02 novembre 2018

Les Villes de papier

C'est avec une légère appréhension que j'ai entamé la lecture du tout nouveau roman de Dominique Fortier, une auteure québécoise que j'aime beaucoup.  Appréhension tout d'abord parce que j'avais été un peu déçue par son œuvre précédente, Au péril de la mer.  Et aussi parce que j'ai su qu'il y est question de la poète américaine Emily Dickinson; peut-être fallait-il la connaître pour s'intéresser au roman?  Non seulement je ne sais rien d'elle mais je la confonds avec l'anglaise Elizabeth Barrett Browning (et de celle-ci je ne connais que le vers How do I love thee? Let me count the ways, qui est souvent cité).

Heureusement, aucune de mes craintes ne s'est concrétisée.  J'ai retrouvé avec grand bonheur le style tout en finesse, léger comme une plume et en même temps travaillé, ciselé, d'une de mes écrivaines chouchous.  Et pour ce qui est du sujet, nul besoin d'être ferré en poésie américaine du XIXe siècle pour apprécier le roman. 

À partir des quelques bribes que l'on connaît de sa biographie et de la visite des lieux où elle a habité, Fortier imagine la vie d'Emily  Dickinson, vie qu'elle termina enfermée dans sa chambre comme une recluse.  Dit comme cela ça a l'air triste mais ça ne l'est pas du tout tellement c'est beau et poétique.

Seul petit bémol, j'ai moins aimé les quelques passages où Fortier nous parle de ses propres séjours en Nouvelle-Angleterre.  C'est bien écrit, c'est intéressant, et j'ai bien saisi qu'il s'agissait de nous faire comprendre que nous sommes, comme Emily Dickinson, façonnés par les lieux que nous habitons.  Mais j'ai trouvé que ces passages, heureusement courts et peu nombreux, cassaient le rythme, la poésie que Fortier avait réussi à installer.  Surtout que cela me prenait souvent tout un paragraphe avant de comprendre qu'on avait changé d'époque (mais j'ai lu ce roman en version numérique; peut-être y a-t-il dans l'édition papier un élément de mise en page qui nous permet de mieux faire la transition).  Le même problème se posait dans son roman précédent; l'auteure a-t-elle de la difficulté à s'effacer devant son sujet?

Mais ne crachons pas sur notre plaisir, vraiment ce livre est une grande réussite!  En plus j'ai maintenant bien envie de découvrir la poésie d'Emily Dickinson.  C'est donc une double réussite!


Les Villes de papier de Dominique Fortier, 2018, 192 p.


http://chezyueyin.org/blog/?p=7347
Clic!

4 commentaires:

  1. beaucoup aimé... tiens je vais essayer d'écrire mon billet aujourd'hui...

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    1. Super, j'ai hâte de lire ça, ainsi que l'avis de Karine!

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  2. J'ai lu le billet de yueyin hier je crois, mais ni toi ni elle n'arrivez à me convaincre de cette lecture. Il y a de quoi qui me freine, pourtant j'aime bien quand c'est en finesse et ciselé. Mais vous m'avez donné le goût de découvrir Emily tout de même, et comme je n'ai toujours pas lu Dominique, de la lire, mais pas avec ce titre.

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    1. Mon préféré de cette auteure reste Du Bon Usage des étoiles, son premier roman. Je te le recommande!

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