Tome 3 de la série The Dark Tower.
***Attention, contient des spoilers!***
Un ours cybernétique de soixante-dix pieds de haut? Ça a bien failli me faire décrocher de cette série dont j'avais pourtant bien apprécié les deux tomes précédents (The Gunslinger et The Drawing of the Three). On avait déjà un mélange des genres assez inusité: fantasy, fantastique, western, horreur... Ajouter de la science-fiction en plus, ça commençait vraiment à faire beaucoup! Surtout que les histoires de robots ce n'est pas vraiment ma tasse de thé.
Heureusement plusieurs détails m'ont plu (le fait que la fameuse tour se trouve, selon la légende, au point de rencontre de toutes les lignes de forces magnétiques et magiques, allez savoir pourquoi, ça m'a intriguée, de même que Roland aux prises avec un paradoxe temporel) et m'ont permis de m'accrocher, jusqu'en page 129 où j'ai jubilé de retrouver Jake (le petit garçon du tome 1) qui pense devenir cinglé parce qu'il se souvient de sa propre mort tout en étant, de toute évidence, encore vivant. À partir de là, ça n'a été que du bonheur (le genre qui vous fait vous ronger les ongles d'angoisse, bien sûr).
Ce que j'aime surtout dans cette série, c'est que le côté fantasy est à peine présent et omniprésent à la fois. Tout le récit est construit sous la forme classique de la Quête. Les références à Tolkien sont multiples mais subtiles, elles ne sont pas soulignées à gros trait. Le personnage de Roland, par exemple, rappelle celui d'Aragorn, et lorsqu'il suit à la trace le vilain qui a enlevé Jake, on pense aussitôt à la poursuite des uruk-hai ayant enlevé Merry et Pippin. Il y a aussi une créature monstrueuse qui, tout comme Gollum, est un amateur d'énigmes.
Et puis, Oy le billy-bumbler (animal ressemblant à un raton-laveur, mais très intelligent et loyal comme un chien) est trop mignon, j'en veux un pareil!
The Waste Lands (The Dark Tower, tome 3) de Stephen King, 1991, 590 p. Titre de la version française: Terres perdues (La Tour sombre, tome 3).
30 avril 2014
05 avril 2014
Histoire d'une mouette et du chat qui lui apprit à voler
Moins bouleversant que Le Vieux qui lisait des romans d'amour, mais tout de même bien mignon, ce tout petit roman qui se lit en moins d'une heure. Une fable amusante et touchante sur la tolérance, l'entraide et l'amitié, à mettre entre toutes les mains!
Histoire d'une mouette et du chat qui lui apprit à voler de Luis Sepulveda, traduit de l'espagnol, 1996, 116 p. Titre de la version originale: Historia de una gaviota y del gato que le enseñó a volar.
Histoire d'une mouette et du chat qui lui apprit à voler de Luis Sepulveda, traduit de l'espagnol, 1996, 116 p. Titre de la version originale: Historia de una gaviota y del gato que le enseñó a volar.
30 mars 2014
Still Life (En plein coeur)
Je l'avoue tout de suite, mes connaissances en littérature anglo-québécoise sont pour le moins rudimentaires... Je peux citer Mordecai Richler, que je n'ai par ailleurs pas lu, et c'est tout! Two solitudes, indeed! Alors ce roman reçu en cadeau à ma fête m'a permis de joindre l'utile à l'agréable!
Premier d'une série se déroulant entièrement autour d'un petit village fictif des Cantons-de-l'Est, ce petit polar est tout à fait délicieux. Amateurs de roman noir et de thriller s'abstenir, on est plutôt dans la tradition du whodunit à la Agatha Christie. Les personnages sont attachants, à quelques exceptions près (il faut bien quelques méchants!) on a envie de les avoir comme voisins, de déménager dans une vieille maison de ce coin de pays pittoresque! Le personnage de l'Inspecteur Gamache est original, c'est un érudit qui apprécie la poésie et l'art et qui appelle sa femme tous les jours lorsqu'il est en mission, ça nous change du policier bourru, misogyne et alcoolique habituel. Son assistante, recrue inepte qui se met les pieds dans les plats en prenant tout au pied de la lettre, m'a bien fait rire!
