23 mai 2026

White Fang (Croc-Blanc)

The Call of the Wild de Jack London, lu en 2014, a été pour moi un énorme coup de cœur. J'espérais donc qu'il en serait de même pour White Fang...

Ce roman raconte les aventures d'un chien-loup né à l'état sauvage et puis domestiqué.  Il est d'ailleurs amusant de remarquer que c'est le parcours inverse du Buck de Call of the Wild, qui, lui, est au départ un chien domestique qui ressent l'appel de la vie sauvage!  

Même si j'ai beaucoup aimé le début (où l'on rencontre les parents de White Fang et où ensuite le louveteau explore la nature environnant la tanière familiale) et la fin (que je ne vous révèle pas), j'ai trouvé ce roman beaucoup trop dur et violent pour que cela puisse être un coup de cœur.  Certains passages étaient même pénibles à lire! 

C'est quand même un très beau roman; la plume de London est magnifique et je suis contente d'avoir lu ce classique de la littérature américaine.  Mais j'aime mieux vous prévenir, il faut s'accrocher, surtout si l'on est un ami des bêtes! 


White Fang de Jack London, 1906, 200 p.  Titre de la traduction française: Croc-Blanc.

13 mai 2026

The Forgery of Venus (L'Énigme Velasquez)

 Il y a quelques années, j'ai lu et beaucoup aimé The Book of Air and Shadows de Michael Gruber.  Vérification faite dans les archives du blogue, cela fait presque dix ans, comme le temps passe vite!  J'ai donc pris un bon moment à remplir la promesse que je m'étais faite de continuer à découvrir l’œuvre de cet auteur, mais peu importe, c'est maintenant chose faite!  

Alors que dans ce premier roman, l'intrigue tournait autour de la littérature et de la possibilité d'une pièce de théâtre inédite de William Shakespeare, ici, l'on s'oriente maintenant vers l'Histoire de l'art.  

Le personnage principal, un peintre talentueux mais qui a toujours vécu dans l'ombre de son père, participe à une expérience scientifique où on lui fait ingérer une substance qui provoque en lui d'étranges hallucinations... à moins qu'il ne voyage réellement dans le temps pour se retrouver dans le corps de Vélasquez?  

C'est la prémisse de cette histoire pleine de rebondissements, à l'intrigue un peu tarabiscotée mais passionnante si vous vous intéressez un tant soit peu à la peinture en général et à celle de la période baroque en particulier.  D'ailleurs, à moins de connaître Vélasquez, Tiepolo et autres grands maîtres sur le bout de vos doigts, je vous recommande d'avoir à votre portée un outil technologique vous permettant de voir au fur et à mesure les nombreux tableaux auxquels il est fait référence.  Et si le sujet ne vous intéresse pas, passez votre chemin, vous allez vous ennuyer!

Alors que The Book of Air and Shadows a remporté l'insigne honneur d'être nommé dans mon fameux Top 3 annuel, ce ne sera sans doute pas le cas de ce roman-ci, pour la seule raison que j'ai trouvé qu'il y avait moins d'humour dans les dialogues.  Cela reste toutefois une très bonne lecture, d'ailleurs je l'ai dévoré en quelques jours!  


The Forgery of Venus de Michael Gruber, 2008, 318 p.  Titre de la traduction française: L'Énigme Vélasquez.

09 mai 2026

Ivanhoe (Ivanhoé)

Ouh là là, les copains, Walter Scott en version originale, c'est vraiment pas de la tarte!

J'ai mis presque un mois à lire ce livre de 500 pages!

Il est pourtant bien intéressant, ce bouquin!  J'ai beaucoup aimé les personnages (surprise: Ivanhoe ne tient pas le premier rôle dans l'histoire!).  Certains sont farfelus (le fou Wamba et son ami le porcher/écuyer Gurth sont désopilants, j'aurais adoré qu'on les voie davantage!), d'autres admirables ou détestables.  J'ai aussi apprécié la construction non linéaire de l'intrigue, avec ses retours en arrière à répétition.  Le rythme va crescendo -- dommage qu'il y ait juste un petit ralentissement vers le deuxième tiers.  Certaines ficelles sont un peu grosses, mais on s'y attend dans ce genre littéraire, donc ce n'est pas du tout déplaisant.

La grosse difficulté, c'est le vocabulaire et les tournures de phrase à saveur médiévale utilisés par Scott, tant dans les dialogues que dans la narration.  Pour vous donner une idée, prenez Austen ou Dickens en VO et multipliez le degré de difficulté par 5; si ça ne vous fait pas peur, allez-y, sinon procurez-vous l'une des différentes traductions de cette œuvre! 


