Aucun message portant le libellé Autres pays. Afficher tous les messages
Aucun message portant le libellé Autres pays. Afficher tous les messages

22 juillet 2025

La plus secrète mémoire des hommes (abandon)

Tiens, ça faisait un moment que je n'avais pas abandonné un livre...  La dernière fois, c'était en 2022!

Ce n'est pourtant pas faute d'avoir tenté de m'accrocher...  Je lisais ce roman de l'écrivain sénégalais Mohamed Mbougar Sarr, lauréat du Goncourt, dans le cadre d'une lecture commune avec des participantes du forum Livraddict, activité que j'ai moi-même organisée!  Cet abandon constitue donc un peu un faux-pas de ma part...  

Mais je n'en peux tout simplement plus du style pompeux, des personnages antipathiques et des discussions interminables sur la littérature.  Pourtant, d'habitude les «livres qui parlent de livres» sont tout à fait dans mes cordes, mais là c'est fait d'une façon à la fois très abstraite et condescendante.  

Il y a bien quelques passages que j'ai appréciés -- le Christ qui débarque de sa croix pour discuter le bout de gras avec le narrateur m'a bien fait rigoler!  Mais ces moments étaient trop rares à mon goût.  

Bref, la vie est trop courte, je passe à autre chose! 


La plus secrète mémoire des hommes de Mohamed Mbougar Sarr, 2021, 457 p. 

24 juin 2025

Patte de velours, œil de lynx

J'avoue, si j'ai eu envie de lire ce roman malgré les avis mitigés lus ici et là, c'est à cause de la couverture.  Quelle bouille il a ce minou! 

Malheureusement, malgré ce que laisse supposer cette couverture et ce titre, le chat en question a finalement un rôle très secondaire.  Si j'avais lu la quatrième de couverture, j'aurais pu m'en douter, mais je ne les lis jamais de peur qu'elles ne contiennent des divulgâcheurs.  

C'est la relation avec les voisins humains qui prend le devant de la scène, le chat (ou plutôt les deux chats, chaque maisonnée ayant le sien) agissant seulement à titre de déclencheur.  Alors qu'on prévoyait un récit plutôt amusant (toujours à cause de cette couverture), la tension s'installe et on se retrouve dans un thriller sur le thème assez banal de la dispute entre voisins.

On peut m'expliquer le titre de la version française?  Il n'a aucun rapport avec l'intrigue.  Mon ami Google Traduction me dit que le titre original suédois signifie «Œil pour œil, patte pour patte»; tout en mettant encore trop l'emphase sur les félins, ce titre a au moins l'avantage d'annoncer l'ambiance conflictuelle du récit.  

Contrairement à plusieurs lecteurs, j'ai assez aimé la fin, mais je suis quand même déçue du reste.  Le personnage principal est peu attachant et, le roman étant très court, on passe trop rapidement de «ils sont sympas mais un peu bizarres, ces voisins!» à «ma voisine est une psychopathe!».

 

Patte de velours, œil  de lynx de Maria Ernestam, traduit du suédois, 2015, 128 p.  Titre de la version originale: Öga för öga, tass för tass (2014).

17 mars 2025

La Femme du deuxième étage

Ce roman de l'écrivain croate Jurica Pavičić est classé un peu partout comme un roman policier...  C'est un brin trompeur, puisque, s'il y a bien un meurtre, la partie enquête policière et procès est très courte.  Je trouve qu'on est plus dans un mélange de drame psychologique et de thriller domestique (i.e. un de ces thrillers qui se déroulent au sein d'une famille).  

En effet, on alterne entre des chapitres qui se déroulent en prison, où le personnage principal est incarcéré, et des chapitres prenant place une dizaine d'années plus tôt, alors qu'un couple de jeunes mariés vient s'installer au deuxième étage de la maison familiale du mari.  C'est surtout cette partie-là qui fait penser à un thriller, puisqu'on observe les engrenages qui se mettent en place pour mener au drame, inéluctable.  On sent la tension qui monte, qui monte, c'est très habilement construit. 

