21 juillet 2009

La chick-lit pour les nuls

Suite à une demande d'une lectrice fidèle (allo maman!) qui est fort marrie de n'avoir rien compris à mon dernier billet, j'ai pensé fournir ici une tentative de définition de la chick-lit, pour ceux et celles qui ne connaissent pas ce genre littéraire. À ma connaissance, il n'existe pas de terme équivalent en français. Chick, qui signifie «poussin», est un terme populaire, affectueux ou parfois légèrement péjoratif pour désigner une femme, particulièrement une jeune femme. On pourrait donc traduire l'expression chick-lit par «littérature de filles». Dans les romans les plus caractéristiques de ce genre, on suivra sur un mode humoristique les aventures sentimentales et les déboires professionnels de jeunes femmes dans la vingtaine ou la trentaine, généralement citadines. Le développement psychologique des personnages ne sera pas très poussé, on reste dans le mode léger, et des préoccupations matérielles seront souvent abordées (mode vestimentaire, collection de chaussures, etc). Il pourra y avoir, ou pas, quelques scènes croustillantes. Les livres les plus connus sont Le Journal de Bridget Jones d'Helen Fielding, Le Diable s'habille en Prada de Lauren Weisberger, la série Accro du shopping de Sophie Kinsella, et du côté québécois les romans de Rafaële Germain (voir mes billets ici et sur Soutien-gorge rose et veston noir).

Ce genre existe-t-il en littérature française? Aucun titre ne me vient à l'esprit, et vous?

14 juillet 2009

Sepulchre

Chick-lit for grade A levels (de la chick-lit pour les premières de classe, ou pour les boles (bols, bolles?) comme on aurait dit dans mon jeune temps (est-ce que cette expression est encore utilisée?)) est l'expression utilisée dans les extraits promotionnels faisant la louange de Labyrinth, le roman précédent de Kate Mosse. Dès les premières pages, je me suis dit que cela pourrait aussi bien s'appliquer à ce livre-ci... Est-ce que Sophie Kinsella oserait comparer son héroïne à un tableau de Rossetti ou mettre un poème de Charles Baudelaire en exergue? Ceci dit, la comparaison avec la chick-lit tient plus ou moins la route, ou alors cela dépend de la définition qu'on en fait, j'imagine. S'il y a bien un peu de placement de produit (le personnage principal porte des jeans Banana Republic) apparaissant ici et là comme un cheveu sur la soupe, on est loin de Sex and the City. Et, parlant de sexe, il n'y a qu'une seule petite scène se voulant titillante, et là encore, cheveu sur la soupe, en ce qui me concerne.

L'ennui, c'est que lorsqu'on se targue de faire de la littérature intelligente, il faudrait au moins s'arranger pour ne pas faire trop d'erreurs. Entre Kate Mosse et moi, il y en a une qui ne fait pas la différence entre l'est et l'ouest. Je l'avais noté dans Labyrinth, la même chose se produit ici. Et si, pour faire couleur locale, on ajoute des phrases en français dans le texte anglais, il faudrait peut-être voir à ce qu'elle ne contiennent pas trop de fautes.

Heureusement, ces quelques défauts ne m'ont pas empêchée d'apprécier cette histoire, ou plutôt ces deux histoires imbriquées l'une dans l'autre, celle de Léonie Vernier, une adolescente parisienne dont la famille est poursuivie par un maniaque syphilitique à la fin du XIXe siècle, et celle de Meredith Martin, une musicologue américaine en quête de ses racines dans le sud de la France en 2007. Reliant les deux époques, un château à l'atmosphère troublante près de Carcassonne, une tombe datant de l'époque des visigoths et un étrange jeu de Tarot.

Si la fin m'a un peu laissée sur ma faim (je m'attendais à plus), et s'il y a quelques longueurs (ce que j'appelle de la micro-description (où ai-je vu ce terme?), ie une description minutieuse des gestes des personnages, même lorsque cela n'apporte rien à l'histoire; ça s'appelle aussi du remplissage, je crois), je peux néanmoins recommander ce livre aux amateurs du genre historico-fantastico-mystérieux (Da Vinci Code, Club Dumas, etc). Mais lisez d'abord Labyrinth: premièrement il est meilleur, et secundo deux personnages secondaires refont leur apparition dans Sepulchre, alors quelques éléments pourraient avoir l'air un peu obscur.


Les billets de Clarabel, Leiloona, Alwenn (qui s'est ennuyée), Cuné...

Sepulchre de Kate Mosse, publié chez Orion en 2007. (2008 pour l'édition de poche, qui compte 739 pages, plus 32 pages de notes). Titre de la version française: Sépulcre.

01 juillet 2009

We Were the Mulvaneys

Alerte aux spoilers!! Comme ce livre est lu dans le cadre du Blogoclub et que par conséquent la plupart de ceux qui liront ces lignes ont aussi lu le roman, je me permets de dévoiler quelques éléments clés de l'intrigue, et je le permets aussi à ceux qui me laisseront des commentaires! Voilà, vous êtes avertis! (Et soit dit en passant, je suis toujours à la recherche d'une traduction pour le mot spoiler... L'Office de la langue française propose «gâcheur», c'est un peu boiteux, non?)

