Il y a des lunes que je n'avais participé au
Blogoclub! Ces derniers temps, les thèmes ou les romans sélectionnés ne m'attiraient pas tant que ça, ou j'avais déjà lus ceux-ci, et je préférais participer aux lectures communes du forum du Guide de la bonne lecture, lectures dont j'étais d'ailleurs l'organisatrice et dont je trouvais la formule plus propice aux échanges. Malheureusement ce forum est en train de mourir de sa belle mort... Snif!
Alors comme le thème cette session est l'humour américain et que je suis en pleine opération Diminution de PAL, j'ai pensé que l'occasion était bonne de renouer avec la bande de blogolectrices. Après tout,
A Confederacy of Dunces de John Kennedy Toole est reconnu comme étant un summum de la comédie américaine.
Malheureusement je suis un peu déçue. J'ai même failli abandonner après une cinquantaine de pages! Il y a bien des passages assez amusants et les dialogues sont assez réussis. Et les quartiers de la Nouvelle-Orléans qu'on nous présente sont loin des clichés de carte postale habituels. Mais les personnages sont tellement antipathiques qu'on a de la difficulté à s'intéresser vraiment aux péripéties farfelues qu'ils vivent. Il n'y en a qu'un que j'ai trouvé sympathique, le concierge noir d'un bar de danseuses, mais malheureusement on ne le voit pas souvent.
Je crois que je ne suis tout simplement pas la bonne cliente pour ce genre d'humour. J'apprécie généralement un humour un peu absurde (je suis par exemple une grande fan de Monty Python) mais ici il est poussé à l'extrême et surtout il est assaisonné d'une bonne dose de cynisme. Et pour être honnête avec vous, je me demande un peu si le fait que l'auteur s'est suicidé et que c'est sa mère qui a fait publier le livre de façon posthume n'a pas un chouïa contribué à mousser sa renommée.
Par contre, j'aime bien la citation de Jonathan Swift placée en exergue et dont est tiré le titre:
«When a true genius appears in the world, you may know him by this sign, that the dunces are all in confederacy against him.»
En passant, je serais curieuse de savoir comment ce livre a pu être traduit. Il y a tellement de niveaux de langage (universitaires, noirs de la Nouvelle-Orléans, blancs de la classe ouvrière, etc) que ça me paraît une mission impossible. Si vous l'avez lu en français, n'hésitez pas à me dire comment vous avez trouvé la traduction.
J'espère que les autres participantes du club auront eu plus de succès!
A Confederacy of Dunces de John Kennedy Toole, 1980, 394 p. Titre de la traduction française: La Conjuration des imbéciles.