit de manquer de personnages féminins!  (D'ailleurs, le personnage de la princesse elfe qui apparaît comme un cheveu sur la soupe dans l'adaptation cinématographique m'a fait lever les yeux au ciel, mais c'est une autre histoire!)  Ici le problème est à une tout autre échelle.  Les femmes ne servent que de réceptacle à sperme!  Dans la partie qui se déroule dans le monastère, je me suis carrément demandé si en fait les étranges prêtresses n'étaient pas des androïdes, vu leur impassibilité et leur mutisme.

Grâce aux quelques qualités énoncées ci-dessus, ce livre échappera peut-être au Prix Citron de mon bilan annuel, mais ce sera de justesse! 


The Book of Skulls de Robert Silverberg, 1972, 224 p.  Titre de la traduction française: Le Livre des crânes.

04 février 2025

Ilium

Duologie Ilium/Olympos, tome 1 

Aarrggh!  Je savais que ce roman de Dan Simmons faisait partie d'une duologie, mais pour une raison que j'ignore, j'étais persuadée que ce premier tome pouvait se lire de façon indépendante...  Pas du tout!  Au contraire, les derniers chapitres ne sont qu'une mise en place pour ce qui va se passer dans le tome suivant. 

La bonne nouvelle, c'est que j'ai adoré ce premier tome, donc ce ne sera pas une corvée de lire la suite pour avoir le fin mot de l'histoire.  Cela attendra toutefois que je fasse un petit tour à la bibliothèque municipale, à la succursale où ce tome 2 est disponible, qui n'est pas celle que je fréquente le plus.  

Il faudra aussi m'assurer que mon cerveau aura une bonne disponibilité à ce moment-là, car si le tome 1 est garant de la suite, ce ne sera pas une petite lecture légère.

En effet, dans ce premier tome, on suit trois intrigues entrecroisées et assez complexes, avec beaucoup de personnages et de détails (scientifiques et autres).  Une des trames raconte les péripéties d'un historien du futur envoyé par les dieux grecs observer la guerre de Troie afin de confirmer l'exactitude de l'Iliade d'Homère (mais certains dieux ont d'autres motivations, ce qui complique la mission).  

Dans une deuxième trame, on suit les aventures d'un petit groupe d'humains dans un futur très lointain où la vie se résume à se téléporter d'un endroit à l'autre du globe pour assister à des fêtes, où tout le travail est accompli par des robots et où l'on est protégé par d'étranges créatures, les Voynicks.  Au départ, cela semble presque idyllique, mais plus on avance, plus on s'aperçoit qu'il y a quelque chose qui cloche, et pas qu'un peu... 

La troisième trame est nettement ma préférée.  On y découvre quatre robots originaires des lunes de Jupiter, envoyés vers la planète Mars pour enquêter sur la quantité inquiétante d'événements quantiques qui s'y produisent et qui mettent en danger le système solaire.  Il se développe une amitié touchante entre deux des robots, l'un grand amateur des sonnets de Shakespeare, l'autre de l’œuvre de Proust, ce qui donne lieu à des dialogues hilarants.

En plus des allusions aux deux écrivains nommés ci-dessus, il y a énormément de références littéraires: Homère et Virgile, bien sûr, mais aussi plusieurs autres que je vous laisse découvrir.  J'ai aussi adoré les petites pointes d'humour, qui arrivent souvent inopinément, parfois à des moments de grande tension!

Petit avertissement, c'est vraiment un énorme pavé.  Il ne fait que 576 pages, me direz-vous, mais c'est trompeur: c'est une édition en très grand format avec une petite police de caractères et une texte dense.  Cela m'a pris presque quatre semaines pour en venir à bout, mais je ressors enchantée de cette lecture!

Un excellent début d'année livresque (j'ai aussi lu un court texte de Stefan Zweig, Cicéron, dont je ne vous ai pas parlé car il ne fait qu'une vingtaine de pages, mais que j'ai beaucoup aimé).     


Ilium de Dan Simmons, 2003, 576 p.  Titre de la traduction française: Ilium.

27 novembre 2024

Swan Song

Pourtant assez connu aux États-Unis (il a remporté le Bram Stocker Award et sera bientôt adapté en série télévisée), ce roman était resté assez discret dans le milieu francophone, puisque ce n'est que l'an dernier qu'il a été traduit pour la première fois, chez l'éditeur Monsieur Toussaint Louverture (et non Laverdure comme j'ai toujours le réflexe de le nommer...).  Mais depuis, on en parle pas mal, et d'ailleurs cette traduction est en nomination cette année pour le Prix Livraddict, dans la catégorie Fantastique.  Bien sûr, vous connaissez ma méfiance envers les traductions: je me suis tournée tout naturellement vers l'original! 

