Vous l'avez compris, ce billet ne fait pas partie des activités entourant le mois anglais. Entre deux lectures anglophones (mon billet sur Behind the Scenes at the Museum est en attente jusqu'au 21, lecture commune oblige), je dois me rincer le cerveau afin que mes neurones n'oublient pas leur langue maternelle.Je suis toujours partante pour un «livre qui parle de livres»! Dans cette «autobibliographie», Annie François nous parle de sa relation avec les livres et la lecture tout au long de sa vie. Dans chacun des courts chapitres, elle aborde différents aspects de notre passe-temps favori: prêter des livres, en emprunter, en donner, les ranger, écrire dedans ou pas, etc.
On est loin d'Alberto Manguel; le ton est ici beaucoup plus familier, presque intime. Certains passages sont touchants (quels livres choisir lors d'une hospitalisation, en sachant que l'auteure est maintenant décédée d'un cancer du poumon...), d'autres rigolos ou ironiques, toujours sans complaisance envers les autres comme envers elle-même. Mme François nous donne l'occasion de nous questionner sur nos propres habitudes et manies de lecteur. J'aurais aimé cependant qu'elle développe plus certains points (par exemple, elle déteste les marque-pages, pourquoi?) et surtout qu'elle donne un peu plus d'informations au sujet des nombreux livres qu'elle cite. Bien souvent elle n'en donne que le titre, même pas l'auteur, or j'en ai reconnu peut-être le quart et je n'ai pas voulu constamment interrompre ma lecture pour faire des recherches. En même temps, cela a donné lieu à une coïncidence amusante: lorsqu'elle a nommé Les Buddenbrook, cela me disait vaguement quelque chose, puis je suis tombée tout à fait par hasard sur ce titre en cherchant un renseignement au sujet de Thomas Mann dans Wikiki! Je l'avais sans doute aperçu l'an dernier lors de ma lecture de La Montagne magique.
Extrait:
«Anne, avant d'entamer tout livre, regarde la fin. La barbare! Dire que la seule lecture d'une table des matières me gâche tout plaisir, que l'habitude récente de les placer au début, à l'américaine, me rend malade. Pourquoi lire une biographie de Marie-Antoinette si l'on sait dès le début qu'elle mourra guillotinée et non victime d'un collapsus en distribuant des brioches?»
Bouquiner d'Annie François, 2000, 198 p.