J'ai aussi bien apprécié le fait que l'histoire se déroule en Croatie, c'est très original et donne lieu à d'intéressantes descriptions des villes et villages, de l'alimentation, etc.  Apparemment, ils mangent beaucoup de bettes à carde (que les Français appellent «blettes)!

En terminant ma lecture, j'étais un peu déçue de la fin, qui me semblait tomber un peu à plat...  En se disant que ce roman est plutôt un drame psychologique, cette conclusion douce-amère devient beaucoup plus satisfaisante.


La Femme du deuxième étage de Jurica Pavičić, traduit du croate en 2022, 223 pages.  Titre de la version originale: Žena s drugog kata (2015)

25 octobre 2024

Bonobo

Vous me connaissez, je ne lis jamais les quatrièmes de couverture.  J'avais noté ce roman sur ma liste il y a plus d'un an, mais je ne me souvenais que vaguement qu'il s'agissait d'une histoire mettant en scène quelqu'un qui s'occupe de bonobos, ces cousins plus sociaux et moins violents des chimpanzés.  Bon, j'avoue, c'est surtout cette couverture absolument craquante qui avait retenu mon attention!  Des fois, cette manie de me lancer dans une lecture à l'aveuglette me joue des tours: je tombe sur des romans d'un genre que je n'ai pas envie de lire à ce moment-là.  La plupart du temps, cela donne de bonnes surprises, comme ce fut le cas ici.

En effet, l'intrigue prend un tour fantastique que je n'ai pas du tout vu venir et que j'ai trouvé intéressant.  Il s'agit d'une histoire d'échange de personnalité entre une petite femelle bonobo et une soignante à l'emploi d'un centre d'étude des primates.  Comme dans tous les romans (ou les films, nombreux) de ce genre, il faut bien sûr accepter cette prémisse de départ, qui peut naturellement sembler tirée par les cheveux.  Une fois que c'est fait, on obtient ici de belles réflexions sur l'identité, sur la mort, sur ce qui différencie ou rapproche l'humain de ces animaux qui sont les plus proches de nous génétiquement parlant.  J'ai particulièrement apprécié les passages qui évoquent les souvenirs de la petite bonobo.  L'évolution des personnages principaux est également bien développée.

On remarquera aussi une dénonciation de la traite des animaux sauvages et de leur maltraitance -- il y a d'ailleurs une scène assez dure, les petits cœurs tendres sont avertis!   


Bonobo de Jeong You-jeong, traduit du coréen, 2021, 400 p.  Titre original: Jin-Yi & Jinny (2019).

30 septembre 2024

Le Restaurant des recettes oubliées

Ce roman du japonais Hisashi Kashiwai comporte deux gros points forts:

  1. Il y est beaucoup question de cuisine japonaise, ça met l'eau à la bouche!  D'ailleurs, j'ai lu un des chapitres en mangeant le restant des sushis de notre repas précédent (Gropitou en achète toujours trop!), j'étais vraiment dans l'ambiance!
  2. Il y a un chat nommé Roupillon!

Est-ce suffisant pour en faire un excellent roman?  Malheureusement non.  Tout se déroule très rapidement, on effleure à peine les différents thèmes abordés (le deuil, la nostalgie, la mémoire, etc) et les personnages ne sont qu'esquissés.  La structure n'est pas d'une grande originalité.  Il s'agit d'une suite de petites histoires séparées dans lesquelles le cuisinier du restaurant et sa fille tentent chaque fois de retrouver une recette perdue pour le compte d'un client.  L'idée est intéressante, mais la construction m'a donné une impression de déjà-vu en littérature japonaise.

Cela reste tout de même une lecture divertissante (et appétissante!), parfaite pour se reposer les neurones si c'est ce qu'on recherche (par exemple, après une grosse brique de Hard SF bien dense; oui, Liu Cixin, c'est à toi que je pense!), mais je commence déjà à mélanger les histoires entres elles alors que je l'ai terminée hier; c'est vous dire à quel point ce bouquin ne sera pas inoubliable.


Le Restaurant des recettes oubliées de Hisashi Kashiwai, raduit du japonais, 2023, 252 p.  Titre de la version originale: Kamogawashokudo (2013).