À part la cause de l'apocalyse (virus mortel chez l'un, guerre nucléaire chez l'autre), les premiers chapitres m'ont fait penser à un de mes romans préférés de Stephen King, The Stand (Le Fléau).  Comme dans ce dernier, on fait la rencontre de divers personnages éparpillés dans différents États américains, certains bons, d'autres plus inquiétants, incluant un étrange individu carrément maléfique qui m'a rappelé le fameux Dark Man de King.  Heureusement, l'histoire se différencie assez par la suite pour qu'on ne puisse pas supposer qu'il y a eu plagiat, notamment grâce aux deux personnages féminins principaux, Swan et Sister, qui m'ont beaucoup plu.

L'intrigue est menée tambour battant, sauf pour quelques ralentissements dans la deuxième partie (je me serais passée notamment de la longue confrontation entre deux groupes de méchants, même si cela avait finalement une importance dans l'histoire).

Un mélange des genres Fantastique/Horreur/Post-apocalyptique bien réussi, je le recommande aux amateurs!  Mais attention, il y a des scènes assez violentes, vous voilà prévenus!


Swan Song de Robert McCammon, 1987, 880 pages.  L'édition française, qui porte le même titre, est divisée en deux tomes (2023).

08 novembre 2024

The Left Hand of Darkness (La Main gauche de la nuit)

Quel immense plaisir de renouer avec la magnifique plume d'Ursula Le Guin!  Je suis toujours fascinée par sa force d'évocation.  En quelques phrases, elle arrive à créer une ambiance, un monde!

J'ai lu toute sa série fantasy Earthsea (Terremer) à part quelques nouvelles.  J'étais très curieuse de voir ce que ça donnait en science-fiction!  En fait, au début de The Left Hand of Darkness, on se croirait encore en fantasy: un roi et ses conseillers, un château, etc.  De temps en temps, l'apparition d'une voiture électrique ou la référence à une autre planète viennent nous rappeler que non, on est bien en SF!  Cela se confirme lorsqu'on apprend que le personnage principal est l'émissaire de l'Ekumen, un regroupement de civilisations humaines disséminées dans toute la galaxie. 

Ce roman connaît un regain de popularité ces temps-ci car il aborde un sujet très à la mode: l'identité de genre.  Pourtant, il a été publié en 1969!  Les humains peuplant la planète Gethen sont en effet des êtres androgynes et asexués, sauf durant de courtes périodes où ils se transforment et présentent alors les caractéristiques de l'un ou l'autre sexe.  Certaines considérations sur les différences entre les sexes peuvent paraître un peu datées (d'ailleurs on ne sait pas toujours s'il s'agit de l'opinion de l'auteure ou de son personnage principal, un homme terrien avec ses préjugés) mais j'ai quand même trouvé cette thématique très avant-gardiste.

Mais ce que j'ai encore plus apprécié, c'est le sujet du choc des cultures, finement abordé ici, et aussi tout le jeu sur le thème de l'opposition lumière/noirceur, qui prend toute son importance à mesure qu'on avance dans l'histoire.  Cela vaudrait la peine de relire le livre pour repérer de possibles allusions qui seraient passées inaperçues en première lecture! 

Seul mini-bémol, il y a une ou deux petites choses à la toute fin que je ne suis pas bien sûre d'avoir comprises.

Ce roman fait partie du Cycle de l'Ekumen (Hainish Cycle en VO), un ensemble de sept romans et plusieurs nouvelles.  Chacun se lit de façon indépendante et dans n'importe quel ordre, si j'ai bien compris.  J'ai déjà hâte de me replonger dans cet univers!


The Left Hand of Darkness d'Ursula Le Guin, 1969, 301 p.  Titre de la traduction française: La Main gauche de la nuit.

28 septembre 2024

La Mort immortelle

Trilogie des trois corps, tome 3

Troisième et dernier tome de cette trilogie de Hard SF, écrite par le Chinois Liu Cixin.  Qui dit Hard SF dit beaucoup de détails scientifiques et ce tome-ci n'y échappe pas!  Il y a même quelques notions qui font presque mal au cerveau quand on essaye de visualiser ce que ça donne concrètement...

