Dans cet album illustré de nombreuses photos, le naturaliste Gerald Durrell nous raconte les voyages qu'il a effectués, en compagnie de sa femme Lee et de quelques techniciens, dans plusieurs régions de Russie, afin notamment d'y filmer une série de documentaires sur la faune et la flore de ce pays. Durrell est toujours intéressant, souvent drôle, mais je me suis ennuyée de cette petite étincelle de folie que j'avais tant appréciée dans La Forêt ivre et surtout dans Féeries dans l'île (réédité sous le titre de Ma Famille et autres animaux). On y constate la grande diversité de climats, des régions désertiques au Cercle polaire, abritant une faune des plus originales, notamment dans de nombreuses et immenses réserves que Durrell a trouvées très bien tenues par des gens passionnés (c'était avant l'effondrement de l'Empire soviétique; je serais curieuse de savoir si la situation est toujours la même...). Les photos sont en général fort belles ou amusantes, mais souffrent de la comparaison avec ce qu'on pourrait accomplir grâce à la technologie photographique et aux méthodes d'impressions actuelles!
Réservé aux amateurs de récits de voyages doublés d'amoureux de la Nature! Pour les mordus, plusieurs des documentaires sont disponibles sur Youtube, mais la narration est malheureusement en russe!
Durrell en Russie de Gerald et Lee Durrell, 1988, 191 p. Titre de la version originale: Durrell in Russia.
12 novembre 2013
09 novembre 2013
David contre Goliath...
Les éditions Leméac et Michel Tremblay ont résisté au chantage de la chaîne de magasins Costco, qui exigeait de pouvoir offrir le dernier roman de cet écrivain, Les Clefs du Paradise, en même temps que les librairies. Il faut savoir que
Leméac, comme plusieurs autres éditeurs québécois, donne généralement un avantage de quelques semaines aux librairies avant d'offrir le livre aux grandes
surfaces. Histoire de ne pas couper l'herbe sous les pieds des libraires!
Résultat: Costco a annulé sa commande complète, le dernier Tremblay n'y sera pas vendu!
Qu'en pensez-vous? Êtes-vous déçus de ne pas pouvoir acheter ce livre ou d'autres best-sellers en grande surface (donc moins cher) dès leur parution? Quant à moi, il me semble juste de donner une chance aux librairies, qui ne vendent pas que les gros titres mais aussi les auteurs plus confidentiels; toutefois je suis mal placée pour me prononcer puisque je n'achète à peu près jamais de livres neufs!
Nos cousins français n'ont pas ce dilemme, puisqu'ils ont la politique du prix unique du livre...
Pour en savoir plus: l'article du Devoir
07 novembre 2013
Sur la 132
Je me suis gourée dans un billet précédent, j'ai affirmé que c'était Bertrand Laverdure qui avait parlé de ce bouquin à Tout le monde tout lu. J'ai fait dans ma tête un amalgame entre ce livre et un autre dont Laverdure a parlé, qui était un récit de voyage. C'est en fait Gabriel Anctil lui-même qui, dans cette même émission sur le thème de la nature et du territoire, vint parler de son premier roman, l'histoire d'un publiciste écoeuré de la superficialité de son monde qui décide de tout lâcher. Mes excuses, donc, à MM. Laverdure et Anctil.
À cause de ce mélange initial, il m'a fallu effectuer une petite gymnastique cérébrale lorsque je me suis aperçue de mon erreur après plusieurs dizaines de pages. C'est sans doute pourquoi j'ai eu un peu de difficulté à accrocher au début, durant la partie qui se déroule à Montréal dans le milieu de la publicité. Dès que le narrateur quitte la ville pour se diriger vers l'est de la province (lui qui n'a jamais dépassé Québec), je me suis mise à vraiment apprécier l'histoire. Il découvre à la fois la beauté des grands espaces et la laideur de la plupart des villages du Bas-du-Fleuve. Décidément, cette région est à l'honneur c'est temps-ci, c'est le troisième roman que je lis en moins d'un an qui s'y déroule en tout ou en partie (avec La Fiancée américaine et La Patience des fantômes), alors qu'elle avait peu été exploitée en littérature, à part par Victor-Lévy Beaulieu.
