Aucun message portant le libellé Fantasy. Afficher tous les messages
Aucun message portant le libellé Fantasy. Afficher tous les messages

07 juin 2026

Dungeon Crawler Carl

Série Dungeon Crawler Carl, tome 1

Hummmm, je vais peut-être en surprendre plus d'un, chers lecteurs, mais ce roman m'a un peu déçue...  Étant donné qu'il a gagné le Prix Livraddict catégorie SF et que la plupart des avis que j'ai pu lire ici et là sont dithyrambiques, j'avais peut-être mis la barre trop haute!  J'aurais dû suivre ma ligne de conduite habituelle, qui est d'attendre que la poussière retombe avant de lire un livre qui a suscité tout un houpla! 

Je m'attendais à quelque chose de très original; si l'on ne connaît pas le genre littéraire «litRPG» (pour literature roleplaying game), cela peut sembler l'être.  Mais, si j'ai appris cette expression depuis peu, j'ai lu il y a plus de vingt ans une bande dessinée américaine (dont j'ai oublié le nom) qui fonctionnait sur ce principe, de même qu'un roman et une bande dessinée de la série française Le Donjon de Naheulbeuk de John Lang, qui date du milieu des années 2000.

Pour ceux qui ne connaissent pas ce genre, il s'agit d'histoires où les règles typiques des jeux de rôle sont intégrées explicitement dans l'intrigue.  On a donc des personnages qui gagnent des points d'expérience et des points de vie, qui ont des statistiques personnelles (force, intelligence, etc), qui accomplissent des missions ou des quêtes.  Tout cela de façon explicite, c'est-à-dire qu'un personnage se dira par exemple «je vais aller attaquer ce monstre, ainsi je vais gagner des points d'expérience, ce qui me permettra de monter de niveau.»

Pour ce qui est de l'intrigue elle-même, elle rappelle la série Hunger Games (que je n'ai pas lue, mais j'ai vu les adaptations cinématographiques), avec un soupçon de Hitchhiker's Guide to the Galaxy (pour les méchants extra-terrestres qui viennent s'emparer de la planète Terre).  Donc encore là, rien de très original.

Néanmoins, ce livre reste agréable à lire grâce à l'humour de l'auteur Matt Dinniman et surtout grâce à la relation entre les deux personnages principaux (dont une chatte magicienne absolument craquante).  J'avoue toutefois avoir trouvé leurs aventures un peu répétitives (on tue des monstres, on trouve des trésors, et on recommence) pendant les deux premiers tiers, au point où je me suis dit que je n'allais pas continuer cette série.  Heureusement, l'intensité augmente dans le dernier tiers et j'ai décidé que  je lirais au moins le tome 2 (et on verra pour les suivants!). 

 

Dungeon Crawler Carl, tome 1 de Matt Dinniman, 2020, 450 p.  Titre de la traduction française: Dungeon Crawler Carl, tome 1. 

 

 

19 juillet 2024

Harrow the Ninth (Harrow la Neuvième)

 The Locked Tomb (Le Tombeau scellé), tome 2

Après un début difficile, une intrigue intelligente et l'humour des dialogues m'avaient permis d'apprécier le tome 1 de cette série au genre indéfinissable (fantastiquo-fantasy-SF?).

En commençant le tome 2, j'ai constaté que j'avais, là encore, un peu de difficulté à plonger dans cet univers.  Certains événements ne concordent pas du tout avec ce qui s'est passé dans le tome 1, et c'est très long avant qu'on commence à comprendre pourquoi. La narration à la deuxième personne du singulier, très étrange (on ne saisit la raison de ce choix que beaucoup plus loin) ne nous aide pas non plus.  J'étais très désarçonnée, mais j'espérais que la situation allait s'améliorer comme dans le cas du tome précédent.  

En général, j'aime beaucoup qu'un auteur nous fasse travailler un peu au lieu de tout expliquer en long et en large.  Mais ici, l'intrigue est tellement tarabiscotée que j'avais de la misère à suivre!  Il y a toutefois de très bons passages, drôles ou intrigants, et on retrouve avec plaisir certains personnages du tome 1.

Quant à l'épilogue, il est tellement bizarre que j'étais fâchée en le terminant!  J'imagine que l'intention de l'auteure était de nous appâter pour la suite, mais dans mon cas l'effet contraire s'est produit, et il y a de fortes chances pour que cette série s'arrête là pour moi...


Harrow the Ninth (The Locked Tomb, tome 2) de Tamsyn Muir, 2020, 512 p.  Titre de la traduction française: Harrow la Neuvième (Le Tombeau scellé, tome 2)

06 décembre 2023

The Other Wind (Le Vent d'ailleurs)

Earthsea (Terremer), tome 6

Ooouuuiiinnn!!! J'ai terminé cette magnifique série, snif snif!  Bon, il me reste bien quelques nouvelles qui se déroulent dans le même univers, je tenterai de mettre la main sur elles.  J'ai vu notamment que The Daughter of Odren est disponible en prêt numérique.  En général, la nouvelle n'est pas un genre littéraire qui m'attire, mais pour me plonger à nouveau dans le monde de Earthsea, je suis prête à tout!

