Un lieu ensoleillé pour personnes sombres de Mariana Enriquez, traduit de l'espagnol, 2025, 276 p. Titre de la version originale: Un lugar soleado para gente sombría (2024)
09 octobre 2026
Un lieu ensoleillé pour personnes sombres
19 août 2026
Antigone
En effet, ce texte de Sophocle est beaucoup plus court que je le croyais, une quarantaine de pages dans mon édition! J'ai aussi été surprise et un peu déçue du petit rôle joué par Antigone, finalement. Elle est l'élément déclencheur de la tragédie, mais on ne la voit pas beaucoup. Le personnage principal est plutôt Créon, le roi de Thèbes. La thématique de la pièce est intéressante: doit-on suivre les lois de la société ou agir selon les lois divines et la loyauté? Toutefois, une réplique d'Antigone m'a plongée dans la perplexité, car elle vient contredire ce que l'héroïne soutient depuis le début (ou alors j'ai rien compris!).
Je suis contente d'avoir lu cette pièce, car il y est souvent fait référence dans d'autres œuvres, que ce soit en littérature ou au cinéma. Ma principale motivation était d'ailleurs de pouvoir la comparer avec l'adaptation de Jean Anouilh, que j'ai trouvée dans une boîte à livres! Je vais toutefois attendre un peu avant de la lire.14 août 2026
Baudolino
Baudolino de Umberto Eco, traduit de l'italien, 2002, 556 p. Titre de la version originale: Baudolino (2000)
19 juin 2026
L'Homme qui souriait
Série Commissaire Wallander, tome 4
Encore un excellent tome de cette série que j'apprécie toujours autant!
L'histoire commence cette fois au bord de la mer Baltique, dans une petite pension où Wallander tente de se remettre de son enquête précédente, qui s'est terminée de façon très dramatique. Il file un mauvais coton et pense même quitter la police! Heureusement pour nous et pour ses collègues de la ville d'Ystadt, les événements le feront changer d'idée.
Comme toujours, Mankell excelle dans l'instauration d'une atmosphère plutôt glauque, avec brouillard et tout et tout. L'intrigue est remplie de rebondissements, on ne s'ennuie pas une seconde, même si l'enquête semble souvent piétiner.
Seuls bémols, quelques détails un peu tirés par les cheveux et surtout une fin que j'ai trouvée précipitée et très «JamesBondesque», avec le méchant qui explique tout son plan au commissaire puis s'en va en laissant à ses sbires le soin de liquider ce témoin gênant... Alerte au divulgâcheur: il va s'en tirer!
L'Homme qui souriait de Henning Mankell, traduit du suédois, 2005, 362 p. Titre de la version originale: Mannen som log (1994).
28 mai 2026
La dernière nuit du Raïs
De Yasmina Khadra, je ne connaissais que la série policière Commissaire Llob, dont le tome 1, La part du mort, est d'ailleurs un des premiers livres chroniqués sur ce blogue (qui a eu vingt ans ces jours-ci, pouvez-vous le croire?). Dans mes débuts bloguesques, j'écrivais des billets en cours de lecture, ce qui explique qu'il y en a deux pour ce roman-là -- le concept du blogue s'est précisé quelque temps plus tard!
J'ai donc toujours été curieuse de tenter l'un de ses romans plus «sérieux», mais sans trop savoir par lequel commencer. C'est le sort qui a décidé en mettant La dernière nuit du Raïs dans la boîte à livres que je fréquente.
C'est une assez bonne pige même si j'ai quelques réserves. L'idée de base est intéressante et originale: on est dans la tête du dictateur libyen Khadafi durant sa dernière nuit avant qu'il ne soit tué par les rebelles en 2011. Vous l'aurez compris, ce n'est pas le genre de roman où l'on s'attache au personnage principal! J'ai aimé la plume de Khadra, elle est assez directe et sans trop de fioritures, ce qui convient bien à ce type de récit.
Mon principal bémol, c'est qu'il m'a manqué une certaine mise en contexte (histoire de la Libye, rappel des soulèvements du Printemps arabe, etc.). J'ai l'impression que Khadra a voulu que cette histoire ait une résonance universelle, que ce soit le portrait de n'importe quel tyran. L'idée n'est pas mauvaise, mais cela m'a tout de même empêchée d'être complètement impliquée dans l'histoire, si je puis dire.
