
J'ai lu l'an dernier une critique élogieuse de ce roman biographique chez le collègue blogueur Bob August. Cependant, alors que d'habitude je saute allègrement sur tout ce qui a trait au Moyen-Âge, je n'avais pas été tentée, sans trop que je ne me souvienne pourquoi.
J'étais donc un peu déçue lorsque j'appris le choix du club de lecture des blogueuses pour le mois de mars. Puis, ayant en main le bouquin en question, je me dis que c'était probablement l'image de la couverture qui m'avait rebutée. Rasserénée, j'ouvris à la première page avec espoir... pour aussitôt déchanter en lisant la première phrase: «Le corps carbonisé fumait encore entre les chaînes du poteau fixé sur un haut socle de pierre.» Le reste du paragraphe était à l'avenant, et par la suite des descriptions très détaillées de suppliciés et de crimes horribles se répétaient à intervalles plus ou moins réguliers.
Je comprends bien que Teulé a voulu nous montrer un Moyen-Âge différent de celui, par exemple, de Jeanne Bourin. Un Moyen-Âge où pour des crimes mineurs on vous enterre vivant, on vous fait bouillir à petit feu. Mais personnellement mon Moyen-Âge, je le préfère un peu moins gore. Surtout que le Villon qu'on nous présente est 100% antipathique, à la limite même du psychopathe. Je sais, je juge des actes commis au XVème siècle avec mes valeurs du XXIème. Y a-t-il moyen de faire autrement? Je ne suis pas capable de me défaire d'une certaine idée de la valeur de l'être humain en tant qu'individu.
J'ai failli plusieurs fois abandonner cette lecture. C'est peut-être une sorte de curiosité malsaine qui m'a retenue (jusqu'où ira-t-il?). La même curiosité qui nous fait nous tordre le cou lorsqu'il y a un accident sur l'autoroute. Et il y a aussi quelques scènes savoureuses: Villon obligé de se déguiser en fou du roi, avec chapeau à clochettes et poulaines démésurées; Villon apercevant pour la première fois une autruche, qu'il prend pour une poule géante; Villon dérobant pour la deuxième fois la bourse du Duc d'Anjou... C'était aussi une bonne idée d'imaginer dans quelles circonstances les principaux poèmes ont été créés. Malheureusement, cela ne compense pas le dégoût inspiré par d'autres passages, beaucoup plus nombreux.
J'aurais également apprécié qu'on nous rappelle en annexe les faits connus de la biographie du poète. J'ai trouvé qu'il était difficile de distinguer l'historique du fictif.
Pour connaître l'avis des autres membres du Club, voyez les liens chez Sylire ou chez Lisa!
Aussi, des avis beaucoup plus positifs que le mien: ceux de Coeur de Chêne du Biblioblog, de Thomthom, de Yueyin, et de Lo.