Pour ce qui est de ce tome 6, quel immense plaisir de retrouver la plume de Le Guin!  Je suis fascinée par son pouvoir d'évocation.  Son style est épuré, presque minimaliste et pourtant en quelques phrases nous voilà transportés dans un autre monde.  On revoit aussi avec bonheur les personnages des tomes précédents et on en découvre quelques nouveaux.

Je n'ai qu'un petit bémol, j'ai trouvé la fin un peu trop simple et rapide.  Sans m'attendre à quelque chose de grandiose à la Tolkien, j'aurais souhaité qu'un certain passage soit plus étoffé, qu'il y ait une plus grande tension.  Mais la résolution de l'histoire en elle-même est satisfaisante et conclut bien la série.  Elle a un petit côté doux-amer qui convient parfaitement à l'atmosphère générale.

Maintenant, j'ai déjà hâte de retrouver cette plume magique dans un autre registre, la science-fiction!  Je pense lire La Main gauche de la nuit en 2024...


The Other Wind (Earthsea, tome 6) d'Ursula Le Guin, 2001, 328 p. Titre de la traduction française: Le Vent d'ailleurs (Terremer, tome 6) (Il faut noter que les tomes en français sont divisés différemment dans certaines éditions.)

25 novembre 2023

Gideon the Ninth (Gideon la Neuvième)

 The Locked Tomb (Le Tombeau scellé), tome 1

Étrange expérience que cette lecture...  

Tout en aimant l'ambiance à la fois noire et drôle (les dialogues sont très sarcastiques), j'ai eu un gros passage à vide durant le premier tiers de ce roman de Tamsyn Muir car je ne m'attachais pas du tout aux deux personnages principaux.  De plus, la plume de l'auteure (en VO) n'est pas des plus fluides; au-delà du vocabulaire assez recherché, et sans que j'aie pu identifier vraiment ce qui cloche, j'ai trouvé son style un peu lourd.  J'avais l'impression de ne pas avancer.  On a frôlé l'abandon!

Toutefois, une fois résignée au fait que décidément cette Gideon n'est pas des plus sympathiques, j'ai pu apprécier les qualités certaines du roman.  Je me suis prise au jeu de cette intrigue intelligente, pleine de rebondissements inattendus et où le lecteur doit fournir un petit effort, ce qui n'est pas pour me déplaire.  J'ai aussi beaucoup aimé le mélange des genres: mi-SF (on passe d'une planète à une autre en vaisseau spatial), mi-Fantasy (il y a de la magie, les serviteurs sont des squelettes animés), le tout assaisonné d'un huis-clos que n'aurait pas renié Agatha Christie elle-même.    

Est-ce que je lirai la suite?  Pas décidée encore.  La fin de ce tome est satisfaisante, l'histoire pourrait s'arrêter là... mais il y a bien quelques petits détails laissés en suspens et qui piquent ma curiosité!


Gideon the Ninth (The Locked Tomb, tome 1) de Tamsyn Muir, 2019, 448 p.  Titre de la traduction française: Gideon la Neuvième (Le Tombeau scellé, tome 1).

29 mai 2023

Le Royaume immobile

Le Paris des Merveilles, tome 3

Quel délice de retrouver ce Paris enchanté imaginé par Pierre Pevel!  Et quel bonheur de retrouver ce beau couple que forment Griffont le mage et Isabel l'enchanteresse (surtout que cette dernière est beaucoup plus à l'avant-plan dans ce tome, jouant les héroïnes de film d'action!)

J'ai toutefois trouvé ce tome légèrement inférieur aux deux premiers.  Il y a beaucoup moins de petits clins d’œil à des personnages historiques, littéraires ou cinématographiques (Arsène Lupin, Méliès, Valentin des Brigades du Tigre, etc).  De plus, il me semble que quelques fils de l'intrigue restent en suspens (par exemple, les rencontres des clans de chats ailés, l'absence de Lord Dunsany au rendez-vous avec la Baronne).  

Par contre, il y a beaucoup d'action et on ne s'ennuie pas une seconde!  J'aurais pris quelques tomes de plus dans cette série (il y a bien quelques recueils de nouvelles, mais ils ne m'attirent pas, sachant que ce sont principalement des nouvelles écrites par d'autres auteurs...).


Le Royaume immobile (Le Paris des Merveilles, tome 3) de Pierre Pevel, 2015, 377 p.

