12 avril 2012

On veut votre bien et on l'aura

Je me demande si Jacques Nantel a souffert d'ostracisme ou d'intimidation de la part de ses pairs pour avoir ainsi trahi les secrets de la profession? Heureusement pour lui, il est professeur aux HEC, cela lui assure une certaine indépendance, j'imagine. Car il nous dévoile bel et bien de nombreux trucs utilisés par ses congénères pour nous faire dépenser davantage que ce que nous voulons, souvent même davantage que ce que nous avons! On n'a rien appris de la crise de 2008, on continue à écouter le chant des sirènes de la publicité. Et pour cause, les spécialistes sont rendus maîtres dans l'art d'amasser de l'information sur nous pour pouvoir nous proposer des produits selon nos goûts et profiter de nos faiblesses, que ce soit par des sondages, des programmes de fidélité et surtout par l'internet!  En effet, nos profils sur Face-de-bouc et autres réseaux sociaux, alliés à nos achats en ligne et à notre historique de navigation, permet aux compagnies de nous envoyer des annonces parfaitement ciblées.

Le passage qui m'a fait flipper, c'est celui où il explique que bientôt, (si ce n'est déjà fait) on pourra prendre une photo d'un inconnu avec notre téléphone intelligent et grâce aux logiciels de reconnaissance des visages on pourra accéder au profil de cette personne: compte FB, adresse courriel, tout ce que cette personne aura divulgué sur internet, volontairement ou par inadvertance.

L'ennui, c'est que ceux qui auraient le plus besoin de lire ce bouquin n'en entendront même pas parler.  Ils sont trop occupés à magasiner leur prochain ensemble de salon, après avoir reçu une offre alléchante «ne payez rien avant...».   J'étais déjà anti-FB, je le suis encore plus résolument; je ne répondrai plus à des sondages, et je songe à passer ma carte Métro&moi à la déchiqueteuse, même si c'est payant...


On veut votre bien et on l'aura (La dangereuse efficacité du marketing) de Jacques Nantel avec Ariane Krol, 2011, 152 p.

7 commentaires:

  1. Ça semble vraiment intéressant! Surtout que c'est un domaine quand même proche du mien et une avenue que j'ai failli prendre.

    À lire!

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  2. Bien envie de le lire aussi. Personnellement, je paye tout en argent comptant, comme ça je ne laisse pas de traces. J'ai un compte facebook mais je songe à mettre quelques fausses informations dedans afin de dérouter big brother...

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  3. Jessica: Je te le recommande! En plus ça se lit super-bien, car l'auteur a beaucoup d'humour!

    Éloi: La désinformation, excellente stratégie! Gropitou et moi utilisons le même ordi et indifféremment le compte de l'un ou de l'autre sur Amazoune, ce qui brouille les cartes car nous n'avons pas les mêmes intérêts! Pour ce qui est des cartes de crédit, cependant, j'ai été rassurée d'apprendre que nos informations, y compris nos habitudes de consommation, sont extrêmement bien protégées et ne sont pas utilisées à des fins publicitaires.

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  4. Je note aussi ! Même si ça semble totalement flippant, ma curiosité est définitivement piquée !

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  5. Isabelle: C'est très instructif, c'est le moins qu'on puisse dire!

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  6. Étant une parano absolue (ce que j'assume parfaitement!) je ne fais jamais de transactions via internet, paye en argent comptant, ai une carte de crédit que je n'ai jamais utilisée (donc non fonctionnelle j'imagine), et suis une anti-facebookienne aussi; on ne verra pas ma face dans le grand livre. Pas question de Big Brother pour moi non plus, même s'il y a des caméras partout, et que le risque d'être photographié par un inconnu est toujours présent; je suis toujours sur mes gardes dans les lieux publics.

    Un livre sûrement passionnant mais qui me rendrait encore plus ermite je crois...ou chez le psy...

    Lise, lectrice sans blogue

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  7. Lise: contente de savoir que je ne suis pas la seule anti-facebookienne!

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