Dans The King of Torts, le personnage principal est bien un avocat, qui, au début du roman, est assigné d'office par la cour pour défendre un accusé qui a commis un meurtre alors qu'il était le cobaye involontaire d'une compagnie pharmaceutique véreuse... On se dirige vers un Grisham classique, un de ces combats de David contre Goliath auxquels il nous a habitués, non?
Et bien finalement non, puisque rapidement, notre avocat se fait offrir une autre cause lui apportant l'occasion de s'enrichir très rapidement. Il abandonne donc son client et fonde avec quelques collaborateurs une agence spécialisée dans les recours collectifs. Alors on a beau se demander quand le suspense va commencer, il faut éventuellement se faire une raison et comprendre qu'on est plutôt devant un roman expliquant les rouages de cette spécialité légale assez particulière se situant éthiquement dans une zone grise, en tous cas aux États-Unis.
C'est avant tout un livre sur le pouvoir corrupteur de l'argent et de la célébrité instantanée, dans le même genre que ce qu'a fait Tom Wolfe avec The Bonfire of the Vanities dans le domaine de la haute finance. On peut regretter quelques longueurs et la présence d'un certain male gaze (c'est-à-dire un regard sexualisant de façon appuyée le corps féminin), voire même quelques commentaires grossophobes... Je n'ai jamais remarqué ces défauts dans les autres romans de Grisham, et d'ailleurs je ne suis généralement pas trop sensible à ces sujets tant que ce n'est pas exagéré; je me demande quelle mouche l'a piqué!
Cela reste un bon bouquin, mais je ne le recommanderais pas comme premier contact avec cet auteur.
The King of Torts de John Grisham, 2003, 472 p. Titre de la traduction française: La Transaction.

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