16 février 2023

Tales from Earthsea (Contes de Terremer)

Earthsea, tome 5

Après une lecture décevante (le tome 4 de la série des Malaussène, de Pennac), quel grand bonheur de me sentir transportée dans un autre monde par la plume toujours si évocatrice d'Ursula Le Guin.  En effet, en quelques phrases à peine, je me suis retrouvée sur une des îles formant l'archipel de Terremer.

Ce recueil comporte cinq nouvelles dans lesquelles l'auteure développe l'histoire de ce monde, en particulier la fondation de l'école de magie sur l'île de Roke.  On y apprendra notamment comment et pourquoi les femmes en ont été exclues.  En général je ne suis pas fan de nouvelles, mais j'ai trouvé que ce recueil se lisait comme un roman puisque les récits ne sont pas totalement indépendants: tous sont reliés aux tomes précédents, et la dernière nouvelle annonce le prochain tome, The Other Wind (Le Vent d'ailleurs).  Seule la deuxième nouvelle m'a semblé un peu plus faible, avec un petit côté presque à l'eau de rose, surprenant chez cette auteure.

Je peux vous assurer que le prochain (et dernier!) tome sera lu cette année!  Par la suite, j'aimerais beaucoup découvrir ses romans de science-fiction.


Tales from Earthsea (Earthsea, tome 5) d'Ursula Le Guin, 2001, 416 p.  Titre de la traduction française: Contes de Terremer (Terremer, tome 5 ou tome 3 dans certaines éditions).

08 novembre 2022

L'Élixir d'Oubli

Le Paris des Merveilles, tome 2


Quel délice de retrouver Griffont, la baronne de Saint-Gil et Azincourt le chat volant (pour ne nommer que ceux-là!) pour de nouvelles aventures!  Et toujours avec cette ambiance Belle Époque et avec cet humour que j'adore!  Pour ne rien gâcher, notons qu'on apprend comment Griffont et Isabel se sont rencontrés, et que de nouveaux personnages tirés de la littérature sont introduits dans l'intrigue. Je n'en dis pas plus...

Petit bémol, j'ai noté une tendance à donner trop d'explications, soit en définissant deux fois un concept (qu'est-ce que l'Élixir d'Oubli?), ou alors en expliquant un jeu de mots que le lecteur moyen avait déjà compris (si on ne connaît pas Charybde et Scylla, on peut googler, hein?)  Il me semble que le tome précédent faisait davantage dans la subtilité...  Je ne le dirai jamais assez, il faut faire confiance au lecteur!

Heureusement ce petit défaut ne se présente qu'à quelques reprises et n'a donc pas gâché le grand plaisir que j'ai éprouvé tout au long de cette lecture!


L'Élixir d'Oubli (Le Paris des Merveilles, tome 2) de Pierre Pevel, 2004, 379 p.

09 mars 2022

Tehanu

Earthsea (Terremer), tome 4

Je me répète, mais... que j'aime la plume d'Ursula Le Guin!  

Dans ce tome-ci, il n'y a pas énormément d'action mais quelle ambiance du tonnerre!  On alterne entre des moments de tension à couper le souffle et d'autres plus paisibles.  On s'attache énormément aux personnages, notamment aux deux héroïnes, Tenar (rencontrée d'abord dans le tome 2) et la petite Therru. Mine de rien, il y a un petit côté féministe au propos, plus développé que dans les autres histoires, peut-être parce que celle-ci a été écrite beaucoup plus tard, si je me fie à l'année de publication?  Et puis, il y a des dragons!  Inutile d'en dire plus, pas vrai?

J'ai donc terminé cette intégrale qui regroupe les quatre principaux romans de la série Earthsea.  Je ne sais pas encore si je lirai les contes et nouvelles reliés à ce monde, étant donné que ces genres littéraires m'attirent moins.  Pour continuer avec cette formidable auteure (c'est un scandale qu'elle ne soit pas plus connue, selon moi!), je vais essayer ses écrits en science-fiction, avec son roman au joli titre, La Main gauche de la nuit

Oh! mais après avoir écrit le paragraphe ci-dessus, je vois qu'un autre roman de la série Earthsea a été publié en 2001, je ne savais pas!  Je frétille de joie!  Mais je me demande pourquoi il ne fait pas partie de cette intégrale, c'est bizarre...  Il faut dire que les différentes éditions de cette série, c'est un vrai bordel.  Une chatte y perdrait ses petits!


Tehanu (Earthsea, tome 4), d'Ursula Le Guin, 1990, 212 p.  Titre de la traduction française: Tehanu (Terremer, tome 4).

20 février 2022

Mort (Mortimer)

Discworld (Les Annales du Disque-Monde), tome 4

Toujours un plaisir de retrouver l'univers déjanté du Disque-Monde!  Comme dans les tomes précédents, j'ai adoré l'humour et l'intelligence de Pratchett.  Pour ne pas trop me répéter, je n'ajoute ici que quelques observations. 