Le héros (plutôt anti-héros, en fait) rencontre des personnages pittoresques et sympathiques. J'ai particulièrement aimé le voisin «speedé», maniaque des films de Bruce Lee, abandonné par sa blonde qui a tout lâché pour, comme on l'apprendra éventuellement, s'en aller vers l'ouest du Canada, pendant féminin du narrateur. On fait aussi la connaissance de nombreux piliers de bars pour qui notre aventurier éprouve un mélange de tendresse et de mépris, et qui semblent représenter une bonne partie de la population masculine de la région (voire des régions en général). À travers ces rencontres comme par les lectures qu'il effectue, il reprend contact avec ses racines familiales et québécoises. Ce n'est qu'à la toute fin cependant qu'il arrivera à se départir de son cynisme et qu'il reprendra goût à la vie.
Si j'ai un assez gros bémol, c'est surtout à cause de plusieurs longueurs dans la deuxième partie du roman, notamment par la répétition des scènes de taverne, avec ou sans descriptions de parties de hockey télévisées, presque jeu par jeu. Les beuveries se succèdent et se ressemblent, et je crois que l'éditeur aurait dû mettre la hachette là-dedans. Il faut dire que je n'aime ni les bars ni le hockey, donc je ne fais sans doute pas partie du public cible... Il y a aussi le fait que le personnage principal dépasse parfois la limite et qu'on se met à le trouver antipathique, ce qui est toujours dangereux en littérature selon moi. J'ai apprécié cependant les dialogues en joual, généralement bien rythmés et mordants, et les descriptions, que j'aurais aimées plus nombreuses, du fleuve majestueux ou déchaîné, ou de la nature splendide et glaciale.
Bref, malgré quelques défauts, un premier roman intéressant et un écrivain prometteur!
La page de l'émission Tout le monde tout lu! Pour voir l'entrevue de Gabriel Anctil, cliquez sur la photo de Serge Bouchard (qui était l'autre invité cette semaine-là) et rendez vous à la quatorzième minute de diffusion. Cet auteur a aussi été la recrue de juin 2012 du blogue La Recrue du mois, consacré aux premiers romans québécois.
Merci aux éditions Héliotrope pour l'envoi.
Sur la 132 de Gabriel Anctil, 2012, 454 p. en version numérique.
À cause de ce mélange initial, il m'a fallu effectuer une petite gymnastique cérébrale lorsque je me suis aperçue de mon erreur après plusieurs dizaines de pages. C'est sans doute pourquoi j'ai eu un peu de difficulté à accrocher au début, durant la partie qui se déroule à Montréal dans le milieu de la publicité. Dès que le narrateur quitte la ville pour se diriger vers l'est de la province (lui qui n'a jamais dépassé Québec), je me suis mise à vraiment apprécier l'histoire. Il découvre à la fois la beauté des grands espaces et la laideur de la plupart des villages du Bas-du-Fleuve. Décidément, cette région est à l'honneur c'est temps-ci, c'est le troisième roman que je lis en moins d'un an qui s'y déroule en tout ou en partie (avec La Fiancée américaine et La Patience des fantômes), alors qu'elle avait peu été exploitée en littérature, à part par Victor-Lévy Beaulieu.
Le héros (plutôt anti-héros, en fait) rencontre des personnages pittoresques et sympathiques. J'ai particulièrement aimé le voisin «speedé», maniaque des films de Bruce Lee, abandonné par sa blonde qui a tout lâché pour, comme on l'apprendra éventuellement, s'en aller vers l'ouest du Canada, pendant féminin du narrateur. On fait aussi la connaissance de nombreux piliers de bars pour qui notre aventurier éprouve un mélange de tendresse et de mépris, et qui semblent représenter une bonne partie de la population masculine de la région (voire des régions en général). À travers ces rencontres comme par les lectures qu'il effectue, il reprend contact avec ses racines familiales et québécoises. Ce n'est qu'à la toute fin cependant qu'il arrivera à se départir de son cynisme et qu'il reprendra goût à la vie.