Comme dans les deux premiers tomes, on peut déplorer quelques longueurs et une narration qui ne laisse pas beaucoup de place à l'émotion.  Par contre, il y a beaucoup moins de personnages, on se concentre principalement sur une jeune scientifique, qui tiendra le destin du système solaire entre ses mains, rien de moins! 

Mon principal bémol concernant cette fin de trilogie est qu'un pan de l'histoire reste en suspens: on ne sait pas ce qui est arrivé à l'un des personnages secondaires.  Enfin, on sait comment il finit, mais comment il en arrive là, ça reste très flou.  Je me suis même demandé si Liu Cixin n'avait pas volontairement omis toute cette partie-là pour en faire un roman à part!  En fouillant un peu, j'ai découvert qu'il y a en fait un roman écrit par un autre Chinois, d'abord une fan-fiction sur le Net mais maintenant traduit et publié officiellement chez Actes Sud/Babel, qui raconte justement cette histoire.  Selon ce que j'ai lu sur un blogue, Liu Cixin aurait approuvé cette publication, mais cela n'exclut pas qu'il ait d'abord eu l'idée de l'écrire lui-même et qu'il se soit fait damer le pion...  Allez savoir!


La Mort immortelle (Trilogie des trois corps, tome 3) de Liu Cixin, traduit du chinois, 2018, 944 p.  Titre de la version originale: Sǐshén yǒngshēng (2010)

19 juillet 2024

Harrow the Ninth (Harrow la Neuvième)

 The Locked Tomb (Le Tombeau scellé), tome 2

Après un début difficile, une intrigue intelligente et l'humour des dialogues m'avaient permis d'apprécier le tome 1 de cette série au genre indéfinissable (fantastiquo-fantasy-SF?).

En commençant le tome 2, j'ai constaté que j'avais, là encore, un peu de difficulté à plonger dans cet univers.  Certains événements ne concordent pas du tout avec ce qui s'est passé dans le tome 1, et c'est très long avant qu'on commence à comprendre pourquoi. La narration à la deuxième personne du singulier, très étrange (on ne saisit la raison de ce choix que beaucoup plus loin) ne nous aide pas non plus.  J'étais très désarçonnée, mais j'espérais que la situation allait s'améliorer comme dans le cas du tome précédent.  

En général, j'aime beaucoup qu'un auteur nous fasse travailler un peu au lieu de tout expliquer en long et en large.  Mais ici, l'intrigue est tellement tarabiscotée que j'avais de la misère à suivre!  Il y a toutefois de très bons passages, drôles ou intrigants, et on retrouve avec plaisir certains personnages du tome 1.

Quant à l'épilogue, il est tellement bizarre que j'étais fâchée en le terminant!  J'imagine que l'intention de l'auteure était de nous appâter pour la suite, mais dans mon cas l'effet contraire s'est produit, et il y a de fortes chances pour que cette série s'arrête là pour moi...


Harrow the Ninth (The Locked Tomb, tome 2) de Tamsyn Muir, 2020, 512 p.  Titre de la traduction française: Harrow la Neuvième (Le Tombeau scellé, tome 2)

24 juin 2024

La Forêt sombre

Trilogie des trois corps, tome 2

Qui dit deuxième tome d'une trilogie dit billet court sur le blogue.  On a l'impression de répéter ce qu'on a écrit sur le premier tome, et par ailleurs on n'a pas encore un avis général sur la trilogie dans son ensemble.

Donc, comme dans le premier tome, on a une intrigue pleine de rebondissements, beaucoup de détails scientifiques qu'il n'est pas nécessaire de comprendre parfaitement pour suivre l'histoire, une narration un peu froide, ce qui fait qu'on ne s'attache pas tant que cela aux personnages et qu'on en sait peu sur leur vie privée -- l'intérêt réside ailleurs.  Parlant de personnages, je vous recommande de vous dresser dès le début une petite liste car ils sont très nombreux (ma liste en compte quarante-deux) dont la plupart avec des noms chinois qui se ressemblent (Yang, Zhang, Zhuang...).

Il y a bien quelques passages que j'ai trouvés longuets (dont un qui m'a semblé ne pas apporter grand-chose à l'intrigue), mais dans l'ensemble, une lecture passionnante, vivement la suite!


La Forêt sombre (La Trilogie des trois corps, tome 2) de Liu Cixin, traduit du chinois, 2017, 736 p.  Titre de la version originale: Hēi'àn sēnlín (2008)

28 avril 2024

11/22/63 (22/11/63)

Science-fiction, roman historique, roman d'amour, thriller et même une petite touche de fantastique...  C'est bien connu, Stephen King aime mélanger les genres, et le mélange est ici très réussi!