1) J'ai été un peu déçue que le personnage de la Mort (tellement rigolo!) ne soit finalement pas si présent dans ce tome.  On y suit surtout les aventures de son apprenti, Mortimer.

2) Je suis plus que jamais convaincue qu'il faut lire Pratchett en version originale...  Dans la traduction, le cheval Binky s'appelle Bigadin! M'enfin!?!

3) Il y a plusieurs théories sur l'ordre de lecture à privilégier pour cette immense série.  On m'a déjà dit qu'à part les tomes 1 et 2, on pouvait les lire dans le désordre; d'autres pensent qu'il faut les lire par cycle (cycle de Rincevent, cycle des sorcières, etc.) ou encore par ordre de parution, sans tenir compte des cycles.  Je pensais y aller plus ou moins par cycle, c'est pourquoi j'ai lu le tome 5 après les tomes 1 et 2 et que maintenant je viens de lire le tome 4 (1er du cycle de la Mort) en mettant de côté le tome 3.  Mais j'ai remarqué que Pratchett faisait plusieurs clins d’œil aux personnages des tomes précédents et qu'on manque quelque chose si on ne les a pas lus.  Dorénavant je vais donc tenter de les lire par ordre de parution, en autant que je puisse mettre la main sur l'édition numérique ou papier à la bibliothèque.  Mon prochain sera donc le tome 3, Equal Rites (La Huitième Fille), premier du cycle des Sorcières.  (Désolée pour ce long aparté qui ne sera intelligible qu'aux amateurs!)

4) Pour tenter de comprendre le blabla du point 3, on peut se référer à ce plan.


 

Mort (Discworld, tome 4) de Terry Pratchett, 1987, 315 p. Titre de la traduction française: Mortimer (Les Annales du Disque-Monde, tome 4).

30 janvier 2022

Les Enchantements d'Ambremer

 Le Paris des Merveilles, tome 1

Ok, je dois vous avouer quelque chose: des fois, j'ai des idées préconçues.  Aussi, des fois, je me fourre le doigt dans l’œil.  Voilà, c'est dit.

Ainsi, j'étais convaincue que cette série de romans de Pierre Pevel n'était pas pour moi. Trop en vogue?  Je ne sais trop.  Je croyais en plus que c'était de la littérature jeunesse, alors qu'il n'en est rien.  

Comme le tome 1 a été choisi pour le club de lecture Livraddict de janvier, et qu'en plus il était disponible en prêt numérique, je me suis dit: «bah! je ne risque rien à y jeter un coup d'oeil; au pire, je l'abandonnerai après quelques pages».  Déjà, l'an dernier, j'avais été déçue par une série du même genre et tout aussi populaire, The Parasol Protectorate de Gail Carriger, alors je m'attendais à un résultat similaire.   

Comment vous dire...  J'ai adoré!  Dès le premier chapitre, il y a un chat ailé qui parle avec un faux accent British.  Ai-je besoin d'en dire plus?  Ce chat se nomme Azincourt, du nom de la fameuse bataille où des chats contribuèrent à donner la victoire aux Anglais.  Tout le roman est rempli de petits détails de ce genre.  Imaginez une ambiance à la Arsène Lupin, mais avec de la magie, des fées, des dragons, des arbres parlants et bien d'autres merveilles.  Il y a d'ailleurs de nombreux clins d’œil au fameux gentleman-cambrioleur: la combinaison d'un coffre-fort est 813, la comtesse de Cagliostro est mentionnée, etc.  On fait également un petit salut à une chouette série télévisée de mon adolescence, Les Brigades du Tigre, avec l'apparition du commissaire Valentin et de ses acolytes Pujol et Terrasson.

Je pensais tomber sur une intrigue simpliste, et encore là, pas du tout!  J'étais même parfois mélangée parmi tous les personnages; pour ça, je dis merci à la fonction Recherche de ma liseuse, qui m'a bien servie!  

Le roman est suivi d'une amusante nouvelle reprenant quelques-uns des personnages et où il est question du capitaine Nemo et du Nautilus...  Seul hic, je n'ai pas compris la fin de cette nouvelle!  Peut-être faut-il lire la suite de la série pour en savoir plus?

Je me demande si quelqu'un a pensé créer un jeu de rôle se déroulant dans cet univers.  On pourrait jouer un magicien, un cambrioleur, une enchanteresse (fée bannie d'Ambremer), un policier, voire même un chat ailé.  Je serais volontaire pour y jouer n'importe quand!


Les Enchantements d'Ambremer (Le Paris des merveilles, tome 1) de Pierre Pevel, 2003, 382 p.