Si j'ai un assez gros bémol, c'est surtout à cause de plusieurs longueurs dans la deuxième partie du roman, notamment par la répétition des scènes de taverne, avec ou sans descriptions de parties de hockey télévisées, presque jeu par jeu. Les beuveries se succèdent et se ressemblent, et je crois que l'éditeur aurait dû mettre la hachette là-dedans. Il faut dire que je n'aime ni les bars ni le hockey, donc je ne fais sans doute pas partie du public cible... Il y a aussi le fait que le personnage principal dépasse parfois la limite et qu'on se met à le trouver antipathique, ce qui est toujours dangereux en littérature selon moi. J'ai apprécié cependant les dialogues en joual, généralement bien rythmés et mordants, et les descriptions, que j'aurais aimées plus nombreuses, du fleuve majestueux ou déchaîné, ou de la nature splendide et glaciale.
Bref, malgré quelques défauts, un premier roman intéressant et un écrivain prometteur!
La page de l'émission Tout le monde tout lu! Pour voir l'entrevue de Gabriel Anctil, cliquez sur la photo de Serge Bouchard (qui était l'autre invité cette semaine-là) et rendez vous à la quatorzième minute de diffusion. Cet auteur a aussi été la recrue de juin 2012 du blogue La Recrue du mois, consacré aux premiers romans québécois.
Merci aux éditions Héliotrope pour l'envoi.
Sur la 132 de Gabriel Anctil, 2012, 454 p. en version numérique.
28 octobre 2013
Reçu en service de presse
L'Orangeraie de Larry Tremblay, aux éditions Alto.
Qui a vu la discussion du club de lecture à Bazzo.tv? Ça donnait le goût, non?
Billet dans les prochaines semaines...
Qui a vu la discussion du club de lecture à Bazzo.tv? Ça donnait le goût, non?
Billet dans les prochaines semaines...
24 octobre 2013
The Year of Living Biblically (L'Année où j'ai vécu selon la Bible)
N'ayez crainte, je ne suis pas en train de me convertir, ni ne me suis-je fait enrôler dans une secte!Dans ce récit, le journaliste et écrivain new-yorkais A.J. Jacobs raconte une expérience qu'il a menée avec assiduité, celle de vivre pendant un an en respectant tous les commandements de la Bible, y compris les plus saugrenus. Cela va de ne pas mentir et respecter ses parents à ne se couper ni la barbe ni les cheveux des tempes et ne toucher aucune femme pendant qu'elle a ses règles (dans le doute il faut donc éviter tout contact, tout le temps), sans compter de nombreuses restrictions alimentaires toutes plus farfelues les unes que les autres.
Le résultat est souvent hilarant! Il a l'occasion de rencontrer plusieurs personnages pittoresques, comme un tailleur juif orthodoxe spécialisé dans l'analyse des tissus au microscope qui lui annonce à son grand dam que son unique complet contient à la fois du lin et de la laine, un mélange sacrilège; les fondateurs d'un musée du Créationnisme, où l'on apprend qu'Adam et Ève ont cotoyé les dinosaures et comment l'Arche de Noé pouvait contenir autant d'animaux; un sympathique manipulateur de serpents du Tennessee et bien d'autres.
Un des buts de l'expérience était bien sûr de faire ressortir l'absurdité des arguments anti-homosexualité et anti-avortement de la droite américaine qui utilise certains édits de la Bible au sens littéral et en les sortant de leur contexte. Elle donne lieu également à des réflexions intéressantes sur les relations homme/femme, sur l'éducation, sur l'argent, etc. J'aurais aimé qu'il reste plus critique par rapport à la place occupée par la religion dans la société américaine. Toutefois, il se dit lui-même affecté par un phénomène de dissonance cognitive: agnostique au départ (bien que de culture juive), il en vient à mettre en doute ses convictions à force d'agir comme un croyant!
Un essai très prenant, qui se lit aisément, mais très américain (il y a quelques références qui m'ont échappé). Je vais sûrement lire d'autres livres de cet auteur, notamment celui où il entreprend de lire l'Encyclopedia Britannica de A à Z en un an!
The Year of Living Biblically de A.J. Jacobs, 2007, 388 p. incluant les annexes (notes, bibliographie, index). Titre de la traduction française: L'Année où j'ai vécu selon la Bible.
Libellés :
États-Unis,
Œuvres non romanesques,
Récits et autobiographies
12 octobre 2013
The Gargoyle (Les Âmes brûlées)
C'est un système qui a fait ses preuves. Vous, amis blogueurs, vous mettez à deux, trois, cinq ou dix pour me convaincre qu'un livre est fait pour moi. Je le note dans mon petit cahier, me disant qu'il faut le lire très bientôt. Mais j'en ai tellement noté, de ces titres, que ce n'est que quelques années plus tard que je me décide finalement à l'emprunter à la bibliothèque, ou que je le déniche par hasard dans une bouquinerie. Avec ma cervelle en fromage suisse, je ne sais même plus de quoi ça parle, et le plaisir de la (re)découverte est immense.