Ivanhoe de Walter Scott, 1819, 536 p.  Titre de la traduction française: Ivanhoé

26 avril 2026

Lire!

Dans ce sympathique ouvrage sur la lecture, on compare les points de vue de Bernard Pivot, lecteur professionnel, et de sa fille Cécile, amatrice passionnée, sur différents thèmes: ce que nous apporte la lecture, comment organiser sa bibliothèque, achat ou emprunt, annoter ou non ses livres, les premières lectures d'enfance, etc.

Comme ce livre a été sélectionné pour le club de lecture «spécial essai» du forum Livraddict, j'espérais que chacun des sujets soit assez approfondi.  Or, ce n'est pas le cas, on reste assez en surface.  Tout l'intérêt réside plutôt dans les réflexions suscitées par ce livre sur notre propre rapport à la lecture et aux livres, ce qui constitue finalement une expérience intéressante et agréable.

N.B. Si possible, privilégiez l'édition grand format (Flammarion) qui est joliment illustrée alors que l'édition de poche ne l'est pas, ce qui a déçu plusieurs des participantes du club.


Lire! de Bernard et Cécile Pivot, 2018, 182 p.

11 avril 2026

The Jane Austen Society (Le Cercle littéraire des amateurs de Jane Austen)

 Après avoir lu plusieurs classiques ces derniers mois (Zola, Gorki, Artaud...) et sachant qu'on lira Ivanhoe de Walter Scott pour le club de lecture Livraddict de la fin avril, j'avais envie de quelque chose de plus léger, de plus contemporain.  Bon, je me suis un peu fourvoyée en choisissant (sans lire la quatrième de couverture, évidemment) The Jane Austen Society de Natalie Jenner, puisqu'il s'agit d'un roman historique (on est dans les années 30-40) et que le deuil en est un des sujets principaux! 

Malgré quelques longueurs et une fin un peu précipitée, j'ai apprécié cette lecture.  La plume, sans être remarquable, est agréable et convient bien au genre.  Mais le gros point fort, ce sont les références aux romans de Jane Austen, que ce soient les discussions qui nous font voir certains personnages sous un jour nouveau ou les petits clins d'œil dans l'intrigue (comme par exemple le lointain et antipathique cousin qui pourrait hériter du domaine au détriment de la fille de la famille).

En passant, je trouve que le titre français est trompeur.  Pour moi, un cercle littéraire s'apparente à un club de lecture; or, ici, il s'agit plutôt d'un groupe de villageois qui veulent transformer en musée le cottage où Austen a vécu.  J'ai l'impression que l'éditeur a voulu miser sur le succès du Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates de Mary Ann Shaffer et Annie Barrows...

Je recommande surtout ce livre aux amateurs de la grande écrivaine!  Quant à moi, il m'a donné envie de relire ses romans, notamment Persuasion, dont mes souvenirs sont très flous! 


The Jane Austen Society de Natalie Jenner, 2020, 320 p.  Titre de la traduction française: Le Cercle littéraire des amateurs de Jane Austen.

29 mars 2026

Lavinia

Mes lecteurs fidèles s'en seront aperçus, Ursula Le Guin est devenue une auteure chouchou du blogue J'ai lu... ces dernières années.  Après l'avoir découverte avec sa série Fantasy Earthsea, puis avoir entrepris sa série SF The Hainish Cycle, je la retrouve dans un genre différent, la réécriture de mythe.  C'est un genre littéraire très à la mode depuis quelques années, mais en 2008 ce n'était que le début de la vague.

En parlant du Hainish Cycle, j'avais prévu en lire un tome dans les prochaines semaines, mais la déesse de la lecture en a décidé autrement!  En effet, les membres du club de lecture du forum Livraddict ont jeté leur dévolu sur Lavinia, le thème «Réécriture de la mythologie» ayant été choisi pour le mois de mars.  

Un peu comme l'a fait Margaret Atwood dans Penelopiads (où l'on revisitait L'Odyssée du point de vue de Pénélope, la femme d'Ulysse), Le Guin reprend un passage de L'Énéide de Virgile en développant un personnage secondaire de cette fameuse épopée: Lavinia, la deuxième épouse d'Énée. 
 
L'histoire d'Énée est moins connue que celle d'autres héros comme Ulysse ou Achille.  Mais j'ai quelques souvenirs d'une adaptation en série télévisée de mon adolescence (notamment la scène où Énée s'enfuit de Troie en flammes en portant son père Anchise sur son dos) et de la lecture du récit de Virgile l'été suivant.  L'histoire d'amour entre le prince troyen et la reine africaine Didon m'avait fort impressionnée (et pas seulement parce que j'apprenais enfin qui était cette fameuse Didon qui dîna, dit-on, du dos dodu de dix dodus dindons...).  Par contre, je ne me souvenais pas du tout de Lavinia, qui devint la femme d'Énée après qu'il eut quitté l'Afrique et fut arrivé en Italie.   
 