12 juillet 2021

The Tombs of Atuan (Les Tombeaux d'Atuan)

 Earthsea (Terremer), tome 2

Comme j'aime diversifier mes lectures, il est rare que j'enfile les tomes d'une série presque à la suite les uns des autres.  Que je n'aie lu que trois romans entre les deux premiers tomes de Earthsea vous donne un gros indice sur le coup de cœur que j'ai éprouvé pour la plume d'Ursula Le Guin.  Évidemment, le fait que les romans sont très courts aide à ne pas se lasser, mais ce n'est vraiment pas le facteur principal.

Cette deuxième histoire est complètement différente de la première.  Alors que dans A Wizard of Earthsea le héros voyageait d'un bout à l'autre du monde connu, ici l'action se déroule presque entièrement dans un lieu unique et en huis-clos.  Nous sommes dans un temple où sont célébrés depuis la nuit des temps des rites sanglants.  Réincarnation de l'ancienne grande prêtresse, une jeune fille explore les lieux, particulièrement les mystérieux souterrains où la lumière ne doit jamais pénétrer et qui donnent accès à un labyrinthe légendaire. 

L'action est un peu lente à démarrer, mais à partir du milieu du roman, tout s'accélère et l'intrigue devient tout simplement palpitante.  L'ambiance, noire et angoissante à souhait, devrait plaire notamment aux amateurs de Lovecraft, même s'il n'y a aucun monstre tentaculaire! 

À quand le tome 3? 


(J'écris un billet séparé pour chaque tome, bien qu'en fait je les lis dans un recueil regroupant les quatre premiers romans, d'où cette image de couverture qui revient chaque fois...)

The Tombs of Atuan (Earthsea, tome 2) d'Ursula Le Guin, 1970, 133 p.  Titre de la traduction française: Les Tombeaux d'Atuan (Terremer, tome 2).

11 juin 2021

A Wizard of Earthsea (Le Sorcier de Terremer)

Earthsea (Terremer), tome 1

Quelle belle découverte!  Ce n'est que récemment que j'ai entendu parler de Ursula Le Guin et franchement je me demande pourquoi elle n'est pas plus connue: est-ce parce qu'elle est une femme, dans un genre littéraire dominé par les hommes jusqu'à tout dernièrement?

L'intrigue est assez classique: on assiste à l'enfance et à l'apprentissage d'un magicien, puis à ses premières aventures, à ses premiers voyages.  On retrouve d'ailleurs quelques motifs qui rappellent fortement Tolkien, comme un objet maléfique exerçant un pouvoir de séduction quasi irrésistible, ainsi que les monstrueux Serviteurs dudit objet, que j'ai imaginés sous les traits des montures ailées des Nazguls, dans la version de Peter Jackson du Seigneur des anneaux

Plus que l'histoire elle-même, c'est la plume de Le Guin qui m'a enchantée.  Quelle force d'évocation!  Elle dresse la situation en quelques mots, laissant notre imagination faire le reste.  C'est un style qui ne plaira pas à tous les lecteurs, mais moi j'ai tout simplement adoré cette confiance en notre intelligence.  Par exemple, le système de magie n'est pas décrit en détail, comme dans d'autres œuvres du genre.  On comprend simplement au fur et à mesure que les pouvoirs des magiciens sont liés aux «vrais noms» des choses et des créatures ainsi qu'aux éléments naturels (terre, vent, océan, etc.). 

Attendez-vous à voir un billet sur le tome 2 apparaître dans les prochaines semaines!  J'ai très hâte de le lire, surtout qu'on m'a dit qu'il est encore meilleur que le tome 1!


A Wizard of Earthsea (Earthsea, tome 1) de Ursula Le Guin, 1968, 224 p. Titre de la traduction française: Le Sorcier de Terremer (Terremer, tome 1).

15 juillet 2020

The Wind Through the Keyhole (La Clé des vents)

The Dark Tower (La Tour sombre), tome 4.5


Quel plaisir de retrouver les personnages et l'univers de la formidable saga Dark Tower!  En effet, plusieurs années après la parution du tome qui clôt la série, Stephen King nous offre ce petit roman à tiroirs (une histoire dans une histoire dans une histoire) dont l'intrigue se situe chronologiquement entre les tomes 4 et 5, d'où l'appellation de 4.5.  On aurait pu tout autant le désigner «hors-série» puisqu'il n'aura aucun impact sur la suite...  

Le groupe ayant été forcé de s'abriter de la tempête dans une maison abandonnée, Roland leur raconte au coin du feu une de ses aventures de jeunesse, au cours de laquelle il rencontra un petit garçon auquel il raconta une légende que sa mère lui contait quand il était enfant.

