07 mai 2022

Mille secrets mille dangers

Ayant entendu parler de ce roman d'Alain Farah (écrivain auparavant inconnu de moi) à la radio et dans un balado, j'avais cru comprendre que c'était assez dense comme lecture, mais finalement non, pas du tout.  

Je l'ai dévoré en trois jours, et pourtant ce n'est rien de simple, je dirais même qu'il suscite de nombreuses réflexions sur le deuil, l'amitié, la famille, la maladie, l'immigration et surtout la réalité qu'on refuse de voir et qui finit par nous rejoindre malgré tout.  Mais tout se trouve en fait dans le non-dit, jusqu'à la toute fin où les pièces du casse-tête s'assemblent...  En attendant, l'auteur nous promène d'une époque à l'autre, d'un quartier de Montréal à l'autre, sans jamais nous perdre.  

Une belle découverte! 


Mille secrets mille dangers d'Alain Farah, 2021, 512 p.

02 mai 2022

Project Hail Mary (Projet Dernière Chance)

Un homme se réveille dans une étrange pièce.  Dans les couchettes voisines, il aperçoit deux cadavres momifiés.  Il découvre qu'il se trouve seul à bord d'un vaisseau spatial, mais ne se souvient ni de son propre nom, ni de ce qu'il fait là...

C'est ainsi que débute le nouveau roman d'Andy Weir, dont j'avais beaucoup aimé The Martian (Seul sur Mars).  Mais je vais avoir énormément de difficulté à vous en parler sans rien divulgâcher!  Je ne peux vous dire quels sont les thèmes abordés, pourquoi j'ai adoré la fin, quels petits détails m'ont semblé tirés par les cheveux...  Ce sera donc un très court billet!  Sachez seulement qu'il y a un bon équilibre entre le rire et l'émotion, d'intéressants flashbacks à mesure que le personnage retrouve la mémoire, ainsi que beaucoup d'explications scientifiques (ce qui ne plaira pas à tout le monde, vous voilà avertis).  Si le petit peu que j'ai pu vous dévoiler a su attiser votre curiosité, vous savez quoi faire! 


Project Hail Mary d'Andy Weir, 2021, 403 p.  Titre de la traduction française: Projet Dernière Chance.

29 avril 2022

Les Mémoires d'un chat

N'est-elle pas jolie, cette couverture?  (Bon, en réalité, le chat du roman ne ressemble pas du tout à celui-là, mais ce n'est pas bien grave!)

Malheureusement, mon émerveillement s'est arrêté à cette belle devanture.  L'histoire à l'intérieur m'a semblé plutôt banale et prévisible.  Deux défauts qui peuvent généralement être compensés par une plume élégante ou originale.  Or, j'ai trouvé ladite plume assez terne, et même quelquefois maladroite.  Il y a parfois des répétitions et, surtout, les motivations des personnages sont soulignées à gros traits, ce que je trouve toujours insupportable.

De plus, j'ai trouvé la traduction très franco-française: «avoir la pêche», «ça va le faire», «se prendre un râteau»...  On est à Tokyo ou à Paris?  Quand l'action se déroule dans un pays exotique, la langue (à défaut d'arriver à faire «couleur locale») devrait être le français international, sinon il y a un décalage qui me fait décrocher à tout coup. 

Seule la fin trouve grâce à mes yeux. Elle est assez touchante pour que j'aie eu les larmes aux yeux (alors que, jusque-là, la seule émotion ressentie avait été l'ennui).  

Arikawa, Ogawa, Higashino...Trois auteurs japonais, trois rendez-vous plus ou moins ratés!  Heureusement qu'il y a Murakami, sinon j'aurais pu penser que cette littérature n'est pas faite pour moi! 


Les Mémoires d'un chat de Hiro Arikawa, traduit du japonais, 2017, 228 p.  Titre de la version originale: Tabineko Ripôto (2015).

17 avril 2022

The Bonfire of the Vanities (Le Bûcher des vanités)

Je vous l'ai sans doute déjà dit, j'ai souvent de la difficulté avec les romans où aucun personnage n'est sympathique.  Sans avoir nécessairement besoin de m'y identifier, il faut généralement que j'éprouve une certaine empathie envers l'un d'eux, qu'un lien se tisse entre nous. 

Or, ici, rien de tel ne s'est produit.  Les personnages sont tous des arrivistes égocentriques, s'ils ne sont pas carrément crapuleux.  Et pourtant, j'ai trouvé ce roman de Tom Wolfe absolument passionnant, ce qui en dit long sur la force de sa plume.  Il nous dresse un portrait sans pitié du New York des années quatre-vingt.  Personne ne trouve grâce à ses yeux, pas plus les groupes de pression des Noirs du Bronx que les financiers de Wall Street ou les avocats et les procureurs du système de justice américain.  On rit beaucoup (souvent jaune) tout en tournant les pages le plus vite possible tant l'intrigue est bien menée et les caractères finement peints (sans oublier les descriptions hilarantes de la mode de ces années-là!). 