Je tenterai sans doute une autre œuvre de cet écrivain, donc n'hésitez pas si vous avez des suggestions! Sinon, j'attendrai l'intervention du Destin...
La dernière nuit du Raïs de Yasmina Khadra, 2015, 207 p.
14 mars 2026
La Mère
Ce roman raconte l'histoire d'une femme dont le fils fait partie des groupes socialistes prérévolutionnaires, au péril de sa liberté, voire de sa vie. Très apeurée au départ, elle évolue en assistant aux réunions de son fils, puis en faisant elle-même des lectures en autodidacte. Son évolution est le sujet principal du roman, mais on découvre également les conditions de vie des ouvriers de l'époque. L'idéalisme des personnages est admirable, mais bien sûr on a tout de même un arrière-goût amer, puisque l'on sait ce qui arrivera dans les décennies suivantes!
J'ai été vraiment surprise de constater que Gorki a une plume qui se lit très aisément, surtout si on le compare à certains autres écrivains russes (Léon et Fédor, c'est à vous que je pense!). La seule difficulté vient du nombre important de personnages secondaires. Après quelques chapitres, j'ai arrêté d'essayer de me souvenir de chacun, et cela ne m'a pas empêchée de bien suivre l'intrigue.
Allez, tout le monde ensemble: «I follow the Moskva, down to Gorki Park, listening to the wind of chaaaaaange...»
La Mère de Maxime Gorki, traduit du russe, 1907, 394 p. Titre de la version originale: Mat'.
18 février 2026
Douze Contes vagabonds
Appelons-les donc plutôt des nouvelles. Et même si je ne suis pas la plus grande fan de ce format littéraire, je dois dire que la plupart de ces nouvelles de Gabriel Garcia Marquez sont assez réussies. À part quelques-unes qui tombent un peu à plat, je les ai trouvées amusantes ou intrigantes.
Seule la toute dernière nouvelle m'a vraiment déçue: ces deux jeunes gens qui se rencontrent lorsque le jeune homme menace de violer la jeune femme et qu'elle lui tient tête, et qui deviennent ensuite amoureux, c'est... non! Une prémisse qui a fort mal vieilli et qui m'a laissé un arrière-goût amer.
À part cette fin ratée, ce recueil s'est avéré une lecture agréable, sans être inoubliable. Je ne le recommanderais pas toutefois pour un premier contact avec cet auteur.
En terminant, je note une phrase à réutiliser lorsque l'on trouve quelqu'un trop crédule:
«Écoute, mon vieux, (...) être Poisson ascendant Poisson c'est une chose, mais être con c'en est une autre.»
Douze contes vagabonds de Gabriel Garcia Marquez, traduit de l'espagnol, 1992, 157 p. Titre original: Doce cuentos peregrinos.
29 janvier 2026
Un Afghan à Paris
Il faut souligner que l’auteur ne connaissait pas le français à son arrivée à Paris. Qu’il ait réussi à atteindre une si bonne maîtrise de la langue en quelques années est admirable, même si l’on peut noter quelques maladresses qu’on lui pardonne facilement. Son texte, par sa naïveté même, est touchant et fort sympathique. J’aurais aimé que quelques sujets soient plus approfondis (circonstances du départ d’Afghanistan, plus de détails sur ses démêlés une fois rendu à Paris, etc), mais j'ai appris qu'il aborde ces thèmes dans un autre livre.
Une lecture très agréable!
Un Afghan à Paris de Mahmud Nasimi, 2021, 113 p.
27 décembre 2025
Les Enfants loups
Un thriller assez intéressant par son décor (on est dans un tout petit hameau isolé au flanc d'une montagne en Allemagne, il y a de la boue, des grottes, des vallées inexplorées, bref c'est glauque à souhait!), par sa construction polyphonique qui maintient le suspense en nous donnant la perspective de plusieurs personnages, et par ses multiples rebondissements inattendus.
Je dois toutefois dire que, vers les deux tiers du livre, j'ai éprouvé un petit coup de mou, je trouvais que ça commençait à tourner un peu en rond et j'ai bien failli décrocher! (Bon, il me semble que ces derniers mois j'ai souvent eu cette impression, c'est peut-être moi qui ai un peu de difficulté à me concentrer?) Heureusement j'ai réussi à me reprendre, ne serait-ce que pour savoir si j'avais bien deviné l'identité du coupable. Et la réponse est oui!
Bref, une lecture assez prenante, mais pas inoubliable.