Si j'ai été déçue que finalement on délaisse assez rapidement le groupe, j'ai pris énormément de plaisir à lire ces histoires imbriquées les unes dans les autres, remplies de références à la série et même à d'autres œuvres (un lion nommé Aslan...) et qui apportent un nouvel éclairage sur le passé de Roland.  Bon, en fait, j'avoue tout, c'est surtout Oye le billy-bumbler que j'avais hâte de retrouver, il est tellement chou!  Imaginez un mélange entre un raton-laveur, un chien et un perroquet...  Or, mini-divulgâcheur, il y a six billy-bumblers tout mignons dans le conte!


The Wind Through the Keyhole (The Dark Tower, tome 4.5) de Stephen King, 2012, 254 p.  Titre de la traduction française: La Clé des vents.

10 mars 2020

The Princess Bride

En général, j'évite de lire un livre lorsque j'ai vu le film qui en est tiré.  A fortiori si je l'ai vu plusieurs fois et que je me souviens très bien de l'histoire.  Or ici, au contraire, le fait d'avoir vu (et adoré) maintes fois le film a plutôt attisé mon envie de lire le roman! C'est donc l'exception qui confirme la règle.  (Au fait, pourquoi une exception viendrait-elle confirmer la règle?  En logique, un contre-exemple n'est-il pas justement suffisant pour démontrer qu'une affirmation est fausse? Je n'avais jamais remis en question cette expression consacrée.   Mais je m'égare...)

Il faut dire que l'intérêt de cette histoire ne réside pas tant dans son intrigue (après tout, c'est un conte, ça finira nécessairement par «et ils vécurent heureux, etc») mais bien plus dans ses personnages originaux et ses dialogues hilarants.  Certaines des répliques du film sont d'ailleurs citées dès que l'occasion s'y prête dans mon groupe d'amis; j'ai été un peu déçue de constater que ma préférée ne se retrouve pas dans le roman, soit dit en passant («Thank you so much for bringing up such a painful subject. While you're at it, why don't you give me a nice paper cut and pour lemon juice on it?»). 

C'est donc avec un immense plaisir que j'ai retrouvé le royaume de Florin et ses habitants, le garçon de ferme devenu pirate Westley, Fezzik le géant amateur de rimes, Inigo l'escrimeur espagnol obsédé par son désir de vengeance et tous les autres.  Bon, j'avoue que la princesse Buttercup est un peu nunuche.  On ne créerait pas un personnage d'une telle passivité en 2020!  Mais d'une part le roman date des années soixante-dix, et d'autre part il se veut un pastiche des contes traditionnels à la Disney.  Je pense qu'on peut donc lui passer ce petit défaut.

Autant on retrouve complètement l'esprit du film (certains dialogues sont repris textuellement), autant il y a des différences qui nous permettent de sentir qu'on ne perd pas son temps: on en apprend beaucoup sur le passé des personnages, notamment Inigo et Fezzik (ça tombe bien, ce sont mes préférés) et plusieurs péripéties sont ajoutées, surtout dans la deuxième partie.  De plus, la partie qui se déroule de nos jours est complètement changée, et beaucoup plus développée.

Pour ceux qui ne connaissent ni le film, ni le bouquin, voici ce qu'on vous promet d'entrée de jeu:
Fencing. Fighting. Torture. Poison. True love. Hate. Revenge. Giants. Hunters. Bad men. Good men. Beautifulest ladies. Snakes. Spiders. Beasts of all natures and descriptions. Pain. Death. Brave men. Coward men. Strongest men. Chases. Escapes. Lies. Truths. Passion. Miracles.
Le livre, tout comme le film, tient sa promesse. 


The Princess Bride de William Goldman, 1973, 400 p.  Titre de la traduction française: Princess Bride (ben oui!)

22 décembre 2019

Sourcery (Sourcellerie)

Discworld, tome 5

 

Ouf!  J'ai vraiment eu de la difficulté à accrocher à ce roman, alors que j'avais adoré les tomes précédents.  J'ai l'impression que j'ai fait une légère surdose de fantasy humoristique, puisque j'ai lu ces derniers mois un roman et trois bandes dessinées de la série Le Donjon de Naheulbeuk.  Je ne vois pas d'autre explication...

Heureusement, quelques blagues bien placées et des trouvailles originales ont su raviver mon intérêt, et c'est avec plaisir que j'ai pu continuer ma lecture.  Ce que j'aime par-dessus tout de Pratchett, en plus de son humour très british, c'est qu'il respecte l'intelligence de ses lecteurs.  Il nous lance des allusions et des références, arrangez-vous avec ça les amis!  Le surligneur jaune fluo, très peu pour lui.  Alors oui, c'est sûr qu'on peut en échapper quelques-unes (j'ai été quelque peu décontenancée à certains moments), mais quand on comprend, qu'est-ce qu'on se sent futé!