Je suppose que plusieurs des personnages sont récurrents, ce sera un plaisir de les retrouver dans les tomes suivants! J'espère seulement qu'on aura corrigé un petit défaut: je n'ai rien contre l'idée de mettre quelques expressions en français et quelques sacres dans les dialogues pour faire couleur locale, mais encore faudrait-il qu'ils soient exempts de fautes! On dirait qu'on a utilisé Google traduction! Par exemple, on a «pointe finale» au lieu de «point final», «n'est pas» au lieu de «n'est-ce pas», et j'en passe... En fait, il serait plus court de citer les expressions correctes! Au moins voilà un problème que n'auront pas ceux qui liront la série en traduction française, à condition bien sûr que celle-ci ait été faite par un québécois, ce qui devrait toujours être le cas selon moi lorsqu'un roman se déroule au Canada. Sinon c'est le désastre inévitable...
Le billet de Jules, de Suzanne, de Geneviève (Allie), celui de Joëlle, moins convaincue. Yueyin, quant à elle, nous présente la série au complet.
Still Life de Louise Penny, 2005, 377 p. Titre de la traduction française: En plein coeur au Québec et Nature morte en France.
Premier d'une série se déroulant entièrement autour d'un petit village fictif des Cantons-de-l'Est, ce petit polar est tout à fait délicieux. Amateurs de roman noir et de thriller s'abstenir, on est plutôt dans la tradition du whodunit à la Agatha Christie. Les personnages sont attachants, à quelques exceptions près (il faut bien quelques méchants!) on a envie de les avoir comme voisins, de déménager dans une vieille maison de ce coin de pays pittoresque! Le personnage de l'Inspecteur Gamache est original, c'est un érudit qui apprécie la poésie et l'art et qui appelle sa femme tous les jours lorsqu'il est en mission, ça nous change du policier bourru, misogyne et alcoolique habituel. Son assistante, recrue inepte qui se met les pieds dans les plats en prenant tout au pied de la lettre, m'a bien fait rire!
Je suppose que plusieurs des personnages sont récurrents, ce sera un plaisir de les retrouver dans les tomes suivants! J'espère seulement qu'on aura corrigé un petit défaut: je n'ai rien contre l'idée de mettre quelques expressions en français et quelques sacres dans les dialogues pour faire couleur locale, mais encore faudrait-il qu'ils soient exempts de fautes! On dirait qu'on a utilisé Google traduction! Par exemple, on a «pointe finale» au lieu de «point final», «n'est pas» au lieu de «n'est-ce pas», et j'en passe... En fait, il serait plus court de citer les expressions correctes! Au moins voilà un problème que n'auront pas ceux qui liront la série en traduction française, à condition bien sûr que celle-ci ait été faite par un québécois, ce qui devrait toujours être le cas selon moi lorsqu'un roman se déroule au Canada. Sinon c'est le désastre inévitable...
Le billet de Jules, de Suzanne, de Geneviève (Allie), celui de Joëlle, moins convaincue. Yueyin, quant à elle, nous présente la série au complet.
Still Life de Louise Penny, 2005, 377 p. Titre de la traduction française: En plein coeur au Québec et Nature morte en France.
16 mars 2014
Quand souffle le vent du nord
Au début, je n'étais pas sûre d'accrocher à ce roman épistolaire nouveau genre (au lieu de lettres, ce sont des courriels que s'échangent les correspondants). Je trouvais le ton un peu artificiel. Puis, peu à peu, disons après une dizaine de pages, je me suis prise au jeu de ces deux personnages qui se dévoilent petit à petit, qui tentent de se deviner, ne s'étant jamais vus et ignorant parfois leurs propres motivations. Je me demandais toutefois si l'intérêt pourrait être soutenu pendant plus de 300 pages, et la réponse est oui! Grâce au suspense de savoir si enfin ils vont se rencontrer en chair et en os, grâce à des surprises et revirements de situation et à la sympathie qu'on éprouve pour eux, on dévore ce bouquin sans même s'en apercevoir!