28 septembre 2024

La Mort immortelle

Trilogie des trois corps, tome 3

Troisième et dernier tome de cette trilogie de Hard SF, écrite par le Chinois Liu Cixin.  Qui dit Hard SF dit beaucoup de détails scientifiques et ce tome-ci n'y échappe pas!  Il y a même quelques notions qui font presque mal au cerveau quand on essaye de visualiser ce que ça donne concrètement...

Comme dans les deux premiers tomes, on peut déplorer quelques longueurs et une narration qui ne laisse pas beaucoup de place à l'émotion.  Par contre, il y a beaucoup moins de personnages, on se concentre principalement sur une jeune scientifique, qui tiendra le destin du système solaire entre ses mains, rien de moins! 

Mon principal bémol concernant cette fin de trilogie est qu'un pan de l'histoire reste en suspens: on ne sait pas ce qui est arrivé à l'un des personnages secondaires.  Enfin, on sait comment il finit, mais comment il en arrive là, ça reste très flou.  Je me suis même demandé si Liu Cixin n'avait pas volontairement omis toute cette partie-là pour en faire un roman à part!  En fouillant un peu, j'ai découvert qu'il y a en fait un roman écrit par un autre Chinois, d'abord une fan-fiction sur le Net mais maintenant traduit et publié officiellement chez Actes Sud/Babel, qui raconte justement cette histoire.  Selon ce que j'ai lu sur un blogue, Liu Cixin aurait approuvé cette publication, mais cela n'exclut pas qu'il ait d'abord eu l'idée de l'écrire lui-même et qu'il se soit fait damer le pion...  Allez savoir!


La Mort immortelle (Trilogie des trois corps, tome 3) de Liu Cixin, traduit du chinois, 2018, 944 p.  Titre de la version originale: Sǐshén yǒngshēng (2010)

24 juillet 2024

La Lionne blanche

Décidément, cette série policière est en passe de devenir une de mes préférées dans ce genre littéraire!

D'abord j'aime beaucoup le personnage principal, le commissaire Wallander.  Il est loin d'être parfait, mais on n'est pas non plus dans le cliché du policier alcoolique et misogyne.  Il essaye d'être un bon père, un bon fils, sans toujours y parvenir.  Il se fâche parfois contre ses collaborateurs mais sait pourtant reconnaître leurs qualités.  D'ailleurs ceux-ci ont énormément de respect pour lui.  Il n'est pas non plus un super-héros; s'il doit escalader une clôture en pourchassant un méchant, ça se pourrait bien qu'il déchire son pantalon!

Mais ce que j'apprécie encore plus, c'est la façon qu'a Mankell de s'inspirer de  l'actualité de son époque, en variant les sujets à chaque tome.  Ici, on est en 1992, en Afrique du Sud.  Nelson Mandela vient de sortir de prison, l'Apartheid sera peut-être aboli, mais certains groupes de la population blanche résistent, en particulier les Boers, dont l'auteur nous rappelle l'histoire.  Un complot se trame dont les ramifications s'étendent jusqu'en Suède!  J'ai adoré que Mankell nous entraîne des bidonvilles jusqu'au bureau du président De Klerk, en passant par Ystad, la petite ville suédoise de ce cher Wallander.  Dépaysement garanti!

Il y a bien un petit truc que j'ai trouvé un peu tiré par les cheveux vers la fin, mais cela n'a pas gâché mon plaisir.  J'ai dévoré ce roman en quelques jours!  Après quelques lectures plus ardues, c'était très agréable de retrouver la plume nette et efficace de Mankell.


La Lionne blanche de Henning Mankell, traduit du suédois en 2004, 487 p. Titre de la version originale: Den vita lejoninnan (1993).

19 juillet 2024

Harrow the Ninth (Harrow la Neuvième)

 The Locked Tomb (Le Tombeau scellé), tome 2

Après un début difficile, une intrigue intelligente et l'humour des dialogues m'avaient permis d'apprécier le tome 1 de cette série au genre indéfinissable (fantastiquo-fantasy-SF?).