J'avais l'intention de lire dans les prochaines semaines Princess Bride de William Goldman, qui est dans ma PAL depuis un certain temps, mais puisqu'il s'agit là encore de fantasy rigolote, je pense plus sage de reporter cela à plus tard.  Ce serait dommage de me gâcher ce roman pour lequel j'anticipe beaucoup de plaisir, étant donné que le film qui en est tiré est un de mes préférés à vie!  En plus, j'ai prévu de participer en janvier au club de lecture de Livraddict qui porte sur Neverwhere de Neil Gaiman...  Heureusement dans ce cas-là on est plus dans le sous-genre Urban Fantasy, je crois, donc ce devrait être assez différent.

Quant à la série Discworld, je vais attendre un peu avant de la continuer.  Et, comme ce fut le cas ici, je vais laisser le hasard me guider.  En effet, on m'a dit qu'une fois lus les deux premiers tomes, qui présentent l'univers du Disque-Monde et dont le récit est lié, on pouvait y aller dans le désordre, ou encore suivre certains cycles, mais là ça me paraît un peu compliqué.  Fait amusant, ce tome 5, acheté par hasard dans une bouquinerie, reprend en fait certains personnages des tomes 1 et 2, les deux seuls que j'ai lus, alors que les tomes 3 et 4 vont complètement ailleurs, si j'ai bien compris!

Et si j'ai une petite prière à adresser à la déesse de la lecture, qui guide les achats de ses fidèles, c'est de me permettre de trouver un prochain tome dans cette édition magnifique, très sobre, plutôt que dans celle qu'on voit plus souvent, dont je trouve les illustrations de couverture un peu surchargées et racoleuses.  Amen.


Sourcery (série Discworld, tome 5) de Terry Pratchett, 1988, 334 p.  Titre de la traduction française: Sourcellerie.

31 mai 2019

Trésors de Tolkien

Quel bel album!

Le texte succinct présentant la vie et l’œuvre du grand auteur n'apprendra pas grand-chose aux connaisseurs. Dans mon cas, il y a bien quelques petits détails que je ne connaissais pas ou que j'avais oubliés, mais je me souvenais des grandes lignes.

L'intérêt de ce livre réside avant tout dans les magnifiques illustrations (et quelques photos) tirées des archives personnelles de l'écrivain.  Aquarelles, gouaches, dessins à l'encre ou aux crayons, tout est magnifique.  Quel artiste, ce Tolkien!  Il y a non seulement les illustrations destinées à accompagner ses œuvres, (incluant les maquettes des pages couvertures, superbes) mais aussi des dessins pour ses enfants et sa femme.  L'album se termine avec un intéressant chapitre sur les cartes. On connaît celles qui ont été publiées dans Bilbo le Hobbit et dans Le Seigneur des anneaux, mais qu'il est passionnant et même émouvant de voir celles qu'il a dessinées comme outil de travail (incluant plusieurs versions de la région de Minas Tirith)!  On peut y déchiffrer des notes et des ratures.  Il semble qu'il s'en servait notamment pour calculer la distance parcourue chaque jour par ses héros dans leur périple, tant la vraisemblance était importante pour lui, sachant qu'un hobbit ne voyage pas au même rythme qu'un Rôdeur!

Avertissement aux vieux fans comme moi, la traduction utilisée dans le chapitre sur Le Seigneur des anneaux est celle toute récente de Daniel Lauzon.  Il est donc d'abord un peu déconcertant de retrouver des noms comme Bilbo Bessac ou Fendeval (au lieu de Fondcombe), mais on s'y fait.

Je vous laisse avec quelques-unes de ces œuvres époustouflantes (même si ces petites reproductions ne leur rendent pas justice...):

Maquette pour la couverture du Hobbit

Le village des Hobbits

Les Nains arrivent aux campement des Trolls


Trésors de Tolkien de Catherine McIlwaine, 2018, 144 p.  Titre de la version anglaise: Tolkien Treasures.

23 mai 2019

La Couette de l'oubli

(Série Le Donjon de Naheulbeuk, tome 1)

 

Roman assez niché destiné aux lecteurs se trouvant dans l'intersection des ensembles «amateur de jeux de rôles de fantasy» et «appréciant l'humour de style Kaamelott». Si c'est votre cas, vous ne manquerez pas  de rigoler un bon coup en lisant ce machin absolument hilarant décrivant les péripéties d'un groupe d'aventuriers ineptes qui ont à leurs trousses tout ce que le royaume compte de fanatiques et d'assassins.

Comme j'ai l'impression que peu de mes lecteurs se reconnaîtront dans le public-cible sus-mentionné, je ne m'étends pas trop sur le sujet, sauf pour dire que cette série comprend aussi des bandes dessinées, que j'ai bien l'intention de découvrir sans trop tarder.


La Couette de l'oubli (série Le Donjon de Naheulbeuk, tome 1) de John Lang, 2008, 377 p.