Deux mini-bémols: 1) la fille sur la couverture a des cuisses si longues qu'elle a l'air d'une sauterelle, et 2) la traductrice a choisi d'utiliser le mot «mail» au lieu du «courriel» québécois, ou tout simplement de «email». Moi quand je lis mail, dans ma tête cela se prononce «maille», comme dans mail piétonnier, par exemple. J'étais constamment en train de réajuster mon cerveau, et comme bien sûr ce mot est utilisé plusieurs fois par page, c'est un peu pénible.
Lorsque les seuls défauts qu'on trouve à un livre sont une traduction d'un mot déplaisant à une psycho-rigide de la pire espèce et une photo de femme-mante religieuse, c'est qu'un livre a vraiment beaucoup de qualité! C'est frais, c'est drôle, c'est romantique, ça se lit tout seul!
Il paraît qu'il y a une suite, mais je me demande si celle-ci n'est pas superflue, je pense que je préfère en rester sur cette fin... (Si vous l'avez lue, cette suite, vous me direz ce que vous en avez pensé!)
Quand souffle le vent du nord de Daniel Glattauer, traduit de l'allemand, 2010, 348 p. La version originale, Gut Gegen Nordwind, date de 2006.
Deux mini-bémols: 1) la fille sur la couverture a des cuisses si longues qu'elle a l'air d'une sauterelle, et 2) la traductrice a choisi d'utiliser le mot «mail» au lieu du «courriel» québécois, ou tout simplement de «email». Moi quand je lis mail, dans ma tête cela se prononce «maille», comme dans mail piétonnier, par exemple. J'étais constamment en train de réajuster mon cerveau, et comme bien sûr ce mot est utilisé plusieurs fois par page, c'est un peu pénible.
Lorsque les seuls défauts qu'on trouve à un livre sont une traduction d'un mot déplaisant à une psycho-rigide de la pire espèce et une photo de femme-mante religieuse, c'est qu'un livre a vraiment beaucoup de qualité! C'est frais, c'est drôle, c'est romantique, ça se lit tout seul!
Il paraît qu'il y a une suite, mais je me demande si celle-ci n'est pas superflue, je pense que je préfère en rester sur cette fin... (Si vous l'avez lue, cette suite, vous me direz ce que vous en avez pensé!)
Quand souffle le vent du nord de Daniel Glattauer, traduit de l'allemand, 2010, 348 p. La version originale, Gut Gegen Nordwind, date de 2006.
09 mars 2014
Bridge of Sighs (Le Pont des soupirs)
Un beau roman aux thèmes universels: la famille, les patterns qui se reproduisent de génération en génération, l'amitié, la dépendance affective, le couple, les classes sociales, le racisme... Tout ça avec comme toile de fond, d'une part, une petite ville industrielle de l'État de New York au bord d'une rivière polluée par la tannerie locale, et d'autre part la ville de Venise (d'où le titre) et l'atelier d'un peintre américain exilé. J'y ai bien trouvé quelques longueurs, toutefois. Quant on commence à s'intéresser aux parents de la petite amie du personnage principal, j'ai commencé à penser qu'on s'éparpillait un peu, même si ces digressions ont leur raison d'être, en fin de compte. À part ce petit bémol, j'ai bien apprécié cette lecture, en particulier les personnages attachants et multidimensionnels.
Bridge of Sighs de Richard Russo, 2007, 527 p. Titre de la traduction française: Le Pont des soupirs.
Bridge of Sighs de Richard Russo, 2007, 527 p. Titre de la traduction française: Le Pont des soupirs.