En commençant le tome 2, j'ai constaté que j'avais, là encore, un peu de difficulté à plonger dans cet univers.  Certains événements ne concordent pas du tout avec ce qui s'est passé dans le tome 1, et c'est très long avant qu'on commence à comprendre pourquoi. La narration à la deuxième personne du singulier, très étrange (on ne saisit la raison de ce choix que beaucoup plus loin) ne nous aide pas non plus.  J'étais très désarçonnée, mais j'espérais que la situation allait s'améliorer comme dans le cas du tome précédent.  

En général, j'aime beaucoup qu'un auteur nous fasse travailler un peu au lieu de tout expliquer en long et en large.  Mais ici, l'intrigue est tellement tarabiscotée que j'avais de la misère à suivre!  Il y a toutefois de très bons passages, drôles ou intrigants, et on retrouve avec plaisir certains personnages du tome 1.

Quant à l'épilogue, il est tellement bizarre que j'étais fâchée en le terminant!  J'imagine que l'intention de l'auteure était de nous appâter pour la suite, mais dans mon cas l'effet contraire s'est produit, et il y a de fortes chances pour que cette série s'arrête là pour moi...


Harrow the Ninth (The Locked Tomb, tome 2) de Tamsyn Muir, 2020, 512 p.  Titre de la traduction française: Harrow la Neuvième (Le Tombeau scellé, tome 2)

24 juin 2024

La Forêt sombre

Trilogie des trois corps, tome 2

Qui dit deuxième tome d'une trilogie dit billet court sur le blogue.  On a l'impression de répéter ce qu'on a écrit sur le premier tome, et par ailleurs on n'a pas encore un avis général sur la trilogie dans son ensemble.

Donc, comme dans le premier tome, on a une intrigue pleine de rebondissements, beaucoup de détails scientifiques qu'il n'est pas nécessaire de comprendre parfaitement pour suivre l'histoire, une narration un peu froide, ce qui fait qu'on ne s'attache pas tant que cela aux personnages et qu'on en sait peu sur leur vie privée -- l'intérêt réside ailleurs.  Parlant de personnages, je vous recommande de vous dresser dès le début une petite liste car ils sont très nombreux (ma liste en compte quarante-deux) dont la plupart avec des noms chinois qui se ressemblent (Yang, Zhang, Zhuang...).

Il y a bien quelques passages que j'ai trouvés longuets (dont un qui m'a semblé ne pas apporter grand-chose à l'intrigue), mais dans l'ensemble, une lecture passionnante, vivement la suite!


La Forêt sombre (La Trilogie des trois corps, tome 2) de Liu Cixin, traduit du chinois, 2017, 736 p.  Titre de la version originale: Hēi'àn sēnlín (2008)

14 mai 2024

The Narrow Road to the Deep North (La Route étroite vers le Nord lointain)

Comme la prochaine vente de livres élagués des Bibliothèques de Montréal a lieu dans un mois, j'ai pensé que ce serait une bonne idée d'avoir lu au moins un de ceux acquis l'an dernier!  Mon choix s'est porté sur The Narrow Road to the Deep North de Richard Flanagan.  Je n'avais jamais entendu parler ni du livre, ni de cet auteur australien, je l'ai acheté pour la seule mention «gagnant du Booker Prize» en couverture.  Je ne me préoccupe pas tant que cela des prix littéraires, mais celui-là me déçoit rarement (citons notamment Life of Pi (Histoire de Pi) de Yann Martel et The Remains of the Day (Les Vestiges du jour) de Kazuo Ishiguro). 

Je me suis donc lancée à l'aveuglette, n'ayant même pas lu la quatrième de couverture, et le titre et la couverture donnant peu d'indices du sujet...  Il s'agit en fait d'un roman historique qui se déroule pour la plus grande partie dans un camp de prisonniers de guerre au Siam (la Thaïlande, aujourd'hui), mais aussi en Australie et brièvement au Japon.

La partie centrale du roman, celle qui se déroule au Siam, est vraiment excellente.  C'est un pan de l'histoire que je ne connaissais pas: l'utilisation de prisonniers de guerre (ici, des Australiens) comme esclaves pour tenter de construire un chemin de fer à travers la jungle, dans des conditions épouvantables et avec des moyens rudimentaires.  

