06 février 2007

Le Maître d'escrime


C'est surtout parce qu'on s'attache au personnage principal que ce livre est si intéressant. Don Jaime Astarloa, le maître d'escrime du titre, est un homme solitaire et honorable dont les valeurs sont en train de disparaître de la société qui l'entoure, à l'instar de l'art qu'il enseigne, d'ailleurs. Il est un anachronisme vivant, et il en est conscient! Il est aussi très romantique (à la Dumas, pas à la Harlequin!). À preuve, ce dialogue entre lui et la jeune femme dont il est en train de s'éprendre:

-- On n'est jamais assez injuste envers les hommes, don Jaime.
-- Voilà une réponse cruelle...
-- Autant que sincère.
Le maître d'escrime regarda pensivement la jeune femme.
-- Doña Adela, dit-il au bout d'un moment, redevenu sérieux, avec une spontanéité si flagrante qu'elle plaçait ses paroles loin de toute forfanterie galante. Je donnerais n'importe quoi pour envoyer ma carte et mes témoins à l'homme qui a mis entre vos lèvres une si amère réflexion.

Aaah! Au secours, je vais tomber en pâmoison! J'ai beau être contre la violence dans la résolution des conflits, je ne peux m'empêcher de soupirer en battant des cils!

Un charmant petit livre, même si j'avais en partie deviné la fin! En bonus, cela m'a rappelé mes cours d'escrime au CÉGEP!



Prochaine lecture: Tel qu'annoncé dans le message précédent, A Breath of Snow and Ashes, de Diana Gabaldon, la suite de la série Outlander. Hourra!!!



Le Maître d'escrime, d'Arturo Pérez-Reverte, publié en traduction française au Seuil en 1994.

30 janvier 2007

Au diable les résolutions!

J'avais décidé de faire le ménage dans ma bibliothèque et de lire les dizaines de livres qui s'y trouvent en attente d'être lus, y compris ceux que ma belle-mère vient de me donner et ceux que nous avons reçus en cadeaux à Noël. Cet après-midi, en allant rapporter mes livres à la bibliothèque municipale, j'étais résolue à ne pas en emprunter d'autres, mais comme il faisait très froid, je suis tout de même restée quelques minutes pour me réchauffer... Et je suis tombée sur A breath of Snow and Ashes, la suite de la série Outlander de Diana Gabaldon, que j'attendais avec impatience! J'ai craqué... En plus, c'est une énorme brique de près de mille pages!

29 janvier 2007

La Constance du jardinier


Ce qu'il y a de plus épeurant dans ce livre, c'est qu'il est sans doute très réaliste lorsqu'il dépeint l'Afrique comme la réserve de cobayes des compagnies pharmaceutiques et les gouvernements occidentaux comme fermant les yeux pour des raisons économiques et politiques. Il y a bien quelques longueurs vers la fin, mais dans l'ensemble le suspense est soutenu et l'intrigue intelligente. J'aime lorsqu'un auteur ne prend pas ses lecteurs pour des crétins et les laisse faire eux-mêmes certains liens.

J'ai bien aimé que le point de vue change plusieurs fois au cours du récit. En particulier, au début on voit les événements à travers les yeux du conseiller au haut-commissariat britannique à Nairobi, un personnage que l'on trouve de moins en moins sympathique, ce qui fait qu'on est plutôt soulagé lorsque le focus se déplace vers son subalterne, le mari de la victime, un homme bien quoique plutôt naïf au commencement du roman.


Un seul tout petit bémol. Avis aux éditeurs: lorsqu'une partie d'un roman se passe au Canada, veuillez confier la traduction française à un québécois; on dit la et non le Saskatchewan, on va en et non au Saskatchewan...



Prochaine lecture: Le Maître d'escrime, d'Arturo Pérez-Reverte.




La Constance du jardinier, de John Le Carré, publié en version française aux Éditions du Seuil en 2001.

Petit Cours d'autodéfense intellectuelle

Pour commencer, un petit appel à l'aide: Je cherche un libellé pour regrouper toutes mes critiques de livres qui ne sont pas des romans (dont celle-ci). En anglais, ce serait nonfiction, mais je ne trouve pas d'équivalent à la fois concis et correct. «Essai» me paraît trop restrictif, même si je crois qu'on l'utilise parfois (erronément?) dans ce sens. Le dictionnaire terminologique de l'Office de la langue française suggère «oeuvre non romanesque», c'est plutôt lourd. Mais bon, en attendant de trouver mieux...

J'ai lu ce livre, qui se veut une introduction à la pensée critique. En général, je suis allergique aux ouvrages qui utilisent des termes comme épistémologie, ils me rappellent trop les cours de philosophie (pouah!) au CEGEP. Mais ici, même si j'ai dû sortir le Petit Robert à quelques reprises, cela en valait la peine. Je crois bien que je vais m'acheter ce bouquin pour l'avoir toujours à portée de la main. En effet, il nous donne des outils pour toujours rester sur la défensive devant ce que les média, en particulier, essaient de nous faire avaler. Rester sur la défensive ne signifie pas ne croire en rien, mais c'est plutôt un bon réflexe à avoir.

