19 mars 2021

1Q84 (livre 3, octobre-décembre)

Le meilleur des trois tomes, et une excellente conclusion pour cette trilogie!
 
En plus du fantastique, présent depuis le début, s'ajoute ici un petit côté thriller.  J'aime beaucoup les romans où un héros se cache et qu'un enquêteur (policier, détective ou autre) le cherche, et qu'on sent l'étau se resserrer peu à peu... C'est ce qu'on retrouve ici, et ce jeu du chat et de la souris est très réussi.  Dans un genre littéraire complètement différent, cela m'a fait penser à l'excellent Seul dans Berlin de Hans Fallada.

De plus, je n'ai pas ressenti, comme dans le tome 2, cette occasionnelle inégalité d'intérêt entre les trames narratives qu'on suit en parallèle.  On en suit trois maintenant et toutes sont passionnantes, si bien qu'on a autant de peine à en quitter une qu'on a de plaisir à en reprendre une autre.  Le temps ne se déroule pas d'une façon linéaire mais effectue plutôt un mouvement de balancier d'une trame à l'autre, ce qui ajoute du piquant, car il faut toujours être à l'affut des petits indices nous permettant de nous situer.

Le seul petit défaut que je peux reprocher à Murakami (et je ne me rappelle pas avoir remarqué cela dans les autres œuvres que j'ai lues, Kafka sur le rivage et Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil), c'est une tendance à trop entrer, parfois, dans les micro-détails: Tengo se met au lit, fort bien, pas besoin de nous dire qu'auparavant il se brosse les dents, enfile le même pyjama en coton que la veille, etc.  L'intention, celle de nous mettre dans l'ambiance, de nous permettre de bien visualiser l'action, est louable, certes, mais il ne faut pas exagérer.  

Je craignais un peu d'être déçue par la fin ou de ne pas la comprendre, comme cela m'était arrivé avec Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil, et comme c'est arrivé à d'autres lecteurs de cette trilogie-ci.  Après 1500 pages se retrouver le bec à l'eau, c'est embêtant.  Mais finalement j'ai beaucoup aimé le dénouement, il m'a pleinement satisfaite, même si certaines choses portent à interprétation.  On est chez Murakami, tout de même; il n'allait pas nous livrer toutes les explications sans qu'on doive fournir le moindre effort!
 
Il est même question de Proust!  Mon bonheur est complet.


1Q84 (livre 3, octobre-décembre) de Haruki Murakami, traduit du japonais, 2010, 530 p.  Titre de la version originale: 1Q84 (Book 3).

4 commentaires:

  1. Chouette! Je tâcherai donc de me souvenir que, si je trouve ces bouquins d'occasion sur mon chemin, je ferais bien de leur donner une chance! 🙂

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    1. Oh oui! D'ailleurs c'est ce qui m'est arrivé, c'est ma mère qui a trouvé les deux premiers dans une boîte à livres!

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    2. Génial! Ça me dit quelque chose, maintenant que je te lis: tu avais dû le mentionner précédemment!

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    3. Oui je crois que je l'avais dit dans le billet du tome 1... Et aussi que j'avais dit à ma mère qu'elle devrait aller mettre une note dans la boîte: «où est le tome 3?»
      :-D

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