Préparez vos mouchoirs! Hé oui, j'ai versé quelques larmes, y compris dans l'autobus, où j'ai dû arrêter de lire ce pour ne pas avoir l'air d'une folle. Quelle excellente découverte que le choix du Blogoclub ce mois-ci! Et respectant parfaitement le thème de la famille qui nous avait été suggéré par nos super-organisatrices, puisque c'est avant tout d'une famille qu'il est question ici, une famille formant un tout qui est plus que la somme de ses parties, une famille avec ses codes, ses manies, ses surnoms. Une famille unie et heureuse qui sera brisée, éparpillée à cause d'un seul évènement, un viol, qui aura l'effet d'un tremblement de terre et affectera chacun de ses membres différemment.

Je ne connaissais Joyce Carol Oates que de nom, et je ne sais pourquoi je croyais que ce serait un peu mélo, un peu «kétaine»... Et bien pas du tout, enfin c'est très émouvant mais ce n'est pas que ça. J'ai été surtout épatée par la force des personnages, si bien décrits qu'on a l'impression de les connaître. Le seul personnage qui reste un peu flou est le fils aîné, Mike Jr, mais j'ai l'impression que c'est fait exprès: l'histoire est en grande partie racontée du point de vue du plus jeune garçon, qui finalement a peu connu son grand frère, celui-ci ayant quitté la maison assez tôt. J'ai particulièrement aimé le personnage de Marianne, la fille jolie et populaire, trop parfaite, qui suite au drame tentera de s'effacer physiquement et devra réapprendre à exister, à redevenir visible.

Si ce bouquin convenait bien pour le thème de la famille, il aurait aussi bien pu être choisi pour celui des États-Unis (Blogoclub du 1er novembre 2008). En effet, on y retrouve en arrière-plan de nombreux éléments ayant marqué l'histoire de ce pays durant les années 70 et 80: Guerre du Vietnam, crise des otages en Iran, etc. D'ailleurs, il y aurait sans doute un parallèle à faire entre l'évolution de la ferme familiale et celle du pays et de la société américaine. À ce titre, la vente de la propriété à une famille de yuppies en 1980 est significative. Oates fait aussi une critique assez vive de la classe moyenne et de son intolérance.

Je vais certainement lire d'autres oeuvres de cette auteure, mais comme je vois qu'il y en a «un char pis une barge», je suis ouverte aux suggestions...


Pour connaître l'avis des autres membre du club de lecture, il faut suivre les liens chez Sylire et Lisa. Il y a aussi les billets de Choupynette, Le Bibliomane, Kalistina (qui n'a pas aimé), Florinette...


We Were the Mulvaneys de Joyce Carol Oates, publié chez Plume en 1997, 454p. Titre de la traduction française: Nous étions les Mulvaney.

26 juin 2009

J'm'en fous de mon blogue!

Quoi, j'ai rien publié depuis le 12 juin? Ben c'est que je lisais la sélection du Blogoclub, We Were the Mulvaneys de Joyce Carol Oates, qui fait tout de même 454 pages assez denses, en anglais en plus! Je l'ai terminé cet après-midi, mais pour ce billet-là il faudra attendre au 1er juillet, comme tout le monde! Alors quoi, maintenant je devrais lire un tout petit truc qui se lit en deux heures, histoire de publier un billet au plus vite? L'idée m'a effleurée, et d'ailleurs j'en ai quelques-uns dans ma PAL qui feraient tout à fait l'affaire... Mais c'est ça que j'ai envie de lire en ce moment:


et ça, ça fait 734 pages écrit petit-petit (sans compter les trente pages de notes et autres remerciements), et encore en English, en plus! Alors, ce billet, ce ne sera pas pour tout de suite, hein?

Ce n'est pas toujours facile, mais j'essaie de ne pas (trop) laisser mon blogue influencer mes choix de lecture. Mais j'avoue que ça arrive quand même assez souvent. Pas trop de livres en anglais de suite, varier les genres...

Et vous, ça vous arrive?

12 juin 2009

Blood From a Stone

Y a-t-il un plus grand plaisir que de commencer une nouvelle série et de s'apercevoir qu'on l'aime vraiment beaucoup? Bon, d'accord, je peux quand même penser à quelques trucs encore plus plaisants, mais vraiment ça figure dans mon top 10! Et dans ce cas-ci, je suis choyée puisque la série comporte 18 livres!

Autre plaisir, ça se déroule à Venise, donc dépaysement garanti! Surtout qu'on va au-delà des poncifs habituels (les gondoles, la Place Saint-Marc et ses pigeons, le Pont des soupirs...), pour découvrir une Venise où des gens vivent à longueur d'année, magasinent pour Noël, prennent le vaporetto comme on prend le métro, où des drogués sidatiques cambriolent des pharmacies, où des immigrants illégaux vendent des imitations de sacs à main Gucci...