Il est de notoriété publique que ce roman raconte l'histoire d'un voyageur temporel qui tente d'empêcher l'assassinat de John F. Kennedy.  La grosse surprise réside dans le fait que cela ne constitue en fait que la toile de fond des premiers deux tiers du roman.  En effet, notre héros est transporté cinq années avant la date fatidique et vivra toutes sortes de péripéties avant de pouvoir essayer de changer le cours du Destin.  Entretemps, il devra s'adapter à cette époque bien différente de la sienne, rencontrera des gens fort sympathiques ou plutôt inquiétants, le tout en tentant de ne pas trop se faire remarquer! 

Je pense que ce long délai avant d'arriver au sujet évoqué par le titre a pu déplaire aux quelques détracteurs de ce roman.  Quant à moi, une fois accepté qu'on allait faire un long détour, j'ai adoré!  King dresse ici un formidable portrait de l'Amérique des années 50-60.  Seul petit bémol, quelques répétitions dans les premiers chapitres (tout le monde fumait à cette époque, on a compris!).  

King fait même un gros clin d’œil à un autre de ses romans, It (Ça), puisqu'une partie de l'intrigue se déroule à Derry, dans le Maine.  Je vous recommande donc de lire ce roman-là en premier si vous voulez notamment saisir les allusions à un certain clown...


11/22/63 de Stephen King, 2011, 849 p.  Titre de la traduction française: 22/11/63.

26 avril 2024

Piranesi (Piranèse)

Avec ce genre de roman, c’est tout ou rien.  C’est-à-dire qu’on aime beaucoup ou pas du tout.  Heureusement pour moi, j’ai été dans la première catégorie, et pas qu’un petit peu! 

L’histoire?  Je préfère ne rien vous en dire. La longueur de ce billet sera donc inversement proportionnelle au plaisir ressenti durant cette lecture.  Le narrateur, un être bizarre, naïf mais attachant, vous fera découvrir son étrange univers, petit à petit.  Vous ne comprenez rien au début?  C’est normal.  Lisez le moins possible de commentaires avant de commencer.  Déjà, de savoir dans quelle thématique on se trouvait, étant donné qu'il a été sélectionné pour le club de lecture Livraddict, c’était déjà un peu divulgâcheur, j’aurais préféré ne rien savoir du tout! 

En bref, j’ai vraiment adoré cette histoire très originale, tout comme j’avais adoré le premier roman de l’auteure, Jonathan Strange & Mr. Norrell, pourtant complètement différent de celui-ci!  Quel tour de force de Susanna Clarke d’avoir su soutenir notre attention en distillant les informations au compte-gouttes!  C’est toujours un jeu risqué, mais le pari est gagné selon moi!  

 

Piranesi de Susanna Clarke, 2020, 245 p.  Titre de la traduction française: Piranèse.

 

02 mars 2024

Le Problème à trois corps

 Trilogie des trois corps, tome 1 


Quel excellent premier tome!  De la science-fiction chinoise, ça fait changement!

Durant la Révolution culturelle, une jeune scientifique est accusée de trahison, et sa seule chance d'éviter la prison est d'aller travailler dans une mystérieuse base militaire.  Je ne vous dis rien de la suite, car tout l'intérêt de l'histoire réside justement dans les divers rebondissements inattendus de l'intrigue!  D'ailleurs, ne lisez pas les quatrièmes de couverture des différentes éditions, plusieurs sont divulgâcheuses comme c'est pas permis!!!

Il s'agit de Hard SF, un sous-genre de la science-fiction avec lequel je ne suis pas familière...  Dans ces œuvres, les informations scientifiques sont abondantes et je craignais d'être dépassée!  S'il y a bien quelques passages où je n'ai pas tout compris (la mécanique quantique et moi, on n'est pas copain-copain), ce n'est pas grave du tout, car cela n'empêche pas de suivre l'intrigue.

Un petit avertissement: ce n'est pas le genre de bouquin où l'on s'attache beaucoup aux personnages.  Tout cela reste très intellectuel et froid, et pourtant c'est passionnant.  Il me semble toutefois que quelques détails restent en suspens, mais peut-être qu'on aura plus d'informations dans le tome suivant!


Le Problème à trois corps (Trilogie des trois corps, tome 1) de Liu Cixin, traduit du chinois, 2016, 424 p.  Titre de la version originale: San Ti (2008).
Note: en chinois, le nom de famille vient en premier; cet auteur doit donc être classé dans les L!