Les Enfants loups de Vera Buck, traduit de l'allemand, 2024, 475 p. Titre de la version originale: Wolfskinder.
17 septembre 2025
Ör
Comme le titre le laisse supposer, on aura affaire ici à des personnages meurtris, qui tentent de panser leurs blessures; au premier chef, le personnage principal, qui a même décidé de mettre fin à ses jours, mais cela est plus compliqué qu'il n'y paraît!
De l'Islande, on se déplacera vers un pays détruit par une guerre civile, et là, les notions de cicatrice et de reconstruction prendront un tout autre sens.
Si j'ai trouvé l'intrigue un peu prévisible, j'ai beaucoup aimé l'ambiance établie par Audur Ava Olafsdottir, ainsi que sa plume, tout en douceur. De plus, la construction est originale, grâce aux titres de chapitres qui sont des citations d'autres œuvres, soit de poètes (dont Leonard Cohen) ou de philosophes, mais aussi de la Bible.
Mon préféré de cette auteure reste Rosa Candida, mais Ör arrive pas loin derrière (alors que je n'ai pas trop aimé Le Rouge vif de la rhubarbe).
Ör de Audur Ava Olafsdottir, traduit de l'islandais, 2017, 236 p. Titre de la version originale: Ör.
22 juillet 2025
La plus secrète mémoire des hommes (abandon)
Tiens, ça faisait un moment que je n'avais pas abandonné un livre... La dernière fois, c'était en 2022!
Ce n'est pourtant pas faute d'avoir tenté de m'accrocher... Je lisais ce roman de l'écrivain sénégalais Mohamed Mbougar Sarr, lauréat du Goncourt, dans le cadre d'une lecture commune avec des participantes du forum Livraddict, activité que j'ai moi-même organisée! Cet abandon constitue donc un peu un faux-pas de ma part...
Mais je n'en peux tout simplement plus du style pompeux, des personnages antipathiques et des discussions interminables sur la littérature. Pourtant, d'habitude les «livres qui parlent de livres» sont tout à fait dans mes cordes, mais là c'est fait d'une façon à la fois très abstraite et condescendante.
Il y a bien quelques passages que j'ai appréciés -- le Christ qui débarque de sa croix pour discuter le bout de gras avec le narrateur m'a bien fait rigoler! Mais ces moments étaient trop rares à mon goût.
Bref, la vie est trop courte, je passe à autre chose!
La plus secrète mémoire des hommes de Mohamed Mbougar Sarr, 2021, 457 p.
24 juin 2025
Patte de velours, œil de lynx
Malheureusement, malgré ce que laisse supposer cette couverture et ce titre, le chat en question a finalement un rôle très secondaire. Si j'avais lu la quatrième de couverture, j'aurais pu m'en douter, mais je ne les lis jamais de peur qu'elles ne contiennent des divulgâcheurs.
C'est la relation avec les voisins humains qui prend le devant de la scène, le chat (ou plutôt les deux chats, chaque maisonnée ayant le sien) agissant seulement à titre de déclencheur. Alors qu'on prévoyait un récit plutôt amusant (toujours à cause de cette couverture), la tension s'installe et on se retrouve dans un thriller sur le thème assez banal de la dispute entre voisins.
On peut m'expliquer le titre de la version française? Il n'a aucun rapport avec l'intrigue. Mon ami Google Traduction me dit que le titre original suédois signifie «Œil pour œil, patte pour patte»; tout en mettant encore trop l'emphase sur les félins, ce titre a au moins l'avantage d'annoncer l'ambiance conflictuelle du récit.
Contrairement à plusieurs lecteurs, j'ai assez aimé la fin, mais je suis quand même déçue du reste. Le personnage principal est peu attachant et, le roman étant très court, on passe trop rapidement de «ils sont sympas mais un peu bizarres, ces voisins!» à «ma voisine est une psychopathe!».
Patte de velours, œil de lynx de Maria Ernestam, traduit du suédois, 2015, 128 p. Titre de la version originale: Öga för öga, tass för tass (2014).
17 mars 2025
La Femme du deuxième étage
Ce roman de l'écrivain croate Jurica Pavičić est classé un peu partout comme un roman policier... C'est un brin trompeur, puisque, s'il y a bien un meurtre, la partie enquête policière et procès est très courte. Je trouve qu'on est plus dans un mélange de drame psychologique et de thriller domestique (i.e. un de ces thrillers qui se déroulent au sein d'une famille).
