«Lors de la dégradation de Dreyfus, la foule massée devant les grilles criait "À mort! À mort les juifs!" Le correspondant à Paris de la Neue Frei Presse de Vienne, un juif, fut tellement bouleversé qu'il rentra dans son pays et rédigea les premières phrases de son traité, L'État juif, où était affirmée la nécessité pour les juifs d'obtenir leur propre État. Il se nommait Theodor Herzl. Les tout premiers germes de la formation de l'État d'Israël sont là, dans l'affaire Dreyfus.» (Geert Mak, Voyage d'un Européen à travers le XXe siècle, p. 31)C'est un peu la version temporelle de l'effet papillon, non?
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05 février 2011
L'Effet papillon...
03 juin 2010
Moi aussi!
«Vieux ou neufs, le seul signe dont j'essaie toujours de débarrasser mes livres (en général sans grand succès) est l'indication de prix que leur fixent au dos des libraires malveillants. Ces affreuses écailles blanches sont difficiles à arracher, elles laissent des cicatrices lépreuses et des taches de glu auxquelles adhèrent la poussière et la bourre des âges, et je rêve d'un enfer collant spécial auquel serait condamné l'inventeur de ces adhésifs.»
Alberto Manguel, La Bibliothèque la nuit.
10 mars 2008
Les Bienveillantes (2)
Dans un hôtel de Berlin, Max descend chez ses voisins qui font la fête, l'empêchant de dormir:
Je sais que ce n'est pas drôle du tout, mais je n'ai pas pu m'empêcher de rire. J'aimerais bien pouvoir sortir ce genre de réplique à mes voisins du dessus lorsqu'ils font la bamboula.
Une belle grande femme en tenue de soirée un peu négligée m'ouvrit, les
yeux brillants. «Oui?» Derrière elle, la musique rugissait, j'entendais
des tintements de verres, des rires affolés. «C'est votre chambre?» demandai-je,
le cœur battant. -- «Non. Attendez.» Elle se retourna: «Dicky! Dicky! Un
officier te demande.» Un homme en veston, un peu ivre, vint vers la porte;
la femme nous regardait sans cacher sa curiosité. «Oui, Herr
Sturmbannführer? fit-il. Que puis-je pour vous?» Sa voix affectée,
cordiale, presque brouillée traduisait l'aristocrate de vieille souche. Je
m'inclinai légèrement et débitai d'un ton le plus neutre possible: «J'habite la
chambre au-dessus de la vôtre. Je reviens de Stalingrad où j'ai été
grièvement blessé et où presque tous mes camarades sont morts. Vos
festivités me dérangent. J'ai voulu descendre vous tuer, mais j'ai
téléphoné à un ami, qui m'a conseillé de venir vous parler d'abord. Alors,
voilà, je suis venu vous parler. Il vaudrait mieux pour nous tous que je n'aie
pas à redescendre.»
Je sais que ce n'est pas drôle du tout, mais je n'ai pas pu m'empêcher de rire. J'aimerais bien pouvoir sortir ce genre de réplique à mes voisins du dessus lorsqu'ils font la bamboula.
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