Je dois avouer que j'ai d'abord eu un peu de difficulté à entrer dans l'histoire.  C'est que dans les premiers chapitres, il ne se passe pas grand-chose...  Mon intérêt a été piqué quand un genre de «fantôme du futur», dont je vous laisse découvrir l'identité, apparaît à la jeune fille pour prédire son avenir.
 
À partir de ce moment, j'ai tout aimé, en particulier comment Le Guin reconstitue la vie quotidienne de ce peuple de l'âge de bronze (Rome n'avait pas encore été fondée).  La religion, notamment, occupe une place importante, et on assiste aux différents rites qui ponctuent le quotidien des gens.  L'auteure a choisi de mettre l'accent sur les dieux familiers (les Lares et les Pénates) et de ne pas faire intervenir les divinités majeures (Junon, Vénus, etc.) dans l'intrigue comme c'est le cas dans L'Odyssée et L'Énéide.  De plus, elle fait de Lavinia un personnage au caractère fort mais néanmoins bien de son temps, évitant l'écueil de la transformer en une anachronique super-héroïne «badass», pour utiliser un terme à la mode.
 
Et bien sûr, tout cela est décrit avec la plume formidable de ma chère Ursula.  Je ne m'en lasse pas!
 

Lavinia de Ursula Le Guin, 2008, 279 p.  Titre de la traduction française: Lavinia. 

27 mars 2026

Le Moine

C'est ce cher Alberto Manguel, dans son délicieux Une Histoire de la lecture, qui m'a donné envie de découvrir ce roman sous la plume d'Antonin Artaud plutôt que d'aller vers l'original de Matthew Gregory Lewis, ce qui normalement aurait été mon réflexe.  C'est que dans son chapitre sur la traduction, Alberto affirme que l'œuvre d'Artaud est l'un des rares exemples où la traduction surpasse la version originale!

En fait, lorsqu'il parle de traduction, ce n'est pas tout à fait exact (mais je ne me souviens pas s'il faisait cette distinction): il semble qu'Artaud n'ait pas traduit lui-même le texte mais qu'il ait plutôt retravaillé la version d'un certain Léon de Wally (1840), qu'il évoque d'ailleurs dans son introduction.

Peu importe, l'important c'est que j'ai beaucoup apprécié cette lecture!  J'ai vu il y a maintes années l'adaptation cinématographique avec Vincent Cassel dans le rôle-titre, mais je ne me souvenais pas que le côté fantastique était aussi développé: fantômes, prophéties, démons, magie noire, alchimie et tutti quanti, tout cela dans une ambiance gothique fort réussie. 

Il y a dans le dernier tiers quelques éléments de l'intrigue qui m'ont moins plu (je ne développe pas pour ne rien divulgâcher), mais malgré cela mon avis reste très positif, surtout que la toute fin est excellente! 

Une belle surprise, merci Alberto!


Le Moine d'Antonin Artaud, d'après le roman The Monk de M.G. Lewis  (1796), 1931, 432 p.

14 mars 2026

La Mère

Avec deux copines du forum Livraddict amatrices de littérature russe, nous avons eu envie de découvrir Maxime Gorki, cet écrivain du début du XXe siècle.  Complètement au hasard, simplement parce qu'on le trouve gratuitement en édition libre de droits, notre choix s'est porté sur La Mère.  Personnellement, le nom de Gorki me rappelle surtout la chanson Gorki Park de Scorpions, que je fredonne constamment ces jours-ci.

Ce roman raconte l'histoire d'une femme dont le fils fait partie des groupes socialistes prérévolutionnaires, au péril de sa liberté, voire de sa vie.  Très apeurée au départ, elle évolue en assistant aux réunions de son fils, puis en faisant elle-même des lectures en autodidacte.  Son évolution est le sujet principal du roman, mais on découvre également les conditions de vie des ouvriers de l'époque.  L'idéalisme des personnages est admirable, mais bien sûr on a tout de même un arrière-goût amer, puisque l'on sait ce qui arrivera dans les décennies suivantes!    

J'ai été vraiment surprise de constater que Gorki a une plume qui se lit très aisément, surtout si on le compare à certains autres écrivains russes (Léon et Fédor, c'est à vous que je pense!).  La seule difficulté vient du nombre important de personnages secondaires.  Après quelques chapitres, j'ai arrêté d'essayer de me souvenir de chacun, et cela ne m'a pas empêchée de bien suivre l'intrigue.

