
En général je ne suis pas très attirée par les pseudo-suites de romans, c'est-à-dire les tentatives de poursuivre l'oeuvre d'un grand auteur, souvent effectuées par un écrivain inconnu ou en tous cas de moindre calibre. Mais ici, puisqu'il s'agit de P.D. James, reine du polar anglais, dont j'avais beaucoup apprécié la plume dans
A Taste for Death, une aventure du commandant Adam Dalgliesh, je me suis laissée tenter.
Pour les non austenomanes qui ne reconnaissent pas du premier coup d'oeil le nom de la magnifique demeure du non moins magnifique Mr Darcy, précisons qu'il s'agit ici d'un roman policier qui se déroule dans le cadre de
Pride and Prejudice (
Orgueil et Préjugés) de Jane Austen. L'action se situe quelques années plus tard.
J'ai beaucoup aimé retrouver l'ambiance et les personnages du roman d'Austen. Cet aspect est très réussi, et il y a même quelques clins d'oeil aux autres écrits d'Austen, notamment
Emma, ce qui bien sûr m'a fait jubiler! Toutefois j'aurais aimé que le personnage d'Elizabeth soit plus à l'avant-scène, afin que ressorte mieux sa vivacité d'esprit et son humour piquant. C'est plutôt Darcy qui vole la vedette, et si on aime bien l'imaginer plongeant dans l'étang en chemise, ce n'est quand même pas le plus charismatique des héros!
Par contre, l'intrigue policière n'est sans doute pas la meilleure concoctée par Mme James. Le suspense est bien amené mais la résolution de l'énigme est un peu plate, et j'avais deviné certains éléments dont un, notamment, aurait dû être envisagé par les enquêteurs. Il y a quelques répétitions lorsque des faits sont racontés par plusieurs personnages différents, chacun selon son point de vue. À tel point que j'ai cru à un certain moment que j'étais revenue en arrière par mégarde! Cependant j'ai apprécié suivre le déroulement de l'enquête et du procès, version XIXe siècle. On est loin de
CSI et autres
Law & Order!
Quant à l'épilogue, où Darcy revient sur les événements de
Pride and Prejudice pour expliquer ses actions à Elizabeth, il m'a semblé complètement inutile. Ils sont mariés depuis plusieurs années, ils n'ont pas encore eu le temps d'y revenir? Mais surtout, chaque lecteur est capable d'en venir à ses propres conclusions, on n'avait pas besoin que Mme James viennent nous imposer les siennes.
Bref, je recommande ce roman surtout aux fans d'Austen qui ont envie de retrouver son univers, et le déconseille aux amateurs de polars purs et durs!
Death Comes to Pemberley de P.D. James, 2011, 291 p. Titre de la traduction française: La Mort s'invite à Pemberley.