En effet, on alterne entre des chapitres qui se déroulent en prison, où le personnage principal est incarcéré, et des chapitres prenant place une dizaine d'années plus tôt, alors qu'un couple de jeunes mariés vient s'installer au deuxième étage de la maison familiale du mari. C'est surtout cette partie-là qui fait penser à un thriller, puisqu'on observe les engrenages qui se mettent en place pour mener au drame, inéluctable. On sent la tension qui monte, qui monte, c'est très habilement construit.
J'ai aussi bien apprécié le fait que l'histoire se déroule en Croatie, c'est très original et donne lieu à d'intéressantes descriptions des villes et villages, de l'alimentation, etc. Apparemment, ils mangent beaucoup de bettes à carde (que les Français appellent «blettes)!
En terminant ma lecture, j'étais un peu déçue de la fin, qui me semblait tomber un peu à plat... En se disant que ce roman est plutôt un drame psychologique, cette conclusion douce-amère devient beaucoup plus satisfaisante.
La Femme du deuxième étage de Jurica Pavičić, traduit du croate en 2022, 223 pages. Titre de la version originale: Žena s drugog kata (2015)
25 octobre 2024
Bonobo
En effet, l'intrigue prend un tour fantastique que je n'ai pas du tout vu venir et que j'ai trouvé intéressant. Il s'agit d'une histoire d'échange de personnalité entre une petite femelle bonobo et une soignante à l'emploi d'un centre d'étude des primates. Comme dans tous les romans (ou les films, nombreux) de ce genre, il faut bien sûr accepter cette prémisse de départ, qui peut naturellement sembler tirée par les cheveux. Une fois que c'est fait, on obtient ici de belles réflexions sur l'identité, sur la mort, sur ce qui différencie ou rapproche l'humain de ces animaux qui sont les plus proches de nous génétiquement parlant. J'ai particulièrement apprécié les passages qui évoquent les souvenirs de la petite bonobo. L'évolution des personnages principaux est également bien développée.
On remarquera aussi une dénonciation de la traite des animaux sauvages et de leur maltraitance -- il y a d'ailleurs une scène assez dure, les petits cœurs tendres sont avertis!
Bonobo de Jeong You-jeong, traduit du coréen, 2021, 400 p. Titre original: Jin-Yi & Jinny (2019).
30 septembre 2024
Le Restaurant des recettes oubliées
Ce roman du japonais Hisashi Kashiwai comporte deux gros points forts:
- Il y est beaucoup question de cuisine japonaise, ça met l'eau à la bouche! D'ailleurs, j'ai lu un des chapitres en mangeant le restant des sushis de notre repas précédent (Gropitou en achète toujours trop!), j'étais vraiment dans l'ambiance!
- Il y a un chat nommé Roupillon!
Est-ce suffisant pour en faire un excellent roman? Malheureusement non. Tout se déroule très rapidement, on effleure à peine les différents thèmes abordés (le deuil, la nostalgie, la mémoire, etc) et les personnages ne sont qu'esquissés. La structure n'est pas d'une grande originalité. Il s'agit d'une suite de petites histoires séparées dans lesquelles le cuisinier du restaurant et sa fille tentent chaque fois de retrouver une recette perdue pour le compte d'un client. L'idée est intéressante, mais la construction m'a donné une impression de déjà-vu en littérature japonaise.
Cela reste tout de même une lecture divertissante (et appétissante!), parfaite pour se reposer les neurones si c'est ce qu'on recherche (par exemple, après une grosse brique de Hard SF bien dense; oui, Liu Cixin, c'est à toi que je pense!), mais je commence déjà à mélanger les histoires entres elles alors que je l'ai terminée hier; c'est vous dire à quel point ce bouquin ne sera pas inoubliable.
Le Restaurant des recettes oubliées de Hisashi Kashiwai, raduit du japonais, 2023, 252 p. Titre de la version originale: Kamogawashokudo (2013).
28 septembre 2024
La Mort immortelle
Trilogie des trois corps, tome 3
Troisième et dernier tome de cette trilogie de Hard SF, écrite par le Chinois Liu Cixin. Qui dit Hard SF dit beaucoup de détails scientifiques et ce tome-ci n'y échappe pas! Il y a même quelques notions qui font presque mal au cerveau quand on essaye de visualiser ce que ça donne concrètement...