Allez, tout le monde ensemble: «I follow the Moskva, down to Gorki Park, listening to the wind of chaaaaaange...»


La Mère de Maxime Gorki, traduit du russe, 1907, 394 p.  Titre de la version originale: Mat'.

12 mars 2026

Les Belles-Sœurs

Michel Tremblay est l'un de mes auteurs préférés, mais j'avoue peu connaître son théâtre.  Je remédie à la situation en lisant cette œuvre majeure qui a créé la polémique à sa création dans les années 60, car c'était la première pièce en joual présentée au Québec.

J'ai adoré le mélange parfaitement équilibré de comédie et de drame.  En effet, les dialogues sont généralement très drôles, ces femmes de différentes générations s'échangeant des pointes, des mesquineries et des commérages, tout en nous faisant en aparté des confidences assez poignantes, nous permettant de découvrir leur vie étriquée, leur dépendance à leur époux, leur misère financière et sexuelle, etc. 

Seul hic, il y a beaucoup de personnages et l'on peine à s'y retrouver.  Ce doit être plus facile lorsqu'on voit la pièce sur scène, ce que j'espère pouvoir faire un jour!  


Les Belles-Sœurs de Michel Tremblay, 1972, 93 p.

26 février 2026

Black Boy

Dans ce récit autobiographique, l'écrivain afro-américain Richard Wright raconte son enfance dans le sud des États-Unis au début du XXe siècle, alors que sont encore en place les lois de ségrégation raciale et que l'esclavage est toujours frais dans les mémoires.

J'ai beaucoup apprécié l'honnêteté de l'auteur.  Tout n'est pas noir et blanc dans son histoire (pardon pour le jeu de mot d'un goût douteux…); les Noirs ne sont pas de parfaites victimes, ils sont eux-mêmes racistes envers d'autres peuples et violents les uns envers les autres.  

Richard vient d'une famille dysfonctionnelle, à commencer par la grand-mère membre fanatique d'une secte religieuse, jusqu'aux oncles et tantes brutaux et intransigeants.  C'est un vrai miracle qu'il ait pu garder sa propre personnalité, sa volonté et son libre arbitre, et qu'il ait réussi à se sortir de ce milieu étouffant.

Il est fascinant d'assister à son évolution et à sa prise de conscience progressive de sa propre valeur en tant qu'être humain.  Son récit continue dans American Hunger (Une faim d'égalité), que je vais sûrement tenter de me procurer.


Black Boy de Richard Wright, 1945, 212 p.  Titre de la traduction française: Black Boy

18 février 2026

Douze Contes vagabonds

Mettons d'abord les choses au clair: malgré le titre de ce recueil, les histoires rassemblées ici ne sont pas vraiment des contes, car elles sont très ancrés dans le réel, autant physiquement (on visite différentes villes européennes) que temporellement (on est dans la deuxième moitié du XXe siècle).  Pour moi, un conte se déroule dans un pays imaginaire et presque «en dehors du temps», si je puis dire.

Appelons-les donc plutôt des nouvelles.  Et même si je ne suis pas la plus grande fan de ce format littéraire, je dois dire que la plupart de ces nouvelles de Gabriel Garcia Marquez sont assez réussies.  À part quelques-unes qui tombent un peu à plat, je les ai trouvées amusantes ou intrigantes.   

Seule la toute dernière nouvelle m'a vraiment déçue: ces deux jeunes gens qui se rencontrent lorsque le jeune homme menace de violer la jeune femme et qu'elle lui tient tête, et qui deviennent ensuite amoureux, c'est... non!  Une prémisse qui a fort mal vieilli et qui m'a laissé un arrière-goût amer.

À part cette fin ratée, ce recueil s'est avéré une lecture agréable, sans être inoubliable.  Je ne le recommanderais pas toutefois pour un premier contact avec cet auteur. 

En terminant, je note une phrase à réutiliser lorsque l'on trouve quelqu'un trop crédule:

«Écoute, mon vieux, (...) être Poisson ascendant Poisson c'est une chose, mais être con c'en est une autre.»

 

Douze contes vagabonds de Gabriel Garcia Marquez, traduit de l'espagnol, 1992, 157 p.  Titre original: Doce cuentos peregrinos.