C'est tout à fait ce qui est arrivé avec The Gargoyle, vendu avec enthousiasme par Karine et Book Lady. Je pensais même que c'était dans le genre Fantasy, et qu'il y avait une «vraie» gargouille vivante! Autant vous le dire tout de suite, ce n'est pas ça du tout. C'est plutôt l'histoire d'un gars d'une trentaine d'année, très beau physiquement mais très cynique et qui n'a jamais aimé personne. À la suite d'un accident de voiture, il se retrouve à l'unité des grands brûlés, complétement détruit physiquement et moralement. Il y rencontre plusieurs personnes qui vont changer sa vie, en particulier une femme qui affirme qu'ils se sont connus et ont été amants en Allemagne il y a sept cents ans, alors qu'elle était scribe dans un monastère et lui mercenaire. Est-elle folle, est-ce un cas de réincarnation? C'est ce qu'on se demande tout au long de ce roman fort bien écrit, drôle, poignant, romantique, d'une plume très travaillée mais qui pourtant se lit avec une grande aisance, rempli de références littéraires, notamment à L'Enfer de Dante mais aussi à d'autres oeuvres. Seules quelques longueurs dans la deuxième moitié l'empêcheront peut-être de recevoir le titre de «Coup de coeur». Attention, certaines descriptions sont presque insupportables de réalisme (l'accident, les traitements); j'invite les âmes sensibles à sauter ces passages plutôt que d'abandonner complètement!
À cause des différentes interprétations possibles de l'intrigue,ce livre est très difficile à classer... Je le mets dans «Fantastique» ou dans «Littérature générale»? Dans le doute...
The Gargoyle d'Andrew Davidson, 2008, 465 p. Titre de la traduction française: Les Âmes brûlées.
C'est tout à fait ce qui est arrivé avec The Gargoyle, vendu avec enthousiasme par Karine et Book Lady. Je pensais même que c'était dans le genre Fantasy, et qu'il y avait une «vraie» gargouille vivante! Autant vous le dire tout de suite, ce n'est pas ça du tout. C'est plutôt l'histoire d'un gars d'une trentaine d'année, très beau physiquement mais très cynique et qui n'a jamais aimé personne. À la suite d'un accident de voiture, il se retrouve à l'unité des grands brûlés, complétement détruit physiquement et moralement. Il y rencontre plusieurs personnes qui vont changer sa vie, en particulier une femme qui affirme qu'ils se sont connus et ont été amants en Allemagne il y a sept cents ans, alors qu'elle était scribe dans un monastère et lui mercenaire. Est-elle folle, est-ce un cas de réincarnation? C'est ce qu'on se demande tout au long de ce roman fort bien écrit, drôle, poignant, romantique, d'une plume très travaillée mais qui pourtant se lit avec une grande aisance, rempli de références littéraires, notamment à L'Enfer de Dante mais aussi à d'autres oeuvres. Seules quelques longueurs dans la deuxième moitié l'empêcheront peut-être de recevoir le titre de «Coup de coeur». Attention, certaines descriptions sont presque insupportables de réalisme (l'accident, les traitements); j'invite les âmes sensibles à sauter ces passages plutôt que d'abandonner complètement!
À cause des différentes interprétations possibles de l'intrigue,ce livre est très difficile à classer... Je le mets dans «Fantastique» ou dans «Littérature générale»? Dans le doute...
The Gargoyle d'Andrew Davidson, 2008, 465 p. Titre de la traduction française: Les Âmes brûlées.
10 octobre 2013
Reçu en service de presse...
Sur la 132 de Gabriel Anctil.
Vanté par Bertrand Laverdure à l'émission Tout le monde tout lu! (MAtv).
J'ai vraiment hâte de le lire! J'ai quelques livres de bibliothèque à terminer d'abord, mais ensuite...
Vanté par Bertrand Laverdure à l'émission Tout le monde tout lu! (MAtv).
J'ai vraiment hâte de le lire! J'ai quelques livres de bibliothèque à terminer d'abord, mais ensuite...
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