17 février 2024

Kindred (Liens de sang)

Le début de ce roman m'a fait craindre une autre déception envers un livre du club de lecture Livraddict (les deux sélections précédentes, Freshwater de Akwaeke Emezi et Le Soleil des rebelles de Luca Di Fulvio, m'ayant laissé un avis mitigé).  

La prémisse me semblait un peu artificielle: chaque fois que son ancêtre, le fils d'un propriétaire de plantation du Maryland (un blanc esclavagiste, donc), se trouve en danger, une jeune femme noire du XXe siècle est transportée au XIXe siècle et contrainte de sauver la vie du jeune garçon sous peine de voir sa lignée (et donc elle-même!) disparaître.  C'est l'occasion, bien sûr, de confronter les valeurs, les mœurs et les conditions de vie des deux époques; c'est intéressant, mais pour une raison que j'ignore, je n'accrochais pas plus que cela à cette histoire.

C'est à mesure que les personnages sont mieux développés que je me suis sentie de plus en plus intéressée.  Les relations entre ceux-ci, tant les deux personnages principaux que tous les autres qui gravitent autour d'eux, blancs et esclaves noirs, sont vraiment bien décrites: pouvoir, amour malsain, jalousie, haine, etc.  Dans un environnement aussi glauque, impossible d'avoir des relations saines, que ce soit entre Noirs ou entre Blancs/Noirs.

Tout petit bémol: je me doutais bien qu'il n'y aurait pas d'explication rationnelle à ces voyages dans le temps, mais j'aurais aimé qu'on nous donne une raison pour le fait que ce soit cette jeune femme, plutôt que n'importe quel autre descendant, qui se trouve appelée à la rescousse.  Je reste sur ma faim sur ce petit point précis, mais ce n'est pas grave.  Après un départ un peu difficile, je ressors très satisfaite de cette lecture et j'ai très hâte de connaître l'avis des autres membres du club!


Kindred de Octavia E. Butler, 1979, 264 pages.  Titre de la traduction française: Liens de sang.

07 janvier 2024

Alfie

Après une lecture un peu ardue (coucou M. Rushdie!), quel plaisir de se relaxer les neurones avec une petite SF drôlatique!  Surtout que grâce à une mise en page très aérée, j'ai eu l'impression que ça se lisait tout seul...  J'ai dévoré plus de quatre cents pages en vingt-quatre heures (moi qui suis une lectrice-escargot), ça vous donne une idée?

De quoi ça cause?  On est dans un avenir proche, et une famille de la classe moyenne installe dans sa maison le tout nouveau système de domotique contrôlé par une intelligence artificielle répondant au nom d'Alfie.  Au départ, celui-ci (car cette IA semble être de genre masculin) ne connaît rien des humains et doit donc apprendre à les comprendre pour mieux les servir... ou les espionner?  Cela donne lieu à des réflexions amusantes, surtout en ce qui concerne le comportement du chat Simba!  Je dois dire que j'ai pouffé de rire à plusieurs reprises, sous les yeux interloqués de ma propre minette.  Je vous laisse découvrir la suite, et d'ailleurs ne lisez pas la quatrième de couverture, qui divulgâche un peu trop à mon goût!

Parlant de divulgâcheurs, le seul défaut que j'ai trouvé à ce roman c'est qu'il révèle le coupable du Meurtre de Roger Ackroyd d'Agatha Christie, faute impardonnable à mes yeux!!!  Étrange coïncidence, c'est ce même polar que je me suis fait divulgâcher quand j'étais ado par ce crétin de Petit Robert des noms propres, un incident qui est probablement la cause de la «divulgâchophobie» dont je suis affligée depuis...

Sans que cette lecture soit une expérience inoubliable, j'ai vraiment beaucoup apprécié le mélange des genres SF/policier/comédie de ce roman qui, sous des allures légères, soulève quand même quelques réflexions intéressantes sur la place grandissante que la technologie en général et l'hyperconnectivité en particulier prennent dans nos vies.


Alfie de Christopher Bouix, 2022, 440 p.

25 novembre 2023

Gideon the Ninth (Gideon la Neuvième)

 The Locked Tomb (Le Tombeau scellé), tome 1

Étrange expérience que cette lecture...  