04 février 2026

Lourdes

Zola ayant été choisi comme auteur du mois dans un défi (ou challenge, comme disent nos cousins de l'Hexagone) auquel je participe occasionnellement sur le forum Livraddict, et sachant que j'ai déjà lu tous les Rougon-Macquart ainsi que Thérèse Raquin, j'ai décidé de renouer avec ce cher Émile par le premier tome de la trilogie Les Trois Villes: Lourdes, roman dont il a eu l'inspiration après avoir visité cette ville (et on voit qu'il s'est très bien documenté sur le sujet!). 

Premier pépin, le roman n'étant pas offert en prêt numérique, j'ai téléchargé l'édition offerte sur la plateforme Bibliothèque électronique du Québec; malheureusement ce texte comportait plusieurs coquilles, surtout une ponctuation erratique.  Je vous avoue que c'est le genre de trucs pour lesquels j'ai zéro tolérance!  Cela m'a étonnée car mes quelques téléchargements précédents sur ce site étaient corrects, de mémoire.  J'ai craqué après quelques chapitres et j'ai acheté une édition offerte pour quelques dollars chez Kobo.  Celle-ci s'est avérée beaucoup plus agréable à lire.

J'ai tout de même trouvé que ce roman était plus ardu à lire que la plupart des autres œuvres de Zola.  Le style m'a semblé moins fluide, avec de longues phrases entrecoupées de beaucoup (trop?) de virgules.  De plus, il y a quelques longueurs et surtout un effet répétitif (les processions de malades se rendant à la grotte où ont lieu les miracles, une fois c'est passionnant, mais on pourrait passer plus rapidement là-dessus les jours suivants...).

Malgré tout, j'ai beaucoup aimé les thématiques abordées, notamment la confrontation entre la Science et la Foi, ou la Raison vs la Superstition, ainsi que la critique virulente de l'Église catholique, qui exploitait sans vergogne la crédulité des malades et de leur famille.  Mes passages préférés sont ceux où le personnage principal, un jeune prêtre ayant perdu la Foi, raconte à un groupe de malades l'histoire de Bernadette Soubirous (la petite fille à qui la Vierge serait apparue dans la fameuse grotte).  À la fin, ce personnage reste aux prises avec un dilemme; j'ai hâte de voir comment cela sera développé dans le tome suivant, Rome.  Toutefois, ce ne sera pas pour tout de suite, mais peut-être dans quelques mois? 


Lourdes d'Émile Zola, 1894, 640 p. 

29 janvier 2026

Un Afghan à Paris

Je n’avais jamais entendu parler de ce livre avant qu’il ne soit sélectionné pour le club de lecture «spécial pépites méconnues» du forum Livraddict.  Mahmud Nasimi y fait le récit de son arrivée à Paris, chaque chapitre peignant un tableau différent : découverte de la littérature française, difficultés de la vie de réfugié, rencontres diverses, souvenirs d’enfance, etc.  

Il faut souligner que l’auteur ne connaissait pas le français à son arrivée à Paris.  Qu’il ait réussi à atteindre une si bonne maîtrise de la langue en quelques années est admirable, même si l’on peut noter quelques maladresses qu’on lui pardonne facilement.  Son texte, par sa naïveté même, est touchant et fort sympathique.  J’aurais aimé que quelques sujets soient plus approfondis (circonstances du départ d’Afghanistan, plus de détails sur ses démêlés une fois rendu à Paris, etc), mais j'ai appris qu'il aborde ces thèmes dans un autre livre.  

Une lecture très agréable! 

 

Un Afghan à Paris de Mahmud Nasimi, 2021, 113 p. 

07 janvier 2026

Wild

Pour reprendre sa vie en main à la suite du décès de sa mère, de son divorce et d'une addiction à l'héroïne, Cheryl Strayed, une Américaine dans la mi-vingtaine, décide de tout quitter pour parcourir pendant trois mois le Pacific Crest Trail, ce sentier qui relie les sommets des Rocheuses, une équipée normalement réservée à des randonneurs expérimentés. 

On suit avec intérêt les multiples péripéties auxquelles la narratrice fait face durant son périple.  Il y a un côté Nature Writing bien présent, mais aussi de nombreux flashbacks sur sa famille, son éducation, bref, tout ce qui l'a amenée au point où elle en est dans sa vie.  Au cours du voyage, l'on pourra suivre son évolution et voir comment elle fera la paix avec son passé grâce aux réflexions faites dans la solitude des montagnes, aux épreuves surmontées ainsi qu'aux rencontres effectuées en cours de route.   

Petit avertissement: la scène où elle doit euthanasier la vieille jument de sa mère est assez éprouvante pour les cœurs sensibles (divulgâcheur: ça va mal se passer).  

Une lecture enrichissante!  


Wild de Cheryl Strayed, 2021, 311 p.  Titre de la traduction française: Wild.