Comme dans les deux premiers tomes, on peut déplorer quelques longueurs et une narration qui ne laisse pas beaucoup de place à l'émotion. Par contre, il y a beaucoup moins de personnages, on se concentre principalement sur une jeune scientifique, qui tiendra le destin du système solaire entre ses mains, rien de moins!
Mon principal bémol concernant cette fin de trilogie est qu'un pan de l'histoire reste en suspens: on ne sait pas ce qui est arrivé à l'un des personnages secondaires. Enfin, on sait comment il finit, mais comment il en arrive là, ça reste très flou. Je me suis même demandé si Liu Cixin n'avait pas volontairement omis toute cette partie-là pour en faire un roman à part! En fouillant un peu, j'ai découvert qu'il y a en fait un roman écrit par un autre Chinois, d'abord une fan-fiction sur le Net mais maintenant traduit et publié officiellement chez Actes Sud/Babel, qui raconte justement cette histoire. Selon ce que j'ai lu sur un blogue, Liu Cixin aurait approuvé cette publication, mais cela n'exclut pas qu'il ait d'abord eu l'idée de l'écrire lui-même et qu'il se soit fait damer le pion... Allez savoir!
La Mort immortelle (Trilogie des trois corps, tome 3) de Liu Cixin, traduit du chinois, 2018, 944 p. Titre de la version originale: Sǐshén yǒngshēng (2010)
24 juillet 2024
La Lionne blanche
Décidément, cette série policière est en passe de devenir une de mes préférées dans ce genre littéraire!
D'abord j'aime beaucoup le personnage principal, le commissaire Wallander. Il est loin d'être parfait, mais on n'est pas non plus dans le cliché du policier alcoolique et misogyne. Il essaye d'être un bon père, un bon fils, sans toujours y parvenir. Il se fâche parfois contre ses collaborateurs mais sait pourtant reconnaître leurs qualités. D'ailleurs ceux-ci ont énormément de respect pour lui. Il n'est pas non plus un super-héros; s'il doit escalader une clôture en pourchassant un méchant, ça se pourrait bien qu'il déchire son pantalon!
Mais ce que j'apprécie encore plus, c'est la façon qu'a Mankell de s'inspirer de l'actualité de son époque, en variant les sujets à chaque tome. Ici, on est en 1992, en Afrique du Sud. Nelson Mandela vient de sortir de prison, l'Apartheid sera peut-être aboli, mais certains groupes de la population blanche résistent, en particulier les Boers, dont l'auteur nous rappelle l'histoire. Un complot se trame dont les ramifications s'étendent jusqu'en Suède! J'ai adoré que Mankell nous entraîne des bidonvilles jusqu'au bureau du président De Klerk, en passant par Ystad, la petite ville suédoise de ce cher Wallander. Dépaysement garanti!
Il y a bien un petit truc que j'ai trouvé un peu tiré par les cheveux vers la fin, mais cela n'a pas gâché mon plaisir. J'ai dévoré ce roman en quelques jours! Après quelques lectures plus ardues, c'était très agréable de retrouver la plume nette et efficace de Mankell.
La Lionne blanche de Henning Mankell, traduit du suédois en 2004, 487 p. Titre de la version originale: Den vita lejoninnan (1993).
19 juillet 2024
Harrow the Ninth (Harrow la Neuvième)
The Locked Tomb (Le Tombeau scellé), tome 2
Après un début difficile, une intrigue intelligente et l'humour des dialogues m'avaient permis d'apprécier le tome 1 de cette série au genre indéfinissable (fantastiquo-fantasy-SF?).
En commençant le tome 2, j'ai constaté que j'avais, là encore, un peu de difficulté à plonger dans cet univers. Certains événements ne concordent pas du tout avec ce qui s'est passé dans le tome 1, et c'est très long avant qu'on commence à comprendre pourquoi. La narration à la deuxième personne du singulier, très étrange (on ne saisit la raison de ce choix que beaucoup plus loin) ne nous aide pas non plus. J'étais très désarçonnée, mais j'espérais que la situation allait s'améliorer comme dans le cas du tome précédent.
En général, j'aime beaucoup qu'un auteur nous fasse travailler un peu au lieu de tout expliquer en long et en large. Mais ici, l'intrigue est tellement tarabiscotée que j'avais de la misère à suivre! Il y a toutefois de très bons passages, drôles ou intrigants, et on retrouve avec plaisir certains personnages du tome 1.