La première partie, où l'on fait des allers-retours entre différentes époques, m'a beaucoup moins intéressée, surtout parce que les personnages sont peu attachants, mais aussi parce que le style très littéraire de l'auteur rend leurs motivations peu évidentes (ou alors c'est moi qui n'ai pas su lire entre les lignes?).

Quant à la dernière partie, il s'agit d'un long épilogue où l'on découvre ce qu'il advient de chacun des personnages une fois la guerre terminée.  J'ai beaucoup aimé les passages se déroulant au Japon; encore là, c'est un sujet sur lequel je n'ai jamais rien lu -- je ne savais pas, par exemple, que Tokyo avait été intensivement bombardée!  Mais j'ai tout de même trouvé toute cette partie un peu trop longue.

Dans l'ensemble, une bonne découverte, même si à la fin j'avais hâte de passer à autre chose! 


The Narrow Road to the Deep North de Richard Flanagan, 2014, 334 p.  Titre de la traduction française: La Route étroite vers le Nord lointain.

02 mai 2024

20 ans avec mon chat

Quelle est mignonne cette petite chatte prénommée Mî!  Elle me fait beaucoup penser à ma petite Mina, elle aussi une chatte calicot (ce qu'on appelle «chatte d'Espagne» au Québec, pour une raison que j'ignore), elle aussi une chatte abandonnée en bas âge. 

Toutefois, je ne me suis pas autant attachée à la narratrice, que j'ai trouvée un peu froide (envers les humains, parce que pour ce qui est de sa minette, on sent bien qu'elle l'adore!).  Lors de son divorce, notamment, on la sent très détachée, presque indifférente.  J'ai par contre bien aimé lorsqu'elle raconte comment sa relation avec Mî lui a permis de prendre conscience du monde  qui l'entoure, de la nature, des saisons, ce qui lui a permis de réaliser son rêve de devenir écrivain.

J'ai toutefois été troublée par la fin, qui est pénible à cause des graves problèmes de santé de la petite féline.  À la place de sa maîtresse, j'aurais pris des décisions différentes -- mais l'euthanasie est-elle envisageable au Japon?  Ça ne semble même pas avoir été une option ici, en tous cas.

Malgré ces petits bémols, j'ai quand même bien aimé ce récit touchant, lumineux et rempli d'amour.  Pour passionnés des chats seulement!


(N.B. Inaba est le nom de famille de l'auteure, je classe donc ce livre dans les I)


20 ans avec mon chat de Inaba Mayubi, traduit du japonais, 2014, 208 p.  Titre de la version originale: Mi i no inai asa (1999)

02 mars 2024

Le Problème à trois corps

 Trilogie des trois corps, tome 1 


Quel excellent premier tome!  De la science-fiction chinoise, ça fait changement!

Durant la Révolution culturelle, une jeune scientifique est accusée de trahison, et sa seule chance d'éviter la prison est d'aller travailler dans une mystérieuse base militaire.  Je ne vous dis rien de la suite, car tout l'intérêt de l'histoire réside justement dans les divers rebondissements inattendus de l'intrigue!  D'ailleurs, ne lisez pas les quatrièmes de couverture des différentes éditions, plusieurs sont divulgâcheuses comme c'est pas permis!!!

Il s'agit de Hard SF, un sous-genre de la science-fiction avec lequel je ne suis pas familière...  Dans ces œuvres, les informations scientifiques sont abondantes et je craignais d'être dépassée!  S'il y a bien quelques passages où je n'ai pas tout compris (la mécanique quantique et moi, on n'est pas copain-copain), ce n'est pas grave du tout, car cela n'empêche pas de suivre l'intrigue.

Un petit avertissement: ce n'est pas le genre de bouquin où l'on s'attache beaucoup aux personnages.  Tout cela reste très intellectuel et froid, et pourtant c'est passionnant.  Il me semble toutefois que quelques détails restent en suspens, mais peut-être qu'on aura plus d'informations dans le tome suivant!


Le Problème à trois corps (Trilogie des trois corps, tome 1) de Liu Cixin, traduit du chinois, 2016, 424 p.  Titre de la version originale: San Ti (2008).
Note: en chinois, le nom de famille vient en premier; cet auteur doit donc être classé dans les L!