22 septembre 2017

The Book of Lost Things (Le Livre des choses perdues)

Dans le Londres de la Deuxième Guerre mondiale, traumatisé par la mort de sa maman,  affligé d'une belle-mère et d'un demi-frère braillard, un adolescent se trouve transporté dans un monde fantaisiste.

J'ai d'abord eu un peu de misère à accrocher à ce roman de John Connolly, une revisite des contes de notre enfance, car je croyais que ce serait humoristique.  C'est du moins l'impression que m'avaient laissée les nombreux billets dithyrambiques que j'ai lus il y a quelques années*.  Or, si quelques passages sont en effet fort amusants (les sept nains communistes qui ont tenté d'empoisonner Blanche-Neige!), l'ensemble est plutôt noir, en fait.

Une fois l'ajustement mental effectué, je me suis prise au jeu et j'ai pu vraiment apprécier l'imagination débordante et un peu tordue de Connolly, et les nombreuses références aux contes de notre enfance ainsi qu'à d'autres œuvres (le chevalier Roland, tiré du poème de Robert Browning, et sa quête vers la tour de la Belle au bois dormant, c'est sûrement un clin d’œil à Stephen King!)  et oui, j'ai même versé quelques larmes à la fin.  Par contre, je n'ai pas été emballée par la plume de l'auteur, que j'ai trouvée un peu lourde.  Les répétitions de «David fait ceci, David pense cela», c'est sans doute pour recréer le styles des contes de fées, mais j'ai trouvé que cela desservait le récit, en fin de compte.

J'ai lu dans le catalogue de la bibliothèque municipale qu'il y avait deux versions de ce roman, une pour adultes, celle à couverture bleue (celle que j'ai lue), et une plus édulcorée, à couverture rouge.  Mais je n'ai pu valider cette information  nulle part, pas même sur le site de l'auteur.  Quelqu'un a de l'information là-dessus?


*P.S. Je viens de relire le billet de Karine de 2008, et je ne sais pas d'où me vient cette idée de drôlerie mais ça ne vient pas de chez elle!  Elle fait très bien ressortir le côté sombre, voire cauchemardesque,  du roman.


The Book of Lost Things de John Connolly, 2006, 339 p.  Titre de la traduction française: Le Livre des choses perdues.

12 février 2015

The Light Fantastic (Le Huitième Sortilège)

(Discworld, tome 2)

On m'avait prévenue qu'il ne s'agissait pas du meilleur tome de cette immense série de Terry Pratchett, et effectivement j'ai trouvé l'intrigue un peu décousue au début et l'humour parfois forcé.  Certains personnages sont présentés et on ne les revoit pas par la suite (ce sera pour plus tard, j'imagine). Tout de même, j'ai bien rigolé, ce qui était le but de l'affaire, et la fin est très réussie!  J'ai particulièrement apprécié les passages avec la Mort; notamment, le bout où Twoflower tente d'enseigner le bridge (enfin, une version du bridge qui contient des tortues et des éléphants!) aux quatre Cavaliers de l'Apocalypse est hilarant!  Je sais que plusieurs des romans suivants mettent en scène la Grande Faucheuse, je vais tenter de mettre la main sur le premier du cycle.  Parlant de cycles, j'ai trouvé sur wikipédia un chouette tableau qui met un peu d'ordre dans tout ça.

Mon billet sur le premier tome: The Colour of Magic.


The Light Fantastic (Discworld, tome 2) de Terry Pratchett, 1986, 284 p.  Titre de la version française: Le Huitième Sortilège (Les Annales de Disque-Monde, tome 2).

27 septembre 2014

Stardust

J'ai souvent un peu de difficulté avec les livres dont j'ai déjà vu le film qui en est tiré. Dans ce cas-ci, je croyais qu'il s'était écoulé assez de temps entre les deux expériences; je ne me rappelais que de quelques scènes plus marquantes (par exemple Robert De Niro en travesti, passage qui n'apparaît pas dans le livre, d'ailleurs).  Mais dans ce cas-ci et contrairement à son habitude, ma mémoire n'était pas si mauvaise, et j'ai passé le premier tiers du roman à le comparer à mes souvenirs du film, ce qui m'agace toujours au plus haut point.  Heureusement, Neil Gaiman est tellement bon conteur que j'ai finalement à peu près oublié de faire des comparaisons et j'ai pu vraiment apprécier à sa juste valeur l'histoire de ce jeune homme qui pénètre dans un monde féérique pour rapporter à sa bien-aimée une étoile filante, qui s'avère être en fait une jolie jeune fille qui ne se laissera pas emmener sans protester. Licornes, sorcières, méchants princes et bien d'autres créatures peuplent ce conte amusant, frais et romantique.


Stardust de Neil Gaiman, 1999, 238 p.  Titre de la traduction française: Stardust.