The Bonfire of the Vanities de Tom Wolfe, 1987, 690 p.  Titre de la traduction française: Le Bûcher des vanités.

22 mars 2022

Chroniques du Pays des Mères

J'ai longtemps hésité à lire ce roman d'Élisabeth Vonarburg.  Je savais qu'il y était question d'une société matriarcale et que tout le vocabulaire y était féminisé, et je craignais que cela soit agaçant à lire.  Par contre, je m'attendais à aimer l'intrigue puisque je suis généralement bon public pour les romans d'anticipation ou post-apocalyptiques (on se situe ici à la frontière entre les deux sous-genres).

 Or, c'est exactement l'inverse qui s'est produit.  J'ai trouvé le travail sur la langue fort bien intégré; on s'habitue rapidement au féminin qui l'emporte sur le masculin, et à certains mots ayant changé de genre: une animale, une papillonne, etc.  Par contre, j'ai un peu honte d'avouer que je me suis ennuyée ferme durant la majeure partie du récit.  

Pour être juste, j'ai beaucoup aimé la première partie, alors que l'héroïne Lisbeï est enfant et qu'on découvre en même temps qu'elle le monde qui l'entoure et le fonctionnement de la société, dans une ambiance qui m'a un peu rappelé La Servante écarlate de Margaret Atwood, en moins glauque, toutefois.  

Mais par la suite, je suis allée de frustration en frustration: il ne se passe pas grand-chose!  Dès que la tension monte un peu et qu'il va peut-être y avoir de l'action, hop! on fait un saut dans le temps et les événements nous sont racontés en quelques lignes.  Le reste du temps, ce ne sont que palabres et discussions historico-philosophico-religieuses interminables.  Des chapitres entiers au sujet d'une religion fictive, ça me semble d'un intérêt discutable.  

La fin est bien trouvée, mais pour moi c'était trop peu, trop tard!


Chroniques du Pays des Mères d'Élisabeth Vonarburg, nouvelle édition de 1999, 628 p.

09 mars 2022

Tehanu

Earthsea (Terremer), tome 4

Je me répète, mais... que j'aime la plume d'Ursula Le Guin!  

Dans ce tome-ci, il n'y a pas énormément d'action mais quelle ambiance du tonnerre!  On alterne entre des moments de tension à couper le souffle et d'autres plus paisibles.  On s'attache énormément aux personnages, notamment aux deux héroïnes, Tenar (rencontrée d'abord dans le tome 2) et la petite Therru. Mine de rien, il y a un petit côté féministe au propos, plus développé que dans les autres histoires, peut-être parce que celle-ci a été écrite beaucoup plus tard, si je me fie à l'année de publication?  Et puis, il y a des dragons!  Inutile d'en dire plus, pas vrai?

J'ai donc terminé cette intégrale qui regroupe les quatre principaux romans de la série Earthsea.  Je ne sais pas encore si je lirai les contes et nouvelles reliés à ce monde, étant donné que ces genres littéraires m'attirent moins.  Pour continuer avec cette formidable auteure (c'est un scandale qu'elle ne soit pas plus connue, selon moi!), je vais essayer ses écrits en science-fiction, avec son roman au joli titre, La Main gauche de la nuit

Oh! mais après avoir écrit le paragraphe ci-dessus, je vois qu'un autre roman de la série Earthsea a été publié en 2001, je ne savais pas!  Je frétille de joie!  Mais je me demande pourquoi il ne fait pas partie de cette intégrale, c'est bizarre...  Il faut dire que les différentes éditions de cette série, c'est un vrai bordel.  Une chatte y perdrait ses petits!


Tehanu (Earthsea, tome 4), d'Ursula Le Guin, 1990, 212 p.  Titre de la traduction française: Tehanu (Terremer, tome 4).

04 mars 2022

Les chars meurent aussi

En voilà un, bon petit roman!  

J'ai toujours trouvé que la force de Marie-Renée Lavoie était dans ses dialogues, ceux en joual, en particulier.  Cela se confirme ici: amusants et fins, ces dialogues sont d'un grand réalisme.  Et cela, même lorsque les interlocuteurs sont des enfants, ce qui n'est pas facile à réussir. Cela fait de ce roman d'apprentissage, malgré un tournant plus dramatique qui a su me surprendre, une lecture légère et divertissante doublée d'un hommage à la littérature populaire. 

Petit bonus sympathique, on rencontre des personnages des autres romans de l'auteure, notamment Joe, l'adolescente de La Petite et le Vieux.  


Les chars meurent aussi de Marie-Renée Lavoie, 2018, 248 p.