15 février 2024

Corsaires du Levant

Le Capitaine Alatriste, tome 6

Je savais que ce bon vieux APR serait un bon choix pour me sortir de cette suite de trois lectures décevantes d'affilée!  Enfin un roman que j'ai apprécié de A à Z.

Dans ce tome, Alatriste et Inigo se sont engagés comme soldats sur une galère dont l'équipage, sous couvert d'escorter les navires marchands espagnols, a pour principale activité de pourchasser les Maures pour leur taper dessus, leur dérober leurs trésors et vendre les survivants comme esclaves.

C'est avec grand plaisir, vous l'aurez compris, que j'ai retrouvé la plume enlevée et enlevante de Pérez-Reverte.  J'ai beau être une pacifiste dans la vie, je n'ai pu m'empêcher de vibrer durant ces combats épiques, devant ces morceaux de bravoure et ces exemples de loyauté (bien que, dans ce tome, il y un peu de bisbille entre les deux personnages principaux!).  Et je ne suis pas assez calée en histoire espagnole pour juger si la reconstitution est exacte, mais en tous cas elle est très crédible, tout semble minutieusement documenté.  Comme c'est le cas dans toute la série, l'auteur se garde d'imposer à ses personnages les valeurs d'aujourd'hui; l'esclavage, par exemple, faisait partie des mœurs de l'époque et nos deux héros, sans l'apprécier outre mesure, s'y adonnent tout naturellement.

Seul mini bémol, il n'y a que quelques allusions aux manigances et complots de la Cour dans lesquels trempe habituellement notre duo.  J'ai l'impression qur APR a tout gardé pour le tome suivant, le dernier de la série... Ça promet!


Corsaires du Levant (Le Capitaine Alatriste, tome 6) d'Arturo Pérez-Reverte, traduit de l'espagnol, 2008, 344 p.  Titre de la version originale: Corsarios de Levante (2006).

01 février 2024

Le Soleil des rebelles

Hmmm!  M'aurait-on trop louangé cet auteur?  On chante ses louanges partout sur les forums et les blogues; je m'attendais donc à quelque chose d'exceptionnel!  Or, j'ai trouvé que c'était un bon roman historique, sans plus.

C'est surtout le rythme du roman qui m'a causé un problème.  Toute la première moitié m'a semblé longuette.  Ça va, on a compris que le méchant seigneur est un psychopathe, on peut arrêter avec les descriptions de tortures et de pendaisons!  On a même droit à l'information qu'il torturait des poules quand il était enfant, bonjour les clichés!  Autre bémol, j'ai trouvé que les dialogues manquaient un peu de naturel, semblant même parfois ampoulés.

Les personnages principaux sont très attachants, il faut bien le dire.  C'est ce qui m'a permis de continuer, car je voulais savoir ce qu'il allait leur arriver!  Et heureusement, à partir du milieu l'intrigue devient plus mouvementée et surtout moins répétitive.  Par contre, la fin m'a semblé peu vraisemblable.

Dans le genre grosse brique historique, je retournerai plutôt à un bon Ken Follett.  Ce qui me fait penser qu'il me reste à lire plusieurs tomes de sa série Kingsbridge


Le Soleil des rebelles de Luca Di Fulvio, traduit de l'italien en 2018, 640 p.  Titre de la version originale: Il bambino che trovò il sole di notte.

20 janvier 2024

Freshwater (Eau douce)

Moi qui ne lis jamais les quatrièmes de couverture, cette fois-ci j’aurais peut-être dû…  J’ai passé tout le long de cette lecture à essayer de comprendre ce qu’étaient ces entités qui possédaient le corps de la jeune Ada.  Ou plus précisément, je n’arrivais pas à déterminer si Asugharat était une des entités qui étaient là dès la naissance mais qui maintenant avait pu s’incarner du fait d’avoir été nommée par Ada, acquérant ainsi plus de puissance, ou bien une nouvelle entité survenue subitement.  Or, la réponse se trouvait justement dans la présentation de l’éditeur!  J’aurais donc peut-être eu plus de plaisir si j’avais lu cette dernière dès le début.  D’un autre côté, je considère que si un roman doit nous être expliqué pour qu’on le comprenne, il y a un problème!  Cela m’a rappelé l’expérience vécue durant le club de lecture sur The Sound and the Fury de William Faulkner: ceux qui avaient lu la préface au préalable avaient beaucoup plus apprécié le roman que ceux qui avaient dû attendre la dernière partie avant de commencer à y comprendre quelque chose (devinez de quelle équipe je faisais partie?).