Quant à l'épilogue, il est tellement bizarre que j'étais fâchée en le terminant! J'imagine que l'intention de l'auteure était de nous appâter pour la suite, mais dans mon cas l'effet contraire s'est produit, et il y a de fortes chances pour que cette série s'arrête là pour moi...
Harrow the Ninth (The Locked Tomb, tome 2) de Tamsyn Muir, 2020, 512 p. Titre de la traduction française: Harrow la Neuvième (Le Tombeau scellé, tome 2)
24 juin 2024
La Forêt sombre
Trilogie des trois corps, tome 2
Qui dit deuxième tome d'une trilogie dit billet court sur le blogue. On a l'impression de répéter ce qu'on a écrit sur le premier tome, et par ailleurs on n'a pas encore un avis général sur la trilogie dans son ensemble.
Donc, comme dans le premier tome, on a une intrigue pleine de rebondissements, beaucoup de détails scientifiques qu'il n'est pas nécessaire de comprendre parfaitement pour suivre l'histoire, une narration un peu froide, ce qui fait qu'on ne s'attache pas tant que cela aux personnages et qu'on en sait peu sur leur vie privée -- l'intérêt réside ailleurs. Parlant de personnages, je vous recommande de vous dresser dès le début une petite liste car ils sont très nombreux (ma liste en compte quarante-deux) dont la plupart avec des noms chinois qui se ressemblent (Yang, Zhang, Zhuang...).
Il y a bien quelques passages que j'ai trouvés longuets (dont un qui m'a semblé ne pas apporter grand-chose à l'intrigue), mais dans l'ensemble, une lecture passionnante, vivement la suite!
La Forêt sombre (La Trilogie des trois corps, tome 2) de Liu Cixin, traduit du chinois, 2017, 736 p. Titre de la version originale: Hēi'àn sēnlín (2008)
14 mai 2024
The Narrow Road to the Deep North (La Route étroite vers le Nord lointain)
Comme la prochaine vente de livres élagués des Bibliothèques de Montréal a lieu dans un mois, j'ai pensé que ce serait une bonne idée d'avoir lu au moins un de ceux acquis l'an dernier! Mon choix s'est porté sur The Narrow Road to the Deep North de Richard Flanagan. Je n'avais jamais entendu parler ni du livre, ni de cet auteur australien, je l'ai acheté pour la seule mention «gagnant du Booker Prize» en couverture. Je ne me préoccupe pas tant que cela des prix littéraires, mais celui-là me déçoit rarement (citons notamment Life of Pi (Histoire de Pi) de Yann Martel et The Remains of the Day (Les Vestiges du jour) de Kazuo Ishiguro).
Je me suis donc lancée à l'aveuglette, n'ayant même pas lu la quatrième de couverture, et le titre et la couverture donnant peu d'indices du sujet... Il s'agit en fait d'un roman historique qui se déroule pour la plus grande partie dans un camp de prisonniers de guerre au Siam (la Thaïlande, aujourd'hui), mais aussi en Australie et brièvement au Japon.
La partie centrale du roman, celle qui se déroule au Siam, est vraiment excellente. C'est un pan de l'histoire que je ne connaissais pas: l'utilisation de prisonniers de guerre (ici, des Australiens) comme esclaves pour tenter de construire un chemin de fer à travers la jungle, dans des conditions épouvantables et avec des moyens rudimentaires.
La première partie, où l'on fait des allers-retours entre différentes époques, m'a beaucoup moins intéressée, surtout parce que les personnages sont peu attachants, mais aussi parce que le style très littéraire de l'auteur rend leurs motivations peu évidentes (ou alors c'est moi qui n'ai pas su lire entre les lignes?).
Quant à la dernière partie, il s'agit d'un long épilogue où l'on découvre ce qu'il advient de chacun des personnages une fois la guerre terminée. J'ai beaucoup aimé les passages se déroulant au Japon; encore là, c'est un sujet sur lequel je n'ai jamais rien lu -- je ne savais pas, par exemple, que Tokyo avait été intensivement bombardée! Mais j'ai tout de même trouvé toute cette partie un peu trop longue.
Dans l'ensemble, une bonne découverte, même si à la fin j'avais hâte de passer à autre chose!
The Narrow Road to the Deep North de Richard Flanagan, 2014, 334 p. Titre de la traduction française: La Route étroite vers le Nord lointain.



