Le chapitre sur les sondages est particulièrement éclairant pour comprendre la manipulation dont nous avons été victimes dans le scandale du sondage publié récemment par le Journal de Montréal sur le racisme des québécois...

J'ai aussi apprécié la section sur les coïncidences numériques (par exemple, on retrouve supposément beaucoup le nombre 11 autour des événements du 11 septembre 2001). Mon frère croit sérieusement en ce genre de phénomènes, alors j'ai numérisé ces quelques pages et les lui ai envoyées, j'ai hâte de savoir ce qu'il en pensera!

Plusieurs autres chapitres de ce livre sont très intéressants, notamment ceux traitant du langage et de la logique, de comment ils sont utilisés par les politiciens, les publicistes et tous ceux qui ont intérêt à nous embarquer dans leur bateau!



Petit Cours d'autodéfense intellectuelle, de Normand Baillargeon, publié aux Éditions Lux en 2005.

16 janvier 2007

84, Charing Cross Road

Quel charmant petit livre! Il ne s'agit pas d'un roman, mais d'une correspondance réelle entre une écrivaine new-yorkaise sans le sou mais amatrice de beaux livres anciens et un libraire londonien (et éventuellement la famille de celui-ci), entre 1949 et 1969. Les échanges se font d'abord sur un ton impersonnel, puis peu à peu on sent qu'une amitié et une complicité se développe entre les deux. À tel point que rapidement, l'Américaine se met à envoyer des paquets de nourriture aux employés de la librairie pour les aider durant les périodes de rationnement post-guerre. D'ailleurs je ne savais pas qu'il y avait eu des restrictions en Angleterre jusqu'en 1953! Il semble que les Américains investissaient dans la reconstruction en Allemagne et au Japon pour aider ces deux pays à se relever (c'était le Plan Marshall, si ma mémoire est bonne), mais qu'ils avaient un peu laissé en plan leurs alliés les Anglais!

Il est difficile de dire pourquoi ce livre est si bon, puisqu'après tout, il ne s'y passe rien, en réalité! Tout est dans le ton, l'humour, la progression des sentiments, l'amour de la littérature, aussi! Il paraît que ce livre est très populaire aux États-Unis et en Angleterre, et qu'un film en a même été tiré, mettant en vedette Anthony Hopkins et Anne Bancroft. Cela doit être quelque chose!

Il est un peu triste de penser que de nos jours, un tel échange n'aurait jamais pu prendre place. Mme Hanff aurait tout simplement commandé ses livres sur un site internet impersonnel. D'ailleurs plus personne n'écrit de vraies lettres. Moi qui, petite, aimais tant en écrire, je n'en ai presque jamais l'occasion... Et encore moins d'en recevoir.

Prochaine lecture: La Constance du jardinier, de John LeCarré.



84, Charing Cross Road, d'Helen Hanff, publié en version française au Livre de Poche en 2001 (la version originale date de 1970).

Bare Bones (suite)

J'avais oublié de mentionner la seule petite chose qui m'a agacée dans ce livre, le placement de produits (calque de l'anglais product placement; y a-t-il un meilleur terme en français?) continuel. On dirait vraiment que l'auteure a un contrat avec Coke! Bien sûr, cela fait partie du personnage de Tempe Brennan qu'elle ne consomme pas d'alcool, étant une ancienne alcoolique; c'est pourquoi elle boit toujours du Coke diète. Mais est-ce que cela aurait vraiment nui au livre qu'on nous dise seulement qu'elle buvait du cola diète, au lieu de toujours nommer la marque?

On est habitué au placement de produits au cinéma et à la télé, mais on dirait que c'est encore plus agaçant dans un roman!

15 janvier 2007

Bare Bones


Ha ha ha! Rendue à la page 226, j'ai finalement compris le jeu de mot: bare bones, bear bones! En effet, l'intrigue de ce livre commence par la découverte d'ossements d'ours enterrés dans un sac en plastique. Bon, j'ai quand même compris l'astuce toute une page avant qu'elle ne nous soit expliquée en toutes lettres, évitant ainsi la honte totale.

Ce que j'aime des romans de Kathy Reichs, c'est qu'en plus d'être diverti par des dialogues intelligents et amusants et d'être tenus en haleine par un suspense soutenu, on y apprend toujours quelque chose. Le livre précédent que j'avais lu d'elle, Grave Secrets, parlait d'un génocide au Guatemala. Cet ouvrage-ci, tout aussi bien documenté, se déroule sur fond de braconnage et de traite d'animaux et de plantes en voie d'extinction. On y parle entre autre de la chasse à l'ours noir aux États-Unis; même si cette espèce n'est pas menacée, sa chasse est illégale lorsqu'elle se fait hors-saison ou pour prélever seulement certaines parties de l'animal, notamment son pancréas, utilisé en médecine chinoise et qui se vend plus cher que la cocaïne, et ses pattes, un met très prisé en Orient.

Prochaine lecture: 84, Charing Cross Road, d'Helen Hanff. En même temps, je suis en train de lire le Petit Cours d'autodéfense intellectuelle, de Normand Baillargeon.



Bare Bones, de Kathy Reichs, publié chez Scribner en 2003.