C'est comme s'il y avait deux romans imbriqués en un seul : un sur la mythologie nigériane, épicée d'un soupçon de mythes chrétiens et d'une pincée de vaudou; l’autre, un roman sur la folie et/ou la possession par une entité donnant des symptômes ressemblant à des problèmes mentaux (anorexie, automutilation, idées suicidaires, personnalités multiples, schizophrénie, choc post-traumatique...).  Cela m'a donné l'impression que l'auteure n'avait pas réussi à se décider entre les deux concepts.

Bref, beaucoup de bonnes idées mal exploitées (ou alors c’est moi qui n’ai rien compris, ce qui est très possible!).

 

Freshwater de Akwaeke Emezi, 2018, 240 p.  Titre de la traduction française: Eau douce.

11 novembre 2023

Les Chiens de Riga

Une deuxième incursion dans la série de polars mettant en vedette le commissaire Wallander, et c'est confirmé: j'adore!

Dans ce tome-ci, Wallander se rend en Lettonie, pays balte encore occupé par l'URSS puisque l'action se déroule en 1990.  L'ambiance est glauque à souhait, les murs ont des oreilles, notre héros ne sait à qui il peut se fier.  Je crois que c'est le premier roman que je lis se déroulant dans ce pays, c'est vraiment très original!

Comme toujours avec Mankell, la plume est subtile, sans effets de manche. Les états d'âme du personnage principal sont décrits avec justesse, sans trop appuyer, et le suspense est maintenu du début à la fin.

J'ai le tome suivant, La Lionne blanche, dans ma PAL, je pense bien le lire en 2024!


Les Chiens de Riga de Henning Mankell, traduit du suédois, 2003, 320 p.  Titre de la version originale: Hundarna i Riga (1992).

31 octobre 2023

Le Cimetière de Prague

Oh là là! Quelle intrigue tarabiscotée!  Vous le savez, j'aime qu'un auteur fasse confiance à son lecteur, mais dans ce cas-ci, Umberto m'a peut-être surestimée...

Francs-maçons, jésuites, communistes, anarchistes, satanistes, juifs, antisémites, républicains, monarchistes, militaires, services secrets, dreyfusards, antidreyfusards, à peu près tous les groupes à l’œuvre dans la société européenne de cette fin du XIXe siècle sont représentés.  Une chatte y perdrait ses chatons!

Heureusement, le début du roman est vraiment intrigant.  Le personnage (fort antipathique) souffre-t-il oui ou non d'un dédoublement de la personnalité?  La curiosité a soutenu mon intérêt jusqu'à la résolution du mystère.  Et la fin, qui annonce les terribles événements qui surviendront dans la première moitié du XXe siècle, est à la fois troublante (surtout lorsqu'on sait que cette histoire est basée en grande partie sur des faits réels) et satisfaisante.


Le Cimetière de Prague de Umberto Eco, traduit de l'italien, 2011, 555 p.  Titre de la version originale: Il cimitero di Praga (2010).

13 octobre 2023

Le Joueur d'échecs

Parmi les livres de Stefan Zweig que j’ai lus jusqu’à maintenant, j’ai surtout apprécié ses œuvres de non-fiction (biographies, mémoires).  La seule œuvre fictionnelle que j’ai lue m’a déçue, pour ne rien vous cacher!  C’était Vingt-quatre heures de la vie d’une femme, c’était mon premier contact avec cet auteur et mes attentes étaient nettement trop élevées.  Dans les années 2008-2009, il y a eu sur la blogosphère littéraire une redécouverte de Zweig qui a provoqué un véritable raz-de-marée d’éloges dithyrambiques.  Je m’attendais donc à quelque chose d’exceptionnel!  Or, si j’ai trouvé la plume élégante, l’histoire elle-même n’a pas soulevé mon enthousiasme.