De plus, le commissario Guido Brunetti, héros de la série, est un époux comblé, père de deux adolescents, avec les joies et les problèmes que cela entraîne. Ça change des célibataires endurcis et cyniques habituels!

Le ton est léger, humoristique. Quoique intéressante, l'intrigue, finalement, est plutôt secondaire, tant on a de plaisir à lire tout ce qui l'entoure! (Et je n'ai pas mentionné les descriptions de repas qui font saliver: risotto, parpadelle, radicchio grillé, polenta forment l'ordinaire de la famille Brunetti. Pas question là-bas de grignoter un sandwich sur le coin du comptoir pour le dîner* comme on le fait ici!)

Par contre, pour la suite je vais essayer de lire les romans dans l'ordre chronologique, car j'étais un peu perdue parmi tous les personnages secondaires, ce qui est sûrement dû au fait qu'il s'agit ici du tome 14 de la série! (Avis aux intéressés, le premier tome s'intitule Death at La Fenice/Mort à la Fenice.)


* Rappelons aux lecteurs européens qu'au Québec le dîner est le repas du midi...



Lu dans le cadre du défi Lire autour du monde.



Blood From a Stone de Donna Leon, publié chez Atlantic Monthly Press en 2005 et en format de poche (illustré ci haut) chez Penguin Books en 2006. 355 p. Traduit en 2008 sous le titre De sang et d'ébène.

09 juin 2009

Des suggestions?

Je viens encore une fois vous demander votre aide, cette fois-ci pour trouver un livre à donner en cadeau d'anniversaire à ma nièce qui va avoir 10 ans. Elle est une excellente lectrice; je l'ai vu lire récemment Charlie et la chocolaterie, La Quête de Despereaux et la série du Club des cinq, et elle est en train de lire les Harry Potter avec l'aide de sa mère pour les passages plus difficiles ou épeurants. Par contre, je ne pense pas qu'elle soit prête pour des trucs plus impressionnants comme la trilogie de Philip Pullman À la croisée des mondes (l'année prochaine, peut-être...).

Alors, des suggestions? Quels ont été vos coups de coeur ou ceux de vos enfants à cet âge?





Addendum: Alors, voici le résultat de ma quête. Comme je magasine dans l'usagé, pour pouvoir donner 5 ou 6 livres pour le prix d'un seul neuf, le choix est plus limité, mais j'ai quand même fait une bonne récolte, et en très bon état par-dessus le marché!

  • Le tome 1 de Magyk (en plus la couverture est superbe)

  • Le tome 1 des Orphelins Baudelaire

  • Le tome 1 d'Amos Daragon

  • Le tome 1 d'Artemis Fowle


Auquels j'ai rajouté sous l'inspiration du moment:


  • Babe le cochon devenu berger (dont a été tiré le film Babe)

  • Une histoire à faire japper d'Yves Beauchemin


Merci encore pour toutes vos excellentes suggestions! Je garde les autres pour Noël prochain...

02 juin 2009

Une Jeune Femme en guerre (tome 3)

Dans ce troisième tome de la série, qui pourrait presque se lire de façon indépendante puisqu'il n'y a que quelques allusions aux événements des deux premiers, on apprend ce qui est arrivé à Jacques, le frère de Lucie, dont on était resté sans nouvelles. Parachuté dans le sud de la France quelques jours avant le débarquement de Normandie, il doit enseigner aux maquisards le maniement des nouvelles armes fournies par l'armée alliée, tout en se faisant passer pour le neveu d'une villageoise. Mais le meurtre d'un paysan vient compliquer la situation, car les policiers posent un peu trop de questions...

Un mélange de roman historique et de polar, se déroulant dans un petit village du sud de la France, avec ses secrets et ses rivalités, des personnages attachants et d'autres franchement antipathiques... Ça me rappelle un des premiers livres de Maryse Rouy, Les Bourgeois de Minerve! Sauf que ce dernier se déroulait au Moyen-Âge, avec en toile de fond la Croisade des Albigeois et l'Inquisition. Ici la guerre et surtout ses corollaires la Résistance, la collaboration et le marché noir, viennent apporter des dimensions différentes à l'intrigue, sans compter une belle histoire d'amour...

Un seul regret, j'aurais aimé en apprendre un peu plus sur les activités des résistants dans le maquis, puisqu'après tout c'est pour les aider que Jacques avait été parachuté. On passe sur cette partie importante de sa mission en quelques paragraphes; je suis restée un peu sur ma faim! Mais j'imagine que l'auteure a voulu se concentrer sur l'intrigue policière et sur les habitants du village, et ne pas risquer de s'éparpiller ni introduire trop de nouveaux personnages.

Bref, une lecture légère et divertissante, peut-être mon préféré de cette série jusqu'à maintenant, grâce à une intrigue moins linéaire, plus serrée. Sauf que ça finit mal, mais ça on le sait dès le début, puisque c'est annoncé dans le prologue... Snif! À quand la suite?


Mes billets sur le tome 1 et le tome 2.

Une Jeune Femme en guerre (tome 3): Jacques ou les échos d'une voix de Maryse Rouy, publié chez Québec Amérique en 2009. 335 p.