Tout en aimant l'ambiance à la fois noire et drôle (les dialogues sont très sarcastiques), j'ai eu un gros passage à vide durant le premier tiers de ce roman de Tamsyn Muir car je ne m'attachais pas du tout aux deux personnages principaux.  De plus, la plume de l'auteure (en VO) n'est pas des plus fluides; au-delà du vocabulaire assez recherché, et sans que j'aie pu identifier vraiment ce qui cloche, j'ai trouvé son style un peu lourd.  J'avais l'impression de ne pas avancer.  On a frôlé l'abandon!

Toutefois, une fois résignée au fait que décidément cette Gideon n'est pas des plus sympathiques, j'ai pu apprécier les qualités certaines du roman.  Je me suis prise au jeu de cette intrigue intelligente, pleine de rebondissements inattendus et où le lecteur doit fournir un petit effort, ce qui n'est pas pour me déplaire.  J'ai aussi beaucoup aimé le mélange des genres: mi-SF (on passe d'une planète à une autre en vaisseau spatial), mi-Fantasy (il y a de la magie, les serviteurs sont des squelettes animés), le tout assaisonné d'un huis-clos que n'aurait pas renié Agatha Christie elle-même.    

Est-ce que je lirai la suite?  Pas décidée encore.  La fin de ce tome est satisfaisante, l'histoire pourrait s'arrêter là... mais il y a bien quelques petits détails laissés en suspens et qui piquent ma curiosité!


Gideon the Ninth (The Locked Tomb, tome 1) de Tamsyn Muir, 2019, 448 p.  Titre de la traduction française: Gideon la Neuvième (Le Tombeau scellé, tome 1).

12 octobre 2023

A Psalm for the Wild-Built (Un Psaume pour les recyclés sauvages)

Monk and Robot (Histoires de moine et de robot), tome 1

Je ne savais pas trop à quoi m’attendre en commençant ce court roman.  Ma première rencontre avec Becky Chambers s’était fort bien déroulée – c’était avec le tome 1 de sa série Wayfarers -- mais notre relation s’est gâchée lors de ma lecture du tome 2, qui m’a bien déçue.  Je la retrouve maintenant pour le tome 1 d’une nouvelle série mettant en vedette un moine et un robot habitant sur une lune lointaine.

Sans que j'aie été complètement emballée, cette lecture s’est plutôt bien passée.  Les deux personnages sont très attachants, l’amitié qui se développe peu à peu entre eux est touchante et plusieurs passages sont très drôles.  Ils ont d’intéressantes conversations (qui auraient même pu être plus approfondies) sur le sens de la vie, la place de l’humain (et du robot!) dans la nature, etc.

Ce roman a également été l’occasion d’expérimenter l’écriture inclusive et ce, en anglais!  Je connaissais déjà l’utilisation du pronom they comme pronom neutre au singulier mais seulement de façon très ponctuelle, par exemple dans un polar lorsque le sexe d’un suspect n’est pas connu. C’était pour moi une première dans le cas d'un personnage principal de genre non binaire.  Ce pronom étant 99.9% du temps utilisé au pluriel dans la langue anglaise, cela m’a demandé une petite gymnastique de cerveau! L'expérience ne m'a pas déplu, mais j'aurais peut-être éprouvé plus (trop?) de difficultés avec la version française...  Passe encore pour le pronom «iel», mais tous les accords d'adjectifs, de pronoms et de participes passés qui s'ensuivent, aouch!  En anglais, c'est quand même beaucoup plus simple. 

(En parlant de la traduction, est-ce que je suis la seule à trouver bizarre le titre français de la série?  Puisque moine et robot sont au singulier, est-ce que cela ne devrait pas plutôt être Histoires d'un moine et d'un robot, ou encore du moine et du robot? Mais bon, je chipote un peu, là!)

Mon principal bémol, c’est que finalement il ne se passe pas grand-chose dans cette histoire.  Sans nécessairement vouloir des explosions et des giclées de sang, j’aurais pris une certaine tension, un peu d’action, de danger ou de mystère.  C’était bien tranquille, tout ça, et cela m’a laissée sur ma faim.

Peut-être que ce tome sert d’introduction et que la suite sera plus corsée?  L’avenir nous le dira, mais si ce n’est pas le cas, cette série pourrait bien s’arrêter là pour moi (à moins qu’il me prenne l’envie d’une lecture doudou, mais c’est rarement ce que je recherche).  À suivre.

 

A Psalm for the Wild-Built (Monk and Robot, tome 1) de Becky Chambers, 2021, 160 p.  Titre de la traduction française: Un Psaume pour les recyclés sauvages (Histoires de moine et de robot, tome 1)