Cette fois, cela s’est beaucoup mieux déroulé!  Avec une maîtrise magistrale, Zweig s’attarde ici à décrire la psychologie d’intéressants personnages, dont l’un a appris à jouer aux échecs alors qu’il était prisonnier des nazis et maintenu en isolement complet.  Lors de la partie d'échecs finale entre ce personnage à l’équilibre psychique incertain et un champion mondial antipathique au possible, la tension est presque insoutenable!

Mentionnons qu'il est sans doute préférable de connaître les rudiments du jeu pour apprécier toutes les subtilités de ce récit d'obsession et de folie. 

Vraiment, une excellente lecture! 

 

Le Joueur d'échecs de Stefan Zweig, traduit de l'allemand, 2013 pour cette traduction de Jean Torrent, 149 p.  Titre de la version originale: Schachnovelle (1942)

07 juillet 2023

Le rouge vif de la rhubarbe

 Mes raisons d'avoir choisi ce roman:
1) J'ai beaucoup aimé Rosa Candida de la même auteure;
2) J'adore la compote de rhubarbe.

J'ai grandement apprécié la première partie du roman.  Le décor, un petit village de pêcheurs en Islande, est bien planté. Les personnages sont sympathiques: l'adolescente handicapée, la vieille dame qui lui sert de grand-mère, l'homme à tout faire du village, etc.  L'intrigue s'annonce intéressante.

Malheureusement, tout se gâte en deuxième partie.  La trame devient décousue, on peine à en suivre le fil, à démêler l'imaginaire du réel.  Et surtout, l'ambiance devient glauque, avec ces apparitions répétitives d'animaux morts, en particulier des oiseaux marins.  J'imagine que cela se veut symbolique, mais je n'ai pas compris l'intention de l'auteure.

Conclusion: 
1) Lisez plutôt Rosa Candida;
2) J'ai envie de compote de rhubarbe.


Le rouge vif de la rhubarbe d'Audur Ava Olafsdottir, traduit de l'islandais, 2016, 157 p.  Titre original: Upphækkuð jörð (1998).

27 mai 2023

Mes contes de Perrault

Ma première rencontre avec Tahar Ben Jelloun ne s'était pas bien déroulée.  J'ai tenté de lire La Nuit de l'erreur il y a quelques années et cela s'est soldé par un abandon, car ce n'était tout simplement pas le genre d'histoire que j'avais envie de lire à ce moment-là.  Toutefois, j'avais plutôt aimé sa plume et m'étais dit que je lui donnerais une deuxième chance un jour.  L'occasion s'est présentée lorsque ce recueil a été choisi pour le club de lecture du forum Livraddict (thème: réécriture de contes).

Comme l'auteur l'explique en avant-propos, il a voulu rendre un hommage aux contes de Perrault qu'il a lus à l'école en leur donnant une saveur arabe, genre «Mille et une nuits».

Je m'attendais à une transposition plus complète... Il y a bien quelques clins d’œil amusants (La petite à la burqa rouge!), mais dans la plupart des cas, seuls les noms des personnages ont une consonance arabe, pour le reste on ne sent pas tellement l'ambiance «Mille et une nuits». Il aurait fallu plus de descriptions d'éléments typiques (nourriture, architecture, habillement, etc).

Dans certains des contes, Ben Jelloun ajoute un message d'inclusion et d'égalité (par exemple, le Petit Poucet a les traits physiques d'un trisomique), mais dans d'autres, la misogynie traditionnelle n'est même pas dénoncée.  J'ai donc trouvé la démarche de l'auteur incohérente de ce point de vue là également.

Pour ne rien vous cacher, j'ai lu les deux derniers contes en diagonale, car il y avait sur ma liseuse un petit Steinbeck qui me faisait de l’œil...

Bref, c'est un deuxième rendez-vous raté, et ça risque d'en rester là! 


Mes contes de Perrault de Tahar Ben Jelloun, 2014, 291 p.