12 février 2014
La Jeunesse mélancolique et très désabusée d'Adolf Hitler
Quelle étrange expérience que la lecture de ce roman! Je n'ai pas détesté, au contraire, mais disons que c'est un peu «malaisant», pour utiliser un néologisme à la mode. Car Folco a bâti son histoire autour de ce qu'on connaît de la jeunesse d'Hitler, de sa naissance en 1889 jusqu'au déclenchement de la Première Guerre mondiale: un père rigide, une mère qui le surprotégeait, orphelin à seize ans, des aspirations artistiques déçues, etc. Une enfance assez banale, somme toute, et qui est loin d'expliquer ce qui suivit. Alors on se prend au jeu, on s'intéresse au personnage, on rit même et tout d'un coup on se souvient de qui il est question!
Ainsi on trouve à plusieurs reprise des passages très drôles mais qui soudainement vous glacent les sangs lorsque vous lisez entre les lignes. Par exemple:
Pour ceux qui se posent la question, le lien avec les autres romans de Folco relatant les tribulations de la famille Tricotin existe mais est plutôt ténu. *** Attention, spoiler pour Même le mal se fait bien.*** C'est que Carolus Tricotin, petit-fils de Charlemagne Tricotin, est en fait le vrai père d'Hitler, et lui et son fils Marcello, héros du tome précédent, feront une brève apparition dans la vie d'Adolf. ***Fin du spoiler.*** C'est bizarre de l'appeler par son petit nom, non? Ça vous donne une idée du genre de malaise dont je parlais ci-dessus.
La Jeunesse mélancolique et très désabusée d'Adolf Hitler de Michel Folco, 2010, 350 p.
Ainsi on trouve à plusieurs reprise des passages très drôles mais qui soudainement vous glacent les sangs lorsque vous lisez entre les lignes. Par exemple:
Renonçant provisoirement à la peinture, il décida d'écrire un roman social: l'histoire d'un orphelin rejeté de tous qui finit par se venger d'une manière wagnérienne en diable. Puis il écrivit une nouvelle futuriste sur un jeune scientifique viennois qui devient un héros national en découvrant le remède absolu qui anéantit la totalité des punaises de la capitale et de ses alentours (en une nuit).
Pour ceux qui se posent la question, le lien avec les autres romans de Folco relatant les tribulations de la famille Tricotin existe mais est plutôt ténu. *** Attention, spoiler pour Même le mal se fait bien.*** C'est que Carolus Tricotin, petit-fils de Charlemagne Tricotin, est en fait le vrai père d'Hitler, et lui et son fils Marcello, héros du tome précédent, feront une brève apparition dans la vie d'Adolf. ***Fin du spoiler.*** C'est bizarre de l'appeler par son petit nom, non? Ça vous donne une idée du genre de malaise dont je parlais ci-dessus.
La Jeunesse mélancolique et très désabusée d'Adolf Hitler de Michel Folco, 2010, 350 p.
03 février 2014
The Call of the Wild (L'Appel de la forêt)
Premier coup de coeur de 2014!Après le ton monotone de ma lecture précédente, quel plaisir de lire une plume d'une telle force évocatrice! On s'identifie complètement au personnage principal, ce qui est quand même un tour de force puisqu'il s'agit d'un chien! C'est l'histoire de Buck, enlevé de son confortable domaine californien pour devenir chien de traîneau au Yukon durant la ruée vers l'or. Sa résilience et sa force de caractère lui permettront de trouver sa place tant parmi ses semblables que parmi les humains et de survivre à de rudes épreuves, mais cèdera-t-il à l'appel de la forêt, de la vie sauvage imprégnée dans ses gènes mêmes? Un très beau récit qui n'a pas pris une ride.
(La nuit passée, j'avais composé dans ma tête un superbe billet qui rendait beaucoup mieux hommage à ce livre. J'ai été trop paresseuse pour me lever et le noter, me fiant à ma mémoire pourtant notoirement faillible. Du coup, les mots me manquent; toutes mes excuses au fantôme de Jack London et à Buck pour mon manque d'éloquence.)
The Call of the Wild and other stories de Jack London, 1903, 187 p. incluant deux courtes nouvelles. Titre de la traduction française: L'Appel de la forêt.
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